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Mise en forme et tableaux

Ce que ce chapitre apporte 7 points
  • Distinguer le contenu d'une cellule de son format d'affichage.
  • Appliquer le format qui convient à la nature de la donnée : nombre, monétaire, pourcentage, date.
  • Choisir entre un format et la fonction ARRONDI selon ce qui doit changer.
  • Transformer une plage en tableau structuré, et énumérer ce que cela apporte.
  • Trier et filtrer sans désolidariser les lignes.
  • Lire un total sous un filtre : SOMME compte encore les lignes masquées.
  • Se servir du tri comme d'un contrôle de qualité des données.
Un tableau de données brutes, tout gris, est difficile à lire. La mise en forme ne sert pas qu'à faire joli : elle guide l'œil et rend une colonne compréhensible d'un coup. Mais l'apport principal de ce chapitre est ailleurs, dans une distinction que presque personne ne fait au début : ce qu'une cellule contient et ce qu'elle affiche sont deux choses différentes. Confondre les deux produit des erreurs de calcul silencieuses.

Le format ne change pas la valeur

Ce qui est affiché n'est pas ce qui est calculé
Une cellule qui contient 3,14159 et qu'on met au format « deux décimales » affiche 3,14. Elle contient toujours 3,14159, et c'est cette valeur-là qui entre dans les calculs.
Conséquence directe : une colonne de montants arrondis à l'affichage peut donner un total qui ne correspond pas à la somme de ce qu'on lit. Rien n'est faux, mais tout le monde s'en inquiète.
Pour arrondir vraiment, il faut la fonction ARRONDI, qui modifie la valeur. Le format, lui, ne fait que masquer des décimales.
La règle : le format pour la lisibilité, ARRONDI quand la valeur elle-même doit changer.
B5fx
ABC
1MontantFormat seulAvec ARRONDI
2101010
3101010
4101010
5Total30,0130
6   

B5 contient la formule =SOMME(B2:B4), et affiche 30,01. Les cellules qu'elle utilise sont teintées.

Trois montants identiques. La colonne B les recopie, la colonne C les arrondit pour de bon. Les trois cases affichent 10, et les deux totaux ne sont pas les mêmes : celui de gauche vaut 30,012 et s'affiche 30,01, celui de droite vaut exactement 30. Le premier additionne les valeurs réelles, le second les valeurs arrondies. Sur une facture, l'écart se voit ; sur dix mille lignes, il devient un litige.
Vérification rapideon peut se reprendre

1.Une cellule contient 3,14159 et l'affiche comme 3,14. Que vaut-elle dans un calcul ?

2.Une cellule au format pourcentage affiche 2 000 %. On a probablement tapé…

Les formats utiles

FormatCe qu'il faitRaccourci
Nombresépare les milliers, fixe les décimalesCtrl + Maj + !
Monétaireajoute le symbole, aligne les montantsCtrl + Maj + $
Pourcentagemultiplie l'affichage par 100 et ajoute %Ctrl + Maj + %
Dateaffiche un numéro de série comme une dateCtrl + Maj + #
Texteempêche toute interprétationpar le ruban
Le format pourcentage multiplie l'affichage par cent
Une cellule qui contient 0,2 mise au format pourcentage affiche 20 %. La valeur reste 0,2, et c'est bien elle qu'il faut employer dans les calculs : =A1*0,2, ou mieux =A1*$B$1.
L'erreur classique est de taper 20 dans une cellule déjà au format pourcentage. Le tableur affiche alors 2 000 %, et toutes les formules qui l'emploient sont fausses d'un facteur cent.
Le contrôle : cliquer sur la cellule et lire la barre de formule, qui montre la valeur réelle et non son habillage.

Le tableau structuré

Tableau structuré

Sélectionner une plage et appuyer sur Ctrl + L la transforme en tableau structuré : un objet nommé, que le tableur reconnaît comme un ensemble cohérent.

Quatre choses qu'un tableau structuré apporte gratuitement.

Les filtres apparaissent sur chaque en-tête, sans rien faire.
Les formules se propagent. Écrire une formule dans une cellule de la première ligne la recopie automatiquement sur toute la colonne, et sur les lignes ajoutées ensuite.
Les plages s'étendent toutes seules. Un graphique ou un tableau croisé fondé sur ce tableau intègre les nouvelles lignes sans qu'on y touche.
Les formules deviennent lisibles. =SOMME(Ventes[Montant]) se comprend sans ouvrir le fichier, là où =SOMME(D2:D847) ne dit rien et devient faux dès qu'une ligne est ajoutée.

Vérification rapideon peut se reprendre

1.Trier une seule colonne sélectionnée, en choisissant de continuer avec la sélection en cours…

2.Que fait Ctrl + L sur une plage de données ?

