Statistique descriptive
Ce que ce chapitre apporte 9 points
- Distinguer population, individu, caractère, modalité, et types de caractères.
- Construire un tableau d'effectifs et de fréquences, simples et cumulés.
- Regrouper en classes, et calculer sur les centres quand les valeurs brutes manquent.
- Calculer moyenne, médiane, mode et quantiles, et choisir l'indicateur adapté.
- Calculer étendue, écart interquartile, variance et écart-type, et interpréter la dispersion.
- Mener un calcul complet à la main, puis le retrouver sur machine.
- Construire et lire une boîte à moustaches, et repérer les valeurs aberrantes.
- Lire un violon, et dire ce qu'il montre qu'une boîte cache.
- Résumer un jeu de données tabulaire, colonne par colonne puis groupe par groupe.
Ce chapitre décrit une série : le réflexe qui compte, regarder la forme avant de calculer une moyenne, puis les indicateurs de position et de dispersion, un calcul mené entièrement à la main, la boîte à moustaches, le violon, et le travail sur un fichier réel. Le chapitre suivant passe à deux séries mesurées ensemble, et à ce qu'un échantillon permet d'affirmer sur la population entière.
Ce réflexe est le premier geste de l'analyse exploratoire des données, qui l'applique à un jeu inconnu avant toute modélisation.
Le vocabulaire
La population est l'ensemble étudié ; un individu en est un élément ; le caractère est ce qu'on observe sur chaque individu ; les valeurs que peut prendre un caractère sont ses modalités.
Un caractère est quantitatif si ses modalités sont des nombres qu'on peut mesurer et sur lesquels calculer (une température, une durée), qualitatif sinon (un type de défaut, une marque, un avis).
Un caractère quantitatif est discret s'il prend des valeurs isolées, comme le nombre de colis expédiés dans une journée. Il est continu s'il peut prendre n'importe quelle valeur d'un intervalle, comme une température : on le regroupe alors en classes.
Dans un relevé de contrôle qualité, le type de défaut est codé 1, 2, 3, 4 (rayure, bulle, fissure, cote hors tolérance) et le poste de contrôle 1, 2, 3. Ce sont des étiquettes, pas des mesures : « défaut moyen = 2,4 » n'a aucun sens. Avant tout calcul, se demander si la différence entre deux valeurs veut dire quelque chose. Entre une rayure et une fissure, non.
Effectifs et fréquences
L'effectif est le nombre d'individus présentant la modalité , et la fréquence en est la proportion :
L'effectif cumulé croissant compte les individus dont la modalité est inférieure ou égale à ; la fréquence cumulée en est la proportion.
Le fil des premières sections : le nombre d'incidents relevés chaque jour sur un service, pendant jours.
| Incidents dans la journée | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | Total |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Effectif | 6 | 7 | 4 | 2 | 1 | 20 |
| Fréquence | 0,30 | 0,35 | 0,20 | 0,10 | 0,05 | 1 |
| Effectif cumulé | 6 | 13 | 17 | 19 | 20 | |
| Fréquence cumulée | 0,30 | 0,65 | 0,85 | 0,95 | 1 |
Les deux contrôles se font d'un regard : les effectifs totalisent 20, les fréquences 1, et le dernier cumul vaut bien . Les cumuls répondent directement aux questions de seuil : 85 % des jours comptent au plus deux incidents, et un jour sur vingt en compte quatre. C'est aussi sur eux que se lisent médiane et quantiles, plus bas.
Regrouper en classes
Un caractère continu ne se compte pas modalité par modalité. Sur mille températures relevées au dixième de degré, chaque valeur apparaît une fois ou deux, et le tableau d'effectifs n'apprend rien. On regroupe alors les valeurs en classes, c'est-à-dire en intervalles contigus.
Les classes sont fermées à gauche et ouvertes à droite, notées , sauf la dernière qui est fermée aux deux bouts. Sans cette règle, une valeur tombant exactement sur une borne serait comptée deux fois, ou pas du tout.
Le nombre de classes est un compromis : trop peu, la forme disparaît ; trop, chaque classe ne contient plus qu'une ou deux valeurs et le bruit reprend le dessus. La règle de Sturges donne un point de départ raisonnable, et c'est celle qu'appliquent les tableurs par défaut :
D'où sort ce logarithme ? La règle suppose que les données se répartissent en cloche, et approche cette cloche par les coefficients binomiaux. Avec classes, les effectifs idéaux seraient , c'est-à-dire une ligne du triangle de Pascal : petite aux bords, forte au centre. Or la somme d'une ligne du triangle vaut .
En posant que ces effectifs doivent totaliser les observations, , d'où et donc . Sur les douze journées d'expédition étudiées plus bas, : on arrondit à cinq classes.
La règle suppose une distribution symétrique et en cloche. Sur une série asymétrique, ou franchement bimodale, elle donne trop peu de classes et efface justement ce qu'on cherchait à voir. Elle sous-estime aussi le nombre de classes dès que dépasse quelques milliers, le logarithme croissant trop lentement.
