La convection et le rayonnement
Ce que ce chapitre apporte 5 points
- Calculer le flux de convection d'une paroi à partir du coefficient d'échange.
- Classer des situations de convection par l'ordre de grandeur de leur coefficient d'échange.
- Calculer le flux net rayonné par une surface, les températures en kelvins.
- Ramener le rayonnement d'une surface à un coefficient d'échange.
- Calculer le coefficient de transmission d'une paroi, résistances de surface comprises.
Dans la chaufferie des Eaux d'Escarlens, qui mettent en bouteilles une eau gazeuse, la conduite de vapeur du nettoyage en place court nue sur douze mètres : son acier est à 100 °C, et l'air du local à 15 °C. Le chapitre 13 a chiffré sa perte avec un coefficient de surface de 10 W/(m²·K), donné d'avance, qui réunit l'air et le rayonnement. Sans lui, la loi de Fourier appliquée aux 4 mm d'acier annoncerait près de 200 kilowatts (kW) perdus par mètre de conduite, quand la vapeur du nettoyage n'en porte que 60 en tout.
Nadia Ferrand veut savoir d'où vient ce nombre. Combien de watts la conduite nue perd-elle par mètre, laquelle des deux voies, l'air ou le rayonnement, en emporte le plus, et le coefficient de 10 est-il le bon ? Le rayonnement exigera des températures en kelvins, que le chapitre 1 a posés.
La convection
Au chapitre 13, un flux traverse une couche en proportion de l'écart de température, et à l'inverse de sa résistance . Appliquée à la seule paroi de la conduite, 4 mm d'un acier de conductivité W/(m·K), cette loi donne m²·K/W. Pour les 85 K qui séparent la vapeur du local, cela fait plus d'un million de watts par mètre carré, soit 200 kW par mètre de conduite de 60 mm de diamètre : un résultat absurde. La résistance qui limite la perte n'est pas dans l'acier. Elle est dans l'air qui le longe : au contact de la paroi, il est presque immobile et freine la chaleur, puis il l'emporte en se déplaçant. Cet échange entre une paroi et un fluide en mouvement est la convection, et c'est lui qui se cache derrière le coefficient de surface donné d'avance.
Entre une paroi à la température et un fluide dont la température, loin de la paroi, vaut (lue « T infini »), le flux de chaleur , en watts, s'écrit :
où est la surface d'échange, en mètres carrés, et le coefficient d'échange convectif, en watts par mètre carré et par kelvin : la chaleur que chaque mètre carré de paroi cède au fluide pour chaque kelvin d'écart. Le flux est compté de la paroi vers le fluide, et l'écart de température vaut le même nombre en kelvins et en degrés Celsius (chapitre 1).
La lettre désignait au chapitre 9 l'enthalpie massique. Elle désigne ici, comme dans tous les ouvrages de transferts, un coefficient d'échange : l'unité, W/(m²·K) et non J/kg, dit toujours de laquelle il s'agit. Appliquée à un corps qui refroidit dans l'air, cette loi est celle que les équations différentielles nomment loi de refroidissement de Newton.
Deux régimes, deux ordres de grandeur. La convection est naturelle quand le mouvement du fluide naît du transfert lui-même : l'air réchauffé devient moins dense, et il monte. Elle est forcée quand un ventilateur ou une pompe impose le mouvement.
| Situation | en W/(m²·K) |
|---|---|
| Air en convection naturelle | 2 à 10 |
| Air en convection forcée | 20 à 100 |
| Eau en convection naturelle | 100 à 600 |
| Eau en convection forcée | 1000 à 15 000 |
| Fluide en changement d'état | 5000 à 100 000 |
Ces valeurs ne comptent que la convection : les surfaces d'un bâtiment échangent aussi par un second mode, chiffré plus bas.
Un ventilateur fait passer l'air d'une dizaine de W/(m²·K) au plus à vingt au moins : l'ordre de grandeur change d'un cran. Un fluide qui bout, comme dans l'évaporateur du chapitre 12, échange au moins cinquante fois mieux que l'air même soufflé, et jusqu'à des dizaines de milliers de fois mieux que l'air immobile. C'est pourquoi un appareil conçu pour échanger de la chaleur fait circuler son fluide vite, et pourquoi un évaporateur peut rester petit. Le vaporiseur du chapitre 4, qui prend sa chaleur à l'air ambiant, est un échangeur à air : sa surface se règle sur ce coefficient.