Trier et filtrer

Le tri sur une seule colonne détruit les données
C'est l'accident le plus courant et le plus définitif du tableur.
Sélectionner une seule colonne et la trier réordonne cette colonne seule. Les noms ne suivent plus les notes, les prix ne suivent plus les articles. Excel prévient bien, par un « Avertissement de tri » qui propose d'étendre la sélection, mais il suffit de répondre « Continuer avec la sélection en cours » pour que l'accident ait lieu, et ensuite plus rien ne le signale : le tableau reste parfaitement présentable, il est simplement faux.
Il existe une variante sans aucun avertissement : une colonne vide laissée au milieu du tableau pour l'aérer. Quand on clique dans une cellule pour trier, le tableur prend le bloc qui l'entoure, et ce bloc s'arrête à la première colonne vide. Ce qui est au-delà ne suit pas.
Les parades sont au nombre de deux, et il suffit d'en appliquer une. Convertir en tableau structuré, qui rend l'accident impossible. Ou cliquer dans une seule cellule avant de trier, sans rien sélectionner, dans un tableau sans colonne vide : le tableur prend alors le bloc entier.
Si l'accident est arrivé et qu'on l'a enregistré, il n'y a plus de retour en arrière.

La feuille suivante est l'état du magasin de pièces détachées d'un service de maintenance. Quelqu'un a laissé la colonne D vide, et les prix se trouvent au-delà. Le bloc que le tableur trie, celui que détecterait un clic dans le tableau, va donc de A à C.

F10fx
ABCDEF
1PièceStockSeuil mini Prix unitaire (€)Valeur (€)
2Roulement 62041810 7,4133,2
3Courroie SPZ 100046 12,951,6
4Filtre hydraulique75 38,5269,5
5Joint torique12050 0,3542
6Fusible 10 A3520 1,242
7Capteur inductif32 46138
8Vérin pneumatique21 89178
9      
10Total189  195,35854,3
11      

F10 contient la formule =SOMME(F2:F8), et affiche 854,3. Les cellules qu'elle utilise sont teintées.

Sept pièces en stock, pour une valeur de 854,3 €. Seules les colonnes A à C se trient : la colonne D, vide, coupe le bloc.
À manipuler
Trier sur « Stock », en ordre décroissant. Les trois colonnes du bloc bougent ensemble : chaque pièce garde son stock et son seuil. Les prix, isolés par la colonne vide, restent où ils étaient, et les 120 joints toriques à 35 centimes prennent en ligne 2 le prix du roulement, 7,40 €.
Regarder alors la ligne des totaux : les stocks restent à 189 et les prix à 195,35, aucun contrôle par colonne ne voit rien. La valeur du magasin, elle, passe à 2355,75 €.
Dans Excel
  1. Cliquer dans une cellule du bloc de données, puis onglet Accueil, Mettre sous forme de tableau, et choisir un style.
  2. Dans la boîte de dialogue, vérifier la plage proposée, cocher Mon tableau a des en-têtes, valider par OK.
  3. Pour trier, ouvrir la flèche d'un en-tête et choisir l'ordre voulu, ou onglet Données, Trier.

Le chiffre qui a changé est le seul qui croise deux colonnes. C'est ce qui rend l'accident si difficile à attraper : chaque colonne, prise seule, est intacte, et ce sont les lignes qui sont fausses. Le bouton « rétablir la feuille » remet tout en place ; dans un vrai fichier enregistré, il n'existe pas.

Le filtre est l'autre geste du tableau. Il masque les lignes qui ne répondent pas au critère choisi, sans en supprimer aucune, et c'est là que se loge sa surprise : une formule ordinaire comme SOMME continue de compter ce qui est masqué. Le total affiché sous un tableau filtré n'est pas celui des lignes qu'on a sous les yeux.

F13fx
ABCDEF
1CommandeAtelierArticleQuantitéPrix unitaire (€)Montant (€)
2C-101UsinagePlaquettes carbure406,5260
3C-102MontageVis M6, boîte128,9106,8
4C-103MaintenanceCourroie SPZ612,977,4
5C-104UsinageFraise diamètre 10542210
6C-105MontageRondelles, boîte204,284
7C-106MaintenanceHuile hydraulique 20 L396288
8C-107UsinageLiquide de coupe 20 L274148
9C-108MontageColliers de serrage500,630
10C-109MaintenanceRoulement 6204107,474
11C-110UsinageForets, lot de 10423,594
12      
13    Total1372,2
14    Commandes10
15      
  • A2:F11 : formule =$F2>=200 (18 cellules)

F13 contient la formule =SOMME(F2:F11), et affiche 1372,2. Les cellules qu'elle utilise sont teintées.

