Le premier principe et les échanges d'énergie
Ce que ce chapitre apporte 6 points
- Calculer le travail des forces de pression sur un gaz comprimé ou détendu, avec son signe.
- Comparer le travail et la chaleur reçus sur deux chemins qui joignent les mêmes états.
- Appliquer le premier principe pour trouver le travail, la chaleur ou la variation d'énergie interne d'un gaz.
- Expliquer pourquoi l'énergie interne d'un gaz parfait ne dépend que de sa température.
- Calculer la variation d'énergie interne d'un gaz parfait à partir de ses températures.
- Classer un apport d'énergie en travail ou en chaleur selon la frontière choisie.
La centrale d'air des Eaux d'Escarlens, qui mettent en bouteilles une eau gazeuse, comprime l'air de 1 à 41 bar absolus pour remplir ses réservoirs de 3 m³. L'air est aspiré à 20 °C et, refroidi à chaque étage, arrive au réservoir à 20 °C, mais l'eau des refroidisseurs s'échauffe, et le compteur électrique tourne. Nadia Ferrand, responsable maintenance et énergie, veut savoir où passe l'énergie : quelle chaleur l'eau doit-elle emporter pour un remplissage complet ? Dans la halle, le piston d'un vérin pneumatique, un cylindre que l'air pousse, pose la même question en petit : il comprime l'air, qui s'échauffe, alors que personne ne lui apporte de chaleur. D'où vient cette élévation de température, et quelle règle de comptabilité vaut aussi bien pour le compresseur que pour le vérin ? Elle s'écrit avec la frontière et les signes du chapitre 1, le gaz parfait du chapitre 2 et la chaleur du chapitre 3.
Le travail des forces de pression
Un piston de 100 cm² est enfoncé de 10 cm dans un cylindre, contre l'air qu'il comprime, maintenu à 4 bar. Quelle énergie l'air reçoit-il ? Une force est une poussée, mesurée en newtons (N). Le travail d'une force constante est l'énergie qu'elle transmet en déplaçant son point d'application : c'est la force multipliée par la distance parcourue dans son sens, . La pression étant une force par surface (chapitre 1), la force sur le piston vaut N, et le travail J. La surface multipliée par la course est le volume balayé, ici m³ : le travail est aussi la pression multipliée par la variation de volume, sans qu'il faille connaître la surface ni la course séparément.
Lorsque le volume d'un gaz varie de , une variation aussi petite qu'on veut, contre une pression extérieure , celle qu'exerce sur lui le piston ou le milieu qui l'entoure, il reçoit le travail élémentaire :
Cela se lit : un petit travail égal à moins la pression extérieure multipliée par la petite variation de volume. À pression extérieure constante, la somme de tous ces petits travaux donne, pour une variation de volume :
Le piston de l'exemple donne m³, donc J : c'est la valeur de , et le signe moins de la formule rend positif le travail d'une compression. Le droit, à la place du d'une petite variation, rappelle que n'est pas la variation d'une grandeur de l'état du gaz : la section suivante en donne la raison.
En revanche, un volume qui augmente ne suffit pas à fournir du travail : il faut une pression extérieure en face. est celle du milieu, et elle diffère de la pression du gaz dès que la transformation est brusque.
Un gaz qu'on comprime reçoit du travail, positif, et est négatif. Un gaz qui se détend pousse le piston, donc fournit du travail au milieu extérieur : il en reçoit un négatif, et est positif. Le signe moins fait correspondre ces deux phrases à la convention du receveur (chapitre 1).
L'oublier ne change pas la valeur numérique, seulement son sens, ce qui est pire : le bilan semble juste et décrit la situation inverse.
Quand la pression du gaz remplace la pression extérieure. Si la transformation est quasi statique, c'est-à-dire faite d'une suite d'états d'équilibre (chapitre 1), le gaz reste à chaque instant en équilibre avec ce qui le presse, et se confond avec sa propre pression , que relie au volume (chapitre 2) :
Le signe se lit « somme de tous les petits travaux, du volume au volume ». C'est le cas de toutes les figures du parcours, sauf la détente dans le vide plus bas.
L'aire sous la courbe. Sur un diagramme qui porte la pression du gaz en ordonnée et son volume en abscisse, est l'aire comprise entre la courbe de la transformation et l'axe des volumes. Un gaz qui se détend fournit cette aire : son est négatif. Un gaz qu'on comprime la reçoit : son est positif. Cette lecture donnera, sur un cycle, le travail net sans qu'aucune intégrale ne soit écrite.
