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Géométrie : vecteurs, droites et plans

Ce que ce chapitre apporte6 points
  • Manipuler les coordonnées d'un vecteur dans le plan et dans l'espace, et calculer sa norme.
  • Calculer un produit scalaire par les coordonnées ou par l'angle, et en déduire un angle ou une orthogonalité.
  • Calculer un produit vectoriel et savoir ce qu'il représente : direction, sens, norme, aire.
  • Écrire une droite sous forme paramétrique et un plan sous forme cartésienne, et passer de l'un à l'autre.
  • Déterminer si des vecteurs sont colinéaires, coplanaires, orthogonaux.
  • Calculer une distance d'un point à une droite ou à un plan.
Une force, une vitesse, un champ magnétique : ce sont des grandeurs qui ne se résument pas à un nombre. Il faut aussi dire dans quelle direction. C'est ce qu'est un vecteur, et c'est pourquoi toute la physique s'écrit avec. Ce chapitre donne les deux opérations qui permettent de calculer avec eux (le produit scalaire, qui mesure un alignement, et le produit vectoriel, qui fabrique une perpendiculaire), puis les applique aux droites et aux plans de l'espace.

Vecteurs : ce que c'est vraiment

Définition

Un vecteur est un déplacement : une direction, un sens et une longueur. Il n'a pas de position. Deux flèches parallèles, de même sens et de même longueur, représentent le même vecteur.

C'est la différence essentielle avec un point. Un point est quelque part ; un vecteur, non : il dit seulement « avance de tant, dans telle direction ». Le vecteur qui va du point A au point B se note AB\overrightarrow{AB} et se calcule en soustrayant les coordonnées :

AB=(xBxA,  yByA,  zBzA)\overrightarrow{AB} = \bigl(x_\mathrm{B} - x_\mathrm{A},\ \ y_\mathrm{B} - y_\mathrm{A},\ \ z_\mathrm{B} - z_\mathrm{A}\bigr)
L'ordre compte
C'est arrivée moins départ. ABAB et BABA sont opposés. L'erreur de signe ici se propage dans tout l'exercice.

Où vivent ces coordonnées

Parler de « coordonnées » suppose un cadre, et il vaut mieux le nommer une fois pour toutes.

Définition

Un repère orthonormé de l'espace est un point origine et trois vecteurs de norme 1, orthogonaux deux à deux. Les coordonnées d'un vecteur sont les nombres qui le reconstituent à partir de ces trois-là.

Toutes les formules du chapitre le supposent
u=u12+u22+u32\lVert u \rVert = \sqrt{u_1^2 + u_2^2 + u_3^2} et uv=u1v1+u2v2+u3v3u \cdot v = u_1v_1 + u_2v_2 + u_3v_3 ne sont vraies que dans un repère orthonormé. Dans une base quelconque, où les axes ne seraient ni perpendiculaires ni de même échelle, ces expressions seraient fausses.
C'est un implicite permanent, jamais rappelé dans les énoncés, et il vaut la peine de savoir qu'il est là.

Opérations de base

Dans un tel repère, tout se fait coordonnée par coordonnée :

  • Addition : u+v=(u1+v1,u2+v2,u3+v3)u + v = (u_1+v_1, u_2+v_2, u_3+v_3). Géométriquement, on met les flèches bout à bout.
  • Multiplication par un réel : ku=(ku1,ku2,ku3)k\cdot u = (k u_1, k u_2, k u_3). La flèche s'allonge (|k| > 1), se raccourcit (|k| < 1), ou change de sens (k < 0), mais garde sa direction.

L'addition se lit sur la figure : la somme est la diagonale du parallélogramme construit sur les deux vecteurs. C'est la même chose que de mettre les flèches bout à bout, et c'est pourquoi l'ordre des deux termes n'a aucune importance.

xy-112345-112345uvu + v
L'addition de deux vecteurs. Déplacer u ou v : la somme reste la diagonale du parallélogramme, quel que soit l'endroit où on les place.

Norme

Définition

La norme d'un vecteur u=(u1,u2,u3)u = (u_1, u_2, u_3) est sa longueur : u=u12+u22+u32\|u\| = \sqrt{u_1^2 + u_2^2 + u_3^2}.

C'est Pythagore, appliqué deux fois dans l'espace. Un vecteur de norme 1 est dit unitaire ; pour rendre unitaire un vecteur non nul, on le divise par sa norme : u/uu / \|u\|. On appelle ça normer le vecteur, et c'est un réflexe utile : dans beaucoup de formules, on ne s'intéresse qu'à la direction.

Colinéarité

Définition

Deux vecteurs sont colinéaires s'ils ont la même direction, c'est-à-dire s'il existe un réel k tel que v=kuv = k\cdot u (avec u non nul).

En pratique, on vérifie que les coordonnées sont proportionnelles. Dans le plan, il existe un test plus rapide : le déterminant.

det(u,v)=u1v2u2v1\det(u, v) = u_1 v_2 - u_2 v_1

Les vecteurs sont colinéaires si et seulement si ce déterminant est nul. Sa valeur absolue est par ailleurs l'aire du parallélogramme construit sur u et v, ce qui explique le test : une aire nulle signifie que le parallélogramme est aplati, donc que les deux vecteurs sont alignés.

xy-2-11234-11234uvu + v
Le parallélogramme construit sur u et v. Amener v dans la direction de u : le parallélogramme s'aplatit, son aire tend vers zéro, et c'est exactement ce que mesure le déterminant.
Un contrôle qui coûte trois secondes
Avant de conclure à la colinéarité, croiser les coordonnées : u=(3;1)u = (3 ; 1) et v=(6;2)v = (6 ; 2) donnent 3×21×6=03\times2 - 1\times6 = 0, ils sont colinéaires. u=(3;1)u = (3 ; 1) et v=(6;3)v = (6 ; 3) donnent 96=309 - 6 = 3 \neq 0, ils ne le sont pas, même si les nombres se ressemblent.

