Les échangeurs thermiques
Ce que ce chapitre apporte 5 points
- Écrire le bilan d'un échangeur à partir des débits de capacité thermique de ses deux fluides.
- Calculer la conductance d'un échangeur à partir des coefficients d'échange de ses deux faces et de sa paroi.
- Comparer les montages à co-courant et à contre-courant d'un même appareil.
- Contrôler la puissance d'un échangeur par l'écart de température logarithmique moyen.
- Calculer l'efficacité, la puissance et les températures de sortie d'un échangeur par le nombre d'unités de transfert.
Aux Eaux d'Escarlens, qui mettent en bouteilles une eau gazeuse, entre l'eau captée et l'eau glacée du groupe, il n'y a qu'une paroi : un échangeur à plaques fait passer la chaleur de l'une à l'autre sans les mélanger. L'eau captée y entre à 13 °C et doit en sortir à 4 °C ; l'eau glacée y entre à 1 °C, et le constructeur annonce qu'elle en sort à 7 °C, plus chaude que l'eau qu'elle vient de refroidir. Nadia Ferrand y voit une erreur, puisque la chaleur ne va pas du froid au chaud. L'annonce est-elle possible ? Quelle surface de plaques exige-t-elle ? Et que donnerait le même appareil si l'on inversait le sens de l'un des deux circuits ?
La chaleur sensible du chapitre 3, le coefficient de transmission du chapitre 13 et le coefficient d'échange du chapitre 14 sont les prérequis.
Un échange sans mélange
L'eau captée doit perdre 209 kW pour passer de 13 à 4 °C, à 20 m³/h, soit 5,56 kg/s : c'est la puissance de froid du chapitre 3. Le groupe ne la produit pas dans cette eau : il refroidit une eau glacée qui circule en circuit fermé (chapitre 12), et mêler les deux eaux diluerait celle de la bouteille. La chaleur doit donc traverser une paroi. Combien d'eau glacée faut-il pour emporter ces 209 kW en s'échauffant de 1 à 7 °C ? Cette entrée à 1 °C, un seul kelvin au-dessus de l'évaporation du groupe, est une idéalisation : un vrai groupe en garde plusieurs, et l'eau gèlerait près de 0 °C. Le chapitre la garde pour que les nombres restent simples. La formule donne des joules pour une masse donnée ; ici l'eau coule sans cesse, et c'est ce qui passe chaque seconde qu'il faut compter.
Un échangeur fait passer de la chaleur d'un fluide à un autre à travers une paroi, sans que les deux se mélangent. Chaque fluide y suit son propre circuit, sa veine : c'est un système ouvert en écoulement permanent, celui du chapitre 9, où ce qui entre chaque seconde ressort chaque seconde. La chaleur sensible, comptée par seconde, donne la puissance que la veine échange :
où est le débit massique, la masse de fluide qui traverse l'appareil chaque seconde, en kilogrammes par seconde, la capacité thermique massique du fluide, et l'écart entre sa sortie et son entrée. Sans perte vers l'extérieur, la puissance cédée par la veine chaude est celle que reçoit la veine froide.
La puissance est comptée positivement, de la veine chaude vers la veine froide : la convention du receveur compterait négative la chaleur de la veine chaude, et la valeur absolue de l'écart évite d'y revenir à chaque ligne. Pour l'échangeur du site, kW côté eau captée, et kW côté eau glacée : il faut 8,32 kg/s d'eau glacée. En revanche, la formule suppose que la température seule change : un fluide qui bout ou se condense dans l'appareil échange sans changer de température (chapitre 4). Le chapitre prend aussi les capacités massiques constantes, le coefficient le même sur toute la surface, et aucune perte vers l'extérieur.
