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La convection et le rayonnement

Ce que ce chapitre apporte 5 points
  • Calculer le flux de convection d'une paroi à partir du coefficient d'échange.
  • Classer des situations de convection par l'ordre de grandeur de leur coefficient d'échange.
  • Calculer le flux net rayonné par une surface, les températures en kelvins.
  • Ramener le rayonnement d'une surface à un coefficient d'échange.
  • Calculer le coefficient de transmission d'une paroi, résistances de surface comprises.

Dans la chaufferie des Eaux d'Escarlens, qui mettent en bouteilles une eau gazeuse, la conduite de vapeur du nettoyage en place court nue sur douze mètres : son acier est à 100 °C, et l'air du local à 15 °C. Le chapitre 13 a chiffré sa perte avec un coefficient de surface de 10 W/(m²·K), donné d'avance, qui réunit l'air et le rayonnement. Sans lui, la loi de Fourier appliquée aux 4 mm d'acier annoncerait près de 200 kilowatts (kW) perdus par mètre de conduite, quand la vapeur du nettoyage n'en porte que 60 en tout.

Nadia Ferrand veut savoir d'où vient ce nombre. Combien de watts la conduite nue perd-elle par mètre, laquelle des deux voies, l'air ou le rayonnement, en emporte le plus, et le coefficient de 10 est-il le bon ? Le rayonnement exigera des températures en kelvins, que le chapitre 1 a posés.

La convection

Au chapitre 13, un flux traverse une couche en proportion de l'écart de température, et à l'inverse de sa résistance e/λe/\lambda. Appliquée à la seule paroi de la conduite, 4 mm d'un acier de conductivité λ=50\lambda = 50 W/(m·K), cette loi donne 0,004/50=8×10−50{,}004/50 = 8 \times 10^{-5} m²·K/W. Pour les 85 K qui séparent la vapeur du local, cela fait plus d'un million de watts par mètre carré, soit 200 kW par mètre de conduite de 60 mm de diamètre : un résultat absurde. La résistance qui limite la perte n'est pas dans l'acier. Elle est dans l'air qui le longe : au contact de la paroi, il est presque immobile et freine la chaleur, puis il l'emporte en se déplaçant. Cet échange entre une paroi et un fluide en mouvement est la convection, et c'est lui qui se cache derrière le coefficient de surface donné d'avance.

Le flux de convection

Entre une paroi à la température TpT_p et un fluide dont la température, loin de la paroi, vaut T∞T_\infty (lue « T infini »), le flux de chaleur φ\varphi, en watts, s'écrit :

φ=h S (Tp−T∞)\varphi = h\,S\,(T_p - T_\infty)

où SS est la surface d'échange, en mètres carrés, et hh le coefficient d'échange convectif, en watts par mètre carré et par kelvin : la chaleur que chaque mètre carré de paroi cède au fluide pour chaque kelvin d'écart. Le flux est compté de la paroi vers le fluide, et l'écart de température vaut le même nombre en kelvins et en degrés Celsius (chapitre 1).

La lettre hh désignait au chapitre 9 l'enthalpie massique. Elle désigne ici, comme dans tous les ouvrages de transferts, un coefficient d'échange : l'unité, W/(m²·K) et non J/kg, dit toujours de laquelle il s'agit. Appliquée à un corps qui refroidit dans l'air, cette loi est celle que les équations différentielles nomment loi de refroidissement de Newton.

Deux régimes, deux ordres de grandeur. La convection est naturelle quand le mouvement du fluide naît du transfert lui-même : l'air réchauffé devient moins dense, et il monte. Elle est forcée quand un ventilateur ou une pompe impose le mouvement.

Situationhh en W/(m²·K)
Air en convection naturelle2 à 10
Air en convection forcée20 à 100
Eau en convection naturelle100 à 600
Eau en convection forcée1000 à 15 000
Fluide en changement d'état5000 à 100 000

Ces valeurs ne comptent que la convection : les surfaces d'un bâtiment échangent aussi par un second mode, chiffré plus bas.