Le vaporiseur du site prend 9,4 kW à l'air ambiant. Sa surface est à −10 °C, l'air à 15 °C, et le coefficient d'échange vaut 8 W/(m²·K) en convection naturelle. Quelle surface d'échange faut-il, et que devient-elle si un ventilateur porte le coefficient à 40 W/(m²·K) ?
La conductivité appartient au matériau et se lit dans une table. Le coefficient , lui, dépend de la situation : de la vitesse du fluide, de sa nature, de la forme de la surface, de son orientation, et de l'écart de température lui-même.
Il ne se lit donc pas dans une table de matériaux, et les valeurs ci-dessus ne sont que des ordres de grandeur. Le déterminer réellement demande des corrélations expérimentales, qui dépassent le cadre de ce parcours.
Le rayonnement
Autour de la conduite, l'air ne porte pas toute la chaleur. Un thermos le montre (chapitre 1) : entre ses deux parois, le vide supprime la conduction et la convection, et le café refroidit pourtant, lentement. Reste un troisième mode, qui n'a besoin d'aucun support : le rayonnement. Toute surface émet des ondes électromagnétiques, visibles ou non, d'autant plus que sa température absolue est haute, et les surfaces voisines en absorbent une part.
Une surface d'émissivité , à la température , entourée d'un environnement beaucoup plus grand à la température (une paroi dans une pièce, un tuyau dans un local), échange avec lui le flux net :
Les températures sont absolues, en kelvins. La constante de Stefan-Boltzmann vaut W/(m²·K⁴), et l'émissivité , comprise entre 0 et 1, est le rapport de ce que la surface émet à ce que l'émettrait une surface idéale. Le terme en est ce que la surface émet, celui en ce qu'elle reçoit de son environnement.
En revanche, le terme d'émission ne suffit pas : une paroi à 20 °C dans une pièce à 20 °C n'échange rien, alors que son émission seule vaut environ 380 W/m² pour . Prendre ce seul terme donnerait un flux énorme et faux.
Ce que la puissance quatrième change. L'émission varie comme la puissance quatrième de la température absolue : doubler la température absolue la multiplie par seize. Aux températures d'une flamme ou d'un four, elle domine tout le reste, et aucun calcul de four ne peut l'ignorer. Aux températures d'un bâtiment, elle pèse moins en valeur absolue, mais elle reste du même ordre que la convection.
| T (K) | P | M |
|---|---|---|
| 250 | 0,1993 | 0,0111 |
| 287,5 | 0,3486 | 0,0194 |
| 300 | 0,4133 | 0,023 |
| 325 | 0,5693 | 0,0316 |
| 362,5 | 0,8812 | 0,049 |
| 400 | 1,3064 | 0,0726 |
| 437,5 | 1,8696 | 0,1039 |
| 475 | 2,5978 | 0,1443 |
| 512,5 | 3,5205 | 0,1956 |
| 550 | 4,6696 | 0,2594 |
| 587,5 | 6,0793 | 0,3377 |
| 625 | 7,7866 | 0,4326 |
| 662,5 | 9,8304 | 0,5461 |
| 700 | 12,2523 | 0,6807 |
| 737,5 | 15,0964 | 0,8387 |
| 775 | 18,4091 | 1,0227 |
| 812,5 | 22,2392 | 1,2355 |
| 850 | 26,638 | 1,4799 |
| 887,5 | 31,6591 | 1,7588 |
| 925 | 37,3588 | 2,0755 |
| 962,5 | 43,7954 | 2,4331 |
| 1 000 | 51,03 | 2,835 |
Étendre l'axe avec le curseur : au-delà de mille kelvins, la courbe sort du cadre presque aussitôt.
Comparer les deux courbes : à toute température, le métal poli rayonne dix-huit fois moins que la surface ordinaire.
| Surface | Émissivité |
|---|---|
| Peinture, plâtre, brique, bois | 0,85 à 0,95 |
| Verre | 0,90 |
| Aluminium poli | 0,05 |
| Aluminium oxydé | 0,25 |
C'est le rapport de 0,9 à 0,05 qui donne le facteur dix-huit : un métal poli rayonne dix-huit fois moins qu'une surface peinte, et réfléchit d'autant le rayonnement qu'il reçoit. L'émissivité est donc le levier de ce mode : une peinture ou un poli la change, sans toucher à la conduction ni à la convection.
Un radiateur dont la surface est à 50 °C fait face aux murs d'une pièce, à 20 °C. Quelle différence entre dans le bilan radiatif ?