Trois familles d'appareils. Les plaques sont des tôles embouties et empilées, les deux fluides circulant dans les canaux qu'elles forment, un sur deux : très compact, c'est l'appareil du site. Un faisceau de tubes fait passer un fluide dans les tubes et l'autre autour ; il tient les hautes pressions. Les ailettes sont de fines lames serties sur des tubes, qui multiplient la surface côté air, là où l'échange est mauvais, comme au radiateur d'une voiture. Le bilan de chaque veine vient du chapitre 9 ; le transfert à travers la paroi vient de la conduction et de la convection. Tout ce qui suit vaut pour les trois familles, sur l'exemple des plaques.
Le fluide qui limite l'échange
Dans l'échangeur du site, les deux veines échangent la même puissance, 209 kW, et pourtant l'eau captée varie de 9 K et l'eau glacée de 6 K. La première varie davantage alors qu'elle coule moins vite : 5,56 kg/s contre 8,32. Ni le débit massique seul, ni la capacité massique seule ne dit quelle veine varie le plus.
Le débit de capacité thermique d'une veine est le produit de son débit massique par sa capacité massique :
C'est la puissance que la veine échange par kelvin de variation de sa température : . Plus est petit, plus la température de la veine varie pour une même puissance.
L'eau captée a kW/K, l'eau glacée kW/K. Le plus petit des deux, noté , est celui de la veine qui varie le plus en température, et c'est elle qui limite l'échange, comme la suite le montre ; le plus grand se note , et le rapport , compris entre 0 et 1, vaut ici 0,67. Ce est un débit, en watts par kelvin, et non la capacité thermique d'un corps, en joules par kelvin, du chapitre 3 : il dit ce que la veine absorbe chaque seconde, et non ce qu'un objet stocke.
Deux cas limites reviendront. Un fluide qui change d'état échange sans varier en température : son est infini, et tend vers 0. Deux veines de même débit de capacité, deux airs de même débit par exemple, donnent .
La conductance de l'appareil
Combien de plaques faut-il ? La chaleur de l'eau captée traverse trois obstacles en série : la couche d'eau captée contre la plaque, la tôle d'inox, la couche d'eau glacée de l'autre côté. Pour une tôle de 0,6 mm ( W/(m·K)) entre deux eaux en convection forcée, dont le coefficient d'échange vaut environ 5 000 W/(m²·K) de chaque côté (table du chapitre 14), quel est le coefficient global ? Additionner les deux coefficients donnerait 10 000, les moyenner 5 000, et aucun des deux n'est juste : ce sont les résistances, inverses des coefficients, qui s'additionnent en série, comme celles des couches d'un mur au chapitre 13.
Entre les deux fluides, la chaleur traverse trois résistances en série : l'échange côté chaud, la paroi, l'échange côté froid. Par mètre carré :
C'est le coefficient de transmission du chapitre 13, avec deux fluides au lieu de deux ambiances, et le coefficient d'échange de chaque face à la place de sa résistance de surface. La conductance de l'appareil vaut , en watts par kelvin : c'est la puissance qu'il transfère par kelvin d'écart moyen entre les deux fluides, étant sa surface d'échange. L'usage des échangeurs note la surface là où les chapitres précédents écrivaient .
Ici, , soit W/(m²·K) : les 48 kW/K de l'échangeur du site tiennent dans m² de plaques. Entre deux airs, où W/(m²·K), tombe à 12 W/(m²·K) environ, et les 240 W/K de la ventilation double flux de ce chapitre demandent une vingtaine de mètres carrés : c'est le tableau des coefficients du chapitre 14, traduit en encombrement. En revanche, ce suppose des plaques propres : un dépôt de tartre ajoute une résistance en série et fait baisser .
Entre deux eaux, le coefficient d'échange vaut 6 000 W/(m²·K) de chaque côté d'une plaque d'inox de 0,6 mm ( W/(m·K)). Que vaut le coefficient global ?