Le produit scalaire

C'est l'outil qui mesure à quel point deux vecteurs pointent dans la même direction.

Définition

Le produit scalaire de deux vecteurs se calcule de deux façons, toujours égales :

  • par les coordonnées : uv=u1v1+u2v2+u3v3u \cdot v = u_1v_1 + u_2v_2 + u_3v_3
  • par l'angle : uv=u×v×cosθu \cdot v = \|u\| \times \|v\| \times \cos \theta, où θ est l'angle entre u et v.

Le résultat est un nombre réel, pas un vecteur.

C'est la coexistence de ces deux formules qui fait toute la puissance de l'outil : on calcule à gauche avec les coordonnées, et on lit à droite une information géométrique.

Ce que son signe raconte

Comme les normes sont positives, le signe du produit scalaire est celui de cosθ\cos \theta :

uvu \cdot vangleinterprétation
> 0θ < 90°les vecteurs pointent globalement dans le même sens
= 0θ = 90°les vecteurs sont orthogonaux
< 0θ > 90°ils pointent en sens opposés
À retenir
Produit scalaire nul ⟺ vecteurs orthogonaux (pour des vecteurs non nuls). C'est de loin l'usage le plus fréquent : chaque fois qu'un énoncé parle de perpendiculaire, d'angle droit, ou de « hauteur », le produit scalaire est l'outil.

Le tableau ci-dessus se vérifie à la main. En déplaçant le second vecteur autour du premier, l'angle affiché passe sous puis au-dessus de 90°, et c'est précisément là que le produit scalaire change de signe.

xy-11234-1123453°uv
L'angle entre deux vecteurs. Tant qu'il est aigu le produit scalaire est positif ; il s'annule exactement à 90° ; au-delà il devient négatif.
À manipuler
Faire tourner v autour de l'origine et suivre le produit scalaire pendant le mouvement. Trouver la position exacte où il s'annule. Vérifier ensuite qu'en allongeant ou en raccourcissant l'un des deux vecteurs, cette position ne bouge pas : le signe du produit scalaire ne dépend que de l'angle.

Calculer un angle

En égalant les deux formules, on isole le cosinus :

cosθ=(uv)/(uv)\cos \theta = (u \cdot v) / (\|u\| \|v\|)

Exemple travaillé. Soit u=(1,2,2)u = (1, 2, 2) et v=(3,0,4)v = (3, 0, 4).

  1. uv=1×3+2×0+2×4=11u \cdot v = 1\times 3 + 2\times 0 + 2\times 4 = 11
  2. u=1+4+4=3\|u\| = \sqrt{1 + 4 + 4} = 3 et v=9+0+16=5\|v\| = \sqrt{9 + 0 + 16} = 5
  3. cosθ=11/150,733\cos \theta = 11 / 15 \approx 0{,}733, donc θ42,8\theta \approx 42{,}8^{\circ}
Contrôle systématique
Ce rapport est un cosinus. Il est donc toujours compris entre −1 et 1. Trouver 1,4 ne signale pas un angle exotique, mais une erreur dans un des trois calculs qui précèdent : le produit scalaire ou l'une des deux normes. C'est le contrôle le moins cher du chapitre. (Le résultat porte un nom, l'inégalité de Cauchy-Schwarz, mais c'est la borne qui sert, pas le nom.)

Propriétés à connaître

  • Symétrique : uv=vuu \cdot v = v \cdot u
  • Bilinéaire : (ku)v=k(uv)(k u) \cdot v = k (u \cdot v) et (u+w)v=uv+wv(u + w) \cdot v = u\cdot v + w\cdot v. On développe comme une multiplication ordinaire
  • uu=u2u \cdot u = \|u\|^2 : c'est ainsi qu'on transforme une longueur en produit scalaire

Cette dernière égalité sert à démontrer proprement : u+v2=(u+v)(u+v)=u2+2uv+v2\|u + v\|^2 = (u+v)\cdot (u+v) = \|u\|^2 + 2 u\cdot v + \|v\|^2. Quand u et v sont orthogonaux, le terme du milieu disparaît et on retrouve Pythagore.

La projection orthogonale

C'est l'usage que la physique fait le plus du produit scalaire, et il découle directement de la formule par l'angle.

Définition

La projection orthogonale de uu sur la direction de vv est le vecteur

p=uvv2vp = \frac{u \cdot v}{\lVert v \rVert^{2}}\, v

Sa longueur, uv/v|u \cdot v| / \lVert v \rVert, est la composante de uu le long de vv.

La formule se lit en deux temps. Le quotient uv/vu \cdot v / \lVert v \rVert vaut ucosθ\lVert u \rVert \cos\theta, c'est-à-dire exactement la longueur de l'ombre que uu porte sur la direction de vv. La seconde division par v\lVert v \rVert ne sert qu'à normer vv : elle donne la direction sans rien ajouter à la longueur.

Ce que cela sert à calculer
Le travail d'une force le long d'un déplacement est FdF \cdot d : seule la part de la force qui va dans le sens du déplacement travaille, et le produit scalaire l'extrait tout seul.
Une force sur un plan incliné se décompose de la même façon, en une composante le long de la pente et une perpendiculaire. Ce sont deux projections, et rien d'autre.
C'est aussi pourquoi une force perpendiculaire au déplacement ne travaille pas : son produit scalaire est nul, donc sa projection l'est aussi.

