Les graphiques
Ce que ce chapitre apporte 9 points
- Choisir le type de graphique d'après la question posée, et non d'après son allure.
- Reconnaître les façons dont un graphique peut tromper sans rien contenir de faux, y compris la courbe qui espace régulièrement des mesures prises à intervalles irréguliers.
- Construire un histogramme avec ses propres classes, et en choisir la largeur.
- Construire un diagramme de Pareto pour décider par quelle cause commencer.
- Ajouter une courbe de tendance, lire son équation et son R², et savoir jusqu'où s'y fier.
- Lire une boîte à moustaches, et savoir quand un axe secondaire ou une échelle logarithmique se justifient.
- Retirer d'une figure tout ce qui ne code pas une donnée.
- Construire un tableau croisé dynamique et décider quand il vaut mieux qu'un graphique.
- Refaire dans Excel chacune des figures du chapitre.
Choisir d'après la question
Le type se déduit de la question, pas de l'esthétique.
« Comment cela évolue-t-il ? » : une courbe, si les instants sont régulièrement espacés. S'ils ne le sont pas, un nuage de points, et l'on verra pourquoi.
« Qui est le plus grand ? » : des barres. Elles se comparent bien mieux que des angles ou des surfaces.
« Par quoi commencer ? » : des barres triées et leur cumul, c'est-à-dire un diagramme de Pareto.
« Comment cela se répartit-il ? » : un histogramme, qui regroupe une grandeur continue en classes.
« Ces deux grandeurs vont-elles ensemble ? » : un nuage de points.
« Quelle part du total ? » : un secteur, et seulement si les parts sont peu nombreuses et très différentes. Dans le doute, des barres font mieux.
Trois conditions doivent être réunies pour qu'un secteur soit défendable : les parts forment un tout qui a un sens, elles sont au plus cinq, et elles sont franchement différentes.
Dès qu'il y a huit catégories ou une légende à rallonge, le graphique en barres horizontales, trié par valeur, est plus lisible dans tous les cas.
La feuille ci-dessous compte les pièces rebutées par une ligne d'usinage en un mois, cause par cause. Ce sont six nombres, et le tableur sait les dessiner de cinq façons. Une seule répond à la question que se pose le responsable qualité : par quelle cause commencer ?
| A | B | C | |
|---|---|---|---|
| 1 | Cause | Pièces rebutées | Part (%) |
| 2 | Rayure | 38 | 19 |
| 3 | Cote hors tolérance | 52 | 26 |
| 4 | Porosité | 29 | 14,5 |
| 5 | Bavure | 46 | 23 |
| 6 | Mauvais serrage | 21 | 10,5 |
| 7 | Autre | 14 | 7 |
| 8 | Total | 200 | 100 |
| 9 |
B3 contient la valeur « 52 ». Ce n'est pas une formule : rien ne se recalculera ici.
Deux causes font près de la moitié des rebuts
Plus de cinq parts : l'œil ne compare plus les angles. Des barres triées par valeur seraient plus lisibles.
Essayer enfin la courbe et le nuage de points, pour voir ce que chacun fait de ces six causes.
Chaque type a répondu à sa propre question. Le secteur répond à « quelle part du total ? », et mal dès qu'il y a plus de cinq parts. Les barres triées répondent à « par quoi commencer ? » : les deux premières causes font 49 % des rebuts, et c'est là que l'effort paie en premier. La courbe répond à une question qui n'existe pas : elle trace une pente entre « Rayure » et « Cote hors tolérance » comme si l'une venait après l'autre. Aucun point n'y est faux, et pourtant la figure suggère une évolution que les données ne contiennent pas. Le nuage de points, lui, refuse de se dessiner, faute d'une deuxième grandeur numérique à mettre en abscisse.
L'histogramme des statisticiens, qui répartit une grandeur continue en classes jointives, est un autre graphique. Excel le range parmi les graphiques statistiques, depuis Excel 2016, avec le Pareto et la boîte à moustaches, que l'aide française de Microsoft appelle « Zone et valeur ».
Dans la suite du chapitre, « colonnes » désigne le premier et « histogramme » le second, sauf pour nommer le bouton.
- Sélectionner le tableau avec sa ligne d'en-tête et sans la ligne du total, ici A1:B7.
- Onglet Insertion, Graphiques recommandés : Excel propose quelques types, et l'onglet Tous les graphiques ouvre la galerie complète.
- Pour changer de type ensuite, cliquer dans le graphique, puis onglet Création de graphique, Modifier le type de graphique.
- Pour trier, sélectionner A1:C7, puis onglet Données, Trier : colonne « Pièces rebutées », ordre Du plus grand au plus petit. Le graphique suit le nouvel ordre des lignes.
Sélectionner la plage avant de trier n'est pas une précaution de style : à partir d'une seule cellule, Excel prend tout le bloc contigu, et la ligne du total, triée avec le reste, remonterait en tête.
Trois façons de mentir sans être faux
L'échelle non linéaire ou les intervalles inégaux sur l'axe horizontal. Placer 2019, 2020, 2021, puis 2024 à intervalles réguliers écrase trois ans en un, et tout graphique en courbes le fait de lui-même, comme on le verra plus bas.
Le choix de la période. Le même jeu de données, coupé sur cinq ans ou sur vingt, peut montrer une hausse ou une baisse. C'est le mensonge le plus courant, et il ne se voit pas sur le graphique.
La règle : partir de zéro sur des barres, garder des intervalles réguliers, et dire quelle période est représentée.
La première se démontre en un clic. La disponibilité d'une presse, c'est-à-dire la part du temps d'ouverture où elle a pu produire, a progressé de janvier à juin.
| A | B | |
|---|---|---|
| 1 | Mois | Disponibilité (%) |
| 2 | Janvier | 96,1 |
| 3 | Février | 96,4 |
| 4 | Mars | 96,9 |
| 5 | Avril | 97,2 |
| 6 | Mai | 97,8 |
| 7 | Juin | 98,2 |
| 8 | Hausse (%) | 2,2 |
| 9 |
B8 contient la formule =ARRONDI((B7-B2)/B2*100;1), et affiche 2,2. Les cellules qu'elle utilise sont teintées.