Co-courant ou contre-courant
Les deux circuits du site se rencontrent dans un appareil de conductance 48 kW/K. L'eau captée (13 °C, 5,56 kg/s) y est le fluide chaud, et l'eau glacée (1 °C, 8,32 kg/s) le fluide froid. Les deux fluides peuvent circuler dans le même sens, à co-courant, ou en sens opposés, à contre-courant : les débits, les entrées et la surface ne changent pas, seul le raccordement des tuyaux change. Le tableau sous la figure donne aussi trois grandeurs que les sections suivantes définissent (l'écart logarithmique moyen, le nombre d'unités de transfert, l'efficacité) : pour l'instant, seules la puissance et les sorties comptent.
| Débit de capacité chaud | 23300 W/K |
|---|---|
| Débit de capacité froid | 34800 W/K |
| Nombre d'unités de transfert | 2,06 |
| Efficacité | 0,748 |
| Écart logarithmique moyen | 4,35 K |
| Puissance échangée | 209 kW |
Montage contre-courant, efficacité 75 %, puissance 209 kW. Basculer d'un sens à l'autre ne change ni les débits, ni la conductance, ni les températures d'entrée : seule la disposition change.
Déplacer la sonde le long de l'appareil dans les deux montages, en lisant l'écart local de température.
Constater que l'écart chute de 12 K à moins d'un demi-kelvin à co-courant, et reste entre 3 et 6 K à contre-courant.
À contre-courant, l'appareil échange 209 kW : l'eau captée ressort à 4,0 °C et l'eau glacée à 7,0 °C, trois kelvins plus chaude. L'annonce du constructeur est donc possible. À co-courant, le même appareil n'échange que 162 kW, et l'eau captée ne descend qu'à 6,0 °C. Le transfert local suit l'écart local : un échangeur est d'autant meilleur que cet écart se maintient sur toute sa longueur. Le croisement des sorties n'a rien d'une violation du second principe : à chaque position de l'appareil, le fluide chaud reste plus chaud que le froid qui se trouve en face de lui, et c'est la seule chose que ce principe exige.
À co-courant, les deux sorties ne se croisent jamais, même avec un appareil infiniment grand : les deux eaux tendent vers une température commune, celle d'un mélange, que le bilan du chapitre 3 donne en pondérant par les débits de capacité. Pour l'échangeur du site, °C : l'eau captée ne descendrait jamais sous 5,8 °C à co-courant, quels que soient la surface et le prix, et la consigne de 4 °C impose le contre-courant. À contre-courant, le fluide de plus petit débit de capacité peut aller jusqu'à la température d'entrée de l'autre. Le contre-courant fait donc au moins aussi bien que le co-courant, et mieux dès qu'aucun fluide ne change d'état.
Un échangeur à co-courant, infiniment grand, reçoit 1 kg/s d'eau à 80 °C et 2 kg/s d'eau à 20 °C. À quelle température les deux eaux ressortent-elles ?
L'écart logarithmique moyen
Quand les quatre températures sont connues, la puissance se tire de la conductance, à condition de connaître l'écart moyen entre les deux fluides. Pour l'échangeur du site à co-courant, l'écart local passe de 12 K à l'entrée () à 0,4 K à la sortie. La moyenne arithmétique, 6,2 K, donnerait kW, alors que l'appareil n'échange que 162 kW. À contre-courant, les écarts d'extrémité valent 6,0 et 3,0 K : la moyenne, 4,5 K, donne 217 kW au lieu de 209. La moyenne arithmétique ne trompe que peu quand les deux écarts sont voisins, beaucoup quand ils ne le sont pas.
Entre les deux fluides, l'écart local varie le long de l'appareil comme une exponentielle, et la moyenne qui convient est l'écart logarithmique moyen, où désigne le logarithme népérien :
où et sont les écarts aux deux extrémités de l'appareil. À co-courant, ce sont les deux entrées face à face, puis les deux sorties face à face ; à contre-courant, l'entrée de chaque fluide face à la sortie de l'autre.