Exemple travaillé. Projeter u=(4;3)u = (4 ; 3) sur v=(5;0)v = (5 ; 0), c'est-à-dire sur l'axe des abscisses.

uv=20u \cdot v = 20 et v2=25\lVert v \rVert^2 = 25, donc p=2025v=(4;0)p = \frac{20}{25} v = (4 ; 0). On retrouve l'abscisse de uu, ce qui est le contrôle le plus simple de la formule : projeter sur l'axe des x, c'est lire la première coordonnée.

xy-1123456-2-11234537°uv
La projection de u sur v est l'ombre que u porte sur la direction de v. Déplacer u : l'ombre s'allonge quand l'angle diminue, s'annule exactement à 90 degrés, et repasse de l'autre côté au-delà.

Une remarque que la figure rend visible et qui sépare pour de bon les deux quantités : doubler la longueur de uu double le produit scalaire, mais ne change pas l'angle d'un degré. Le produit scalaire mesure à la fois l'orientation et les longueurs, là où l'angle ne retient que l'orientation.

Le produit vectoriel

Réservé à l'espace (dimension 3). Là où le produit scalaire renvoie un nombre, celui-ci renvoie un vecteur.

Définition

Le produit vectoriel uvu \wedge v est le vecteur :

  • de direction perpendiculaire à la fois à u et à v ;
  • de sens donné par la règle de la main droite (pouce = u, index = v, majeur = u ∧ v) ;
  • de norme uv=uvsinθ\|u \wedge v\| = \|u\| \|v\| |\sin \theta |, qui est l'aire du parallélogramme construit sur u et v.

En coordonnées, avec u=(u1,u2,u3)u = (u_1, u_2, u_3) et v=(v1,v2,v3)v = (v_1, v_2, v_3) :

uv=(u2v3u3v2,u3v1u1v3,u1v2u2v1)u \wedge v = (u_2v_3 - u_3v_2 , u_3v_1 - u_1v_3 , u_1v_2 - u_2v_1)
Le moyen mnémotechnique
Pour la première coordonnée, on oublie la ligne 1 et on fait le déterminant croisé des lignes 2 et 3 : u2v3u3v2u_2v_3 - u_3v_2. Pour la deuxième, on oublie la ligne 2, on croise les lignes 3 et 1 (dans cet ordre : 3 puis 1). Pour la troisième, on oublie la ligne 3 et on croise 1 et 2. Les indices tournent en boucle : 23, 31, 12.
Le déterminant du plan était déjà là
La troisième coordonnée du produit vectoriel s'écrit u1v2u2v1u_1v_2 - u_2v_1. C'est exactement le déterminant de la section sur la colinéarité, celui qui mesure l'aire du parallélogramme dans le plan.
Ce n'est pas une coïncidence. Deux vecteurs du plan sont des vecteurs de l'espace dont la troisième coordonnée est nulle : leur produit vectoriel n'a plus que sa composante verticale, et cette composante est le déterminant. Les deux tests de colinéarité, celui du plan et celui de l'espace, sont donc le même test, écrit deux fois.

La figure ci-dessous montre ce que les coordonnées ne disent pas : où pointe le résultat. Le vecteur orange est calculé par la figure elle-même à partir des deux autres, il n'est pas dessiné à la main.

xyzuvu ∧ v
Le produit vectoriel de deux vecteurs du plan horizontal est vertical. Sa longueur, 6, est l'aire du rectangle construit sur u et v, et son sens vient de la règle de la main droite.

Propriétés

  • Antisymétrique : vu=(uv)v \wedge u = - (u \wedge v). L'ordre compte, contrairement au produit scalaire.
  • uu=0u \wedge u = 0 (vecteur nul).
  • uv=0u \wedge v = 0 si et seulement si u et v sont colinéaires. C'est le test de colinéarité dans l'espace.
  • u(uv)=0u \cdot (u \wedge v) = 0 : le résultat est bien perpendiculaire aux deux vecteurs de départ, un contrôle en trois multiplications.

Une cinquième propriété, que l'on n'énonce jamais et qui se paie cher : le produit vectoriel n'est pas associatif. Déplacer les parenthèses change le résultat, et un contre-exemple de trois vecteurs le montre en une ligne.

Soit a=(1;0;0)a = (1 ; 0 ; 0), b=(2;0;0)b = (2 ; 0 ; 0) et c=(0;1;0)c = (0 ; 1 ; 0). Les vecteurs aa et bb sont colinéaires, donc ab=0a \wedge b = 0, donc (ab)c=0(a \wedge b) \wedge c = 0. En revanche bc=(0;0;2)b \wedge c = (0 ; 0 ; 2), et a(bc)=(0;2;0)a \wedge (b \wedge c) = (0 ; -2 ; 0), qui n'est pas nul.

Une écriture qui ne veut rien dire
Puisque les parenthèses ne se déplacent pas, l'écriture uvwu \wedge v \wedge w n'a aucun sens tant que l'on n'a pas dit quel produit se fait en premier. C'est la seule opération du chapitre dont l'ordre d'évaluation doive être écrit.

Ce qu'on en fait

QuestionOutil
Ces deux vecteurs sont-ils orthogonaux ?produit scalaire nul
Ces deux vecteurs sont-ils colinéaires ?produit vectoriel nul
Trouver un vecteur perpendiculaire à deux autresproduit vectoriel
Aire d'un parallélogramme / d'un triangleuv\lVert u \wedge v \rVert / la moitié
Volume d'un parallélépipèdeu(vw)\|u \cdot (v \wedge w)\| (produit mixte)

Le produit mixte

Définition

Le produit mixte de trois vecteurs est le nombre u(vw)u \cdot (v \wedge w). Sa valeur absolue est le volume du parallélépipède construit sur les trois.