Un vérin comprime de l'air de 3 L à 1 L contre une pression extérieure de 5 bar maintenue constante. Quel travail le gaz reçoit-il ?
Deux chemins, deux travaux
Un gaz ne passe pas d'un état à un autre d'une seule manière. Une mole d'air, traitée en gaz parfait diatomique, est à 1 bar et 300 K ; elle doit arriver à 3 bar et 600 K, deux états d'équilibre fixés. Deux protocoles y mènent. Dans le premier, le gaz est comprimé de 1 à 1,5 bar dans un bain qui le maintient à 300 K (une transformation isotherme, à température constante), puis chauffé à volume bloqué (isochore) jusqu'à 600 K, où sa pression atteint 3 bar. Dans le second, il est d'abord chauffé à volume bloqué jusqu'à 3 bar, ce qui l'amène à 900 K, puis refroidi sous une pression maintenue à 3 bar (isobare) jusqu'à 600 K. Les deux protocoles partent du même état et arrivent au même état. Le travail et la chaleur échangés sont-ils pour autant les mêmes ? Avant de lancer la figure, répondre à sa question : lequel des deux chemins fait recevoir le plus de travail au gaz ?
1,00 bar · 24,9 L · 300 K · bain thermostaté
| Étape | W | Q | ΔU |
|---|---|---|---|
| 1 → 2 isotherme | 1,01 kJ | -1,01 kJ | 0 J |
| 2 → 3 isochore | 0 J | 6,24 kJ | 6,24 kJ |
| Total | 1,01 kJ | 5,22 kJ | 6,24 kJ |
| Étape | W | Q | ΔU |
|---|---|---|---|
| 1 → 4 isochore | 0 J | 12,5 kJ | 12,5 kJ |
| 4 → 3 isobare | 2,49 kJ | -8,73 kJ | -6,24 kJ |
| Total | 2,49 kJ | 3,74 kJ | 6,24 kJ |
Les grandeurs en gras sont reçues par le gaz : une valeur négative signifie qu'il en fournit. Les hachures montantes sont l'aire du chemin 1, les hachures descendantes celle du chemin 2 : chacune, mesurée depuis l'axe des volumes, est le travail des forces de pression. Travail reçu par le gaz : chemin 1, 1,01 kJ ; chemin 2, 2,49 kJ.
Chemin 1. isotherme, bain thermostaté. 1,00 bar · 24,9 L · 300 K.La figure donne la réponse. Le chemin 2 fait recevoir le plus de travail : 2,49 kilojoules (kJ, un kilojoule valant mille joules), contre 1,01 kJ pour le chemin 1, soit près de deux fois et demie plus, alors que les états de départ et d'arrivée sont les mêmes. Son aire sous la courbe est plus grande, parce que le gaz y est comprimé sous 3 bar, quand le premier chemin le comprime sous une pression comprise entre 1 et 1,5 bar. La chaleur dépend du chemin elle aussi : 5,22 kJ reçus sur le premier, 3,74 kJ sur le second. Il n'existe donc aucune fonction du seul état qui donnerait le travail ou la chaleur, et parler du travail « contenu » dans un gaz n'a pas de sens.
Leur somme, en revanche, est la même : 1,01 + 5,22 et 2,49 + 3,74 font, à l'arrondi près, 6,24 kJ, et c'est aussi la valeur de la colonne sur les deux chemins. Le gaz a gagné 300 K, donc sa variation d'énergie interne n'est pas nulle, et pourtant elle ne dépend pas de la route. Deux grandeurs qui dépendent du chemin ont une somme qui n'en dépend pas : le principe suivant en fait une loi.
Le premier principe
Sur les deux chemins, vaut 6,24 kJ : c'est la variation d'une grandeur que le gaz possède, et qui ne dépend que de l'état où il se trouve.
Pour un système fermé au repos, c'est-à-dire sans mouvement d'ensemble ni changement d'altitude, entre deux états d'équilibre :
où est la variation d'énergie interne, le travail reçu et la chaleur reçue, au sens de la convention du receveur (chapitre 1).
est une fonction d'état : une grandeur dont la variation ne dépend que de l'état initial et de l'état final, comme celle des variables d'état du chapitre 1. Le travail et la chaleur, grandeurs d'échange, n'en sont pas.
