Les suites
Ce que ce chapitre apporte7 points
- Distinguer une suite définie explicitement d'une suite définie par récurrence, et savoir laquelle est facile à calculer loin.
- Reconnaître une suite arithmétique ou géométrique, et en donner le terme général et la somme.
- Étudier le sens de variation d'une suite par trois méthodes différentes.
- Déterminer si une suite est majorée, minorée, bornée.
- Calculer une limite et reconnaître les formes indéterminées.
- Appliquer le théorème de la limite monotone et le théorème des gendarmes.
- Traiter une suite arithmético-géométrique par la méthode de la suite auxiliaire.
Ce qu'est une suite
Un entrepôt relève son stock chaque lundi matin : 240 palettes, puis 205, puis 178, puis 152. Un compte épargne affiche son solde chaque fin de mois. Un capteur enregistre une température toutes les heures. Dans les trois cas, il y a une quantité, mesurée à des instants réguliers, et ce qui intéresse est moins chaque valeur prise isolément que la manière dont elles s'enchaînent.
C'est cela, une suite : une grandeur dont on ne retient que la liste ordonnée de ses valeurs, une par rang.
Une suite est une liste infinie et ordonnée de nombres, indexée par les entiers. On note le terme de rang : cette notation désigne un nombre, pas une fonction.
est le premier terme (parfois , selon l'énoncé), le deuxième, et ainsi de suite. La suite entière se note . Sur le relevé de stock ci-dessus, , , et .
Écrire « la suite est croissante » est donc un abus de langage : un nombre ne croît pas, c'est la suite qui croît.
Les deux façons de définir une suite
La même situation s'écrit de deux manières, et le choix entre les deux n'est pas une question de goût. Soit un compte qui contient 500 euros et sur lequel 40 euros sont versés chaque mois.
Par récurrence : un premier terme, et une règle qui donne chaque terme à partir du précédent.
C'est la traduction littérale de l'énoncé, et c'est la forme dans laquelle un phénomène se décrit spontanément : l'état du mois prochain se déduit de celui de ce mois-ci.
Sous forme explicite : une formule qui donne directement en fonction de .
C'est le même compte, la même liste de nombres, écrite autrement. La différence est de coût : pour connaître le solde au bout de cent mois, la forme explicite donne en une multiplication, là où la forme par récurrence demande de passer par les cent termes précédents.
Toutes les suites ne se laissent pas faire aussi facilement. Une cuve perd quinze pour cent de son contenu chaque jour et reçoit 120 litres :
Ici, la forme par récurrence s'écrit toute seule et la forme explicite n'a rien d'évident. La trouver est un travail, et c'est précisément le travail que ce chapitre apprend à faire.
La cuve ci-dessus se comporte d'une façon qui ne se devine pas à la lecture de sa règle : quel que soit le niveau de départ, elle finit toujours au même endroit. Déplacer le niveau initial le montre, et déplacer le coefficient de perte montre autre chose encore.
La valeur d'arrivée porte un nom, le point fixe : c'est le niveau que la règle laisse en place, celui qui vérifie . Il se calcule en une ligne, et la fin du chapitre montre pourquoi la suite y va.
Les suites arithmétiques
Une suite est arithmétique si on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre , appelé la raison : .
C'est le modèle de la croissance à pas constant, et le mot important est « constant » : ce qui se répète à l'identique est la quantité ajoutée, pas le pourcentage. Un salaire augmenté de 50 euros par an, une hauteur d'eau qui monte de 2 cm par heure, un abonnement qui coûte un montant fixe chaque mois.
Une suite arithmétique se reconnaît d'un coup d'œil : ses termes sont alignés. C'est la traduction visuelle de « on ajoute toujours la même chose », le même pas vertical à chaque rang.