Un ventilateur fait passer l'air d'une dizaine de W/(m²·K) au plus à vingt au moins : l'ordre de grandeur change d'un cran. Un fluide qui bout, comme dans l'évaporateur du chapitre 12, échange au moins cinquante fois mieux que l'air même soufflé, et jusqu'à des dizaines de milliers de fois mieux que l'air immobile. C'est pourquoi un appareil conçu pour échanger de la chaleur fait circuler son fluide vite, et pourquoi un évaporateur peut rester petit. Le vaporiseur du chapitre 4, qui prend sa chaleur à l'air ambiant, est un échangeur à air : sa surface se règle sur ce coefficient.

Vérification rapideon peut se reprendre

Le vaporiseur du site prend 9,4 kW à l'air ambiant. Sa surface est à −10 °C, l'air à 15 °C, et le coefficient d'échange vaut 8 W/(m²·K) en convection naturelle. Quelle surface d'échange faut-il, et que devient-elle si un ventilateur porte le coefficient à 40 W/(m²·K) ?

Le coefficient d'échange n'est pas une propriété du matériau

La conductivité λ\lambda appartient au matériau et se lit dans une table. Le coefficient hh, lui, dépend de la situation : de la vitesse du fluide, de sa nature, de la forme de la surface, de son orientation, et de l'écart de température lui-même.

Il ne se lit donc pas dans une table de matériaux, et les valeurs ci-dessus ne sont que des ordres de grandeur. Le déterminer réellement demande des corrélations expérimentales, qui dépassent le cadre de ce parcours.

Le rayonnement

Autour de la conduite, l'air ne porte pas toute la chaleur. Un thermos le montre (chapitre 1) : entre ses deux parois, le vide supprime la conduction et la convection, et le café refroidit pourtant, lentement. Reste un troisième mode, qui n'a besoin d'aucun support : le rayonnement. Toute surface émet des ondes électromagnétiques, visibles ou non, d'autant plus que sa température absolue est haute, et les surfaces voisines en absorbent une part.

La loi de Stefan-Boltzmann

Une surface SS d'émissivité ε\varepsilon, à la température TpT_p, entourée d'un environnement beaucoup plus grand à la température TeT_e (une paroi dans une pièce, un tuyau dans un local), échange avec lui le flux net :

φ=ε σ S (Tp4−Te4)\varphi = \varepsilon\,\sigma\,S\,(T_p^4 - T_e^4)

Les températures sont absolues, en kelvins. La constante de Stefan-Boltzmann vaut σ=5,67×10−8\sigma = 5{,}67 \times 10^{-8} W/(m²·K⁴), et l'émissivité ε\varepsilon, comprise entre 0 et 1, est le rapport de ce que la surface émet à ce que l'émettrait une surface idéale. Le terme en Tp4T_p^4 est ce que la surface émet, celui en Te4T_e^4 ce qu'elle reçoit de son environnement.

En revanche, le terme d'émission ne suffit pas : une paroi à 20 °C dans une pièce à 20 °C n'échange rien, alors que son émission seule vaut environ 380 W/m² pour ε=0,9\varepsilon = 0{,}9. Prendre ce seul terme donnerait un flux énorme et faux.

Ce que la puissance quatrième change. L'émission varie comme la puissance quatrième de la température absolue : doubler la température absolue la multiplie par seize. Aux températures d'une flamme ou d'un four, elle domine tout le reste, et aucun calcul de four ne peut l'ignorer. Aux températures d'un bâtiment, elle pèse moins en valeur absolue, mais elle reste du même ordre que la convection.