Ce principe a deux limites. Il suppose le système fermé : une matière qui traverse la frontière emporte de l'énergie avec elle, et le chapitre 9 ajoute ce terme. Il énonce aussi une conservation, qui ne donne aucun sens au temps : le café qui se réchaufferait en refroidissant la pièce le respecterait, comme le chapitre 3 l'a noté, et c'est le chapitre 10 qui l'exclut.
Un gaz fournit 800 J de travail à son piston et reçoit 300 J de chaleur. Que vaut la variation de son énergie interne ?
Ce que l'énergie interne contient
Les 6,24 kJ de la figure ne sont ni du travail ni de la chaleur, qui sont deux manières d'échanger de l'énergie et non deux manières d'en stocker. Où ces joules sont-ils logés ? Dans le gaz lui-même.
L'énergie interne d'un système rassemble toute l'énergie qu'il contient à l'intérieur de lui-même, à l'exclusion de son mouvement d'ensemble et de son altitude :
- l'énergie cinétique d'agitation de ses constituants, c'est-à-dire de leurs mouvements désordonnés ;
- l'énergie des liaisons entre eux, c'est-à-dire des forces d'attraction et de répulsion qui s'exercent entre ses molécules.
En revanche, un cylindre de gaz emporté dans un wagon à 90 km/h n'a pas plus d'énergie interne qu'à l'arrêt : son mouvement d'ensemble est de l'énergie cinétique du wagon, pas de l'énergie interne du gaz.
L'énergie interne d'un gaz parfait
Le gaz de la figure a changé de température, de pression et de volume à la fois. Laquelle de ces trois variables fixe son énergie interne ? Le modèle du gaz parfait (chapitre 2) donne une prévision : ses molécules n'interagissent pas, hors les chocs, de sorte qu'il n'a aucune énergie de liaison, seulement l'agitation, que la température mesure (chapitre 2). Son énergie interne ne devrait donc dépendre que de la température. Une expérience le vérifie, et elle se décrit en trois lignes.
Deux récipients rigides de même volume sont reliés par un robinet, l'ensemble étant isolé thermiquement. Le premier contient un gaz, le second est vide. Le robinet est ouvert, et le gaz occupe les deux.
Le système entier est rigide, donc il ne reçoit aucun travail de l'extérieur : . Il est isolé, donc il n'échange aucune chaleur : . Le premier principe impose alors .
Or on constate que la température ne change pas, alors que le volume a doublé et que la pression a été divisée par deux. Un gaz réel s'y refroidit très légèrement, ce que les mesures de l'époque ne pouvaient déceler : c'est l'un des écarts au modèle du gaz parfait.
À énergie interne constante, changer le volume n'a pas changé la température : l'énergie interne ne dépend donc pas du volume.
L'énergie interne d'un gaz parfait ne dépend que de sa température : .
C'est le point qui surprend : un gaz qui se détend dans le vide ne pousse sur rien. Le travail reçu vaut , et la pression extérieure est ici nulle : il n'y a donc pas de travail, alors que le volume a doublé.
Écrire avec la pression du gaz donnerait un travail non nul : cette écriture est réservée aux transformations quasi statiques, et une détente aussi brutale n'en est pas une. Une détente dans le vide ne fournit donc aucun travail : un travail suppose une variation de volume contre une pression, et sans pression en face, rien n'est fourni. Un gaz qui se détend contre un piston, lui, en fournit bien un, et le chapitre 7 montrera qu'une détente adiabatique, sans échange de chaleur, qui pousse un piston refroidit le gaz.
Passer de la température à l'énergie interne
Dans la figure, le chauffage à volume bloqué du premier chemin, de 300 à 600 K, ne reçoit aucun travail, puisque le volume ne change pas : les 6,24 kJ de chaleur qu'il reçoit deviennent tous de l'énergie interne. Pour une mole et 300 K d'élévation, cela fait 20,8 J par kelvin. Cette valeur sert-elle pour une autre transformation que ce chauffage ?