La conduite à tenir est simple : partir de Sturges, tracer, puis essayer une valeur au-dessus et une en dessous. Si la forme change beaucoup, c'est que le découpage porte la conclusion, et il faut le dire.
L'histogramme montre ce qu'aucun indicateur ne dit : la série n'a pas une seule bosse au milieu, elle décroît vers la droite avec une valeur isolée tout au bout. C'est exactement ce qu'une moyenne, à elle seule, cacherait.
Calculer sur des classes
Quand seules les classes sont connues, et non les valeurs, chaque classe est représentée par son centre, le milieu de l'intervalle. Les calculs de moyenne et de variance se font alors comme sur un tableau d'effectifs, avec les centres à la place des valeurs.
Exemple travaillé. Quarante temps de réponse, en millisecondes, regroupés en quatre classes.
| Classe | Total | ||||
|---|---|---|---|---|---|
| Centre | 5 | 15 | 25 | 35 | |
| Effectif | 12 | 20 | 6 | 2 | 40 |
| 60 | 300 | 150 | 70 | 580 |
La moyenne vaut ms. Le signe n'est pas une coquetterie : on suppose que les valeurs de chaque classe sont en moyenne au centre, ce qui est faux dans le détail. Le résultat est une estimation, d'autant meilleure que les classes sont étroites.
Lire un quantile sur les cumuls
Les fréquences cumulées répondent à la question « quelle proportion des valeurs est inférieure à tant ? ». Renversée, elle donne les quantiles : on entre par l'ordonnée, on redescend sur l'abscisse.
Ce qu'il faut regarder ici est la pente de la courbe, et non sa hauteur. Là où elle monte raide, les valeurs s'entassent ; là où elle s'aplatit, il n'y a presque personne. Le long palier de droite dit donc à lui seul que les fortes journées sont rares et isolées. L'écartement des trois pointillés ajoute que la moitié haute de la série est bien plus étalée que la moitié basse.
Sur les données brutes, la médiane de cette série vaut 25. Lue sur la courbe cumulative, elle vaut 24. Le regroupement en classes a en effet perdu de l'information : la courbe ne sait plus où tombent les valeurs à l'intérieur d'une classe, et la lecture les suppose réparties uniformément, ce qui est faux. La lecture graphique donne un ordre de grandeur, jamais une valeur exacte. Quand on dispose des données brutes, c'est sur elles qu'on calcule.
Indicateurs de position
Ils répondent à « où se situe le centre des données ? ».
Moyenne
En clair : chaque modalité est multipliée par le nombre d'individus qui la présentent, on additionne le tout, et l'on divise par l'effectif total . Sur une liste de valeurs brutes, où chaque valeur ne figure qu'une fois, cela revient à leur somme divisée par leur nombre. La seconde écriture dit la même chose avec les fréquences : c'est exactement l'espérance du chapitre sur les probabilités, où les fréquences observées tiennent lieu de probabilités.
Sur les incidents : incident par jour.
La moyenne est le centre de gravité de la série, et le mot est à prendre au pied de la lettre. Si l'on pose les valeurs sur une règle, une masse égale sur chacune, la moyenne est le point où la règle tient en équilibre. Elle utilise toutes les valeurs, ce qui est sa force et sa faiblesse : une valeur éloignée agit comme un bras de levier. Plus elle est loin, plus elle déplace le point d'équilibre, et elle le fait à elle seule.
Le calcul le montre en deux lignes. Sur les neuf valeurs , la somme vaut 154 et la moyenne . En remplaçant le 42 par 86, la somme passe à 198, et la moyenne à 22,0. Une seule valeur a bougé, et la moyenne a gagné près de cinq points. La médiane, elle, n'a pas bougé d'un millimètre : elle valait 14 avant, elle vaut 14 après.
La règle qui suit de là. La médiane ne dépend que du rang des valeurs, pas de leur grandeur. Déplacer la plus grande valeur de la série à l'infini ne la change pas d'un iota. C'est ce qu'on appelle un indicateur robuste, et c'est la raison pour laquelle on publie une médiane, et non une moyenne, dès qu'une série peut contenir des valeurs extrêmes.
Cinq temps de réponse, en millisecondes : 40, 45, 47, 50 et 4 000. La dernière requête a expiré.
Avant de lire la suite, avancer deux nombres. Quelle est la moyenne de ces cinq valeurs ? Et leur médiane ? À vue de nez suffit, mais il faut les dire avant de continuer : l'écart entre ce qu'on annonce et ce qu'on trouve est précisément ce que cette section a à apprendre.
La moyenne vaut 836 ms, la médiane 47 ms. Si l'estimation de la moyenne se tenait quelque part entre 40 et 100, c'est normal : on lit une série de gauche à droite et l'on pondère mal ce qui dépasse. Le calcul, lui, ne pondère rien du tout : il additionne, et 4 000 pèse quatre-vingts fois 50.
