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Les suites

Ce que ce chapitre apporte7 points
  • Distinguer une suite définie explicitement d'une suite définie par récurrence, et savoir laquelle est facile à calculer loin.
  • Reconnaître une suite arithmétique ou géométrique, et en donner le terme général et la somme.
  • Étudier le sens de variation d'une suite par trois méthodes différentes.
  • Déterminer si une suite est majorée, minorée, bornée.
  • Calculer une limite et reconnaître les formes indéterminées.
  • Appliquer le théorème de la limite monotone et le théorème des gendarmes.
  • Traiter une suite arithmético-géométrique par la méthode de la suite auxiliaire.
Un capital qui gagne 3 % par an, une population de bactéries qui double toutes les vingt minutes, un condensateur qui perd la moitié de sa charge à chaque intervalle : ce sont des grandeurs qui n'évoluent pas continûment, mais pas à pas. Une suite est l'outil qui décrit ces processus, et la question qu'on lui pose est presque toujours la même : où est-ce que ça finit par aller ?

Ce qu'est une suite

Un entrepôt relève son stock chaque lundi matin : 240 palettes, puis 205, puis 178, puis 152. Un compte épargne affiche son solde chaque fin de mois. Un capteur enregistre une température toutes les heures. Dans les trois cas, il y a une quantité, mesurée à des instants réguliers, et ce qui intéresse est moins chaque valeur prise isolément que la manière dont elles s'enchaînent.

C'est cela, une suite : une grandeur dont on ne retient que la liste ordonnée de ses valeurs, une par rang.

Définition

Une suite est une liste infinie et ordonnée de nombres, indexée par les entiers. On note unu_n le terme de rang nn : cette notation désigne un nombre, pas une fonction.

u0u_0 est le premier terme (parfois u1u_1, selon l'énoncé), u1u_1 le deuxième, et ainsi de suite. La suite entière se note (un)(u_n). Sur le relevé de stock ci-dessus, u0=240u_0 = 240, u1=205u_1 = 205, u2=178u_2 = 178 et u3=152u_3 = 152.

La confusion à éviter
unu_n est un nombre : le terme de rang nn, c'est-à-dire une valeur unique, 152 par exemple. (un)(u_n) avec les parenthèses est la suite entière, c'est-à-dire le relevé complet.
Écrire « la suite unu_n est croissante » est donc un abus de langage : un nombre ne croît pas, c'est la suite qui croît.

Les deux façons de définir une suite

La même situation s'écrit de deux manières, et le choix entre les deux n'est pas une question de goût. Soit un compte qui contient 500 euros et sur lequel 40 euros sont versés chaque mois.

Par récurrence : un premier terme, et une règle qui donne chaque terme à partir du précédent.

u0=500etun+1=un+40u_0 = 500 \qquad \text{et} \qquad u_{n+1} = u_n + 40

C'est la traduction littérale de l'énoncé, et c'est la forme dans laquelle un phénomène se décrit spontanément : l'état du mois prochain se déduit de celui de ce mois-ci.

Sous forme explicite : une formule qui donne directement unu_n en fonction de nn.

un=500+40nu_n = 500 + 40n

C'est le même compte, la même liste de nombres, écrite autrement. La différence est de coût : pour connaître le solde au bout de cent mois, la forme explicite donne u100=4500u_{100} = 4500 en une multiplication, là où la forme par récurrence demande de passer par les cent termes précédents.

Toutes les suites ne se laissent pas faire aussi facilement. Une cuve perd quinze pour cent de son contenu chaque jour et reçoit 120 litres :

u0=1000etun+1=0,85un+120u_0 = 1000 \qquad \text{et} \qquad u_{n+1} = 0{,}85\, u_n + 120

Ici, la forme par récurrence s'écrit toute seule et la forme explicite n'a rien d'évident. La trouver est un travail, et c'est précisément le travail que ce chapitre apprend à faire.

À retenir
La forme explicite est confortable à calculer, la forme par récurrence est celle qui décrit naturellement les phénomènes réels. Une grande partie du travail sur les suites consiste à passer de la récurrence à l'explicite.

La cuve ci-dessus se comporte d'une façon qui ne se devine pas à la lecture de sa règle : quel que soit le niveau de départ, elle finit toujours au même endroit. Déplacer le niveau initial le montre, et déplacer le coefficient de perte montre autre chose encore.