La capacité thermique molaire à volume constant est l'énergie qu'il faut fournir à une mole de gaz, volume bloqué, pour élever sa température d'un kelvin. Elle s'exprime en J/(mol·K). Pour un gaz parfait, la variation d'énergie interne de moles vaut, quelle que soit la transformation :
Volume bloqué, aucun travail n'est reçu et : c'est ce qui permet de mesurer . Elle sert pour toute transformation parce que, pour un gaz parfait, ne dépend que de : chaque kelvin gagné en stocke autant, de quelque façon qu'il ait été gagné. Elle vaut J/(mol·K) pour un gaz monoatomique, dont les molécules n'ont qu'un atome, comme l'hélium, et J/(mol·K) pour un gaz diatomique, à deux atomes par molécule, comme l'air ; le chapitre 6 dira d'où viennent ces deux valeurs. L'écart vaut autant en kelvins qu'en degrés Celsius (chapitre 3). Pour la figure, J, la valeur de la colonne .
En revanche, cette règle est celle du gaz parfait : pour un liquide ou un solide, les liaisons comptent, et ce sont elles que la chaleur latente d'un changement d'état vient défaire (chapitre 4).
Comprimer un gaz parfait sans changer sa température ne change donc pas son énergie interne, alors qu'il a reçu du travail : il a cédé exactement autant de chaleur, . C'est le rôle des refroidisseurs d'un compresseur.
1.Un cylindre d'air reçoit 500 J de travail de son piston, puis cède 500 J de chaleur à sa paroi. Que dire de la température du gaz entre le début et la fin ?
2.L'air d'un vérin passe de 20 °C à 45 °C. Quel écart de température employer dans ?
Le travail et la chaleur selon la frontière
Un bain d'eau isolé est chauffé par une résistance plongée dedans et alimentée par un câble qui traverse la paroi. L'énergie qui entre est-elle un travail ou une chaleur ? Cela dépend du système. Pour l'ensemble formé de l'eau et de la résistance, l'énergie arrive par un fil, et non sous l'effet d'un écart de température : c'est un travail, , la puissance électrique en watts multipliée par la durée en secondes. Pour l'eau seule, la résistance, plus chaude qu'elle, lui cède de l'énergie par un écart de température : c'est une chaleur. Le même transfert est un travail pour un système et une chaleur pour l'autre, comme le chapitre 1 l'a posé pour la chaleur d'un réservoir.
L'électricité du compresseur de la centrale d'air se compte de la même façon : pour le système formé du moteur et du compresseur, elle entre par un câble, c'est un travail. Ce qui sépare le travail de la chaleur est le mode de franchissement de la frontière, et non l'effet produit : chauffer un litre d'eau par une flamme ou par une résistance mène au même état final.
Une résistance chauffante alimentée de l'extérieur plonge dans un bain isolé, et le système étudié est le bain avec la résistance qu'il contient. Comment compter l'énergie qu'apporte l'alimentation ?
La méthode
- Délimiter le système et vérifier qu'il est fermé. Le principe sous cette forme suppose qu'aucune matière ne traverse la frontière, et c'est aussi ce choix qui décide si un apport est un travail ou une chaleur.
- Calculer la variation d'énergie interne en premier, par . Elle ne demande que les deux températures, et elle est souvent nulle.
- Calculer le travail par , avec des pascals et des mètres cubes, en conservant son signe. Hors du quasi statique, c'est la pression extérieure qui compte, et non celle du gaz.
- En déduire la chaleur par , plutôt que de la calculer séparément. Le principe sert alors de calcul, et non de vérification.
- Lire les trois signes ensemble : a le signe de , et le travail est positif en compression, négatif en détente.
- Confronter le résultat à son cas limite : volume bloqué, et ; température constante, ; paroi isolante, et . Un bilan qui s'éloigne du cas limite le plus proche contient une erreur de signe ou d'unité.
Mettre en pratique
Le calcul répond à la première question de l'ouverture, et le premier exercice type à la seconde.
Remplir un réservoir de la centrale d'air
- 1.
Le réservoir de 3 m³ contient 146 kg d'air à 41 bar absolus et 20 °C. Cet air, suivi depuis son aspiration à 1 bar et 20 °C, forme un système fermé : dans le cas idéal, le compresseur le comprime lentement, un refroidisseur le maintenant à 20 °C, et lui fait recevoir 312 kJ par kilogramme (le chapitre 6 apprend à calculer ce travail). Quel travail les 146 kg reçoivent-ils au total, en mégajoules (MJ, un mégajoule valant mille kilojoules), à 0,1 MJ près ?
- 2.
Quelle chaleur cet air reçoit-il pendant le remplissage, en mégajoules, avec son signe, à 0,1 MJ près ?