2503003504004505005506006507007508008509009501000510152025303540455055T (K)puissance rayonnée (kW/m²)une paroià 27 °Cun four à 727 °C
Valeurs de P(x), M(x) sur l'intervalle [250 ; 1000]
T (K)PM
2500,19930,0111
287,50,34860,0194
3000,41330,023
3250,56930,0316
362,50,88120,049
4001,30640,0726
437,51,86960,1039
4752,59780,1443
512,53,52050,1956
5504,66960,2594
587,56,07930,3377
6257,78660,4326
662,59,83040,5461
70012,25230,6807
737,515,09640,8387
77518,40911,0227
812,522,23921,2355
85026,6381,4799
887,531,65911,7588
92537,35882,0755
962,543,79542,4331
1 00051,032,835
surface ordinaire, émissivité 0,9 vaut 51,03métal poli, émissivité 0,05 vaut 2,84
Valeurs pour T = 1000, le bord droit de la figure.
La puissance rayonnée par une surface, en fonction de sa température absolue. Étendre l'axe des températures avec le curseur, et regarder ce que la puissance quatrième produit.
À manipuler
Comparer les deux points marqués : de 300 à 1000 kelvins, la température est multipliée par 3,3 et la puissance rayonnée par plus de cent vingt.
Étendre l'axe avec le curseur : au-delà de mille kelvins, la courbe sort du cadre presque aussitôt.
Comparer les deux courbes : à toute température, le métal poli rayonne dix-huit fois moins que la surface ordinaire.
SurfaceÉmissivité
Peinture, plâtre, brique, bois0,85 à 0,95
Verre0,90
Aluminium poli0,05
Aluminium oxydé0,25

C'est le rapport de 0,9 à 0,05 qui donne le facteur dix-huit : un métal poli rayonne dix-huit fois moins qu'une surface peinte, et réfléchit d'autant le rayonnement qu'il reçoit. L'émissivité est donc le levier de ce mode : une peinture ou un poli la change, sans toucher à la conduction ni à la convection.

Vérification rapideon peut se reprendre

Un radiateur dont la surface est à 50 °C fait face aux murs d'une pièce, à 20 °C. Quelle différence entre dans le bilan radiatif ?

Les trois modes ensemble

Le rayonnement comme un coefficient

Sur la conduite, la convection se calcule d'un trait, h S ΔTh\,S\,\Delta T, alors que le rayonnement demande des puissances quatrièmes. Les deux ne s'additionnent pas en une résistance tant que l'un est proportionnel à l'écart et l'autre non : face à un local à 20 °C, une surface à 100 °C rayonne 2,4 fois plus qu'à 60 °C, alors que l'écart de température n'a que doublé (80 K contre 40 K). Pourtant, sur un écart modeste devant les températures absolues, la courbe du rayonnement se confond avec sa tangente, la droite qui la touche et en suit la pente. Cela tient à la factorisation Tp4−Te4=(Tp2+Te2)(Tp+Te)(Tp−Te)T_p^4 - T_e^4 = (T_p^2 + T_e^2)(T_p + T_e)(T_p - T_e), dont les deux premiers facteurs valent presque 2Tm22T_m^2 et 2Tm2T_m.

Le coefficient d'échange radiatif

Quand TpT_p et TeT_e sont proches, le rayonnement net se comporte comme la convection :

φ≈hr S (Tp−Te)avechr=4 ε σ Tm3\varphi \approx h_r\,S\,(T_p - T_e) \qquad\text{avec}\qquad h_r = 4\,\varepsilon\,\sigma\,T_m^3

où Tm=(Tp+Te)/2T_m = (T_p + T_e)/2 est la température moyenne, en kelvins. Ce coefficient d'échange radiatif hrh_r, en W/(m²·K), s'ajoute au coefficient de convection.

Autour de 300 K et pour ε=0,9\varepsilon = 0{,}9, hrh_r vaut 5,5 W/(m²·K) : chaque kelvin d'écart ajoute 5,5 watts par mètre carré à l'échange, autant que la convection naturelle le long d'un mur. Pour l'acier oxydé de la conduite, d'émissivité 0,8, avec Tm=330,65T_m = 330{,}65 K, il vaut 6,6. Sur un écart de trente kelvins autour de 300 K, l'approximation se trompe de moins d'un pour cent. En revanche, entre un four à 900 °C et l'atelier qui l'entoure, elle sous-estime l'échange de plus d'un quart : il faut alors revenir aux puissances quatrièmes. S'il se range dans un coefficient de surface, ce n'est pas que le rayonnement soit faible, c'est qu'il est devenu proportionnel à l'écart.