La justification tient en une phrase, et elle réutilise la projection vue plus haut. La norme de vwv \wedge w est l'aire de la base, et vwv \wedge w est perpendiculaire à cette base ; le produit scalaire par uu projette donc uu sur cette perpendiculaire, c'est-à-dire mesure la hauteur. Aire de la base multipliée par la hauteur : c'est bien un volume.

Deux conséquences utiles. Le produit mixte est nul si et seulement si les trois vecteurs sont coplanaires, puisqu'un volume nul signifie un parallélépipède aplati : c'est le test de coplanarité. Et son signe indique l'orientation du triplet, positif pour un repère direct.

Exemple travaillé. Calculer le volume du parallélépipède construit sur u=(1;1;2)u = (1 ; 1 ; 2), v=(2;0;0)v = (2 ; 0 ; 0) et w=(0;2;0)w = (0 ; 2 ; 0).

  1. On calcule d'abord le produit vectoriel des deux vecteurs de la base, ici vv et ww : vw=(0×00×2;0×02×0;2×20×0)=(0;0;4)v \wedge w = (0 \times 0 - 0 \times 2 \,;\, 0 \times 0 - 2 \times 0 \,;\, 2 \times 2 - 0 \times 0) = (0 ; 0 ; 4).
  2. Sa norme vaut 4 : c'est l'aire de la base, le carré de côté 2 posé dans le plan horizontal.
  3. On le multiplie scalairement par le troisième vecteur : u(0;0;4)=2×4=8u \cdot (0 ; 0 ; 4) = 2 \times 4 = 8.
  4. Le volume est donc 8.

Le contrôle se lit sur la figure. La base est un carré d'aire 4. La hauteur est la part de uu qui s'élève au-dessus de cette base, c'est-à-dire sa troisième coordonnée, 2. Aire fois hauteur donne bien 4×2=84 \times 2 = 8.

Notons que le solide n'est pas un pavé droit : uu penche, puisqu'il avance aussi de 1 en x et de 1 en y. Cela ne change rien au volume, et c'est justement ce que le produit mixte sait voir. Un solide incliné et un pavé droit de même base et même hauteur ont le même volume.

xyzuvwv ∧ whauteur
Le solide construit sur les trois vecteurs. Sa base, le carré bleuté, a pour aire la longueur du vecteur v ∧ w, qui lui est perpendiculaire. La hauteur en pointillé est la part de u qui s'élève au-dessus de cette base, et c'est elle que le produit scalaire mesure.
Pourquoi la même formule teste la coplanarité
Si les trois vecteurs sont dans un même plan, le troisième est couché sur la base au lieu de s'en élever : la hauteur est nulle, donc le volume aussi.
Cela se voit sur la formule. vwv \wedge w est perpendiculaire à la base ; si uu appartient à cette base, il est perpendiculaire à vwv \wedge w, et leur produit scalaire s'annule. Le test de coplanarité n'est donc pas une règle de plus à retenir, c'est la même formule lue à l'envers.

Exemple travaillé : aire d'un triangle. A(1,0,0), B(0,2,0), C(0,0,3).

  1. AB=(1,2,0)\overrightarrow{AB} = (-1, 2, 0) et AC=(1,0,3)\overrightarrow{AC} = (-1, 0, 3).
  2. ABAC=(2×30×0,0×(1)(1)×3,(1)×02×(1))=(6,3,2)\overrightarrow{AB} \wedge \overrightarrow{AC} = (2\times 3 - 0\times 0 , 0\times (-1) - (-1)\times 3 , (-1)\times 0 - 2\times (-1)) = (6, 3, 2)
  3. Contrôle : AB(6,3,2)=6+6+0=0\overrightarrow{AB} \cdot (6{,}3,2) = -6 + 6 + 0 = 0
  4. ABAC=36+9+4=49=7\|\overrightarrow{AB} \wedge \overrightarrow{AC}\| = \sqrt{36 + 9 + 4} = \sqrt{49} = 7
  5. L'aire du triangle est la moitié de celle du parallélogramme : 7/2=3,57/2 = 3{,}5.

Droites et plans de l'espace

La droite

Une droite est déterminée par un point A et un vecteur directeur u. Un point M est sur la droite si AM\overrightarrow{AM} est colinéaire à u, ce qui donne la représentation paramétrique :

{x=xA+tu1y=yA+tu2z=zA+tu3tR\begin{cases} x = x_\mathrm{A} + t\,u_1 \\ y = y_\mathrm{A} + t\,u_2 \\ z = z_\mathrm{A} + t\,u_3 \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}

Le paramètre t est une position sur la droite : t = 0 donne A, t = 1 donne le point A + u, t négatif donne les points de l'autre côté.

xyzDuA
La droite passant par A(1 ; 1 ; 0) et dirigée par u = (1 ; 0 ; 1). Chaque valeur de t place un point sur elle, et le vecteur directeur donne le pas dont on avance quand t augmente de 1.

Le plan

Un plan est déterminé par un point A et un vecteur normal n (perpendiculaire au plan). Un point M est dans le plan si AMn=0\overrightarrow{AM} \cdot n = 0. En développant, on obtient l'équation cartésienne :

ax+by+cz+d=0a x + b y + c z + d = 0
La chose à retenir sur les plans
Dans ax+by+cz+d=0a x + b y + c z + d = 0, les coefficients (a,b,c)(a, b, c) sont les coordonnées d'un vecteur normal au plan. Cette lecture directe permet de répondre en une ligne à la moitié des questions sur les plans.

Le coefficient dd se trouve en injectant les coordonnées d'un point connu du plan.

nPxyzABC
Le plan coupe les trois axes en A, B et C, et le triangle ABC est la trace qu'il y laisse. Le vecteur normal n = (6 ; 3 ; 2) se lit dans les coefficients ; le petit carré à son pied marque l'angle droit, que la projection ne montrerait pas autrement. Le pointillé indique la portion des axes qui passe derrière le plan.