- 3.
L'eau des refroidisseurs doit emporter cette chaleur. Quelle énergie cela représente-t-il, en kilowattheures (kWh), à 0,1 kWh près ? Un kilowattheure vaut 3,6 MJ.
La première question de l'ouverture a sa réponse : pour un remplissage complet, l'eau des refroidisseurs emporte environ 45,6 mégajoules (MJ), soit 12,7 kilowattheures (kWh). L'air ne garde rien de cette énergie sous forme d'énergie interne, puisqu'il ressort à la température où il est entré : l'électricité du compresseur finit en chaleur. C'est un minimum, celui d'une compression refroidie sans cesse : les trois étages réels demandent davantage, comme le chapitre 9 le chiffrera.
D'où vient l'élévation de température de l'air d'un vérin, alors qu'aucune chaleur ne lui est apportée ?
Un vérin pneumatique de la ligne de remplissage contient 0,50 mol d'air, traité en gaz parfait diatomique ( J/(mol·K)), à 300 K. Son piston, de section 50 cm², est enfoncé de 20 cm contre une pression extérieure maintenue à 6,0 bar, et les parois laissent fuir 150 J de chaleur. Calculer le travail reçu par l'air, en joules, à 1 J près, puis sa variation d'énergie interne, en joules, à 1 J près, puis son élévation de température, en kelvins, à 0,1 K près, et dire d'où vient cette élévation.
Par où commencer ? Chercher ce que le piston fait à l'air : la force qu'il exerce, la distance qu'il parcourt, et le sens dans lequel l'air reçoit de l'énergie.
Pourquoi le travail reçu par l'air est-il positif ?
Le corrigé
- Calculer la variation de volume. La surface multipliée par la course donne m³, soit 1,0 L, et l'air est comprimé : m³.
- Calculer le travail reçu, avec la pression extérieure et en mètres cubes : J. C'est aussi la force, N, multipliée par 0,20 m.
- Poser le bilan. Les parois reçoivent de la chaleur de l'air, donc J : J.
- En tirer l'élévation de température. Pour un gaz parfait, , d'où K.
- Dire d'où vient l'élévation. Le piston a transmis 600 J et la fuite n'en a repris que 150 : les 450 J restants sont de l'énergie interne. L'air s'échauffe parce qu'il reçoit plus de travail qu'il ne cède de chaleur, sans qu'aucune chaleur ne lui soit apportée. C'est la réponse à l'ouverture.
- Vérifier. Sans la fuite, les 600 J élèveraient la température de 57,7 K : la fuite retire 14,4 K. Avec le travail compté négatif par oubli du signe moins, le bilan donnerait J et un refroidissement de 72 K, ce que contredit une compression.
Le joint d'un ressort à gaz résiste-t-il à la fermeture du hayon ?
Un fabricant de hayons pour véhicules utilitaires contrôle un ressort à gaz. Son cylindre contient 0,30 mol de diazote, traité en gaz parfait diatomique ( J/(mol·K)), à 22 °C. En refermant le hayon, un piston de section 20 cm² est enfoncé de 30 cm contre une pression extérieure équivalente de 8,0 bar, maintenue constante pendant la course, et les parois évacuent 60 J de chaleur. Le joint ne supporte pas plus de 85 °C. Calculer le travail reçu par le gaz, en joules, à 1 J près, puis sa température finale, en degrés Celsius, à 0,1 °C près, et dire si le joint résiste.
Par où commencer ? Chercher ce que le piston fait au gaz : la force qu'il exerce, la distance qu'il parcourt, et le sens dans lequel le gaz reçoit de l'énergie.
Le corrigé
- Calculer la variation de volume. m³, soit 0,60 L, et le gaz est comprimé : m³.
- Calculer le travail reçu, avec la pression extérieure : J.
- Poser le bilan. La chaleur évacuée est une chaleur cédée, J : J.
- En tirer l'élévation de température. K, et la température finale vaut °C : l'écart de 67,3 K est le même en degrés Celsius qu'en kelvins.
- Conclure. 89,3 °C dépasse 85 °C : le joint ne résiste pas. Sans la fuite de chaleur, le gaz atteindrait 98,9 °C, ce qui confirme que la paroi retire peu devant le travail reçu.
- Vérifier. Le travail est positif et la température monte : le signe est cohérent avec une compression. Le bilan se referme : J, et J.
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