D'où viennent les résistances de surface

Le chapitre 13 a posé que chaque face d'une paroi oppose une résistance de surface Rs=1/hR_s = 1/h, de 0,13 m²·K/W à l'intérieur et de 0,04 à l'extérieur, sans dire d'où viennent ces nombres. Sur un mur isolé, ils pèsent peu. Sur un simple vitrage ? Le verre se chiffre avec le chapitre 13 : 4 mm de conductivité λ=1,0\lambda = 1{,}0 W/(m·K) font une résistance de 0,004/1,0=0,0040{,}004/1{,}0 = 0{,}004 m²·K/W. Mais contre chaque face, la mince couche d'air presque immobile dont le chapitre 13 a fait la résistance de surface, qu'on appelle aussi le film d'air, freine aussi la chaleur ; le tableau de la figure en fait deux lignes à part, « surface intérieure » et « surface extérieure ». Lesquelles pèsent le plus, le verre ou ces deux films ? La figure pose la question avant de montrer le profil de température, et affiche en pied la résistance totale et son inverse, le coefficient de transmission UU du chapitre 13.

intérieur20,0 °Cextérieur−5,0 °CsurfaceR 0,13verre4 mmsurfaceR 0,040144 W/m², identique dans chaque couche1,0 °C

sonde à 2 mm · 1,0 °C

Résistance et chute de température de chaque élément
ÉlémentR (m²·K/W)PartChute
surface intérieure0,13075 %18,7 K
verre0,004002 %0,575 K
surface extérieure0,040023 %5,75 K

Résistance totale 0,174 m²·K/W, donc U = 5,75 W/(m²·K), soit 144 W/m² et 288 W pour 2,00 m². Les couches sont dessinées à l'échelle de leur épaisseur, et le profil à celle de leur résistance.

Un simple vitrage de quatre millimètres. Une fenêtre ancienne des bureaux du site, entre 20 °C dans la pièce et −5 °C dehors. Répondre d'abord à la question, puis lire le profil de température.
À manipuler
Répondre à la question, puis lire la colonne des parts dans le tableau : le verre apporte 2 % de la résistance, et les deux films d'air tout le reste.
Déplacer la sonde à travers le verre : la température n'y chute que de 0,6 K sur les 25 K d'écart, et la face intérieure du verre est à 1,3 °C pour une pièce à 20 °C, une paroi froide vers laquelle les occupants perdent de la chaleur par rayonnement.
Lire en pied de figure la résistance totale, 0,174 m²·K/W, dont le verre ne fait que 0,004.
Le coefficient d'échange de surface

Le film d'air d'une face, celui dont la résistance est la résistance de surface, est traversé par deux voies à la fois, la convection et le rayonnement : leurs coefficients s'additionnent en un coefficient d'échange de surface, dont l'inverse est la résistance de surface.

htotal=hconvection+hrayonnementRs=1htotalh_{\text{total}} = h_{\text{convection}} + h_{\text{rayonnement}} \qquad R_s = \frac{1}{h_{\text{total}}}

Les valeurs conventionnelles du bâtiment sont hi≈7,7h_i \approx 7{,}7 W/(m²·K) à l'intérieur, soit environ 2,5 de convection et 5,1 de rayonnement, et he≈25h_e \approx 25 W/(m²·K) à l'extérieur, où le vent renforce la convection. Leurs inverses, 0,13 et 0,04 m²·K/W, sont les deux résistances de surface.

Ces valeurs sont celles d'une paroi verticale, où le flux est horizontal. Pour une toiture, où la chaleur monte, la résistance intérieure tombe à 0,10 m²·K/W ; pour un plancher bas, où elle descend, elle monte à 0,17.