Le résultat est un temps que personne n'a jamais observé, et qui ne décrit ni le fonctionnement courant ni l'incident. Ce n'est pas un cas d'école, c'est le quotidien d'une métrique de supervision où une seule requête a expiré.
| avec l'expiration | sans elle | |
|---|---|---|
| min | 40 | 40 |
| Q₁ | 44 | 44 |
| médiane | 46,5 | 46,5 |
| Q₃ | 50 | 50 |
| max | 4 000 | 55 |
| moyenne | 441,4 | 46,9 |
| écart-type | 1 186,2 | 4,32 |
Comparer les deux boîtes, et rien d'autre : elles sont à la même place, alors que les deux séries n'ont pas du tout la même moyenne. La valeur à 4 000 ms n'a pas déformé le résumé, elle s'est simplement exposée à part : l'incident reste visible sans contaminer la description du fonctionnement courant.
Ni la moyenne, ni le maximum. La pratique du métier est de publier des quantiles (définis plus bas) : la médiane pour l'expérience courante, le 95ᵉ ou le 99ᵉ centile pour ce que subissent les plus malchanceux. Une moyenne sur des temps de réponse mélange les deux et n'informe sur aucun des deux.
Médiane
La médiane partage la série ordonnée en deux moitiés de même effectif : au moins 50 % des valeurs lui sont inférieures ou égales, au moins 50 % lui sont supérieures ou égales.
La méthode, en deux temps qu'on n'inverse jamais :
- Ordonner la série dans l'ordre croissant.
- Si est impair, prendre la valeur de rang . Si est pair, prendre la moyenne des valeurs de rang et .
Sur un tableau d'effectifs, les rangs se lisent dans les cumuls. Pour les 20 jours d'incidents, il faut les valeurs de rang 10 et 11. Les 6 premiers rangs valent 0, les rangs 7 à 13 valent 1 (le cumul passe de 6 à 13) : les deux valeurs cherchées valent 1, donc . La moitié des jours compte au plus un incident, alors que la moyenne est de 1,25 : les quelques jours à 3 ou 4 incidents tirent la moyenne vers le haut.
Mode
Le mode est la modalité de plus grand effectif : 1 incident pour la série ci-dessus, avec 7 jours. C'est le seul indicateur de position disponible pour un caractère qualitatif : le type de défaut le plus fréquent a un sens, le défaut moyen non.
Sur une série symétrique, les trois indicateurs coïncident. Sur une série étirée d'un côté, ils se séparent, et l'ordre dans lequel ils se placent renseigne sur le sens de l'étirement. La figure suivante montre le cas de référence : regarder si les deux moitiés de la cloche, de part et d'autre du sommet, sont superposables.
entre 38 et 62, l'aire vaut 0,6827. Déplacer l'écart-type : elle ne bouge pas.
L'ordre des trois indicateurs raconte la forme.
- Série symétrique : moyenne = médiane = mode.
- Série étirée vers le haut (une queue de grandes valeurs, comme des temps de réponse) : mode < médiane < moyenne. La moyenne est tirée par la queue.
- Série étirée vers le bas : l'inverse.
Comparer moyenne et médiane est donc le test de dissymétrie le moins cher qui existe : deux calculs, et la forme se devine. La série des incidents, avec mode 1, médiane 1 et moyenne 1,25, est légèrement étirée vers le haut.
Les trois cas, sur trois séries de dix valeurs. Dans chaque figure, le trait épais est la médiane et le losange la moyenne. Une seule chose est à regarder dans les trois : de quel côté du trait tombe le losange, et à quelle distance.
Premier cas, la série symétrique. Les valeurs se répartissent également de part et d'autre du centre.
| symétrique | |
|---|---|
| min | 11 |
| Q₁ | 14 |
| médiane | 16 |
| Q₃ | 18 |
| max | 21 |
| moyenne | 16 |
| écart-type | 2,79 |
Deuxième cas, la série étirée vers le haut. C'est celui des temps de réponse, des salaires, des durées d'attente : beaucoup de petites valeurs, quelques très grandes.
| étirée vers le haut | |
|---|---|
| min | 11 |
| Q₁ | 13 |
| médiane | 14,5 |
| Q₃ | 18 |
| max | 86 |
| moyenne | 24 |
| écart-type | 22,37 |
Troisième cas, la série étirée vers le bas. Plus rare en informatique, on la rencontre sur des rendements ou des taux de disponibilité, bornés par le haut, où quelques pannes isolées tirent vers le bas.
| étirée vers le bas | |
|---|---|
| min | 1 |
| Q₁ | 69 |
| médiane | 72,5 |
| Q₃ | 75 |
| max | 78 |
| moyenne | 63,4 |
| écart-type | 22,6 |
Calculer , la moyenne moins la médiane. Le résultat est positif pour une série étirée vers le haut, négatif vers le bas, nul pour une série symétrique. Sur les trois séries ci-dessus : , et . Deux calculs et un signe suffisent à savoir de quel côté penche une distribution, sans tracer quoi que ce soit.