La disponibilité de la presse a progressé
Axe tronqué : il part de 95, pas de zéro, et la longueur ne représente plus la valeur. La plus grande colonne paraît 2,91 fois plus grande que la plus petite ; elle ne l'est que 1,02 fois.
Passer ensuite en courbe, axe tronqué ou non, et lire ce que dit le message.
Sur les colonnes, l'axe tronqué fait mentir la longueur : c'est elle que l'œil mesure, et elle ne représente plus la valeur. Sur la courbe, le même axe devient défendable, parce qu'on y lit une pente et non des longueurs ; la figure le rappelle d'une phrase. Et plus l'axe est tronqué près des données, plus il exagère.
- Double-cliquer sur l'axe vertical : le volet Format de l'axe s'ouvre.
- Dans Options de l'axe, saisir 0 dans le champ Minimum.
Excel choisit seul les bornes de ses axes, et quand les valeurs sont proches les unes des autres, il ne part pas toujours de zéro. Sur des colonnes, c'est donc à vérifier à chaque graphique, pas seulement quand on a touché à l'axe.
La troisième façon, le choix de la période, se démontre avec un simple filtre. Voici le taux de rebut d'une ligne d'emboutissage sur vingt mois consécutifs.
| A | B | C | |
|---|---|---|---|
| 1 | Mois n° | Année | Rebut (%) |
| 2 | 1 | 2024 | 4,8 |
| 3 | 2 | 2024 | 4,6 |
| 4 | 3 | 2024 | 4,5 |
| 5 | 4 | 2024 | 4,1 |
| 6 | 5 | 2024 | 3,9 |
| 7 | 6 | 2024 | 3,8 |
| 8 | 7 | 2024 | 3,5 |
| 9 | 8 | 2024 | 3,3 |
| 10 | 9 | 2024 | 3 |
| 11 | 10 | 2024 | 2,8 |
| 12 | 11 | 2024 | 2,6 |
| 13 | 12 | 2024 | 2,4 |
| 14 | 13 | 2025 | 2,2 |
| 15 | 14 | 2025 | 2,3 |
| 16 | 15 | 2025 | 2,3 |
| 17 | 16 | 2025 | 2,5 |
| 18 | 17 | 2025 | 2,6 |
| 19 | 18 | 2025 | 2,6 |
| 20 | 19 | 2025 | 2,8 |
| 21 | 20 | 2025 | 2,9 |
| 22 |
C21 contient la valeur « 2,9 ». Ce n'est pas une formule : rien ne se recalculera ici.
Taux de rebut de la ligne d'emboutissage
Retirer ce filtre, puis filtrer la colonne Mois n° pour masquer quelques mois au milieu : la courbe les enjambe sans laisser de trou, et l'axe horizontal cesse d'être régulier.
Les deux courbes sont exactes. Celle des vingt mois dit « le rebut a baissé de 40 % », celle de 2025 dit « le rebut a augmenté de près d'un tiers depuis janvier » ; qui veut rassurer montre la première, qui veut alarmer montre la seconde. Rien sur la figure filtrée ne signale ce qui a été retiré, et c'est pourquoi la période doit être écrite dans le titre ou la légende. Le second filtre fait la démonstration de la deuxième façon de tromper : un axe qui saute des mois sans le montrer écrase le temps, exactement comme les années manquantes de l'encadré.
- Cliquer dans le tableau, puis onglet Données, Filtrer : une flèche apparaît dans chaque en-tête.
- Ouvrir la flèche de la colonne Année, décocher (Sélectionner tout), cocher 2025, valider par OK.
- Pour revenir à toutes les lignes, rouvrir la même flèche et tout recocher.
Par défaut, Excel ne trace pas les lignes masquées : le graphique change, et rien sur la figure ne dit qu'une partie des données a disparu.
Courbe ou nuage de points : le temps n'est pas une étiquette
Un graphique en courbes ne lit pas les valeurs de son axe horizontal. Il les prend pour des étiquettes et les répartit à intervalles réguliers, quelles qu'elles soient : l'aide de Microsoft le dit en toutes lettres, son axe horizontal est un axe de catégories. Seul le nuage de points a deux axes de valeurs, et place chaque mesure à son abscisse vraie.
Tant que les instants sont régulièrement espacés, la différence ne se voit pas. Elle devient grave dès qu'ils ne le sont plus, ce qui est la règle à l'atelier comme au laboratoire : on relève souvent au début, quand tout change vite, puis de plus en plus rarement. Voici le refroidissement à l'air d'une pièce d'acier sortie d'un four de revenu, relevée à 0, 1, 2, 3, 5, 8, 12, 20, 30, 45 et 60 minutes.
| A | B | C | |
|---|---|---|---|
| 1 | Temps (min) | Température (°C) | Vitesse (°C/min) |
| 2 | 0 | 580 | 36 |
| 3 | 1 | 544 | 34 |
| 4 | 2 | 510 | 32 |
| 5 | 3 | 478 | 28,5 |
| 6 | 5 | 421 | 24 |
| 7 | 8 | 349 | 19,3 |
| 8 | 12 | 272 | 13 |
| 9 | 20 | 168 | 7,2 |
| 10 | 30 | 96 | 3,2 |
| 11 | 45 | 48 | 1,2 |
| 12 | 60 | 30 | |
| 13 |
C8 contient la formule =ARRONDI((B8-B9)/(A9-A8);1), et affiche 13. Les cellules qu'elle utilise sont teintées.
Température de la pièce après sa sortie du four (°C)
Revenir à la courbe, puis changer le dernier instant, en A12, de 60 à 120 : la courbe ne bouge pas, seule son étiquette change. En nuage, le dernier point part à l'autre bout de l'axe.