Dix commandes d'atelier pour 1372,2 €. Chaque en-tête porte un menu de tri et de filtre ; les commandes de 200 € et plus sont teintées.
À manipuler
Filtrer la colonne « Atelier » sur Usinage : quatre commandes restent, pour 712 €, et pourtant le total affiche toujours 1372,2 € et le compte 10 commandes. Le message sous la feuille le dit.
Trier ensuite sur « Montant », décroissant : les trois commandes teintées remontent en lignes entières, et C-106 passe en tête. Sélectionner son montant : sa formule, qui était =D7*E7, est devenue =D2*E2, celle de sa nouvelle ligne.
Dans Excel
  1. Cliquer dans le tableau, puis onglet Données, Filtrer : une flèche apparaît dans chaque en-tête.
  2. Ouvrir la flèche de la colonne Atelier, décocher (Sélectionner tout), cocher Usinage, valider par OK.
  3. Pour retirer tous les filtres d'un coup, cliquer de nouveau sur Filtrer dans l'onglet Données.

Le tri, lui, n'a rien cassé ici, parce que tout le tableau est d'un seul bloc : chaque montant a suivi sa commande. Une formule placée dans une ligne du tableau suit sa ligne, et elle désigne toujours les cellules de la ligne où elle se trouve.

Un total qui ne compte que les lignes visibles

Excel dispose pour cela de la fonction SOUS.TOTAL, dont le premier argument choisit le calcul : =SOUS.TOTAL(9;F2:F11) additionne les seules lignes que le filtre laisse visibles. La ligne des totaux d'un tableau structuré l'emploie d'office, ce qui est une raison de plus de convertir la plage avec Ctrl + L.

La règle de lecture reste la même dans tous les cas : devant un total, se demander s'il porte sur toutes les lignes ou sur celles qu'on voit.

Vérification rapideon peut se reprendre

Un tableau de dix commandes est filtré, et il n'en reste que quatre à l'écran. Que rend =SOMME sur la colonne des montants, écrite sous le tableau ?

Le tri sert enfin à autre chose qu'à ranger : à contrôler des données reçues. Le tableau ci-dessous se trie en cliquant sur les en-têtes, et met en évidence ce que le chapitre 2 décrivait.

n°Article↕Catégorie↕Prix↕Stock↕Fournisseur↕
1Clavierinformatique25,9012Alpha
2Sourisinformatique12,5040Alpha
3Écran 24informatique149,005Beta
4Chaisemobilier89,008Gamma
5BureauMobilier249,003Gamma
6Lampemobilier·22Beta
7Casqueinformatique79,9015Alpha
8Tapisinformatique9,9040Alpha
9Étagèremobilier119,0040Gamma
10Sourisinformatique12,5040Alpha
11Webcaminformatique45,00·Beta
12FauteuilMobilier320,002Gamma
valeur manquante2libellé incohérent2relevé tronqué4ligne en double1

12 lignes affichées sur 12, 8 portant au moins un défaut. Cliquer sur un en-tête pour trier : c'est le geste qui fait remonter les anomalies ensemble.

Douze articles. Trier sur « Catégorie » fait apparaître les deux « Mobilier » avec une majuscule, qui compteront comme une catégorie distincte. Trier sur « Stock » regroupe les quatre valeurs à 40, qui sont un plafond suspect. Et la dernière ligne « Souris » est une saisie en double.
Ce que le tri révèle et qu'aucune moyenne ne montre

Trier une colonne est le geste de contrôle le plus rentable qui existe, parce qu'il rassemble les anomalies.

Les cases vides se retrouvent toutes ensemble, en haut ou en bas selon le sens.

Les libellés incohérents se placent côte à côte : « mobilier » et « Mobilier » deviennent voisins et sautent aux yeux.

Les valeurs impossibles se retrouvent aux extrémités : un âge négatif, un prix à sept chiffres, une date en 1899.

Les accumulations suspectes forment un bloc : quatre stocks exactement à 40 sur douze articles ne doivent rien au hasard.

Vérification rapideon peut se reprendre

Quel est le geste le plus rentable pour contrôler une colonne reçue ?

Mettre en pratique

Trois pourcentages. Le deuxième est le piège classique des remises successives, et il se démontre en une ligne.

Les pourcentages, et ce qu'ils ne font pas

  • 1.

    Une ligne pèse 60 sur un total de 240. Quelle part représente-t-elle, en pourcentage ?

    %
  • 2.

    Un prix augmente de 20 %, puis baisse de 20 %. De quel pourcentage a-t-il varié en tout ?

    %
  • 3.