Les trois modes ensemble
Le rayonnement comme un coefficient
Sur la conduite, la convection se calcule d'un trait, , alors que le rayonnement demande des puissances quatrièmes. Les deux ne s'additionnent pas en une résistance tant que l'un est proportionnel à l'écart et l'autre non : face à un local à 20 °C, une surface à 100 °C rayonne 2,4 fois plus qu'à 60 °C, alors que l'écart de température n'a que doublé (80 K contre 40 K). Pourtant, sur un écart modeste devant les températures absolues, la courbe du rayonnement se confond avec sa tangente, la droite qui la touche et en suit la pente. Cela tient à la factorisation , dont les deux premiers facteurs valent presque et .
Quand et sont proches, le rayonnement net se comporte comme la convection :
où est la température moyenne, en kelvins. Ce coefficient d'échange radiatif , en W/(m²·K), s'ajoute au coefficient de convection.
Autour de 300 K et pour , vaut 5,5 W/(m²·K) : chaque kelvin d'écart ajoute 5,5 watts par mètre carré à l'échange, autant que la convection naturelle le long d'un mur. Pour l'acier oxydé de la conduite, d'émissivité 0,8, avec K, il vaut 6,6. Sur un écart de trente kelvins autour de 300 K, l'approximation se trompe de moins d'un pour cent. En revanche, entre un four à 900 °C et l'atelier qui l'entoure, elle sous-estime l'échange de plus d'un quart : il faut alors revenir aux puissances quatrièmes. S'il se range dans un coefficient de surface, ce n'est pas que le rayonnement soit faible, c'est qu'il est devenu proportionnel à l'écart.
D'où viennent les résistances de surface
Le chapitre 13 a posé que chaque face d'une paroi oppose une résistance de surface , de 0,13 m²·K/W à l'intérieur et de 0,04 à l'extérieur, sans dire d'où viennent ces nombres. Sur un mur isolé, ils pèsent peu. Sur un simple vitrage ? Le verre se chiffre avec le chapitre 13 : 4 mm de conductivité W/(m·K) font une résistance de m²·K/W. Mais contre chaque face, la mince couche d'air presque immobile dont le chapitre 13 a fait la résistance de surface, qu'on appelle aussi le film d'air, freine aussi la chaleur ; le tableau de la figure en fait deux lignes à part, « surface intérieure » et « surface extérieure ». Lesquelles pèsent le plus, le verre ou ces deux films ? La figure pose la question avant de montrer le profil de température, et affiche en pied la résistance totale et son inverse, le coefficient de transmission du chapitre 13.
sonde à 2 mm · 1,0 °C
| Élément | R (m²·K/W) | Part | Chute |
|---|---|---|---|
| surface intérieure | 0,130 | 75 % | 18,7 K |
| verre | 0,00400 | 2 % | 0,575 K |
| surface extérieure | 0,0400 | 23 % | 5,75 K |
Résistance totale 0,174 m²·K/W, donc U = 5,75 W/(m²·K), soit 144 W/m² et 288 W pour 2,00 m². Les couches sont dessinées à l'échelle de leur épaisseur, et le profil à celle de leur résistance.
Déplacer la sonde à travers le verre : la température n'y chute que de 0,6 K sur les 25 K d'écart, et la face intérieure du verre est à 1,3 °C pour une pièce à 20 °C, une paroi froide vers laquelle les occupants perdent de la chaleur par rayonnement.
Lire en pied de figure la résistance totale, 0,174 m²·K/W, dont le verre ne fait que 0,004.
Le film d'air d'une face, celui dont la résistance est la résistance de surface, est traversé par deux voies à la fois, la convection et le rayonnement : leurs coefficients s'additionnent en un coefficient d'échange de surface, dont l'inverse est la résistance de surface.
Les valeurs conventionnelles du bâtiment sont W/(m²·K) à l'intérieur, soit environ 2,5 de convection et 5,1 de rayonnement, et W/(m²·K) à l'extérieur, où le vent renforce la convection. Leurs inverses, 0,13 et 0,04 m²·K/W, sont les deux résistances de surface.
Ces valeurs sont celles d'une paroi verticale, où le flux est horizontal. Pour une toiture, où la chaleur monte, la résistance intérieure tombe à 0,10 m²·K/W ; pour un plancher bas, où elle descend, elle monte à 0,17.