La colonne C tranche. La pièce perd 36 °C pendant la première minute, et 13 °C par minute seulement entre la douzième et la vingtième : près de trois fois moins vite. La courbe montre pourtant sa pente la plus raide à cet endroit, parce qu'elle accorde aux huit minutes qui séparent ces deux relevés la même largeur qu'à la première minute. Elle invente une cinétique qui n'existe pas, un démarrage lent suivi d'une plongée. Le nuage montre la vraie : un refroidissement très rapide au début, qui ralentit sans cesse à mesure que la pièce approche de la température de l'air. Comparer deux fours, deux trempes ou deux lots sur des courbes de ce genre, c'est comparer des déformations.
Courbe pour des catégories, nuage pour une grandeur. Une courbe convient quand l'axe horizontal porte des catégories régulières : des mois, des semaines, des équipes successives.
Dès qu'il porte une grandeur mesurée (un temps relevé à intervalles irréguliers, une température, une charge, une pression), il faut un nuage de points.
Pour garder l'allure d'une courbe, Excel propose des nuages dont les points sont reliés, par des segments droits ou par une courbe lissée. Les segments droits sont les plus honnêtes : la version lissée arrondit le tracé entre deux mesures, là où l'on ne sait rien.
- Sélectionner les deux colonnes de mesures, en-têtes compris, la colonne des temps à gauche : ici A1:B12. Excel prend la première colonne pour les abscisses.
- Onglet Insertion, bouton Insérer un nuage de points (X, Y) ou un graphique en bulles.
- Choisir le Nuage de points avec des lignes droites et marqueurs pour relier les mesures, ou le nuage simple pour des points seuls.
Un graphique déjà tracé en courbes se convertit par Création de graphique, Modifier le type de graphique. Vérifier ensuite que l'axe horizontal est gradué régulièrement (0, 10, 20…) et n'affiche plus les relevés un par un.
1.Pour comparer huit agences, quel graphique choisir ?
2.Un axe vertical qui commence à 95 au lieu de zéro…
3.Des températures relevées à 0, 1, 2, 5, 10, 30 et 60 minutes se tracent…
La répartition : l'histogramme
Les temps de traitement, en minutes, de soixante commandes.
- Sélectionner la colonne des valeurs, puis onglet Insertion, Insérer un graphique statistique, Histogramme.
- Cliquer avec le bouton droit sur l'axe horizontal, puis Mettre en forme l'axe : le volet s'ouvre sur Options de l'axe.
- Dans Options de l'axe, régler le nombre de classes avec Nombre d'emplacements (ici 12), ou leur taille avec Largeur de l'emplacement.
Ce qu'un histogramme montre et qu'une moyenne cache.
La forme. Symétrique, asymétrique, à deux bosses. Deux bosses signalent presque toujours deux populations mélangées, donc une variable de regroupement qu'on n'a pas encore identifiée.
Les accumulations anormales. Un pic isolé sur une valeur ronde, souvent un 0 ou un 999 saisi faute de mesure ; un mur net à une valeur limite, là où un capteur sature ou un logiciel cesse de compter. Ce ne sont pas des phénomènes mais des artefacts de saisie ou de mesure, à retrouver dans les données avant de conclure quoi que ce soit.
L'étendue réelle, et si elle est physiquement plausible.
Sur la figure, la moyenne vaut 34 minutes alors que la médiane en vaut 13,5 : l'écart entre les deux est la mesure de l'asymétrie, et c'est la médiane qui décrit ici le cas courant.
Le construire soi-même
Excel sait dessiner un histogramme tout seul. Le construire une fois à la main reste la meilleure façon de voir ce qu'il décide sans le dire : la largeur des classes.
Un poste d'assemblage a été chronométré sur soixante cycles, en secondes (colonnes A à F). Les classes se construisent à côté : une première borne en G2, une largeur en J1, et chaque borne suivante ajoute la largeur à la précédente, =G2+$J$1 recopié vers le bas. Chaque effectif compte les mesures comprises entre sa borne et la suivante, par NB.SI.ENS et deux critères fabriqués avec l'opérateur & : =NB.SI.ENS($A$2:$F$11;">="&G2;$A$2:$F$11;"<"&G3). Le graphique en colonnes est lié aux effectifs.
| A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Temps de cycle (s) | Classe dès (s) | Cycles | Largeur (s) | 2,5 | |||||
| 2 | 44 | 59 | 47 | 58 | 58 | 54 | 40 | 1 | Mesures | 60 |
| 3 | 49 | 48 | 45 | 46 | 46 | 43 | 42,5 | 7 | Comptées | 60 |
| 4 | 48 | 45 | 56 | 54 | 43 | 59 | 45 | 14 | Moyenne | 50,5 |
| 5 | 47 | 55 | 43 | 49 | 45 | 54 | 47,5 | 12 | Médiane | 49 |
| 6 | 58 | 57 | 57 | 59 | 45 | 45 | 50 | 2 | ||
| 7 | 58 | 43 | 58 | 58 | 48 | 49 | 52,5 | 3 | ||
| 8 | 58 | 58 | 45 | 56 | 42 | 57 | 55 | 10 | ||
| 9 | 44 | 49 | 46 | 49 | 48 | 44 | 57,5 | 11 | ||
| 10 | 55 | 57 | 49 | 48 | 45 | 55 | 60 | 0 | ||
| 11 | 46 | 50 | 55 | 45 | 48 | 51 | 62,5 | 0 | ||
| 12 | 65 | |||||||||
| 13 |
J1 contient la valeur « 2,5 ». Ce n'est pas une formule : rien ne se recalculera ici.
Nombre de cycles par classe de temps (s)
Descendre à 1 : les dix classes s'arrêtent à 50 secondes, et la cellule « Comptées » tombe à 34 sur 60. Revenir à 5, puis déplacer la première borne, en G2, de 40 à 42 : le creux entre les deux bosses s'atténue.
Deux bosses signalent deux populations, et c'est le cas : le poste monte deux variantes du même produit, l'une entre 45 et 50 secondes, l'autre entre 55 et 60. Le temps de cycle moyen, 50,5 secondes, tombe dans le creux : deux cycles seulement sur soixante sont compris entre 50 et 52,5 secondes. La médiane, 49 secondes, tombe dans la variante la plus nombreuse et ignore l'autre. Un équilibrage de ligne calculé sur l'un ou l'autre de ces nombres serait faux pour les deux variantes à la fois.