Pour l'échangeur du site à co-courant, l'écart d'entrée vaut 12 K et l'écart de sortie 0,384 K, d'où K et kW. À contre-courant, K, l'entrée de l'eau captée face à la sortie de l'eau glacée, et K : K et kW. En revanche, quand les deux écarts sont égaux, la formule devient 0/0 : l'écart moyen vaut alors cet écart commun. L'écart logarithmique suppose les quatre températures connues : il donne la surface d'un appareil dont les sorties sont imposées, et sert de contrôle quand elles ont été calculées.
L'eau de refroidissement des compresseurs entre à 80 °C et sort à 55 °C ; l'eau du nettoyage des cuves entre à 13 °C et sort à 60 °C, à contre-courant. Quels écarts entrent dans l'écart logarithmique moyen ?
L'efficacité et le nombre d'unités de transfert (NUT)
Un énoncé donne rarement les quatre températures : il donne les deux entrées, les débits et l'appareil, et demande les sorties. Pour l'échangeur du site à contre-courant, essayer une sortie de l'eau captée à 6 °C. La puissance serait kW, et l'eau glacée ressortirait à °C. Les écarts d'extrémité valent alors 7,3 et 5,0 K, l'écart moyen 6,1 K, et kW : l'appareil transférerait presque le double, l'essai est faux, et il faudrait en tenter un autre, puis un autre. Une méthode qui donne les sorties sans tâtonner part de ce que l'appareil pourrait faire au mieux.
L'efficacité compare la puissance échangée à la puissance maximale :
où les indices et désignent le fluide chaud et le fluide froid, et leur entrée. La puissance maximale est celle d'un échangeur infini à contre-courant : le fluide de plus petit débit de capacité y sort à la température d'entrée de l'autre.
Aucun appareil ne va plus loin, car l'un des fluides sortirait alors au-delà de l'entrée de l'autre : reste donc comprise entre 0 et 1, et seul un appareil infini atteindrait 1. La lettre n'a ici aucun rapport avec l'émissivité du chapitre 14.
Le nombre d'unités de transfert, noté NUT, mesure la taille de l'appareil rapportée au fluide qui limite :
Une conductance et un débit de capacité s'exprimant tous deux en watts par kelvin, le NUT est un nombre sans dimension.
L'efficacité ne dépend que de trois nombres : le NUT, le rapport et le sens de circulation. Les constructeurs la publient en abaques, des courbes à lire, pour les autres géométries ; pour les deux montages de ce chapitre, elle s'écrit, avec la base des logarithmes népériens :
- à contre-courant, pour un rapport quelconque : ;
- à contre-courant, pour deux débits de capacité égaux () : ;
- pour un fluide qui change d'état (), à contre-courant comme à co-courant : ;
- à co-courant, pour un rapport quelconque : , qui plafonne à même pour un NUT infini : 0,6 pour l'échangeur du site, 0,5 pour deux débits égaux.
L'efficacité croît avec le NUT, mais de moins en moins vite. Pour un fluide qui change d'état, elle sature vite : 0,86 à NUT 2, 0,98 à NUT 4. Pour deux débits égaux, elle sature lentement : à contre-courant, 0,67 à NUT 2, 0,80 à NUT 4, 0,89 à NUT 8. Le bon NUT dépend de ce que vaut la chaleur récupérée : un échangeur de procédé s'arrête souvent vers 2 à 4, une ventilation double flux monte à 6 ou davantage, parce que chaque point d'efficacité se retrouve sur la facture de chauffage de tout un hiver.
Un échangeur à contre-courant, dont les deux débits de capacité sont égaux, a un NUT de 4 et une efficacité de 0,80. Que donne un appareil deux fois plus grand ?