Quantiles
Le quantile d'ordre est la valeur du caractère correspondant à la fréquence cumulée : une proportion des valeurs lui est inférieure ou égale. Le premier quartile est le quantile d'ordre 0,25, le troisième quartile celui d'ordre 0,75, et la médiane celui d'ordre 0,5.
En pratique, sur une série ordonnée de valeurs, la règle tient en une phrase : couper la série en deux moitiés et prendre la médiane de chacune. est la médiane de la moitié basse, celle de la moitié haute. Quand est impair, la médiane de la série n'appartient à aucune des deux moitiés. C'est la règle qu'appliquent les boîtes à moustaches de ce site, et tous les exemples chiffrés du cours.
Sur les douze relevés :
- la moitié basse est , de médiane : c'est ;
- la moitié haute est , de médiane : c'est .
Il existe plusieurs définitions des quartiles, qui donnent des résultats légèrement différents sur les petits échantillons : numpy en propose neuf. Sur les douze relevés ci-dessus, describe() de pandas affiche et , là où la règle des deux moitiés donne 17,5 et 34,5 : pandas interpole entre deux rangs. Aucune des deux n'est fausse. Appliquer celle du cours et l'écrire : c'est la convention annoncée qui rend le résultat vérifiable par un tiers, pas la troisième décimale.
Indicateurs de dispersion
Ils répondent à « les données sont-elles serrées ou étalées ? ». Deux séries de même moyenne peuvent être radicalement différentes : une température de 20 °C en moyenne, entre 19 et 21, ou entre 5 et 35.
Étendue et écart interquartile
L'étendue est . Simple, et entièrement déterminée par les deux valeurs les plus douteuses de la série.
L'écart interquartile mesure l'étalement des 50 % centraux. Il ignore les extrêmes par construction : c'est un indicateur robuste, et c'est celui qui sert à détecter les anomalies dans la supervision.
Variance et écart-type
La variance est la moyenne des carrés des écarts à la moyenne :
L'écart-type la ramène dans l'unité des données.
En clair : on mesure l'écart de chaque valeur à la moyenne, on l'élève au carré pour que les écarts au-dessus et en dessous ne se compensent pas, et l'on fait la moyenne de ces carrés. Les carrés ont changé l'unité (des incidents au carré, des euros au carré) ; la racine la rétablit.
Les deux écritures sont la même, et passer de l'une à l'autre tient en trois lignes. Développer le carré donne , puis on distribue la somme sur les trois termes :
- est la moyenne des carrés ;
- vaut , puisque est précisément la moyenne ;
- vaut , puisque .
En additionnant : , d'où la moyenne des carrés moins le carré de la moyenne.
La moyenne vaut 1,25. La moyenne des carrés se calcule sur le tableau d'effectifs :
d'où et incident.
D'un jour à l'autre, le nombre d'incidents s'écarte typiquement d'un peu plus d'une unité de sa moyenne. Remarque au passage : la moyenne (1,25) et la variance (1,29) sont presque égales, ce qui est la signature d'une loi de Poisson. Des incidents indépendants arrivant à rythme constant sont plausibles ici.
La première écriture dit ce que la variance est : une moyenne d'écarts. La seconde, la moyenne des carrés moins le carré de la moyenne, permet de la calculer en un seul passage sur les données. Il suffit de cumuler au fil de l'eau la somme des valeurs et la somme de leurs carrés, sans connaître la moyenne d'avance. C'est l'écriture des calculs à la main, et celle des systèmes de supervision, qui ne peuvent pas conserver l'historique.
Elle a cependant un défaut : sur des grandes valeurs proches les unes des autres, elle soustrait deux nombres presque égaux et perd de la précision. Les bibliothèques sérieuses emploient pour cette raison un troisième algorithme, incrémental et stable.
Par quand on décrit la série qu'on a sous les yeux (variance de population). Par quand on estime la variance d'une population plus large à partir d'un échantillon.
La raison du : les écarts sont mesurés par rapport à la moyenne de l'échantillon, qui est par construction le point le plus proche de ses propres données. Ils sont donc un peu plus petits que les écarts à la vraie moyenne, inconnue, et diviser par sous-estimerait systématiquement la dispersion. Diviser par corrige exactement ce biais.
En Python, numpy.std() divise par et pandas.Series.std() par : les deux bibliothèques ne donnent pas le même nombre sur la même colonne. Sur 12 valeurs, l'écart-type de pandas dépasse celui de numpy de 4,5 % ; sur 10 000, l'écart est invisible. Savoir lequel on emploie, et pourquoi.
Le coefficient de variation est sans unité, puisque l'écart-type et la moyenne portent la même unité et qu'elle se simplifie :
Il permet de comparer la dispersion de deux séries d'échelles différentes, par exemple une charge CPU en pourcentage et un trafic réseau en Mo/s. Il n'a de sens que si la moyenne est positive et loin de zéro.