Une mesure qui tombe pile sur une borne doit aller dans une classe et une seule : le « >= » de la borne basse et le « < » de la borne haute y veillent. Excel fait le choix inverse : l'aide de Microsoft précise qu'une valeur est comptée dans un emplacement quand elle est supérieure à sa borne basse et inférieure ou égale à sa borne haute. Sur des mesures entières et des bornes entières, les deux comptes peuvent donc différer de quelques unités, sans que l'un soit faux.
La largeur des classes est un choix, et il se vérifie. Trop larges, les classes tassent tout en deux ou trois colonnes et cachent les populations. Trop fines, elles dessinent du bruit : des pics et des creux qui changent dès qu'on déplace une borne.
Aucune formule ne donne la bonne largeur une fois pour toutes. Le réflexe est d'en essayer deux ou trois, et de décaler la première borne : une forme qui résiste à ces changements est dans les données, une forme qui disparaît était dans le découpage.
Et toujours vérifier que la somme des effectifs redonne le nombre de mesures.
Par formules, comme dans la feuille :
- Écrire la première borne dans une cellule et la largeur dans une autre, puis
=G2+$J$1sous la première borne, recopié vers le bas. - À côté de la première borne, écrire la formule NB.SI.ENS de la feuille et la recopier vers le bas : les
$gardent fixe la plage des mesures, G2 et G3 descendent d'une ligne à chaque recopie. - Contrôler que la somme des effectifs égale
=NB(A2:F11). - Sélectionner les effectifs, onglet Insertion, un histogramme groupé ; puis Création de graphique, Sélectionner des données, pour donner les bornes comme étiquettes de l'axe horizontal.
Par le graphique statistique :
- Ranger les mesures dans une seule colonne et la sélectionner.
- Onglet Insertion, Insérer un graphique statistique, Histogramme.
- Double-cliquer sur l'axe horizontal, puis, dans Format de l'axe, Options de l'axe, fixer la Largeur de l'emplacement ou le Nombre d'emplacements.
Excel propose une largeur de lui-même, mais ce n'est qu'un point de départ : la changer et regarder si la forme tient reste le travail de celui qui trace.
Par où commencer : le diagramme de Pareto
Trier les barres des causes de rebut, au début du chapitre, suffisait à dire par où commencer. Le diagramme de Pareto ajoute une colonne, le cumul, qui dit aussi où s'arrêter. C'est l'outil de base des services qualité et maintenance. Voici les minutes d'arrêt d'une ligne de conditionnement sur un mois, par cause, dans l'ordre où le relevé les donne.
| A | B | C | D | |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Cause d'arrêt | Arrêt (min) | Part (%) | Cumul (%) |
| 2 | Changement de format | 260 | 26,4 | 26,4 |
| 3 | Capteur défaillant | 70 | 7,1 | 33,5 |
| 4 | Bourrage | 410 | 41,6 | 75,1 |
| 5 | Nettoyage | 40 | 4,1 | 79,2 |
| 6 | Manque d'étiquettes | 95 | 9,6 | 88,8 |
| 7 | Réglage | 55 | 5,6 | 94,4 |
| 8 | Panne électrique | 30 | 3 | 97,5 |
| 9 | Autre | 25 | 2,5 | 100 |
| 10 | Total | 985 | ||
| 11 |
- A2:D9 : formule =$D2<=80 (16 cellules)
D2 contient la formule =ARRONDI(SOMME($B$2:B2)/$B$10*100;1), et affiche 26,4. Les cellules qu'elle utilise sont teintées.
Minutes d'arrêt par cause, en part et en cumul (%)
Avant le tri, la même règle colorait quatre lignes sans rapport entre elles : un cumul ne se lit qu'une fois les causes triées.
Une fois trié, le relevé se lit d'un regard. Le bourrage fait 41,6 % des minutes perdues, le changement de format porte le cumul à 68 %, le manque d'étiquettes à 77,7 %. Trois causes sur huit font donc plus des trois quarts des arrêts ; les cinq autres, réunies, moins d'un quart. C'est tout l'usage du Pareto : concentrer l'effort sur les deux ou trois premières colonnes, plutôt que de disperser une équipe sur huit chantiers de même priorité.
Le cumul tient en une formule, =ARRONDI(SOMME($B$2:B2)/$B$10*100;1), recopiée vers le bas. Le début de la plage est bloqué par les $, sa fin est relative : chaque ligne additionne de la première ligne jusqu'à elle-même, et le cumul reste juste quel que soit l'ordre des causes.
Deux précautions. La ligne « Autre » se place en dernier : si elle remonte dans le classement, c'est qu'elle cache une cause qu'il faut nommer. Et un Pareto se fait sur ce qui coûte : comptées en nombre d'arrêts plutôt qu'en minutes, les mêmes causes peuvent changer d'ordre, exactement comme les agrégats du tableau croisé plus bas.
- Sélectionner le tableau des causes, en-têtes compris et sans la ligne du total, puis onglet Données, Trier : colonne des minutes, ordre Du plus grand au plus petit.
- Écrire la part et le cumul dans les deux colonnes voisines, avec les formules de la feuille, recopiées vers le bas.
- Pour le graphique tout fait, sélectionner les causes et leurs minutes, puis onglet Insertion, Insérer un graphique statistique, Pareto : Excel trie lui-même les colonnes et trace la courbe du pourcentage cumulé.
Le Pareto d'Excel trie toutes les catégories, « Autre » comprise : une ligne « Autre » qui y monte vers la tête signale une cause à détailler.
1.Une distribution très asymétrique se résume mieux par…
2.Des classes beaucoup trop fines, sur un histogramme de soixante mesures…
3.Un diagramme de Pareto des arrêts sert d'abord à…
Le lien entre deux grandeurs : le nuage et sa tendance
Un compresseur alimente en air tout un atelier. Sa consommation électrique a été relevée pendant quatorze journées, avec la production du jour. Deux questions : combien coûte une pièce de plus, et combien coûte l'atelier quand il ne produit rien ?