Un logement renouvelle 125 m³/h d'air, soit un débit massique de kg/s. L'air extrait sort à 19 °C, l'air neuf entre à −7 °C, sous l'écart de 26 kelvins que le chapitre suivant retient pour le bilan. Les deux veines sont de l'air, de capacité massique 1005 J/(kg·K), donc de même débit de capacité :
Le rapport vaut un. Avec un échangeur de conductance 240 W/K, et . L'air neuf ressort à °C, et la puissance récupérée vaut :
Le contrôle : à contre-courant et à débits égaux, l'écart est le même partout, K, et W. Sans échangeur, réchauffer cet air de −7 à 19 °C coûterait W ; il ne reste à fournir que la part , soit environ 165 W. C'est le poste « ventilation » du bilan que le chapitre suivant dresse, et il repose sur le contre-courant : à co-courant, les deux airs tendraient vers 6 °C, la moyenne de 19 et de −7, et l'efficacité plafonnerait à 0,5 quels que soient la surface et le prix.
La méthode
- Calculer les deux débits de capacité, pour chaque veine, repérer le plus petit, , et le rapport .
- Construire la conductance : à partir des coefficients d'échange des deux faces et de la paroi, puis , puis le NUT, . La conductance et les débits de capacité sont en watts par kelvin, donc le NUT est sans dimension.
- Choisir le sens de circulation et lire l'efficacité : par la formule du sens retenu, ou sur l'abaque de l'appareil quand sa géométrie n'est ni à co-courant ni à contre-courant.
- Calculer la puissance par .
- Remonter aux deux sorties par le bilan de chaque veine, : la chaude baisse de , la froide monte de .
- Contrôler par l'écart logarithmique : la puissance doit aussi valoir calculé sur les quatre températures trouvées, et si les deux écarts d'extrémité sont égaux, l'écart moyen est cet écart commun.
- Contrôler le sens physique : la sortie du chaud ne descend jamais sous l'entrée du froid, et la sortie du froid ne monte jamais au-dessus de l'entrée du chaud. Un croisement des deux sorties est permis, mais seulement à contre-courant ; à co-courant, la température commune d'un appareil infini borne l'une et l'autre.
Mettre en pratique
Les calculs ci-dessous se posent à la main, avec les formules du cours. Le calcul retrouve les valeurs que la figure affiche, et le premier exercice type refait la démarche sur un autre point de fonctionnement de la même installation.
Retrouver à la main les sorties de l'échangeur du site
- 1.
L'eau captée circule à 5,56 kg/s dans l'échangeur et l'eau glacée à 8,32 kg/s, avec une capacité massique de 4185 J/(kg·K) pour les deux. Quel est le plus petit des deux débits de capacité, en kilowatts par kelvin (kW/K), à 0,1 kW/K près ?
- 2.
La conductance de l'appareil vaut 48 kW/K. Quel est son nombre d'unités de transfert (NUT), sans dimension, à 0,01 près ?
- 3.
L'appareil est monté à contre-courant. Quelle est son efficacité, sans dimension, à 0,01 près ? Le rapport des deux débits de capacité, le plus petit sur le plus grand, entre dans la formule.
- 4.
Quelle puissance l'appareil échange-t-il à contre-courant, en kilowatts (kW), à 1 kW près ? L'eau captée entre à 13 °C et l'eau glacée à 1 °C.
- 5.
À quelle température l'eau captée ressort-elle à contre-courant, en degrés Celsius, à 0,1 °C près ?
Les trois questions de l'ouverture ont donc leur réponse. L'annonce du constructeur est possible, mais seulement à contre-courant : l'eau captée ressort à 4,0 °C et l'eau glacée à 7,0 °C. L'appareil demande 21 m² de plaques, pour une conductance de 48 kW/K. Monté à co-courant, il ne ferait descendre l'eau captée qu'à 6,0 °C, et aucune surface ne la ferait passer sous 5,8 °C.
En relevant l'eau glacée de 1 à 2 °C, l'échangeur du site tient-il encore la température de livraison ?