Ce que les transformations font aux indicateurs. Si chaque valeur devient :
Un décalage déplace le nuage sans l'étaler : la moyenne suit, la dispersion ne bouge pas. Un facteur étire tout, écarts compris. Ce sont les propriétés et des probabilités, vues depuis les données.
1.Une série a pour moyenne 10 et pour écart-type 0. Que peut-on dire ?
2.Un capteur mal étalonné majore toutes ses mesures de 2 °C. Que deviennent moyenne et écart-type ?
Un calcul complet, à la main
Les colis expédiés chaque jour par une plateforme logistique sur 12 jours, en centaines :
La série est déjà ordonnée, .
| Indicateur | Calcul | Résultat |
|---|---|---|
| Moyenne | 28,08 | |
| Médiane | 25 | |
| médiane de , soit | 17,5 | |
| médiane de , soit | 34,5 | |
| Étendue | 50 | |
| 17 | ||
| Variance | 186,6 | |
| Écart-type | 13,66 |
Dans la ligne de la variance, est la somme des carrés des douze valeurs. Le carré de la moyenne se prend sur la fraction exacte : avec la valeur arrondie , on trouverait . Arrondir en cours de calcul, puis élever au carré, amplifie l'erreur.
Trois lectures immédiates, et elles valent plus que les nombres :
- Moyenne (28,1) nettement supérieure à la médiane (25) : la série est étirée vers le haut. Une journée exceptionnelle tire la moyenne.
- : l'écart typique vaut à peu près la moitié de la moyenne. C'est une série très dispersée, prévoir « 2 808 colis demain » serait absurde.
- La valeur 64 dépasse : c'est une valeur aberrante au sens de la boîte à moustaches. À enquêter, pas à supprimer.
1.Une série contient une valeur extrême. Quel indicateur bouge le plus ?
2.L'écart-type se lit dans la même unité que…
3.Deux séries ont la même moyenne. Que peut-on en conclure ?
La boîte à moustaches
La boîte à moustaches (diagramme de Tukey) résume une série par cinq nombres : le bord inférieur de la boîte est , la barre intérieure la médiane, le bord supérieur . Les moustaches s'étendent jusqu'à la dernière valeur située à moins de de la boîte ; au-delà, les points sont tracés individuellement comme valeurs aberrantes.
En formule, une valeur est déclarée aberrante si elle sort de l'intervalle
Le coefficient 1,5 est une convention de Tukey, choisie pour que, sur une série en cloche, moins d'une valeur sur cent soit signalée. Il n'emploie ni la moyenne ni l'écart-type, que les valeurs aberrantes déforment justement : la règle ne se laisse pas influencer par ce qu'elle cherche.
Son intérêt n'est pas de résumer une série (un tableau le fait mieux) mais d'en comparer plusieurs d'un seul coup d'œil : quatre ateliers, sept jours de la semaine, trois serveurs.
| Douze jours | Période creuse | Période de pointe | |
|---|---|---|---|
| min | 14 | 9 | 26 |
| Q₁ | 17,5 | 12,5 | 30,5 |
| médiane | 25 | 16 | 35,5 |
| Q₃ | 34,5 | 20 | 41 |
| max | 64 | 24 | 49 |
| moyenne | 28,08 | 16,17 | 36,08 |
| écart-type | 13,66 | 4,6 | 6,71 |
Deux comparaisons se font d'un seul regard, et aucune ne demande un chiffre. La hauteur des boîtes d'abord : celle de la période de pointe est entièrement au-dessus de celle de la période creuse, et les moustaches ne se touchent même pas : le pire jour de pointe (26) dépasse le meilleur jour de période creuse (24). Leur longueur ensuite : la boîte des douze jours est la plus étirée des trois, et c'est la seule à porter une valeur aberrante. La raison tient en un mot : elle mélange des périodes qui ne se situent pas au même niveau. Une plateforme dimensionnée sur l'ensemble de l'année serait donc trop large en période creuse et trop juste en pointe.
Une valeur aberrante ne se supprime pas. Un point hors des moustaches signale une chose à comprendre : une erreur de mesure, un événement exceptionnel, ou le comportement réel du système dans un régime rare. Les trois se traitent différemment, et aucun ne se traite en effaçant la ligne. Écrire ce qu'on en fait, et pourquoi.
1.Sur une boîte à moustaches, que représente la longueur de la boîte ?
2.Un point tombe hors des moustaches. Faut-il le retirer du jeu de données ?
Ce que la boîte ne voit pas : le violon
Une boîte résume une série par cinq nombres, et cinq nombres ne disent pas tout. Deux services web ont été chronométrés sur quarante requêtes chacun. Le premier interroge sa base de données à chaque fois. Le second garde en cache les réponses fréquentes : une requête servie par le cache revient vite, une requête qui doit descendre jusqu'à la base revient lentement.
| sans cache | avec cache | |
|---|---|---|
| min | 5 | 21 |
| Q₁ | 29 | 29 |
| médiane | 40 | 40 |
| Q₃ | 51 | 51 |
| max | 75 | 59 |
| moyenne | 40 | 40 |
| écart-type | 15,27 | 11,7 |
En vue boîte, rien ne sépare les deux services, sinon des moustaches un peu plus longues pour le premier. Le tableau le confirme : , et des deux côtés, et la moyenne vaut 40 ms pour les deux.