Cette droite est ce qu'Excel appelle une courbe de tendance linéaire, et la légende de la figure donne ce qu'il afficherait sur le graphique : son équation, y = 0,521 x + 309,71, et son coefficient de détermination, R² = 0,99. Chaque nombre a un sens d'atelier. La pente dit qu'une pièce de plus coûte 0,52 kWh d'air comprimé. L'ordonnée à l'origine dit que l'atelier consommerait environ 310 kWh par jour sans produire une seule pièce : les fuites du réseau et la marche à vide du compresseur, souvent le premier gisement d'économie. Le R², proche de 1, dit que la droite passe près des points ; les écarts, petits et répartis au hasard de part et d'autre, disent qu'elle est le bon modèle.
- Tracer le nuage de points, puis cliquer sur le bouton Éléments de graphique, le « + » en haut à droite du graphique, et cocher Courbe de tendance.
- Double-cliquer sur la courbe tracée pour ouvrir ses options : choisir Linéaire, et cocher les deux cases qui affichent sur le graphique l'équation et le coefficient de détermination (R²).
- Pour avoir les mêmes nombres dans des cellules, avec la production en B2:B15 et la consommation en C2:C15 :
=PENTE(C2:C15;B2:B15),=ORDONNEE.ORIGINE(C2:C15;B2:B15)et=COEFFICIENT.CORRELATION(B2:B15;C2:C15), dont le carré est le R² de la droite. PENTE et ORDONNEE.ORIGINE prennent les y en premier.
Les fonctions valent mieux que l'étiquette du graphique. L'équation affichée n'est qu'un texte, qui ne montre que les cinq premiers chiffres de chaque coefficient et qu'on finit par recopier à la main ; les cellules se recalculent avec les données et servent directement dans une formule de prévision.
Un polynôme d'ordre élevé ne prédit rien. Excel propose aussi des courbes polynomiales, et chaque ordre de plus autorise une colline ou une vallée supplémentaire. En montant l'ordre, la courbe finit par passer près de chaque point et le R² approche de 1 : elle suit alors le bruit des mesures, et ondule entre elles sans aucune raison physique. Une courbure ne se justifie que si la physique l'annonce.
Un R² élevé ne prouve pas que la droite convient. Sur un nuage franchement courbe, une droite peut obtenir un R² très proche de 1. L'aide d'Excel dit qu'une courbe de tendance est d'autant plus fiable que son R² est proche de 1 : c'est vrai une fois qu'on a regardé les écarts. S'ils sont positifs aux deux bouts et négatifs au milieu, la droite est le mauvais modèle, quel que soit le R².
Sur un nuage, on repère d'un coup d'œil une courbure, un point aberrant, deux groupes distincts, ou un entonnoir qui s'élargit. Aucun de ces quatre défauts n'apparaît dans un résumé numérique, pas plus dans le R² que dans le coefficient de corrélation.
Le chapitre sur la corrélation, la régression et les moindres carrés revient en détail sur ce point, avec quatre jeux de données qui ont exactement les mêmes statistiques et n'ont rien à voir.
Comparer plusieurs séries
Comparer plusieurs séries, c'est d'abord savoir ce qu'on compare. Leur évolution se lit sur plusieurs courbes tracées sur les mêmes axes ; leur régularité se lit sur des boîtes à moustaches, plus bas. Voici la consommation électrique mensuelle de trois sites d'une même entreprise, en mégawattheures.
| A | B | C | D | E | |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Mois | Lyon | Nantes | Lille | Total |
| 2 | Janvier | 42 | 31 | 48 | 121 |
| 3 | Février | 40 | 30 | 45 | 115 |
| 4 | Mars | 37 | 30 | 44 | 111 |
| 5 | Avril | 33 | 29 | 46 | 108 |
| 6 | Mai | 30 | 30 | 51 | 111 |
| 7 | Juin | 28 | 31 | 55 | 114 |
| 8 |
D7 contient la valeur « 55 ». Ce n'est pas une formule : rien ne se recalculera ici.
Lille est le seul site dont la consommation remonte (MWh)
Passer enfin au bouton « histogramme » : dix-huit colonnes groupées par mois comparent bien les sites un mois donné, mais la dérive de Lille s'y lit beaucoup moins vite.
À Lyon, la consommation baisse avec la fin du chauffage ; à Nantes, elle ne bouge pas ; à Lille, elle remonte à partir d'avril alors que rien ne l'explique dans la saison, et c'est typiquement le signe d'une fuite d'air comprimé ou d'une machine qui ne s'arrête plus la nuit. La question était « quel site dérive ? », et trois courbes y répondent d'un coup d'œil, là où le tableau oblige à lire dix-huit nombres.
La colonne Total, elle, n'est pas dans le graphique, et c'est voulu. Tracée avec les trois autres, elle culminerait à 121 : l'axe vertical monterait jusqu'à 150, et les trois courbes des sites, qui ne dépassent pas 55, se tasseraient dans le bas de la figure. Une série qui est la somme des autres, ou qui ne s'exprime pas dans la même unité, n'a pas sa place sur les mêmes axes.
- Sélectionner A1:D7 : les en-têtes deviennent les noms des séries, et la colonne Total reste dehors.
- Onglet Insertion, Insérer un graphique en courbes ou en aires, puis une courbe avec marqueurs.
- Si Excel a pris les sites pour l'axe horizontal et les mois pour des séries, cliquer dans le graphique, puis Création de graphique, Changer de ligne/colonne. Excel place d'office sur l'axe horizontal la dimension la plus nombreuse, et ce n'est pas toujours la bonne.
- Pour ajouter, retirer ou corriger une série après coup : Création de graphique, Sélectionner des données.
Des colonnes non voisines se sélectionnent ensemble en maintenant Ctrl : c'est ainsi qu'on trace Lyon et Lille sans Nantes.