Deux règles à ne pas confondre. Les voies d'une même face, convection et rayonnement, sont parallèles : leurs coefficients s'additionnent. Les couches d'une paroi, films d'air compris, sont en série : en régime permanent (chapitre 13), le même flux les traverse l'une après l'autre, et ce sont leurs résistances qui s'additionnent. Le coefficient de transmission du chapitre 13 en est l'inverse :

U=1Rtotal=11hi+∑kekλk+1heen W/(m2⋅K)U = \frac{1}{R_{\text{total}}} = \frac{1}{\dfrac{1}{h_i} + \sum_k \dfrac{e_k}{\lambda_k} + \dfrac{1}{h_e}} \qquad\text{en W/(m}^2\cdot\text{K)}

Le flux traversant vaut U S (Tint−Text)U\,S\,(T_{\text{int}} - T_{\text{ext}}). Pour le simple vitrage de la figure, U=5,75U = 5{,}75 W/(m²·K) : près de dix-huit fois celui du mur isolé du chapitre précédent, 0,329. Un mètre carré de ce vitrage laisse passer autant de chaleur que dix-sept à dix-huit mètres carrés de ce mur.

Oublier les résistances de surface

Sur un mur bien isolé, elles pèsent quelques pour cent et les oublier ne change presque rien.

Sur un simple vitrage, elles portent plus de quatre-vingt-quinze pour cent de la résistance. Les oublier donnerait un coefficient U de 250 W/(m²·K) au lieu de 5,8, soit un facteur de plus de quarante.

La règle est donc de toujours les compter : elles sont négligeables quand elles le sont, et rien ne prévient quand elles ne le sont pas.

Un double vitrage emprisonne entre deux verres une lame d'air d'une quinzaine de millimètres, trop mince pour que l'air y circule beaucoup : elle ajoute près de 0,18 m²·K/W, et U tombe de 5,8 à 2,8 W/(m²·K). Un dépôt métallique invisible, d'émissivité 0,03, coupe en plus le rayonnement entre les deux verres : c'est le vitrage dit peu émissif, dont le coefficient descend vers 1,1 à 1,4.

Vérification rapideon peut se reprendre

Un simple vitrage de 2 m² (U=5,8U = 5{,}8 W/(m²·K)) est remplacé par un double vitrage (U=2,8U = 2{,}8 W/(m²·K)), pour 25 K d'écart entre la pièce et le dehors. Quelle puissance la fenêtre cesse-t-elle de laisser passer ?

La méthode

  1. Nommer ce que la chaleur traverse et ce qu'elle quitte. Dans l'épaisseur, les couches se suivent et leurs résistances e/λe/\lambda s'ajoutent ; à chaque face, la convection et le rayonnement agissent côte à côte et leurs coefficients s'ajoutent.
  2. Convertir les températures en kelvins dès qu'un rayonnement intervient, puisque la puissance quatrième porte sur la température absolue. Un écart, lui, vaut le même nombre dans les deux échelles.
  3. Choisir la forme du rayonnement. Le bilan en Tp4−Te4T_p^4 - T_e^4 vaut toujours ; le coefficient hr=4εσTm3h_r = 4\varepsilon\sigma T_m^3 ne vaut que si l'écart reste modeste devant les températures absolues, comme dans un bâtiment ou un local, et pas au voisinage d'un four.
  4. Calculer le flux de chaque voie, ou le flux total par le coefficient d'échange de surface htotalh_{\text{total}} quand le rayonnement est ramené à un coefficient.
  5. Ajouter les résistances de surface à celles des couches, calculer la résistance totale, et en prendre l'inverse pour le coefficient UU.
  6. Contrôler l'ordre de grandeur : hh de l'air en convection naturelle entre 2 et 10, un coefficient UU de mur isolé autour de 0,3 W/(m²·K), un simple vitrage autour de 5,8, un double vitrage autour de 2,8.
  7. Recouper le rayonnement par son coefficient. Le flux rayonné calculé en T4T^4, divisé par S ΔTS\,\Delta T, doit redonner hrh_r à quelques pour cent près, et se placer entre 4 et 8 W/(m²·K) aux températures ambiantes. Un écart plus grand trahit des degrés Celsius dans la puissance quatrième, ou un écart de température trop large pour la tangente.

Mettre en pratique

Les calculs ci-dessous se posent à la main, avec les lois du cours. Le calcul traite la cuve de dioxyde de carbone (CO₂) au soleil ; le premier exercice type répond à l'ouverture, et le second refait la démarche dans un fournil.

La cuve au soleil

  • 1.