Le terme général, et pourquoi c'est n et non n + 1
Pour aller de à , il faut franchir les rangs , , et ainsi de suite jusqu'à . Cela fait pas, pas un de plus, et chacun ajoute :
Le même raisonnement entre deux rangs quelconques donne , puisqu'il y a exactement pas de à .
Un contrôle infaillible : sur , il y a deux pas et trois termes. Compter sur trois doigts coûte deux secondes et évite un résultat faux d'une unité entière.
Attention aussi au rang de départ. Si l'énoncé part de et non de , alors il n'y a que pas pour atteindre , et le terme général devient . La formule ne change pas, c'est le point de départ qui change.
La somme, et pourquoi la moyenne des extrêmes y apparaît
Cette formule n'est pas à retenir bêtement, car elle se retrouve en une ligne. Écrire la somme dans un sens, puis dans l'autre, et additionner les deux lignes colonne par colonne :
Chaque colonne donne la même valeur, parce qu'en descendant d'un cran sur une ligne on ajoute et en remontant d'un cran sur l'autre on retranche . Il y a autant de colonnes que de termes, d'où .
Le cas classique en est l'application immédiate : compte termes de moyenne , ce qui donne . Pour , cela fait , et c'est le calcul que Gauss aurait fait de tête à sept ans.
C'est la raison pour laquelle une grille indiciaire à progression fixe décroche lentement d'une inflation exprimée, elle, en pourcentage. Le montant ne baisse jamais, et pourtant le pouvoir d'achat recule : les deux quantités ne sont pas de même nature.
Reconnaître une suite arithmétique : calculer et constater que le résultat ne dépend pas de . Une différence qui dépend encore de signale une suite d'une autre espèce, et il ne sert à rien de lui appliquer les formules ci-dessus.
Les suites géométriques
Une suite est géométrique si on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre , appelé la raison : .
C'est le modèle de la croissance proportionnelle, et c'est là toute la différence : ce qui se répète à l'identique n'est plus la quantité ajoutée, c'est le pourcentage. Un capital à 3 % (), une population qui double (), un signal atténué de moitié (), une dette dont les intérêts courent.
Là où l'arithmétique aligne ses termes, la géométrique les courbe. Et tout se joue autour de : au-dessus la suite s'envole, en dessous elle s'écrase vers zéro, et une raison négative fait alterner les termes de part et d'autre de l'axe.
Le terme général, où l'exposant compte les pas
Le raisonnement est le même que pour l'arithmétique, à ceci près qu'une addition répétée devient une multiplication répétée. De à il y a pas, chacun multipliant par :
L'exposant compte les pas, non les termes. Si l'énoncé part de , le terme général devient , pour la même raison qu'en arithmétique.
La somme, et le télescopage qui la donne
Elle aussi se retrouve, par une astuce qui resservira dans tout le reste des mathématiques. Poser , puis multiplier toute la ligne par : chaque terme se décale d'un cran. En soustrayant les deux lignes, tout s'annule au milieu et il ne reste que les deux bouts :
La division par donne la formule, et elle explique du même coup pourquoi le cas est exclu : la suite y est constante, et sa somme vaut simplement .
À 3 % par an, il faut 23,4 ans pour doubler. D'où la règle de 70, qui s'en déduit : diviser 70 par le taux exprimé en pourcentage donne le temps de doublement, ici . Elle vaut pour tous les petits taux, et se fait de tête.
La même ligne renversée donne la demi-vie. Un signal atténué de 10 % à chaque étape, soit , perd la moitié de son amplitude en étapes.
Les pourcentages ne s'additionnent pas, ils se multiplient, et c'est très exactement ce que dit la définition d'une suite géométrique. Un placement qui gagne 50 % une année et en perd 50 % la suivante a perdu le quart de sa valeur.
Reconnaître une suite géométrique : calculer le rapport et constater qu'il ne dépend pas de . C'est le pendant exact de la différence en arithmétique.
Géométrique : on multiplie, on examine le rapport , la croissance est exponentielle et elle s'emballe.