Quand la question porte non plus sur l'évolution mais sur la régularité, la figure change. Trois équipes ont chacune réalisé quatorze changements de format sur la même ligne, chronométrés en minutes, et c'est la dispersion de leurs temps qu'on veut comparer.
| Équipe A | Équipe B | Équipe C | |
|---|---|---|---|
| min | 4 | 6 | 3 |
| Q₁ | 6 | 11 | 5 |
| médiane | 8 | 14,5 | 6,5 |
| Q₃ | 11 | 22 | 9 |
| max | 16 | 38 | 62 |
| moyenne | 8,79 | 17,21 | 10,71 |
| écart-type | 3,34 | 8,87 | 14,47 |
Ce que comparent bien les boîtes à moustaches. Elles ne servent pas à décrire une série, un tableau le fait mieux. Elles servent à en comparer plusieurs d'un coup d'œil, sur la même échelle, ce qu'aucun texte ne sait faire.
Chaque boîte montre d'un seul trait la médiane, la dispersion du milieu de la série, et les valeurs qui s'échappent.
Sur la figure, l'équipe B est la plus lente et la plus irrégulière. L'équipe C paraît la meilleure, mais un changement isolé à 62 minutes signale un incident qu'aucune moyenne n'aurait laissé voir.
- Ranger les mesures une colonne par équipe, et les sélectionner avec leurs en-têtes.
- Onglet Insertion, Insérer un graphique statistique, puis la boîte à moustaches, que l'aide française de Microsoft nomme « Zone et valeur ».
Excel y marque aussi la moyenne de chaque série : sur l'équipe C, la voir s'écarter de la médiane est une autre façon de repérer la mesure isolée.
1.Une courbe de tendance linéaire affiche R² = 0,99. On peut en conclure…
2.À quoi sert une boîte à moustaches ?
Quand les séries se comptent par dizaines, trente machines ou trente références, aucune figure ne les porte toutes lisiblement. Le graphique sparkline tient alors dans une cellule, au bout de chaque ligne du tableau : une courbe minuscule, sans axe ni légende, qui montre d'un coup d'œil laquelle monte et laquelle décroche. Il sert à repérer ; la ligne repérée se trace ensuite en grand.
- Sélectionner la cellule vide au bout de la première ligne de données.
- Onglet Insertion, choisir un graphique sparkline Courbe ou Histogramme, et désigner les valeurs de la ligne dans la zone Plage de données.
- Recopier la cellule vers le bas : chaque ligne reçoit le sien.
Deux unités, ou des valeurs très étalées
Une seule unité par axe : la règle a une exception courante. La production en pièces et la consommation en kilowattheures, le débit et la pression, le prix et le volume se montrent souvent ensemble, dans un graphique combiné où la seconde série se lit sur un axe secondaire, gradué à droite.
C'est le graphique le plus facile à truquer sans le vouloir. Les deux échelles se règlent séparément, et en jouant sur leurs minimums et leurs maximums on fait se superposer presque n'importe quelles courbes qui montent en même temps. Deux courbes qui semblent se suivre sur deux axes ne prouvent donc rien : c'est l'auteur du graphique qui les a posées l'une sur l'autre. Pour montrer que deux grandeurs vont ensemble, la figure honnête est le nuage de points, l'une en fonction de l'autre. Pour montrer deux évolutions, deux graphiques l'un au-dessus de l'autre, qui partagent le même axe du temps. Et souvent le plus parlant est le rapport, des kilowattheures par pièce, sur une seule courbe.
Le problème inverse se pose quand une seule série couvre plusieurs ordres de grandeur : des durées de vie en fatigue de mille à dix millions de cycles, des coûts de panne de 50 à 200 000 euros. Sur une échelle ordinaire, tout ce qui est petit s'écrase contre l'axe. L'échelle logarithmique donne la même hauteur à chaque multiplication par 10 : de 10 à 100, de 100 à 1 000 et de 1 000 à 10 000, la distance est la même. Elle se lit en rapports et non en écarts : deux points séparés d'une graduation principale sont dans un rapport de 10, et une grandeur qui croît du même pourcentage chaque année y dessine une droite. Elle n'accepte ni zéro ni valeur négative, et elle doit être annoncée sur l'axe, sans quoi le lecteur la lit comme une échelle ordinaire.
- Pour un axe secondaire : cliquer dans le graphique, puis Création de graphique, Modifier le type de graphique, choisir le type combiné, et cocher Axe secondaire pour la série à graduer à droite.
- Pour une échelle logarithmique : double-cliquer sur l'axe vertical, puis, dans Format de l'axe, Options de l'axe, cocher Échelle logarithmique.
Personnaliser sans surcharger
À mettre : un titre qui dit la conclusion et non le sujet (« Les ventes ont doublé en deux ans » plutôt que « Ventes »), le nom des axes avec leur unité, et la source des données.
À retirer : les effets d'ombre et de relief, les dégradés, la troisième dimension sur un graphique à deux variables, les quadrillages trop denses, et la légende quand une seule série est représentée.
La troisième dimension mérite une mention particulière : elle ne transporte aucune information supplémentaire et fausse la lecture des longueurs, parce que les barres du fond paraissent plus petites. Elle nuit toujours.
- Cliquer dans le graphique, puis sur le bouton Éléments de graphique (le « + ») : cocher ou décocher le titre, les titres d'axe, les étiquettes de données, la légende, le quadrillage.
- Pour un titre qui suit les données : sélectionner le titre, taper
=dans la barre de formule, cliquer la cellule qui contient la phrase, valider par Entrée. Si cette cellule contient elle-même une formule, le titre se met à jour avec elle. - Pour retirer la 3D : Création de graphique, Modifier le type de graphique, et choisir la version plane du même type.
Une cellule vide dans les données coupe une courbe, et c'est presque toujours ce qu'on veut : une mesure manquante ne doit pas être inventée. Sélectionner des données, puis Cellules masquées et cellules vides, permet de la tracer comme un zéro ou de relier les points voisins ; le zéro est presque toujours faux.
1.Sur un graphique combiné, deux courbes tracées sur deux axes se superposent presque exactement. On peut en conclure…
2.La troisième dimension sur un graphique en barres…
Le tableau croisé dynamique
Un tableau croisé dynamique résume un grand tableau en croisant deux critères et en agrégeant une valeur : ventes par région et par mois, effectifs par service et par statut.