En vue violon, ce ne sont plus les mêmes séries. Le service sans cache a une bosse, centrée sur 40 ms. Le service avec cache en a deux, autour de 29 et de 51 ms, séparées par un creux : aucune de ses quarante requêtes n'a duré entre 38 et 42 ms. Sa médiane, 40 ms, tombe exactement dans ce creux. C'est une durée qu'aucune requête n'a eue, comme la moyenne de 836 ms rencontrée plus haut.
Annoncer pour ce service « un temps de réponse typique de 40 ms » est donc faux deux fois : il y a deux temps typiques, et 40 ms n'est aucun des deux. La bonne analyse sépare les requêtes servies par le cache de celles servies par la base, et décrit chaque groupe à part. Deux bosses signalent presque toujours deux populations mélangées, et donc une variable qu'on n'a pas encore regardée.
Le violon d'une série trace sa densité estimée en miroir, de part et d'autre d'un axe. Sa largeur, à chaque valeur de l'axe, est proportionnelle à la concentration des valeurs à cet endroit : large là où elles s'accumulent, mince là où elles sont rares.
On y superpose d'ordinaire la boîte, réduite à une barre fine avec sa médiane : le violon ajoute la forme sans retirer les cinq nombres.
D'où vient la courbe
Un histogramme compte les valeurs classe par classe, et son allure dépend de la largeur des classes et de l'endroit où elles commencent. Le violon remplace ce comptage par une estimation par noyaux : on pose sur chaque valeur une petite cloche d'aire , puis on additionne toutes les cloches.
est la densité de la loi normale centrée réduite, celle du chapitre sur les lois de probabilité. Là où les valeurs sont serrées, les cloches s'empilent et la courbe monte ; là où il n'y en a pas, elle retombe. L'aire sous la courbe vaut 1, comme celle de toute densité.
Il n'y a qu'un réglage, mais il décide de tout : la largeur des cloches. Les bibliothèques la choisissent par défaut avec une règle de ce type, due à Silverman :
soit environ 6,6 ms pour le service sans cache et 5,0 ms pour l'autre. Le minimum sert la même cause que les quartiles de la boîte : une valeur extrême gonfle l'écart-type, pas l'écart interquartile, et elle ne doit pas lisser toute la courbe.
Un violon est une estimation, pas une mesure. La même série peut montrer une bosse ou deux selon la largeur choisie. La règle de Silverman est un point de départ raisonnable, pas une vérité. Une bosse qui disparaît dès qu'on touche au réglage ne prouve rien ; une bosse qui résiste quand la largeur double ou diminue de moitié est une propriété des données.
- Il déborde des données. Chaque cloche s'étale de part et d'autre de sa valeur, si bien que la courbe continue au-delà du minimum et du maximum. Sur la figure, le violon du service sans cache descend sous 0 ms : une durée impossible. Les petits traits sur l'axe sont les valeurs réelles, et disent où les données s'arrêtent.
- Il invente une forme sur peu de valeurs. Sous une vingtaine de valeurs, la silhouette tient au hasard du tirage, et une courbe lisse lui donne une assurance qu'elle n'a pas. Montrer alors les points eux-mêmes.
- Sa largeur ne dit pas l'effectif. Tous les violons ont la même aire, 1. Un groupe de dix requêtes et un groupe de dix mille sont aussi épais l'un que l'autre. Écrire l'effectif à côté de chaque violon.
Quelle figure choisir
| Situation | Figure | Ce qu'elle apporte |
|---|---|---|
| Une série, forme à découvrir | histogramme | des comptages lisibles, classe par classe |
| Moins d'une vingtaine de valeurs | les points eux-mêmes | aucune forme inventée |
| Plusieurs séries, position et dispersion | boîtes à moustaches | cinq nombres, valeurs aberrantes nommées |
| Plusieurs séries, et la forme compte | violons | la silhouette de chaque série, côte à côte |
En Python, plt.boxplot et plt.violinplot tracent les deux sur les mêmes données ; le chapitre Matplotlib les compare.
1.Deux séries ont exactement la même boîte à moustaches. Que peut-on en conclure ?
2.Le violon d'une série montre deux bosses nettes. Que faire en premier ?
Travailler sur des données tabulaires
En pratique, les données arrivent en table : une ligne par observation, une colonne par caractère. Le travail statistique sur une telle table tient en trois questions, et c'est l'ordre dans lequel les poser qui compte. L'outil, lui, s'apprend ailleurs : le chapitre pandas du parcours Python le couvre, et deux méthodes suffisent ici, describe() pour résumer et groupby() pour comparer. Les tableaux ci-dessous y sont d'ailleurs recalculés sur les mêmes données, ligne de code à l'appui.