    La cuve de CO₂ de l'aire extérieure est recouverte d'une tôle peinte en blanc, d'émissivité 0,9. Par un après-midi d'été sans vent, l'air est à 30 °C, les murs et le sol alentour aussi, et la tôle, chauffée par le soleil, mesure 48 °C ; la convection naturelle y donne un coefficient de 5 W/(m²·K). Quel est le coefficient d'échange radiatif h_r de la tôle, en W/(m²·K), à 0,01 près ?

  • 2.

    À l'équilibre, la tôle cède à l'air et aux alentours exactement ce que le soleil lui dépose (la chaleur qui traverse le calorifuge est négligée, moins d'un dixième). Quel flux surfacique le soleil dépose-t-il, en W/m², à 1 W/m² près ?

  • 3.

    Un vent se lève et porte le coefficient d'échange de surface total à 25 W/(m²·K), le soleil déposant le même flux. À quelle température la tôle se stabilise-t-elle, en °C, à 0,1 °C près ?

La tôle reçoit environ 202 W/m² et s'installe à 48 °C sans vent ; avec le vent, elle retombe à 38 °C. La chaleur qui entre dans la cuve suit l'écart entre la tôle et le CO₂ liquide, 68 K sans vent et 58 K avec, selon la loi du chapitre 13 : le vent retire environ 15 % de l'apport. Le CO₂ reste à −20 °C sous 19,7 bar parce que cette chaleur est reprise par du CO₂ qui se vaporise ; sur la courbe du chapitre 4, un contenu qui monterait à 15 °C serait sous 50,9 bar.

Que perd la conduite de vapeur nue, par la convection et par le rayonnement ?

La conduite de vapeur du nettoyage en place des Eaux d'Escarlens court nue sur 12 m dans la chaufferie. Son diamètre extérieur est de 60 mm, et sa paroi, en acier oxydé d'émissivité 0,8, est à 100 °C, la température de la vapeur. L'air du local et ses murs sont à 15 °C, et la convection naturelle sur le tube donne un coefficient de 8 W/(m²·K). Calculer le flux perdu par convection, puis le flux net perdu par rayonnement, tous deux en watts à 1 W près, puis la part du rayonnement dans la perte totale, en pourcentage à 1 point près, et dire lequel des deux modes emporte le plus.

Par où commencer ? Chercher la surface qui échange, puis passer les deux températures en kelvins avant tout calcul de flux.

Vérification rapideon peut se reprendre

Pourquoi additionne-t-on le flux de convection et le flux de rayonnement pour obtenir la perte de la conduite ?

Le corrigé
  1. Poser la surface et passer en kelvins. La surface qui échange est la surface latérale du tube, S=πDL=π×0,060×12≈2,262S = \pi D L = \pi \times 0{,}060 \times 12 \approx 2{,}262 m², puisque les extrémités ne comptent pas. Les températures valent Tp=373,15T_p = 373{,}15 K et Te=288,15T_e = 288{,}15 K ; l'écart de 85 K vaut autant en kelvins qu'en degrés Celsius.
  2. Calculer le flux de convection. φc=h S (Tp−T∞)=8×2,262×85≈\varphi_c = h\,S\,(T_p - T_\infty) = 8 \times 2{,}262 \times 85 \approx 1538 W.
  3. Calculer le flux net de rayonnement, en kelvins. Les puissances quatrièmes valent 1,939×10101{,}939 \times 10^{10} et 0,689×10100{,}689 \times 10^{10} K⁴, leur différence 1,249×10101{,}249 \times 10^{10} K⁴ : φr=0,8×5,67×10−8×2,262×1,249×1010≈\varphi_r = 0{,}8 \times 5{,}67 \times 10^{-8} \times 2{,}262 \times 1{,}249 \times 10^{10} \approx 1282 W.
  4. Additionner et comparer. Les deux voies agissent en même temps sur la même surface : la perte totale vaut 1538+1282=28201538 + 1282 = 2820 W, soit 235 W par mètre de conduite. Le rayonnement en emporte 1282/2820≈1282/2820 \approx 45 % : la convection emporte un peu plus, 55 %, mais le rayonnement est loin d'être négligeable. Les 2,8 kW perdus en continu représentent 4,7 % des 60 kW de vapeur que la chaudière fournit au nettoyage, et chauffent la chaufferie pour rien.
  5. Retrouver le coefficient de surface du chapitre 13. La perte totale divisée par S ΔTS\,\Delta T donne 2820/(2,262×85)≈14,72820/(2{,}262 \times 85) \approx 14{,}7 W/(m²·K), et non 10 : le coefficient donné d'avance était un ordre de grandeur, et la perte nue vaut une fois et demie les 160 W par mètre qu'il annonçait.
  6. Vérifier par le coefficient équivalent. φr/(S ΔT)=1282/(2,262×85)≈6,7\varphi_r/(S\,\Delta T) = 1282/(2{,}262 \times 85) \approx 6{,}7 W/(m²·K), tout près de 4εσTm3=6,64\varepsilon\sigma T_m^3 = 6{,}6 avec Tm=330,65T_m = 330{,}65 K, et dans l'intervalle de 4 à 8 attendu. Le même calcul en degrés Celsius aurait donné 10 W, plus de cent vingt fois trop peu : c'est le signe qu'un kelvin avait été oublié.
Le conduit de fumée d'une boulangerie perd-il surtout par la convection ou par le rayonnement ?