Trois lectures sur cette figure. Le plan s'appuie sur les axes : il les coupe en A, B et C, et ces trois points sont exactement ceux de l'exemple travaillé ci-dessus, ce qui n'est pas un hasard puisqu'on obtient chacun en annulant les deux autres coordonnées dans l'équation. La normale sort du plan au lieu de glisser dessus, et seul le symbole d'angle droit le dit. Enfin, la partie des axes tracée en pointillé est celle qui plonge derrière le plan : l'origine est de l'autre côté, et c'est ce qui donne son relief à la scène.

Le plan sous forme paramétrique

L'équation cartésienne n'est pas la seule écriture. Un plan est aussi déterminé par un point A et deux vecteurs directeurs non colinéaires, ce qui donne, avec deux paramètres :

M=A+su+tv(s;t)R2M = A + s\,u + t\,v \qquad (s ; t) \in \mathbb{R}^2

Les deux formes se répondent, et le passage de l'une à l'autre est mécanique.

Passer d'une forme à l'autre
De paramétrique vers cartésienne : le produit vectoriel uvu \wedge v donne un vecteur normal, puisqu'il est perpendiculaire aux deux directeurs. On écrit alors ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 et l'on trouve d en injectant A.
De cartésienne vers paramétrique : on lit la normale dans les coefficients, on choisit un point du plan, et l'on prend pour directeurs deux vecteurs orthogonaux à cette normale, qu'on obtient facilement en annulant une coordonnée.

Intersection d'une droite et d'un plan

C'est l'exercice type du chapitre, et il se déroule toujours de la même façon : on injecte la paramétrique dans la cartésienne, ce qui donne une équation à une inconnue, le paramètre.

Exemple travaillé. La droite passant par A(0;0;0)A(0 ; 0 ; 0) de directeur u=(1;1;1)u = (1 ; 1 ; 1), et le plan 6x+3y+2z6=06x + 3y + 2z - 6 = 0.

  1. La droite s'écrit x=tx = t, y=ty = t, z=tz = t.
  2. On injecte : 6t+3t+2t6=06t + 3t + 2t - 6 = 0, soit 11t=611t = 6.
  3. Donc t=6/11t = 6/11, et le point d'intersection est (6/11;6/11;6/11)(6/11 ; 6/11 ; 6/11).
  4. Contrôle en réinjectant : 6×611+3×611+2×611=6611=66 \times \frac{6}{11} + 3 \times \frac{6}{11} + 2 \times \frac{6}{11} = \frac{66}{11} = 6
Les trois issues possibles, lisibles sur l'équation en t
L'étape 2 donne une équation de la forme (un)t+constante=0(u \cdot n)\,t + \text{constante} = 0, et son coefficient décide de tout.
Si un0u \cdot n \neq 0, elle a une solution unique : la droite perce le plan en un point.
Si un=0u \cdot n = 0 et que la constante ne l'est pas, il n'y a aucune solution : la droite est parallèle au plan, strictement.
Si les deux sont nuls, tout t convient : la droite est contenue dans le plan.
On retrouve ainsi, par le calcul, le test un=0u \cdot n = 0 du tableau des positions relatives.
nPxyzDI
La droite perce le plan en un seul point, celui que donne t = 6/11. Le produit scalaire du directeur par la normale vaut 11, non nul : c'est ce qui garantit qu'il y a exactement une solution.

Exemple travaillé : équation du plan passant par A(1,0,0), B(0,2,0), C(0,0,3).

  1. Un vecteur normal est n=ABAC=(6,3,2)n = \overrightarrow{AB} \wedge \overrightarrow{AC} = (6, 3, 2) (calculé plus haut).
  2. L'équation est donc de la forme 6x+3y+2z+d=06x + 3y + 2z + d = 0.
  3. On y injecte A : 6×1+0+0+d=06\times 1 + 0 + 0 + d = 0, donc d=6d = -6.
  4. Le plan a pour équation 6x+3y+2z6=06x + 3y + 2z - 6 = 0.
  5. Contrôle avec B : 0+6+06=00 + 6 + 0 - 6 = 0 ✓ ; avec C : 0+0+66=00 + 0 + 6 - 6 = 0

Positions relatives

SituationTest
Deux droites parallèlesvecteurs directeurs colinéaires
Droite parallèle à un planun=0u \cdot n = 0 (directeur ⊥ normale)
Droite perpendiculaire à un planuu colinéaire à nn
Deux plans parallèlesnormales colinéaires
Deux plans perpendiculairesnn=0n \cdot n' = 0

Notons le renversement, qui est la principale source d'erreurs : pour qu'une droite soit parallèle à un plan, il faut que son directeur soit orthogonal à la normale. C'est logique dès qu'on se rappelle que la normale est perpendiculaire au plan, mais dans le feu du calcul, on écrit l'inverse une fois sur deux.

Deux droites qui ne sont ni parallèles ni sécantes

Dans le plan, deux droites non parallèles se coupent, toujours. Dans l'espace, c'est faux, et c'est la première intuition que la troisième dimension prend en défaut. Deux droites peuvent n'être ni parallèles ni sécantes : l'une passe au-dessus de l'autre sans jamais la rencontrer. On les dit alors non coplanaires, parce qu'aucun plan ne les contient toutes les deux.

Le test ne demande aucun outil nouveau, c'est le produit mixte. Pour une droite passant par AA et dirigée par uu, et une autre passant par BB et dirigée par vv, il faut regarder det(u,v,AB)=u(vAB)\det(u, v, \overrightarrow{AB}) = u \cdot (v \wedge \overrightarrow{AB}).