Pourquoi la géométrique finit toujours par gagner
La comparaison mérite d'être faite une fois avec des nombres, parce que l'intuition se trompe lourdement sur les premiers rangs. Soit une suite arithmétique généreuse, , et une suite géométrique modeste, , c'est-à-dire 5 % de croissance en partant de cent fois moins.
| Rang | Arithmétique | Géométrique |
|---|---|---|
| 0 | 1 000 | 10 |
| 50 | 6 000 | 115 |
| 100 | 11 000 | 1 315 |
| 150 | 16 000 | 15 080 |
| 152 | 16 200 | 16 625 |
| 200 | 21 000 | 172 926 |
Pendant cent cinquante rangs la géométrique reste derrière, et elle paraît sans espoir. Au rang 152 elle passe devant, et au rang 200 elle vaut déjà huit fois l'autre. Aucun choix de paramètres ne change cette issue : toute suite géométrique de raison finit par dépasser toute suite arithmétique, quelles que soient leurs raisons et leurs premiers termes. Seul le rang du croisement change.
C'est le même énoncé que les croissances comparées du chapitre suivant, et c'est ce qui rend les phénomènes exponentiels si difficiles à anticiper : ils sont invisibles longtemps, puis ils sont hors de portée.
C'est le résultat qui fonde tout le calcul des séries, et il explique aussi pourquoi une dette à taux fixe remboursée par mensualités constantes s'éteint en un temps fini.
Le comportement de , à connaître par cœur
C'est ce tableau qui décide de la limite de toute suite géométrique.
| Raison q | Limite de |
|---|---|
| (l'emballement) | |
| 1 (constante) | |
| 0 (l'amortissement) | |
| pas de limite (le signe alterne sans s'amortir) |
Le cas est celui de tous les phénomènes qui s'éteignent : décharge d'un condensateur, amortissement d'une oscillation, décroissance radioactive.
Sens de variation
Une suite est croissante si pour tout n ; décroissante si pour tout n ; monotone si elle est l'une ou l'autre.
Trois méthodes, à choisir selon la tête de la suite :
1. Étudier le signe de la différence . La méthode générale, celle qui marche toujours. Positive → croissante.
2. Comparer le rapport à 1. Réservée aux suites à termes strictement positifs : c'est une condition, pas un détail. Rapport > 1 → croissante. Pratique quand la suite contient des puissances ou des factorielles, car tout se simplifie.
3. Étudier la fonction associée. Si avec f définie sur les réels positifs, alors le sens de variation de f donne celui de la suite. Attention : cela ne fonctionne que pour les suites explicites, jamais pour les suites par récurrence.
Exemple travaillé. .
Ce nombre est négatif pour , nul pour , positif ensuite. La suite décroît jusqu'au rang 2, puis croît. Elle n'est donc pas monotone, et c'est une réponse parfaitement valable.
Majorée, minorée, bornée
Trois mots de vocabulaire, et une seule image : un plafond et un plancher.
- est majorée s'il existe un plafond M qu'elle ne dépasse jamais : pour tout n.
- Elle est minorée s'il existe un plancher m sous lequel elle ne descend jamais : pour tout n.
- Elle est bornée si elle est coincée entre les deux.
Ce sont des propriétés faciles à énoncer et faciles à rater : il faut que l'inégalité soit vraie pour tous les rangs, pas seulement pour les premiers.
Un majorant n'est pas unique : si M convient, tout nombre plus grand convient aussi. On demande souvent « montrer que la suite est majorée par 3 ». Il s'agit alors de démontrer pour tout n, généralement par récurrence.
Limites
converge vers L si ses termes se rapprochent de L autant qu'on veut à partir d'un certain rang. On note . Une suite qui ne converge pas diverge : soit vers ±∞, soit sans limite du tout (comme , qui oscille entre −1 et 1).