    Un article à 100 euros reçoit une remise de 10 %, puis une TVA de 20 %. Combien coûte-t-il au final ?

    euros
Une colonne de montants affiche 10 sur trois lignes, et le total affiche 30,01. Le fichier est-il faux ?

Non, et c'est même le comportement normal.

Les cellules contiennent 10,004 et sont affichées arrondies. L'affichage masque la troisième décimale, mais c'est bien 10,004 qui entre dans la somme : trois fois cela fait 30,012, affiché 30,01.

Rien n'est faux, mais personne ne le croira sur parole. Deux réponses possibles.

Laisser tel quel et expliquer, si la précision compte.

Arrondir vraiment avec =ARRONDI(A2;2), qui modifie la valeur et non son habillage. Le total tombe alors sur 30,00, au prix d'une précision perdue.

Sur une facture, la seconde s'impose. Sur des mesures, la première.

Quelle différence entre le format « deux décimales » et la fonction ARRONDI ?

Le format change l'affichage, ARRONDI change la valeur.

Une cellule au format deux décimales contenant 3,14159 affiche 3,14 et calcule avec 3,14159.

=ARRONDI(A1;2) produit une nouvelle valeur qui vaut exactement 3,14, et c'est elle qui entre ensuite dans les calculs.

Le choix se fait sur une question simple : la précision perdue doit-elle disparaître pour de bon ? Sur un montant à facturer, oui. Sur une mesure ou un résultat intermédiaire, non, parce que les arrondis successifs s'accumulent.

Une cellule au format pourcentage affiche 2 000 %. Qu'a-t-on tapé ?

On a tapé 20 dans une cellule déjà au format pourcentage.

Le format pourcentage multiplie l'affichage par cent. Une valeur de 0,2 s'affiche 20 % ; une valeur de 20 s'affiche 2 000 %.

Toutes les formules qui emploient cette cellule sont donc fausses d'un facteur cent, sans qu'aucun message ne le signale.

La correction : retaper 20% avec le signe, ou 0,2 sans lui. Et le contrôle général, valable partout : cliquer sur la cellule et lire la barre de formule, qui montre la valeur réelle.

Pourquoi ne jamais trier une seule colonne ?

Parce que les autres colonnes ne suivent pas, et que le tableau devient définitivement faux sans que rien, une fois le tri fait, ne le signale.

Trier la colonne des notes en ayant sélectionné elle seule réordonne les notes ; les noms restent à leur place. Chaque élève se retrouve avec la note d'un autre. Le tableau paraît impeccable.

Le même accident arrive sans rien sélectionner, quand une colonne vide coupe le tableau : le tri s'arrête à elle, et ce qui est au-delà reste en place. Les totaux de chaque colonne sont inchangés ; seuls les calculs qui croisent deux colonnes, comme une valeur de stock, deviennent faux.

Deux parades, et une seule suffit. Convertir en tableau structuré avec Ctrl + L, ce qui rend l'accident impossible. Ou cliquer dans une seule cellule avant de trier, sans rien sélectionner, dans un tableau sans colonne vide : le tableur prend alors le bloc entier.

Une fois l'accident enregistré, il n'y a pas de retour en arrière.

Qu'apporte un tableau structuré qu'une simple plage n'apporte pas ?

Quatre choses, sans rien coder.

Les filtres apparaissent tout seuls sur chaque en-tête.

Les formules se propagent : écrite une fois, une formule descend sur toute la colonne, y compris sur les lignes ajoutées plus tard.

Les plages s'étendent : les graphiques et tableaux croisés qui s'appuient dessus intègrent les nouvelles lignes automatiquement.

Les formules deviennent lisibles : =SOMME(Ventes[Montant]) se comprend sans ouvrir le fichier, et reste juste quand des lignes s'ajoutent, là où =SOMME(D2:D847) devient faux.

Le raccourci est Ctrl + L, et il n'y a pratiquement aucune raison de s'en priver.

Comment repérer rapidement les défauts d'une colonne fraîchement reçue ?

En la triant, dans les deux sens.

Le tri rassemble les anomalies au lieu de les disperser. Les cases vides se groupent à une extrémité. Les libellés incohérents comme « mobilier » et « Mobilier » deviennent voisins. Les valeurs impossibles apparaissent aux extrêmes. Les accumulations suspectes, comme quatre stocks exactement à 40, forment un bloc visible.

Aucun résumé statistique ne montre cela : une moyenne ne dit rien d'une majuscule mal placée, et un écart-type ne voit pas un doublon.

C'est le geste de contrôle le plus rentable du tableur, et il coûte un clic.

Chapitre révisé en octobre 2026 · Une erreur dans ce chapitre ?

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