Produit mixteDirecteursConclusion
nulcolinéairesparallèles, ou confondues
nulnon colinéairessécantes, en un point unique
non nulforcément non colinéairesnon coplanaires

La lecture est géométrique et vaut mieux que le tableau. Le produit mixte est le volume du parallélépipède construit sur uu, vv et AB\overrightarrow{AB}. Un volume nul signifie que les trois vecteurs tiennent dans un même plan, donc que les deux droites aussi. Un volume non nul signifie qu'il a fallu sortir du plan pour passer de l'une à l'autre.

xyzDD'
Deux droites non coplanaires. Elles ne sont pas parallèles, et pourtant elles ne se rencontrent pas : l'une passe à côté de l'autre. Faire tourner le point de vue le rend visible, car sous certains angles elles semblent se croiser.

Exemple travaillé. DD passe par A(0;0;0)A(0 ; 0 ; 0) et est dirigée par u=(1;1;0)u = (1 ; 1 ; 0). DD' passe par B(2;0;0)B(2 ; 0 ; 0) et est dirigée par v=(0;1;1)v = (0 ; 1 ; 1).

  1. AB=(2;0;0)\overrightarrow{AB} = (2 ; 0 ; 0).
  2. vAB=(1×01×0;1×20×0;0×01×2)=(0;2;2)v \wedge \overrightarrow{AB} = (1 \times 0 - 1 \times 0 \,;\, 1 \times 2 - 0 \times 0 \,;\, 0 \times 0 - 1 \times 2) = (0 ; 2 ; -2).
  3. u(0;2;2)=0+2+0=2u \cdot (0 ; 2 ; -2) = 0 + 2 + 0 = 2. Ce n'est pas nul : les droites sont non coplanaires.

Le système donne le même verdict, plus lentement. Un point commun vérifierait à la fois t=2t = 2, t=st = s et 0=s0 = s, donc t=2t = 2 et t=0t = 0 : il n'y a pas de solution.

Deux paramètres, jamais un seul
Chercher l'intersection en écrivant les deux représentations paramétriques avec la même lettre tt revient à exiger que les deux points se rencontrent au même instant. C'est bien plus exigeant que de se rencontrer, et cela fait déclarer non sécantes des droites qui le sont parfaitement. Chaque droite a son paramètre : tt pour l'une, ss pour l'autre.

Distance d'un point à un plan

Pour un plan d'équation ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0 et un point M(x0;y0;z0)M(x_0 ; y_0 ; z_0) :

d(M,P)=ax0+by0+cz0+da2+b2+c2d(M, P) = \frac{|a x_0 + b y_0 + c z_0 + d|}{\sqrt{a^2 + b^2 + c^2}}

L'interprétation : on injecte le point dans l'équation (ce qui donne 0 s'il est dans le plan, et une valeur d'autant plus grande qu'on s'en éloigne), puis on divise par la norme du vecteur normal pour obtenir une vraie longueur. La valeur absolue est indispensable : une distance est positive.

La distance d'un point à un plan est la longueur du plus court chemin, et ce chemin est perpendiculaire au plan. C'est ce que la figure montre, et c'est de là que vient la formule.

nPxyzdM
La distance de M au plan est la longueur du segment perpendiculaire, en pointillé. Tout autre chemin de M vers le plan serait l'hypoténuse d'un triangle rectangle dont celui-ci est un côté, donc plus long.

Exemple travaillé. Distance du point M(3;2;3)M(3 ; 2 ; 3) au plan d'équation x+y+z3=0x + y + z - 3 = 0.

  1. On injecte M dans l'équation : 3+2+33=53 + 2 + 3 - 3 = 5. Ce nombre n'est pas encore une distance : il dépend de l'échelle des coefficients.
  2. La norme du vecteur normal n=(1;1;1)n = (1 ; 1 ; 1) vaut 3\sqrt{3}.
  3. La distance est donc 5/32,89|5| / \sqrt{3} \approx 2{,}89.

Le contrôle qui vaut la peine : multiplier toute l'équation par 10 donnerait 10x+10y+10z30=010x + 10y + 10z - 30 = 0, qui décrit exactement le même plan. Le numérateur deviendrait 50 et la norme 10310\sqrt{3}, et le quotient resterait 2,892{,}89. C'est précisément le rôle de la division par la norme.

Les coordonnées du projeté orthogonal

La formule précédente dit de combien le point est éloigné du plan. Elle ne dit pas il se projette. Le point HH, pied de la perpendiculaire, s'obtient en trois temps, et cette méthode se programme telle quelle.

  1. Écrire la droite passant par MM et dirigée par la normale nn : ses points sont M+tnM + t\,n.
  2. Injecter ces coordonnées dans l'équation du plan. Il en sort une équation du premier degré en tt, donc une valeur unique.
  3. Reporter cette valeur dans la droite. Le point obtenu est HH.

Exemple travaillé. Projeté de M(3;2;3)M(3 ; 2 ; 3) sur le plan x+y+z3=0x + y + z - 3 = 0, celui de l'exemple précédent.

  1. La normale est n=(1;1;1)n = (1 ; 1 ; 1), donc les points de la droite s'écrivent (3+t;2+t;3+t)(3 + t ; 2 + t ; 3 + t).
  2. Injection : (3+t)+(2+t)+(3+t)3=0(3 + t) + (2 + t) + (3 + t) - 3 = 0, soit 5+3t=05 + 3t = 0, donc t=5/3t = -5/3.
  3. H=(35/3;25/3;35/3)=(4/3;1/3;4/3)H = (3 - 5/3 \,;\, 2 - 5/3 \,;\, 3 - 5/3) = (4/3 \,;\, 1/3 \,;\, 4/3).