Converger, cela se voit : les points viennent se coller à une droite horizontale sans jamais l'atteindre. Le mot « à partir d'un certain rang » est le cœur de la définition, et la figure le rend concret : peu importe à quelle distance on place la barre, les termes finissent par rester en dessous.
Diverger n'a rien à voir avec « ne pas se comporter » : une suite peut diverger en filant vers l'infini, ou simplement en refusant de se fixer. Les deux cas s'opposent à la convergence pour des raisons différentes.
Un écart qui s'annule ne fait pas une limite
La méthode de la section précédente invite à une conclusion qui semble aller de soi et qui est fausse : si l'écart tend vers zéro, alors la suite finit par se fixer. L'idée est tentante, parce qu'elle décrit fidèlement ce qui se passe sur une suite convergente, où les termes cessent effectivement de bouger.
Le contre-exemple tient en une ligne. Pour , la quantité conjuguée donne :
Le dénominateur tend vers l'infini, donc l'écart tend vers zéro. Et pourtant tend vers : la suite ne se fixe nulle part. Ce qui trompe, c'est qu'un écart petit ne dit rien sur le cumul des écarts. Ajouter une infinité de quantités qui tendent vers zéro peut très bien donner l'infini, et c'est exactement ce qui arrive ici.
Pour conclure à la convergence, il faut autre chose : un encadrement, ou la monotonie accompagnée d'une borne. Ce sont les deux théorèmes qui suivent, et ils n'existent que parce que l'argument de l'écart ne marche pas.
Les limites de référence
| Suite | Limite |
|---|---|
| , , | 0 |
| , , | |
| avec | 0 |
| avec |
Les formes indéterminées
Quatre situations où on ne peut pas conclure directement, et où il faut transformer l'expression :
La technique de référence pour un quotient de polynômes : factoriser par le terme dominant.
Exemple : . On factorise en haut et en bas :
Les se simplifient, tous les termes en tendent vers 0, et il reste 3/1 = 3.
Cette limite se voit aussi bien qu'elle se calcule. En traçant la même expression comme une fonction de x, on regarde ce que devient le quotient quand n grandit :
Opérations sur les limites
Elles se comportent comme on l'espère : la limite d'une somme est la somme des limites, celle d'un produit le produit des limites, sauf dans les quatre cas indéterminés ci-dessus.
Les deux théorèmes qui servent tout le temps
Théorème de la limite monotone
Une suite croissante et majorée converge. Une suite décroissante et minorée converge.
C'est le résultat le plus utilisé du chapitre, et il a une particularité qu'il faut comprendre : il prouve l'existence de la limite sans en donner la valeur. On l'utilise donc toujours en deux temps :
- montrer que la suite est monotone (souvent par récurrence) ;
- montrer qu'elle est bornée du bon côté (souvent par récurrence aussi) ;
- conclure qu'elle converge, puis chercher séparément la valeur de la limite.
Corollaire utile : une suite croissante et non majorée tend vers .
Les suites adjacentes
Deux suites et sont adjacentes lorsque est croissante, décroissante, et que tend vers zéro.
Deux suites adjacentes convergent, et vers la même limite . De plus, à tout rang, .
La démonstration n'est que le théorème précédent appliqué deux fois. La suite croît en restant sous , donc elle converge ; la suite décroît en restant au-dessus de , donc elle converge aussi ; et comme leur différence tend vers zéro, les deux limites sont égales.
L'intérêt est plus pratique que théorique. L'encadrement vaut à tout rang, ce qui fournit du même coup une valeur approchée de et la précision de cette approximation, sans jamais connaître . C'est le principe de la recherche par dichotomie : la borne gauche monte, la borne droite descend, leur écart est divisé par deux à chaque tour, et le nombre de tours nécessaires pour atteindre une précision donnée se lit directement sur cet écart.
Théorème des gendarmes
Si à partir d'un certain rang, et si et convergent vers la même limite L, alors converge aussi vers L.