Dans le fournil d'une boulangerie artisanale, le conduit de fumée du four traverse la pièce sur 3 m. Il est en tôle nue noircie, de 200 mm de diamètre extérieur et d'émissivité 0,8, et sa paroi est à 220 °C. Le fournil et ses murs sont à 28 °C, et la convection naturelle sur le conduit donne un coefficient de 9 W/(m²·K). Calculer le flux perdu par convection, puis le flux net perdu par rayonnement, tous deux en watts à 10 W près, puis la part du rayonnement dans la perte totale, en pourcentage à 1 point près, et dire lequel des deux modes emporte le plus.

Par où commencer ? Chercher la surface qui échange, puis passer les deux températures en kelvins avant tout calcul de flux.

Le corrigé
  1. Poser la surface et passer en kelvins. S=πDL=π×0,200×3≈1,885S = \pi D L = \pi \times 0{,}200 \times 3 \approx 1{,}885 m². Les températures valent Tp=493,15T_p = 493{,}15 K et Te=301,15T_e = 301{,}15 K, pour un écart de 192 K.
  2. Calculer le flux de convection. φc=9×1,885×192≈\varphi_c = 9 \times 1{,}885 \times 192 \approx 3260 W.
  3. Calculer le flux net de rayonnement, en kelvins. Les puissances quatrièmes valent 5,914×10105{,}914 \times 10^{10} et 0,823×10100{,}823 \times 10^{10} K⁴, leur différence 5,092×10105{,}092 \times 10^{10} K⁴ : φr=0,8×5,67×10−8×1,885×5,092×1010≈\varphi_r = 0{,}8 \times 5{,}67 \times 10^{-8} \times 1{,}885 \times 5{,}092 \times 10^{10} \approx 4350 W.
  4. Additionner et comparer. La perte totale vaut 3260+4350≈76103260 + 4350 \approx 7610 W, et le rayonnement en emporte 4350/7610≈4350/7610 \approx 57 % : ici, c'est lui qui domine. Un calcul qui ne compterait que la convection sous-estimerait la perte de plus de moitié, et une gaine qui ne ferait que ventiler le conduit manquerait la voie principale.
  5. Vérifier par le coefficient équivalent. φr/(S ΔT)=4350/(1,885×192)≈12,0\varphi_r/(S\,\Delta T) = 4350/(1{,}885 \times 192) \approx 12{,}0 W/(m²·K), contre 4εσTm3=11,44\varepsilon\sigma T_m^3 = 11{,}4 avec Tm=397,15T_m = 397{,}15 K : l'écart est d'environ 5 %, parce que les 192 K d'écart sont déjà larges. Au-delà de 4 à 8, la tangente commence à se tromper, et le bilan en puissances quatrièmes fait foi.

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