Le contrôle boucle avec le calcul précédent : MH=(5/3;5/3;5/3)\overrightarrow{MH} = (-5/3 ; -5/3 ; -5/3), dont la norme vaut 5/32,895/\sqrt{3} \approx 2{,}89. C'est exactement la distance trouvée plus haut, et ce n'est pas une coïncidence : le paramètre tt obtenu à l'étape 2 est la distance signée divisée par la norme de la normale.

Distance d'un point à une droite

Pour une droite passant par A et de vecteur directeur u :

d(M,D)=AMuud(M, D) = \frac{\lVert \overrightarrow{AM} \wedge u \rVert}{\lVert u \rVert}

L'interprétation : AMu\lVert \overrightarrow{AM} \wedge u \rVert est l'aire du parallélogramme construit sur AM\overrightarrow{AM} et uu ; en divisant par la longueur de la base u\lVert u \rVert, on obtient la hauteur, c'est-à-dire la distance cherchée.

C'est la formule de l'aire d'un parallélogramme, lue à l'envers. Aire égale base fois hauteur, donc hauteur égale aire divisée par base.

xyzDdM
La distance de M à la droite est la hauteur du parallélogramme construit sur la droite et sur le vecteur qui joint son origine à M. Le produit vectoriel en donne l'aire, la norme du directeur en donne la base.

Exemple travaillé. Distance du point M(1;3;2)M(1 ; 3 ; 2) à la droite passant par l'origine A(0;0;0)A(0 ; 0 ; 0) et dirigée par u=(1;1;0)u = (1 ; 1 ; 0).

  1. AM=(1;3;2)\overrightarrow{AM} = (1 ; 3 ; 2), puisque A est l'origine.
  2. AMu=(3×02×1;2×11×0;1×13×1)=(2;2;2)\overrightarrow{AM} \wedge u = (3 \times 0 - 2 \times 1 \,;\, 2 \times 1 - 1 \times 0 \,;\, 1 \times 1 - 3 \times 1) = (-2 ; 2 ; -2).
  3. Sa norme vaut 4+4+4=23\sqrt{4 + 4 + 4} = 2\sqrt{3} : c'est l'aire du parallélogramme.
  4. La base vaut u=2\lVert u \rVert = \sqrt{2}.
  5. La distance est donc 23/2=62,452\sqrt{3} / \sqrt{2} = \sqrt{6} \approx 2{,}45.

Contrôle utile : cette distance doit être inférieure à AM=143,74\lVert \overrightarrow{AM} \rVert = \sqrt{14} \approx 3{,}74, puisque la perpendiculaire est le plus court chemin et que A est un point de la droite comme un autre. C'est bien le cas.

Le produit vectoriel, autant de fois qu'il faut

Le moyen mnémotechnique se retient en une minute et s'oublie à la première copie. Ce qui reste, c'est de l'avoir fait. La deuxième coordonnée est celle qui se trompe : c'est la seule des trois dont les indices rompent l'ordre naturel.

Calculer un produit vectoriel

Soit u=(1;1;3)\vec{u} = (1 ; -1 ; -3) et v=(1;4;2)\vec{v} = (1 ; 4 ; 2). Calculer les coordonnées de uv\vec{u} \wedge \vec{v}.

  1. Première coordonnée
  2. Deuxième coordonnée
  3. Troisième coordonnée
  4. Contrôle : le produit scalaire de uv\vec{u} \wedge \vec{v} par u\vec{u}

La dernière question est le contrôle que personne ne fait et qui coûte trois secondes : le produit vectoriel est orthogonal à ses deux facteurs, donc ce produit scalaire vaut zéro. Une valeur non nulle ne dit pas laquelle des trois coordonnées est fausse, mais elle dit qu'il y en a une.

Où la démarche dérape

Les trois quarts des erreurs de ce chapitre ne sont pas des erreurs de calcul : ce sont des règles appliquées là où elles ne valent pas. En voici une, dans une démarche par ailleurs correcte.

Une distance calculée trop vite

Une seule étape est fausse. Désigner laquelle.

On cherche la distance entre l'origine et le point MM de coordonnées (1;x;0)(1 ; x ; 0), puis on veut majorer cette distance.

À calculer soi-même

Cinq nombres, tous obtenus avec les trois produits du chapitre. Le dernier est le calcul de distance qu'on retrouve partout, et qui ne demande que le vecteur normal.

Produits, angles et distances

  • 1.

    Le produit scalaire de u=(1;2;3)\vec{u} = (1 ; 2 ; 3) et v=(4;5;6)\vec{v} = (4 ; -5 ; 6).

  • 2.

    La norme du vecteur (2;3;6)(2 ; 3 ; 6).

  • 3.

    L'angle, en degrés, entre u=(1;0;0)\vec{u} = (1 ; 0 ; 0) et v=(1;1;0)\vec{v} = (1 ; 1 ; 0).

  • 4.

    L'aire du triangle construit sur u=(1;2;3)\vec{u} = (1 ; 2 ; 3) et v=(4;5;6)\vec{v} = (4 ; 5 ; 6), sachant que uv=(3;6;3)\vec{u} \wedge \vec{v} = (-3 ; 6 ; -3).

  • 5.

    La distance du point (1;2;3)(1 ; 2 ; 3) au plan d'équation x+2y+2z6=0x + 2y + 2z - 6 = 0.

Exercices type

Les points A(1,1,1), B(3,2,0) et C(−1,0,2) sont-ils alignés ?

AB=(2,1,1)\overrightarrow{AB} = (2, 1, -1) et AC=(2,1,1)\overrightarrow{AC} = (-2, -1, 1).

On voit immédiatement que AC=AB\overrightarrow{AC} = -\overrightarrow{AB} : les vecteurs sont colinéaires, donc les points sont alignés.