L'image : deux gendarmes qui encadrent un suspect et l'emmènent au même endroit. Le suspect ne peut aller nulle part ailleurs.
Il sert surtout à traiter les suites contenant un ou un , dont on ne connaît pas la limite mais dont on sait qu'elles restent entre et 1.
Exemple travaillé. .
On sait que . En divisant par n (positif, donc le sens des inégalités est conservé) :
Les deux gendarmes tendent vers 0, donc .
L'énoncé demande trois lignes ; la figure le rend évident. Les deux courbes extérieures se referment sur zéro, et celle du milieu, qui oscille sans règle apparente, n'a nulle part d'autre où aller.
Suites arithmético-géométriques
C'est le type d'exercice le plus fréquent, parce qu'il combine tout le chapitre.
Une suite est arithmético-géométrique si , avec .
Elle n'est ni arithmétique (à cause du ) ni géométrique (à cause du ). La méthode standard consiste à fabriquer une suite auxiliaire qui, elle, est géométrique.
La méthode, en trois temps :
- Chercher le point fixe ℓ : le nombre qui vérifie . On regroupe les termes en ℓ d'un même côté, , on factorise, , d'où . C'est la valeur qui, une fois atteinte, ne bouge plus, et c'est aussi la limite éventuelle.
- Poser et montrer que est géométrique de raison . Le calcul : ✓
- Conclure : , donc .
Exemple travaillé. , .
- Point fixe : → → .
- est géométrique de raison 0,5, avec .
- , donc .
- Comme , le terme en tend vers 0 : .
Et le résultat se lit : la suite part de 1 et monte vers 6 sans jamais l'atteindre. Le point fixe est bien la limite.
La construction ci-dessous montre la même chose sans calculer un seul terme. On part de sur l'axe, on monte jusqu'à la courbe pour lire , on revient sur la droite pour reporter cette valeur en abscisse, et on recommence. L'escalier se resserre autour du point où la courbe croise la droite : c'est le point fixe, et c'est la limite.
Le raisonnement par récurrence
C'est l'outil de démonstration attitré des suites définies par récurrence. Il se rédige toujours dans le même ordre, en trois parties dont aucune ne peut sauter.
Pour démontrer qu'une propriété P(n) est vraie pour tout n ⩾ n₀ :
- Initialisation : vérifier que P(n₀) est vraie.
- Hérédité : supposer P(n) vraie pour un n quelconque, et en déduire P(n+1).
- Conclusion : par récurrence, P(n) est vraie pour tout n ⩾ n₀.
Les seuils, autant de fois qu'il faut
La faute a ici un lieu unique, et c'est toujours le même : est négatif quand , donc diviser par lui retourne l'inégalité. Celui qui l'oublie trouve un rang négatif et ne s'en aperçoit pas toujours.
Trouver le rang qui franchit le seuil
Deux suites géométriques, l'une décroissante, l'autre croissante.
- Le plus petit rang tel que
- Le plus petit rang tel que
Les deux questions sont volontairement jumelles, l'une avec une raison plus petite que un, l'autre plus grande. C'est le seul écart entre elles, et c'est exactement celui qui décide du sens de l'inégalité.
Où la démarche dérape
Une récurrence dont l'hérédité est parfaitement juste, et qui démontre pourtant quelque chose de faux. C'est le cas le plus instructif du chapitre, parce que l'erreur est à l'endroit où personne ne regarde.
Une récurrence qui se trompe d'un rang zéro
Une seule étape est fausse. Désigner laquelle.
On veut établir que pour tout entier , .
À calculer soi-même
Cinq calculs qui n'emploient que ce qui précède. La valeur attendue n'est écrite nulle part : elle est obtenue en évaluant la somme ou la formule, et la correction se fait à un pour cent près.
Sommes, seuils et termes
- 1.