On le construit en faisant glisser des noms de colonnes dans quatre zones : les lignes, les colonnes, les valeurs et les filtres.
Le service maintenance d'une usine consigne chaque intervention sur une ligne : l'atelier, le mois, le type de panne et la durée d'arrêt en heures. Quarante-deux lignes sur un trimestre, c'est déjà trop pour se faire une idée à l'œil. Le tableau croisé les regroupe, et chacune de ses cases n'est rien d'autre qu'un calcul sur les lignes qui partagent la même étiquette.
| Atelier | Somme de Durée (h) |
|---|---|
| Assemblage | |
| Peinture | |
| Usinage | |
| Conditionnement | |
| Total général |
Pointer ou choisir une case pour voir les lignes sources qui la composent et le calcul qui la donne.
Choisir l'agrégat, c'est choisir la question.
Somme : où part le temps de maintenance ? L'assemblage, 36 heures.
Nombre : quel atelier tombe le plus souvent en panne ? L'usinage, 18 fois.
Moyenne : où une panne coûte-t-elle le plus cher ? L'assemblage, 6 heures par intervention.
Le même jeu de données donne trois classements différents, et aucun n'est faux. Un atelier qui tombe souvent en panne pour peu de temps n'appelle pas la même action qu'un atelier qui tombe rarement mais s'arrête une journée : le premier relève de la maintenance préventive, le second de l'analyse de chaque panne.
- Cliquer dans le tableau des interventions, puis onglet Insertion, Tableau croisé dynamique, et accepter une Nouvelle feuille de calcul.
- Dans le volet Champs de tableau croisé dynamique, faire glisser Atelier dans la zone Lignes, Durée (h) dans Valeurs, Mois dans Filtres, et Type de panne dans Colonnes pour croiser.
- Pour passer de la somme à la moyenne ou au nombre : cliquer sur le champ placé dans Valeurs, choisir Paramètres des champs de valeurs, puis l'agrégat voulu sous Synthèse des valeurs par.
- Un double-clic sur une case du tableau croisé ouvre une nouvelle feuille avec les lignes sources qu'elle rassemble.
Le tableau croisé ne suit pas ses données comme une formule : après une correction dans la source, clic droit dans le tableau, Actualiser.
Le tableau croisé calcule juste, et la note sous la figure le rappelle. L'erreur arrive après, quand on recopie les moyennes d'atelier dans une autre feuille et qu'on en fait la moyenne à la main.
La règle vaut pour tous les rapports, taux de rebut, rendements, prix unitaires : on ne fait pas la moyenne de moyennes calculées sur des effectifs différents, on revient aux données.
Quand un tableau croisé vaut mieux qu'un graphique.
Quand les chiffres exacts comptent. Un graphique montre une tendance, un tableau croisé donne les valeurs.
Quand on explore. Faire glisser une colonne dans une autre zone reconfigure tout le résumé en une seconde : c'est fait pour poser vingt questions de suite.
Quand il y a plus de deux dimensions. Un graphique en supporte deux, trois avec une couleur ; un tableau croisé en empile autant qu'on veut.
Et il exige une chose : des données propres et en colonnes, une ligne d'en-tête, pas de cellules fusionnées, pas de ligne vide. Le chapitre 1 le disait déjà, et c'est ici que la sanction tombe.
1.Les durées moyennes d'intervention des quatre ateliers valent 1,5 ; 6 ; 2,5 et 2 heures. La durée moyenne d'une intervention, tous ateliers confondus…
2.Un tableau croisé dynamique exige…
Mettre en pratique
Trois nombres sur une même série, et ce qu'ils disent de la valeur aberrante qu'elle contient : 10, 10, 10, 10 et 100.
Ce qu'une valeur extrême fait à une moyenne
- 1.
La moyenne de cette série.
- 2.
De combien la moyenne dépasse-t-elle la médiane ?
- 3.
Si la valeur 100 devenait 1000, de combien la moyenne dépasserait-elle alors la médiane ?
On veut comparer le chiffre d'affaires de huit agences. Quel graphique ?
Un graphique en barres, horizontales de préférence, et triées par valeur.
Pas un camembert : huit parts se comparent très mal en angles, la légende devient illisible, et deux agences proches sont indiscernables.
Les barres horizontales laissent la place d'écrire le nom de chaque agence en toutes lettres, sans incliner le texte.
Et le tri par valeur fait la moitié du travail : le classement se lit sans rien chercher, alors qu'un ordre alphabétique oblige à parcourir tout le graphique.
Dernier point, non négociable sur des barres : l'axe part de zéro.
Un graphique montre une hausse spectaculaire. Que vérifier avant d'y croire ?
Trois choses, dans cet ordre.
L'origine de l'axe vertical. S'il commence à 95 plutôt qu'à zéro, une hausse de 2 % occupe tout l'écran. Sur des barres, c'est trompeur ; sur une courbe, c'est souvent légitime, mais il faut le savoir.
La régularité de l'axe horizontal. Des années placées à intervalles égaux alors qu'il en manque écrasent le temps, et un graphique en courbes le fait de lui-même dès que les instants de mesure sont irréguliers.
La période retenue. Le même jeu, coupé sur cinq ans ou sur vingt, peut montrer une hausse ou une baisse. C'est le procédé le plus courant, et il est invisible sur la figure elle-même.
Aucun de ces trois choix n'est un mensonge au sens strict, et c'est bien ce qui les rend efficaces. Sur la figure du taux de rebut, filtrer la seule année 2025 suffit à changer une baisse de 40 % en hausse de près d'un tiers.
Un technicien trace en courbe des températures relevées à 0, 1, 2, 3, 5, 8, 12, 20, 30, 45 et 60 minutes, et conclut que la pièce refroidit surtout entre 12 et 20 minutes. Qu'en penser ?
Que la conclusion vient du graphique, pas des mesures.