Deux règles à ne pas confondre. Les voies d'une même face, convection et rayonnement, sont parallèles : leurs coefficients s'additionnent. Les couches d'une paroi, films d'air compris, sont en série : en régime permanent (chapitre 13), le même flux les traverse l'une après l'autre, et ce sont leurs résistances qui s'additionnent. Le coefficient de transmission du chapitre 13 en est l'inverse :
Le flux traversant vaut . Pour le simple vitrage de la figure, W/(m²·K) : près de dix-huit fois celui du mur isolé du chapitre précédent, 0,329. Un mètre carré de ce vitrage laisse passer autant de chaleur que dix-sept à dix-huit mètres carrés de ce mur.
Sur un mur bien isolé, elles pèsent quelques pour cent et les oublier ne change presque rien.
Sur un simple vitrage, elles portent plus de quatre-vingt-quinze pour cent de la résistance. Les oublier donnerait un coefficient U de 250 W/(m²·K) au lieu de 5,8, soit un facteur de plus de quarante.
La règle est donc de toujours les compter : elles sont négligeables quand elles le sont, et rien ne prévient quand elles ne le sont pas.
Un double vitrage emprisonne entre deux verres une lame d'air d'une quinzaine de millimètres, trop mince pour que l'air y circule beaucoup : elle ajoute près de 0,18 m²·K/W, et U tombe de 5,8 à 2,8 W/(m²·K). Un dépôt métallique invisible, d'émissivité 0,03, coupe en plus le rayonnement entre les deux verres : c'est le vitrage dit peu émissif, dont le coefficient descend vers 1,1 à 1,4.
Un simple vitrage de 2 m² ( W/(m²·K)) est remplacé par un double vitrage ( W/(m²·K)), pour 25 K d'écart entre la pièce et le dehors. Quelle puissance la fenêtre cesse-t-elle de laisser passer ?
La méthode
- Nommer ce que la chaleur traverse et ce qu'elle quitte. Dans l'épaisseur, les couches se suivent et leurs résistances s'ajoutent ; à chaque face, la convection et le rayonnement agissent côte à côte et leurs coefficients s'ajoutent.
- Convertir les températures en kelvins dès qu'un rayonnement intervient, puisque la puissance quatrième porte sur la température absolue. Un écart, lui, vaut le même nombre dans les deux échelles.
- Choisir la forme du rayonnement. Le bilan en vaut toujours ; le coefficient ne vaut que si l'écart reste modeste devant les températures absolues, comme dans un bâtiment ou un local, et pas au voisinage d'un four.
- Calculer le flux de chaque voie, ou le flux total par le coefficient d'échange de surface quand le rayonnement est ramené à un coefficient.
- Ajouter les résistances de surface à celles des couches, calculer la résistance totale, et en prendre l'inverse pour le coefficient .
- Contrôler l'ordre de grandeur : de l'air en convection naturelle entre 2 et 10, un coefficient de mur isolé autour de 0,3 W/(m²·K), un simple vitrage autour de 5,8, un double vitrage autour de 2,8.
- Recouper le rayonnement par son coefficient. Le flux rayonné calculé en , divisé par , doit redonner à quelques pour cent près, et se placer entre 4 et 8 W/(m²·K) aux températures ambiantes. Un écart plus grand trahit des degrés Celsius dans la puissance quatrième, ou un écart de température trop large pour la tangente.
Mettre en pratique
Les calculs ci-dessous se posent à la main, avec les lois du cours. Le calcul traite la cuve de dioxyde de carbone (CO₂) au soleil ; le premier exercice type répond à l'ouverture, et le second refait la démarche dans un fournil.
La cuve au soleil
- 1.
La cuve de CO₂ de l'aire extérieure est recouverte d'une tôle peinte en blanc, d'émissivité 0,9. Par un après-midi d'été sans vent, l'air est à 30 °C, les murs et le sol alentour aussi, et la tôle, chauffée par le soleil, mesure 48 °C ; la convection naturelle y donne un coefficient de 5 W/(m²·K). Quel est le coefficient d'échange radiatif h_r de la tôle, en W/(m²·K), à 0,01 près ?
- 2.
À l'équilibre, la tôle cède à l'air et aux alentours exactement ce que le soleil lui dépose (la chaleur qui traverse le calorifuge est négligée, moins d'un dixième). Quel flux surfacique le soleil dépose-t-il, en W/m², à 1 W/m² près ?
- 3.
Un vent se lève et porte le coefficient d'échange de surface total à 25 W/(m²·K), le soleil déposant le même flux. À quelle température la tôle se stabilise-t-elle, en °C, à 0,1 °C près ?