05001 000nuₙ036912151821242730
La cuve, jour après jour. Déplacer le niveau de départ : la suite finit au même endroit, quel qu'il soit. Déplacer ensuite le coefficient de perte au-delà de 1 : tout s'échappe. Chercher la valeur où le comportement bascule, et remarquer que les 120 litres versés, eux, ne décident de rien.

La valeur d'arrivée porte un nom, le point fixe : c'est le niveau que la règle laisse en place, celui qui vérifie =0,85+120\ell = 0{,}85\,\ell + 120. Il se calcule en une ligne, et la fin du chapitre montre pourquoi la suite y va.

Les suites arithmétiques

Définition

Une suite est arithmétique si on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre rr, appelé la raison : un+1=un+ru_{n+1} = u_n + r.

C'est le modèle de la croissance à pas constant, et le mot important est « constant » : ce qui se répète à l'identique est la quantité ajoutée, pas le pourcentage. Un salaire augmenté de 50 euros par an, une hauteur d'eau qui monte de 2 cm par heure, un abonnement qui coûte un montant fixe chaque mois.

Une suite arithmétique se reconnaît d'un coup d'œil : ses termes sont alignés. C'est la traduction visuelle de « on ajoute toujours la même chose », le même pas vertical à chaque rang.

010nuₙ012345678910
Une suite arithmétique de premier terme 2. Déplacer la raison : les points restent alignés, seule la pente change, et c'est son signe qui décide de la croissance.

Le terme général, et pourquoi c'est n et non n + 1

Pour aller de u0u_0 à unu_n, il faut franchir les rangs 010 \to 1, 121 \to 2, et ainsi de suite jusqu'à n1nn-1 \to n. Cela fait nn pas, pas un de plus, et chacun ajoute rr :

un=u0+nru_n = u_0 + n r

Le même raisonnement entre deux rangs quelconques donne un=up+(np)ru_n = u_p + (n - p)\,r, puisqu'il y a exactement npn - p pas de pp à nn.

Des pas, et des termes, qui ne se comptent pas pareil
De upu_p à unu_n il y a npn - p pas, mais np+1n - p + 1 termes. La confusion est la source d'erreur numéro un du chapitre, et elle se glisse toujours au même endroit : dans le nombre de termes d'une somme.
Un contrôle infaillible : sur u3,u4,u5u_3, u_4, u_5, il y a deux pas et trois termes. Compter sur trois doigts coûte deux secondes et évite un résultat faux d'une unité entière.

Attention aussi au rang de départ. Si l'énoncé part de u1u_1 et non de u0u_0, alors il n'y a que n1n - 1 pas pour atteindre unu_n, et le terme général devient un=u1+(n1)ru_n = u_1 + (n-1)\,r. La formule ne change pas, c'est le point de départ qui change.

La somme, et pourquoi la moyenne des extrêmes y apparaît

S=(nombre de termes)×premier terme+dernier terme2S = (\text{nombre de termes}) \times \frac{\text{premier terme} + \text{dernier terme}}{2}

Cette formule n'est pas à retenir bêtement, car elle se retrouve en une ligne. Écrire la somme dans un sens, puis dans l'autre, et additionner les deux lignes colonne par colonne :

S=u0+u1++unS=un+un1++u02S=(u0+un)+(u0+un)++(u0+un)\begin{array}{ccccccc} S &=& u_0 &+& u_1 &+ \dots + & u_n \\ S &=& u_n &+& u_{n-1} &+ \dots + & u_0 \\ \hline 2S &=& (u_0 + u_n) &+& (u_0 + u_n) &+ \dots + & (u_0 + u_n) \end{array}

Chaque colonne donne la même valeur, parce qu'en descendant d'un cran sur une ligne on ajoute rr et en remontant d'un cran sur l'autre on retranche rr. Il y a autant de colonnes que de termes, d'où 2S=(nombre de termes)×(u0+un)2S = (\text{nombre de termes}) \times (u_0 + u_n).

Le cas classique en est l'application immédiate : 0+1+2++n0 + 1 + 2 + \dots + n compte n+1n + 1 termes de moyenne n/2n/2, ce qui donne n(n+1)2\dfrac{n(n+1)}{2}. Pour n=100n = 100, cela fait 101×50=5050101 \times 50 = 5\,050, et c'est le calcul que Gauss aurait fait de tête à sept ans.