Vérification par le produit vectoriel : ABAC=(1×1(1)(1),(1)(2)2×1,2×(1)1×(2))=(0,0,0)\overrightarrow{AB} \wedge \overrightarrow{AC} = (1\times 1 - (-1)(-1), (-1)(-2) - 2\times 1, 2\times (-1) - 1\times (-2)) = (0, 0, 0)

Le triangle A(0,0,0), B(2,1,2), C(1,−2,0) est-il rectangle ?

AB=(2,1,2)\overrightarrow{AB} = (2{,}1,2), AC=(1,2,0)\overrightarrow{AC} = (1,-2{,}0), BC=(1,3,2)\overrightarrow{BC} = (-1,-3,-2).

  • ABAC=22+0=0\overrightarrow{AB} \cdot \overrightarrow{AC} = 2 - 2 + 0 = 0il est rectangle en A.

Au passage : AB=3\|\overrightarrow{AB}\| = 3, AC=5\|\overrightarrow{AC}\| = \sqrt{5}, donc son aire vaut (3×5)/2(3 \times \sqrt{5})/2.

Distance du point M(1,1,1) au plan 2xy+2z3=02x - y + 2z - 3 = 0

Numérateur : 2×11+2×13=0=0|2\times 1 - 1 + 2\times 1 - 3| = |0| = 0.

La distance est nulle : le point appartient au plan.

Si on prend plutôt M'(2,1,1) : 41+23=2|4 - 1 + 2 - 3| = 2, et 4+1+4=3\sqrt{4 + 1 + 4} = 3, donc dist=2/3\operatorname{dist} = 2/3.

Équation du plan passant par A(2,1,0) et perpendiculaire à la droite de directeur u=(1,1,3)u = (1,-1,3)

« Perpendiculaire à la droite » signifie que le directeur de la droite est normal au plan. Donc n=(1,1,3)n = (1, -1, 3) et l'équation est xy+3z+d=0x - y + 3z + d = 0.

En injectant A : 21+0+d=02 - 1 + 0 + d = 0, donc d=1d = -1.

Réponse : xy+3z1=0x - y + 3z - 1 = 0.

Angle entre u=(1,1,0)u = (1,1,0) et v=(1,0,1)v = (1,0,1)

uv=1u \cdot v = 1, u=v=2\|u\| = \|v\| = \sqrt{2}.

cosθ=1/2\cos \theta = 1/2, donc θ = 60° (soit π/3).

La méthode sur feuille

  1. Faire un croquis, même approximatif, même dans l'espace. La moitié des erreurs de signe se voient sur un dessin.
  2. Calculer d'abord les vecteurs (arrivée moins départ) et les écrire proprement. Une erreur ici invalide tout.
  3. Choisir l'outil selon le mot-clé de l'énoncé : perpendiculaire, angle, projection → scalaire. Aire, volume, « normal à », colinéaire → vectoriel.
  4. Après un produit vectoriel, vérifier en calculant u(uv)u \cdot (u \wedge v) : le résultat doit être 0.
  5. Pour un plan, lire directement la normale dans les coefficients.
  6. Vérifier qu'une distance est positive et qu'un cosinus est entre −1 et 1.
Vérification rapideon peut se reprendre

1.Le produit vectoriel de deux vecteurs de l'espace donne :

2.Une droite est parallèle à un plan. Quelle relation lie son vecteur directeur uu et le vecteur normal nn du plan ?

3.Quel est un vecteur normal au plan d'équation 3xy+2z5=03x - y + 2z - 5 = 0 ?

4.Que peut-on dire de deux vecteurs non nuls dont le produit scalaire est négatif ?

5.uvu \wedge v et vuv \wedge u sont :

Synthèse

  • Un vecteur est un déplacement : direction, sens, longueur. AB\overrightarrow{AB} = arrivée − départ.
  • Norme : u=u12+u22+u32\|u\| = \sqrt{u_1^2 + u_2^2 + u_3^2}. Un vecteur unitaire s'obtient en divisant par la norme.
  • Produit scalaire : uv=u1v1+u2v2+u3v3=uvcosθu\cdot v = u_1v_1 + u_2v_2 + u_3v_3 = \|u\|\|v\|\cos \theta. C'est un nombre. Nul ⟺ orthogonaux.
  • Produit vectoriel : uvu \wedge v (indices 23, 31, 12). C'est un vecteur perpendiculaire aux deux. Nul ⟺ colinéaires. Sa norme est l'aire du parallélogramme.
  • Projection de uu sur vv : uvv2v\dfrac{u \cdot v}{\lVert v \rVert^2}\, v. C'est ce qui donne le travail d'une force et toute décomposition sur un axe.
  • Produit mixte u(vw)u \cdot (v \wedge w) : volume du parallélépipède. Nul ⟺ les trois vecteurs sont coplanaires.
  • Droite : un point + un vecteur directeur → représentation paramétrique.
  • Plan : un point + un vecteur normal → ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0, où (a,b,c)(a,b,c) est la normale. Ou un point + deux directeurs, sous forme paramétrique.
  • Intersection droite-plan : injecter la paramétrique dans la cartésienne, résoudre en tt. Le coefficient unu \cdot n décide du nombre de solutions.
  • Toutes les formules de coordonnées supposent un repère orthonormé.
  • Distance point-plan : ax0+by0+cz0+d/a2+b2+c2|ax_0+by_0+cz_0+d| / \sqrt{a^2+b^2+c^2}. Point-droite : AMu/u\|\overrightarrow{AM} \wedge u\| / \|u\|.
  • Droite parallèle à un plan ⟺ directeur orthogonal à la normale. Attention au renversement.

Mettre en pratique