La tôle reçoit environ 202 W/m² et s'installe à 48 °C sans vent ; avec le vent, elle retombe à 38 °C. La chaleur qui entre dans la cuve suit l'écart entre la tôle et le CO₂ liquide, 68 K sans vent et 58 K avec, selon la loi du chapitre 13 : le vent retire environ 15 % de l'apport. Le CO₂ reste à −20 °C sous 19,7 bar parce que cette chaleur est reprise par du CO₂ qui se vaporise ; sur la courbe du chapitre 4, un contenu qui monterait à 15 °C serait sous 50,9 bar.
Que perd la conduite de vapeur nue, par la convection et par le rayonnement ?
La conduite de vapeur du nettoyage en place des Eaux d'Escarlens court nue sur 12 m dans la chaufferie. Son diamètre extérieur est de 60 mm, et sa paroi, en acier oxydé d'émissivité 0,8, est à 100 °C, la température de la vapeur. L'air du local et ses murs sont à 15 °C, et la convection naturelle sur le tube donne un coefficient de 8 W/(m²·K). Calculer le flux perdu par convection, puis le flux net perdu par rayonnement, tous deux en watts à 1 W près, puis la part du rayonnement dans la perte totale, en pourcentage à 1 point près, et dire lequel des deux modes emporte le plus.
Par où commencer ? Chercher la surface qui échange, puis passer les deux températures en kelvins avant tout calcul de flux.
Pourquoi additionne-t-on le flux de convection et le flux de rayonnement pour obtenir la perte de la conduite ?
Le corrigé
- Poser la surface et passer en kelvins. La surface qui échange est la surface latérale du tube, m², puisque les extrémités ne comptent pas. Les températures valent K et K ; l'écart de 85 K vaut autant en kelvins qu'en degrés Celsius.
- Calculer le flux de convection. 1538 W.
- Calculer le flux net de rayonnement, en kelvins. Les puissances quatrièmes valent et K⁴, leur différence K⁴ : 1282 W.
- Additionner et comparer. Les deux voies agissent en même temps sur la même surface : la perte totale vaut W, soit 235 W par mètre de conduite. Le rayonnement en emporte 45 % : la convection emporte un peu plus, 55 %, mais le rayonnement est loin d'être négligeable. Les 2,8 kW perdus en continu représentent 4,7 % des 60 kW de vapeur que la chaudière fournit au nettoyage, et chauffent la chaufferie pour rien.
- Retrouver le coefficient de surface du chapitre 13. La perte totale divisée par donne W/(m²·K), et non 10 : le coefficient donné d'avance était un ordre de grandeur, et la perte nue vaut une fois et demie les 160 W par mètre qu'il annonçait.
- Vérifier par le coefficient équivalent. W/(m²·K), tout près de avec K, et dans l'intervalle de 4 à 8 attendu. Le même calcul en degrés Celsius aurait donné 10 W, plus de cent vingt fois trop peu : c'est le signe qu'un kelvin avait été oublié.
Le conduit de fumée d'une boulangerie perd-il surtout par la convection ou par le rayonnement ?
Dans le fournil d'une boulangerie artisanale, le conduit de fumée du four traverse la pièce sur 3 m. Il est en tôle nue noircie, de 200 mm de diamètre extérieur et d'émissivité 0,8, et sa paroi est à 220 °C. Le fournil et ses murs sont à 28 °C, et la convection naturelle sur le conduit donne un coefficient de 9 W/(m²·K). Calculer le flux perdu par convection, puis le flux net perdu par rayonnement, tous deux en watts à 10 W près, puis la part du rayonnement dans la perte totale, en pourcentage à 1 point près, et dire lequel des deux modes emporte le plus.
Par où commencer ? Chercher la surface qui échange, puis passer les deux températures en kelvins avant tout calcul de flux.
Le corrigé
- Poser la surface et passer en kelvins. m². Les températures valent K et K, pour un écart de 192 K.
- Calculer le flux de convection. 3260 W.
- Calculer le flux net de rayonnement, en kelvins. Les puissances quatrièmes valent et K⁴, leur différence K⁴ : 4350 W.
- Additionner et comparer. La perte totale vaut W, et le rayonnement en emporte 57 % : ici, c'est lui qui domine. Un calcul qui ne compterait que la convection sous-estimerait la perte de plus de moitié, et une gaine qui ne ferait que ventiler le conduit manquerait la voie principale.
- Vérifier par le coefficient équivalent. W/(m²·K), contre avec K : l'écart est d'environ 5 %, parce que les 192 K d'écart sont déjà larges. Au-delà de 4 à 8, la tangente commence à se tromper, et le bilan en puissances quatrièmes fait foi.
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