Ce qu'une croissance à pas constant veut dire, et ce qu'elle cache
Une suite arithmétique croît d'une quantité fixe, donc son taux de croissance diminue sans arrêt. Un salaire de 1 500 euros augmenté de 50 euros gagne 3,3 % la première année ; le même salaire arrivé à 2 500 euros, augmenté des mêmes 50 euros, ne gagne plus que 2 %.
C'est la raison pour laquelle une grille indiciaire à progression fixe décroche lentement d'une inflation exprimée, elle, en pourcentage. Le montant ne baisse jamais, et pourtant le pouvoir d'achat recule : les deux quantités ne sont pas de même nature.

Reconnaître une suite arithmétique : calculer un+1unu_{n+1} - u_n et constater que le résultat ne dépend pas de nn. Une différence qui dépend encore de nn signale une suite d'une autre espèce, et il ne sert à rien de lui appliquer les formules ci-dessus.

Les suites géométriques

Définition

Une suite est géométrique si on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre qq, appelé la raison : un+1=qunu_{n+1} = q u_n.

C'est le modèle de la croissance proportionnelle, et c'est là toute la différence : ce qui se répète à l'identique n'est plus la quantité ajoutée, c'est le pourcentage. Un capital à 3 % (q=1,03q = 1{,}03), une population qui double (q=2q = 2), un signal atténué de moitié (q=0,5q = 0{,}5), une dette dont les intérêts courent.

Là où l'arithmétique aligne ses termes, la géométrique les courbe. Et tout se joue autour de q=1q = 1 : au-dessus la suite s'envole, en dessous elle s'écrase vers zéro, et une raison négative fait alterner les termes de part et d'autre de l'axe.

02040nuₙ024681012
Une suite géométrique de premier terme 3. Faire varier q et observer les trois régimes : explosion au-dessus de 1, écrasement vers 0 entre −1 et 1, alternance dès que q devient négatif.
À manipuler
Faire descendre q depuis 1,6 jusqu'à −1,3 sans sauter d'étape. Trouver les trois valeurs de q où le comportement change de nature, et dire ce que devient la suite à chacune : celle où elle cesse de croître, celle où elle s'éteint d'un coup, et celle où elle oscille sans jamais s'amortir.

Le terme général, où l'exposant compte les pas

Le raisonnement est le même que pour l'arithmétique, à ceci près qu'une addition répétée devient une multiplication répétée. De u0u_0 à unu_n il y a nn pas, chacun multipliant par qq :

un=u0×qnu_n = u_0 \times q^n

L'exposant compte les pas, non les termes. Si l'énoncé part de u1u_1, le terme général devient un=u1×qn1u_n = u_1 \times q^{\,n-1}, pour la même raison qu'en arithmétique.

La somme, et le télescopage qui la donne

u0+u0q+u0q2++u0qn=u0×1qn+11q(q1)u_0 + u_0q + u_0q^2 + \dots + u_0q^n = u_0 \times \frac{1 - q^{\,n+1}}{1 - q} \qquad (q \neq 1)

Elle aussi se retrouve, par une astuce qui resservira dans tout le reste des mathématiques. Poser S=u0+u0q++u0qnS = u_0 + u_0q + \dots + u_0q^n, puis multiplier toute la ligne par qq : chaque terme se décale d'un cran. En soustrayant les deux lignes, tout s'annule au milieu et il ne reste que les deux bouts :

SqS=u0u0qn+1doncS(1q)=u0(1qn+1)S - qS = u_0 - u_0q^{\,n+1} \qquad \text{donc} \qquad S(1 - q) = u_0\left(1 - q^{\,n+1}\right)

La division par 1q1 - q donne la formule, et elle explique du même coup pourquoi le cas q=1q = 1 est exclu : la suite y est constante, et sa somme vaut simplement (n+1)u0(n+1)\,u_0.