Pour soulager le groupe d'eau glacée, Nadia Ferrand envisage de relever l'eau glacée à l'entrée de l'échangeur, de 1 à 2 °C. L'appareil reste monté à contre-courant, avec les mêmes débits (5,56 kg/s pour l'eau captée, qui entre à 13 °C, et 8,32 kg/s pour l'eau glacée), la même conductance de 48 kW/K, et J/(kg·K) pour les deux. Lucas Brunel, responsable qualité, accepte une eau livrée à 4,5 °C au plus. Calculer l'efficacité, à 0,01 près ; la puissance échangée, en kilowatts, à 1 kW près ; les températures de sortie des deux eaux, en degrés Celsius, à 0,1 °C près ; puis dire si la livraison est encore tenue.
Par où commencer ? Repérer le fluide qui limite l'échange, puis ce qui, dans l'énoncé, a changé par rapport à la figure du chapitre.
Pourquoi l'efficacité garde-t-elle la valeur de la figure quand l'eau glacée entre à 2 °C ?
Le corrigé
- Calculer les deux débits de capacité, pour repérer le fluide qui limite : kW/K pour l'eau captée, kW/K pour l'eau glacée. Le plus petit, , est celui de l'eau captée, et .
- Calculer le NUT, pour mesurer l'appareil par rapport au fluide qui limite : .
- En tirer l'efficacité, par la formule du contre-courant : . C'est la valeur de la figure, puisque ni le NUT, ni , ni le sens n'ont changé.
- Calculer la puissance : kW, et kW, contre 209 kW à 1 °C : l'écart des entrées a perdu un kelvin, et la puissance perd kW.
- Remonter aux deux sorties par le bilan de chaque veine : l'eau captée ressort à 4,8 °C, l'eau glacée à 7,5 °C.
- Conclure sur la livraison : 4,8 °C dépasse 4,5 °C, la livraison n'est plus tenue. Relever l'entrée d'un kelvin relève la sortie de K, et l'échangeur n'avait aucune marge.
- Vérifier par l'écart logarithmique : les écarts d'extrémité valent K et K, d'où K et kW, comme par le bilan.
Les eaux de douche suffisent-elles à préchauffer l'eau neuve d'un centre aquatique à 22 °C ?
Un centre aquatique préchauffe l'eau neuve de ses bassins (10 °C, 0,50 kg/s) avec l'eau tiède de ses douches avant évacuation (29 °C, 0,50 kg/s). L'échangeur à plaques compte 3,0 m² de tôle d'inox de 0,5 mm ( W/(m·K)), avec un coefficient d'échange de 4 000 W/(m²·K) de chaque côté ; il est monté à contre-courant, et J/(kg·K) pour les deux eaux. La direction veut que l'eau neuve ressorte à 22 °C au moins. Calculer la conductance de l'appareil, en kilowatts par kelvin, à 0,1 près ; l'efficacité, à 0,01 près ; la température de sortie de l'eau neuve, en degrés Celsius, à 0,1 °C près ; dire si l'objectif est atteint ; puis dire si le même appareil monté à co-courant l'atteindrait.
Par où commencer ? Relever d'abord ce que l'énoncé donne de l'appareil, et en tirer la conductance avant tout calcul de température.
Le corrigé
- Construire le coefficient global, parce que l'énoncé donne les deux faces et la tôle, pas : , d'où W/(m²·K).
- En tirer la conductance : 5,6 kW/K.
- Calculer le débit de capacité et le NUT : chaque eau a W/K, donc , et .
- Lire l'efficacité, qui prend la forme des débits égaux : 0,73.
- Remonter à la sortie : kW, kW, et l'eau neuve ressort à 23,9 °C. L'objectif de 22 °C est atteint ; l'eau de douche s'évacue à 15,1 °C.
- Chercher ce que le sens change : à co-courant, , la puissance tombe à 19,8 kW et l'eau neuve ne ressort qu'à 19,5 °C. Le sens décide ici de l'objectif : il n'est atteint qu'à contre-courant.
- Vérifier par l'écart logarithmique : les deux débits de capacité étant égaux, l'écart est le même partout, K, comme , et kW, comme par le bilan.
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