La suite arithmétique de premier terme et de raison 5. Combien vaut ?
- 2.
La suite géométrique de premier terme et de raison . Combien vaut la somme de ses dix premiers termes ?
- 3.
Pour , à partir de quel rang a-t-on ? Donner le plus petit rang qui convient.
- 4.
La suite définie par et . Combien vaut ?
- 5.
Combien vaut ?
- 6.
Un capital placé à 4 % par an. Au bout de combien d'années a-t-il doublé ? Donner la valeur non arrondie.
- 7.
La somme de TOUS les termes de la suite géométrique de premier terme 5 et de raison , poursuivie indéfiniment.
Exercices type
Nature et terme général de
, constant.
La suite est arithmétique de raison −3, de premier terme . Elle est strictement décroissante et tend vers .
Somme
Suite géométrique de premier terme 1 et de raison 2, avec 11 termes (de à ).
2047
Limite de
On factorise en haut et en bas :
Les termes en et tendent vers 0, donc la limite vaut 2/5.
Limite de
Forme indéterminée . On multiplie par la quantité conjuguée :
Le dénominateur tend vers , donc .
et : donner puis la limite
Point fixe : → .
Or : la suite est constante égale à 2. (Avec , on a , donc pour tout n.)
Si on avait pris : , , donc , qui tend vers , car ici .
Montrer par récurrence que , avec et
Initialisation : ✓
Hérédité : supposons . Alors , et comme la racine carrée est croissante, , c'est-à-dire ✓
Conclusion : par récurrence, pour tout n.
Pour aller au bout : on montre de même que la suite est croissante ; croissante et majorée, elle converge. Sa limite ℓ vérifie , donc , dont les racines sont 4 et −3. Comme la suite est positive, ℓ = 4.
La méthode sur feuille
- Calculer les trois ou quatre premiers termes. Toujours. Ils révèlent la nature de la suite et donnent un contrôle sur le résultat final.
- Tester la nature : différence constante → arithmétique ; rapport constant → géométrique ; forme → arithmético-géométrique.
- Pour un quotient de polynômes, factoriser par le terme dominant.
- Pour un ou un , penser aux gendarmes.
- Pour une suite par récurrence, penser au raisonnement par récurrence : monotone + bornée → converge.
- Contrôle final : injecter le explicite pour n = 0, 1, 2 et comparer aux termes calculés à l'étape 1. C'est le meilleur détecteur d'erreur du chapitre.
- Si la suite converge vers ℓ et vérifie , alors ℓ vérifie . C'est ainsi qu'on trouve la valeur de la limite.
1.Une suite est croissante et majorée par 10. Que peut-on affirmer ?
2.La suite est bornée entre et 1. Converge-t-elle ?
3.Dans une démonstration par récurrence, on oublie l'initialisation. Quelle est la conséquence ?
4.Quelle est la différence entre et ?
Synthèse
- Explicite : calcul direct. Récurrence : il faut dérouler.
- Arithmétique : , . Somme = (nb de termes) × (premier + dernier)/2.
- Géométrique : , . Somme = .
- Limite de : 0 si , si , pas de limite si .
- Variation : signe de , ou rapport comparé à 1 (termes positifs uniquement).
- Formes indéterminées : , , , . Pour un quotient de polynômes : factoriser le terme dominant. Pour une différence de racines : quantité conjuguée.
- Limite monotone : croissante + majorée → converge (sans donner la limite).
- Gendarmes : encadrer, les deux bornes vers la même limite.
- Arithmético-géométrique : point fixe , puis est géométrique de raison a.
- Récurrence : initialisation, hérédité, conclusion. Les trois, toujours.
Mettre en pratique
Reconnaître arithmétique ou géométrique, sommer sans additionner, et le sort de q puissance n.
- Reconnaître avant de calculerNiveau 3
- Quand la géométrique rattrapeNiveau 4
- Combien de termes avant le seuilNiveau 4