Première question : à quoi ressemble chaque colonne ? Un résumé par colonne donne d'un coup l'effectif, la moyenne, l'écart-type, le minimum, les trois quartiles et le maximum. Sur un relevé de 240 journées d'une plateforme logistique :
| Préparateurs présents | Commandes multi-articles (%) | Colis expédiés | |
|---|---|---|---|
| Effectif | 240 | 240 | 240 |
| Moyenne | 28,7 | 40,4 | 1 258 |
| Écart-type | 5,8 | 12,4 | 477 |
| Minimum | 17 | 8 | 80 |
| 24 | 31 | 925 | |
| Médiane | 29 | 40 | 1 312 |
| 34 | 48 | 1 645 | |
| Maximum | 41 | 71 | 2 182 |
Trois choses s'y lisent déjà. Les colis ont un écart-type qui vaut plus du tiers de leur moyenne, donc la série est dispersée. Leur médiane dépasse leur moyenne, donc la distribution est étirée vers le bas. Et le minimum à 80 est très loin du premier quartile, ce qui signale une poignée de journées hors norme à comprendre.
Deuxième question : les sous-populations se ressemblent-elles ? C'est la question qui décide d'à peu près toutes les actions. Regrouper par période commerciale, codée de 1 à 4 :
| Période | Préparateurs présents (moyenne) | Effectif | Moyenne | Médiane | Écart-type |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 21,1 | 50 | 903 | 925,5 | 477 |
| 2 | 26,0 | 70 | 1 113 | 1 153 | 406 |
| 3 | 31,0 | 61 | 1 343 | 1 395 | 370 |
| 4 | 36,1 | 59 | 1 642 | 1 689 | 341 |
Les quatre périodes sont numérotées de la plus calme à la plus chargée, et la plateforme renforce ses équipes à mesure. La moyenne monte avec le nombre de préparateurs, ce qui n'étonne personne, mais l'écart-type descend : plus la période est chargée, plus l'activité est régulière. C'est une information de dimensionnement que la moyenne seule ne donne pas.
Puis selon que la journée compte ou non la réception d'un conteneur, qui mobilise une partie des préparateurs : 1 432 colis en moyenne un jour sans réception, contre 757 un jour de réception, soit un écart de 675 colis par jour. À comparer aux 739 colis qui séparent la période la plus calme de la plus chargée : la réception pèse presque autant que la période, alors que c'est la période à laquelle on pense en premier. Une plateforme dimensionnée sur la moyenne générale serait donc mal réglée la plupart du temps, et la moyenne générale est précisément le chiffre que l'on cite d'abord.
Troisième question : la forme confirme-t-elle les nombres ? Un résumé peut cacher deux bosses : ni la moyenne ni la boîte ne les distinguent, les deux services de la section précédente l'ont montré. Il faut donc regarder la distribution complète, par un histogramme ou un violon, puis les sous-populations côte à côte.
| période 1 | période 4 | |
|---|---|---|
| min | 80 | 809 |
| Q₁ | 602 | 1 442 |
| médiane | 925,5 | 1 689 |
| Q₃ | 1 291 | 1 872 |
| max | 1 675 | 2 182 |
| moyenne | 902,7 | 1 641,75 |
| écart-type | 472,63 | 338,39 |
L'ordre des trois questions n'est pas interchangeable. Résumer avant de comparer, comparer avant de conclure, et regarder la forme avant de croire un résumé. Commencer par la conclusion, c'est-à-dire chercher dans les données ce qu'on espérait y trouver, est l'erreur qui produit les analyses les plus convaincantes et les plus fausses.
Trois choses, dans cet ordre :
- La distribution est-elle à une seule bosse ou à plusieurs ? Deux bosses signalent deux populations mélangées, à séparer avant tout calcul.
- Est-elle symétrique ou étirée d'un côté ?
- Y a-t-il des points isolés loin du reste ?
Ces trois réponses conditionnent tout ce qui suit.
Moyenne et médiane, autant de fois qu'il faut
Le chapitre affirme que la médiane résiste aux valeurs aberrantes et que la moyenne non. L'exercice demande les deux indicateurs, puis les redemande sur la même série dont la plus grande valeur a été décuplée.
Les deux indicateurs, avant et après une valeur extrême
Une série de neuf relevés : 8, 13, 14, 15, 16, 17, 21, 26, 320.
- La médiane
- La moyenne
- La médiane si la plus grande valeur est multipliée par 10
- La moyenne dans ce même cas
Comparer les deux couples de réponses. La médiane n'a pas bougé d'un point, parce qu'elle ne voit que l'ordre des valeurs et jamais leur amplitude. La moyenne s'est déplacée exactement de la valeur extrême, parce qu'un relevé sur neuf y pèse un neuvième d'une augmentation qui vaut neuf fois cette valeur.