Un graphique en courbes place ses catégories à intervalles réguliers : la minute 0 à 1 et les minutes 12 à 20 y occupent la même largeur. Une chute de 104 °C en huit minutes y paraît donc plus raide qu'une chute de 36 °C en une minute.
Le calcul le dément : 36 °C par minute au début, 13 °C par minute entre 12 et 20 minutes. La pièce refroidit le plus vite au tout début.
Le bon graphique est un nuage de points, reliés au besoin par des segments : chaque mesure y est placée à son instant réel.
Pourquoi une moyenne de 34 minutes décrit-elle mal les temps de traitement de la figure ?
Parce que la distribution est très asymétrique.
La moitié des commandes est traitée en moins de 14 minutes, et la plus lente dépasse 200 minutes. Ces valeurs extrêmes tirent la moyenne vers le haut, jusqu'à un niveau qu'aucune commande typique n'atteint.
La médiane, 13,5 minutes, décrit le cas courant. L'écart entre les deux mesure précisément l'asymétrie.
La bonne réponse n'est pas de choisir entre les deux mais de donner les deux, et de montrer l'histogramme. Une distribution asymétrique ne se résume pas en un nombre.
Comment choisir la largeur des classes d'un histogramme ?
En en essayant plusieurs. Aucune formule ne donne la bonne largeur une fois pour toutes.
Trop larges, les classes tassent tout : sur les temps de cycle de la figure, des classes de 10 secondes ne montrent qu'une pente, 34 puis 26 cycles, et cachent les deux variantes du produit.
Trop fines, elles dessinent du bruit : à 2 secondes, quatre pics apparaissent pour deux populations.
Le test est simple : changer la largeur, puis décaler la première borne. Ce qui résiste est dans les données ; ce qui disparaît était dans le découpage. Et la somme des effectifs doit toujours redonner le nombre de mesures.
Un responsable veut lancer en même temps huit chantiers, un par cause d'arrêt de sa ligne. Que lui montrer ?
Un diagramme de Pareto.
Trié par minutes perdues, le relevé de la ligne de conditionnement montre que trois causes, le bourrage, le changement de format et le manque d'étiquettes, font 77,7 % des arrêts. Les cinq autres, réunies, en font moins d'un quart.
Huit chantiers de même priorité dispersent l'équipe sur des causes qui pèsent de 2,5 à 7,1 % chacune. Trois chantiers bien menés traitent l'essentiel.
À vérifier avant de décider : que le classement tient en coût, et pas seulement en nombre d'arrêts, et que la ligne « Autre » ne cache pas une cause importante.
La courbe de tendance du compresseur affiche R² = 0,99. Peut-on s'en servir pour prévoir la consommation à 1 500 pièces par jour ?
Non, pas sans précaution.
Le R² dit que la droite passe près des points mesurés, et les mesures vont de 420 à 980 pièces par jour. À 1 500 pièces, l'équation annonce 1 091 kWh, mais c'est une extrapolation : rien ne dit que le compresseur suffirait encore, ni que la relation resterait droite.
Même chose, en sens inverse, pour les 310 kWh de l'ordonnée à l'origine : aucune journée n'est descendue sous 420 pièces. Le chiffre est plausible, mais il se vérifie par un relevé un jour sans production.
Une courbe de tendance résume les mesures faites. Elle ne remplace pas celles qu'on n'a pas faites.
Quand préférer un tableau croisé dynamique à un graphique ?
Quand les chiffres exacts comptent, quand on explore sans savoir encore ce qu'on cherche, ou quand il y a plus de deux dimensions.
Un graphique montre une forme ; un tableau croisé donne les valeurs et se reconfigure en un geste. Faire glisser une colonne d'une zone à l'autre pose une nouvelle question sans rien recalculer à la main.
Sa condition d'emploi est stricte : des données en colonnes, une seule ligne d'en-tête, aucune cellule fusionnée, aucune ligne vide.
En pratique, les deux se combinent : le tableau croisé pour trouver, le graphique pour montrer.
Un responsable fait la moyenne des durées moyennes de réparation de ses quatre ateliers, et annonce 3 heures par intervention. Qu'en penser ?
Que le chiffre est faux, dès que les ateliers n'ont pas le même nombre d'interventions.
Sur le tableau croisé des interventions de maintenance, les moyennes d'atelier valent 1,5 ; 6 ; 2,5 et 2 heures, et leur moyenne fait bien 3. Mais l'usinage compte 18 interventions et l'assemblage 6 : la moyenne des moyennes donne autant de poids aux 6 longues pannes de l'assemblage qu'aux 18 courtes de l'usinage.
La bonne réponse se calcule sur les 42 interventions : 104 heures divisées par 42, soit 2,48 heures. C'est le total général que le tableau croisé affiche en Moyenne, précisément parce qu'il revient aux données au lieu de moyenner ses propres cases.
La règle est générale : une moyenne de taux, de rendements ou de prix unitaires calculés sur des effectifs différents est fausse. On revient toujours aux données de départ.
Sur la figure des trois équipes, l'équipe C a la plus petite médiane. Est-ce la meilleure ?
Pas si vite. Son dernier changement de format a duré 62 minutes, très au-dessus de tout le reste de sa série.
Une moyenne aurait noyé cette valeur dans les treize autres. La boîte à moustaches la place en dehors de la boîte, ce qui la rend impossible à manquer.
Deux lectures possibles, et il faut aller voir. Ou bien c'est une erreur de saisie, et il faut la corriger. Ou bien c'est un incident réel, une pièce de format introuvable ou un réglage raté, et alors l'équipe C est excellente d'habitude et en difficulté de temps en temps, ce qui n'est pas la même chose qu'être régulièrement bonne.
C'est exactement ce que sert à voir une boîte à moustaches, et ce qu'un tableau de moyennes ne montre jamais.
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L'axe tronqué, et le secteur qui ne se défend plus au-delà de cinq parts.
- Deux pour cent qui ont l'air de soixanteNiveau 3
- Huit parts et deux angles indiscernablesNiveau 2
- La part de chaque usage dans la consommation d'énergieNiveau 1
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- L'objectif et le réalisé de chaque ligne de productionNiveau 1
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