1.Diviser par N ou par N − 1 pour la variance : qu'est-ce qui décide ?
2.Deux séries mesurées dans des unités différentes. Comment comparer leur dispersion ?
3.Un histogramme montre deux bosses nettement séparées. Que faut-il en faire ?
La méthode
Devant une série de mesures, dans cet ordre et jamais l'inverse.
- Regarder la forme avant de calculer quoi que ce soit : un histogramme, ou au minimum le minimum, le maximum et la médiane. Une moyenne calculée sur une série bimodale décrit un individu qui n'existe pas.
- Choisir l'indicateur selon la forme. Série symétrique sans valeur extrême : moyenne et écart-type. Série dissymétrique ou avec des valeurs aberrantes : médiane et écart interquartile.
- Comprendre les valeurs aberrantes avant de les retirer, et dire pourquoi on les retire. Une mesure fausse se retire ; une mesure rare se garde.
- Vérifier l'ordre de grandeur : l'écart-type doit être petit devant l'étendue, et la médiane doit tomber entre le premier et le troisième quartile.
Le détail des calculs sur feuille
- Ordonner la série avant tout calcul de médiane ou de quartile. C'est l'oubli le plus fréquent.
- Vérifier que la somme des effectifs correspond bien à , et que les fréquences totalisent 1.
- Garder les fractions exactes jusqu'au bout, et n'arrondir qu'à la fin : surtout avant d'élever au carré.
- Donner toujours moyenne et écart-type ensemble : l'un sans l'autre ne décrit rien.
- Comparer moyenne et médiane : leur écart est déjà une conclusion sur la symétrie de la série.
Mettre en pratique
Deux nombres sur la série , les deux qu'on donne toujours ensemble.
Décrire une série
- 1.
La moyenne de la série .
- 2.
L'écart type de cette même série, calculé sur les cinq valeurs.
- 3.
La médiane de la même série.
Moyenne et médiane de 4, 7, 7, 9, 13, 15, 45
Moyenne :
Médiane : 7 valeurs, rang , donc .
La moyenne est bien supérieure à la médiane : la valeur 45 tire la série vers le haut. Ici la médiane est plus représentative, et l'écart entre les deux est déjà une conclusion sur la forme de la série.
Écart-type de 2, 4, 4, 4, 5, 5, 7, 9
, donc .
L'écart typique à la moyenne vaut 2, sur une série centrée en 5 : .
Sur 200 mesures de charge CPU, , , . Que dire de la série ?
points, c'est énorme : les 50 % centraux s'étalent sur près de la moitié de l'échelle de 0 à 100 %.
Surtout, la médiane (31) est beaucoup plus proche de (22) que de (68) : la moitié basse est serrée, la moitié haute très étalée. La distribution est fortement asymétrique à droite.
L'interprétation métier est nette : le serveur est le plus souvent peu chargé, avec des périodes de forte charge bien distinctes. Une bimodalité est probable, jour/nuit, ou traitement par lots. Il faut tracer l'histogramme et séparer les deux régimes avant tout autre calcul.
Pourquoi ne compare-t-on pas deux séries par leurs écarts-types quand elles n'ont pas la même unité ?
Parce que l'écart-type porte l'unité des données. Un écart-type de 12 sur une charge CPU en pourcentage et de 12 sur un trafic en Mo/s ne sont pas comparables.
On utilise alors le coefficient de variation , sans unité. (trafic très régulier) et (charge très irrégulière) se comparent, eux.
Réserve : le n'a de sens que si la moyenne est positive et loin de zéro. Sur une série centrée en zéro, il explose.
Un point est en dehors des moustaches. Faut-il le retirer du jeu de données ?
Non : pas avant de savoir ce que c'est.
Trois cas, trois traitements. Une erreur de mesure (capteur débranché, valeur ) se corrige ou s'écarte, en le documentant. Un événement exceptionnel réel (jour de grève, pic de trafic) se garde : c'est souvent l'observation la plus intéressante du jeu. Un régime de fonctionnement rare mais normal signale que la population n'est pas homogène et qu'il faut la découper.
Écarter un point parce qu'il gêne le modèle, c'est fabriquer le résultat. Ce qui s'écrit dans un rapport, c'est la phrase qui justifie la décision.
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Dans la bibliothèque d'exercices
Position et dispersion, médiane et quartiles, écart-type, et ce qu'une valeur aberrante déplace.
- La médiane d'une sérieNiveau 1
- Écart-type d'une sérieNiveau 1
- Le mode d'une sérieNiveau 1
- Ce qu'une seule valeur déplaceNiveau 1
- Moyenne ou médianeNiveau 2
- La même boîteNiveau 2
- Prédire l'effet d'une valeur extrêmeNiveau 2
- La chaîne complète sur douze relevésNiveau 2
- Les quartiles, convention du coursNiveau 3
- Les valeurs hors des moustachesNiveau 3
- La moyenne des moyennesNiveau 3
- La variance en un seul passageNiveau 3
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