Le temps de doublement, qui est la lecture la plus utile
Devant une croissance à tant pour cent, la question posée n'est presque jamais « combien au rang 37 », mais « au bout de combien de temps est-ce deux fois plus ». Elle se résout en une ligne : qn=2q^n = 2 donne n=ln2lnqn = \dfrac{\ln 2}{\ln q}.
À 3 % par an, il faut 23,4 ans pour doubler. D'où la règle de 70, qui s'en déduit : diviser 70 par le taux exprimé en pourcentage donne le temps de doublement, ici 70/323,370 / 3 \approx 23{,}3. Elle vaut pour tous les petits taux, et se fait de tête.
La même ligne renversée donne la demi-vie. Un signal atténué de 10 % à chaque étape, soit q=0,9q = 0{,}9, perd la moitié de son amplitude en ln(0,5)/ln(0,9)6,6\ln(0{,}5) / \ln(0{,}9) \approx 6{,}6 étapes.
Une hausse de 10 % puis une baisse de 10 % ne ramènent pas au point de départ
Partir de 100, ajouter 10 %, cela fait 110. Retrancher 10 % de 110, cela fait 99, et non 100. La raison tient en une identité : (1+x)(1x)=1x2(1 + x)(1 - x) = 1 - x^2, qui est toujours strictement inférieur à 1 dès que xx n'est pas nul.
Les pourcentages ne s'additionnent pas, ils se multiplient, et c'est très exactement ce que dit la définition d'une suite géométrique. Un placement qui gagne 50 % une année et en perd 50 % la suivante a perdu le quart de sa valeur.

Reconnaître une suite géométrique : calculer le rapport un+1/unu_{n+1} / u_n et constater qu'il ne dépend pas de nn. C'est le pendant exact de la différence en arithmétique.

La différence à ne jamais confondre
Arithmétique : on ajoute, on examine la différence un+1unu_{n+1} - u_n, la croissance est linéaire et les points sont alignés.
Géométrique : on multiplie, on examine le rapport un+1/unu_{n+1} / u_n, la croissance est exponentielle et elle s'emballe.

Pourquoi la géométrique finit toujours par gagner

La comparaison mérite d'être faite une fois avec des nombres, parce que l'intuition se trompe lourdement sur les premiers rangs. Soit une suite arithmétique généreuse, un=1000+100nu_n = 1\,000 + 100n, et une suite géométrique modeste, vn=10×1,05nv_n = 10 \times 1{,}05^n, c'est-à-dire 5 % de croissance en partant de cent fois moins.

Rang nnArithmétique unu_nGéométrique vnv_n
01 00010
506 000115
10011 0001 315
15016 00015 080
15216 20016 625
20021 000172 926

Pendant cent cinquante rangs la géométrique reste derrière, et elle paraît sans espoir. Au rang 152 elle passe devant, et au rang 200 elle vaut déjà huit fois l'autre. Aucun choix de paramètres ne change cette issue : toute suite géométrique de raison q>1q > 1 finit par dépasser toute suite arithmétique, quelles que soient leurs raisons et leurs premiers termes. Seul le rang du croisement change.

C'est le même énoncé que les croissances comparées du chapitre suivant, et c'est ce qui rend les phénomènes exponentiels si difficiles à anticiper : ils sont invisibles longtemps, puis ils sont hors de portée.

Une somme infinie qui ne l'est pas
Quand q<1|q| < 1, la puissance qn+1q^{\,n+1} tend vers zéro, et la somme des termes tend vers une valeur finie : $$ u_0 + u_0q + u_0q^2 + \dots = \frac{u_0}{1 - q} $$ Ajouter une infinité de termes tous strictement positifs peut donc donner un total fini, ce qui surprend toujours. Avec u0=3u_0 = 3 et q=0,5q = 0{,}5, le total vaut exactement 6 : la suite 3, puis 1,5, puis 0,75 et ainsi de suite n'atteindra jamais 6, et ne le dépassera jamais.
C'est le résultat qui fonde tout le calcul des séries, et il explique aussi pourquoi une dette à taux fixe remboursée par mensualités constantes s'éteint en un temps fini.

Le comportement de qnq^n, à connaître par cœur

C'est ce tableau qui décide de la limite de toute suite géométrique.

Raison qLimite de qnq^n
q>1q > 1++\infty (l'emballement)
q=1q = 11 (constante)
1<q<1-1 < q < 10 (l'amortissement)
q1q \leq -1pas de limite (le signe alterne sans s'amortir)

Le cas q<1|q| < 1 est celui de tous les phénomènes qui s'éteignent : décharge d'un condensateur, amortissement d'une oscillation, décroissance radioactive.

Sens de variation

Définition

Une suite est croissante si un+1unu_{n+1} \geq u_n pour tout n ; décroissante si un+1unu_{n+1} \leq u_n pour tout n ; monotone si elle est l'une ou l'autre.

Trois méthodes, à choisir selon la tête de la suite :

1. Étudier le signe de la différence un+1unu_{n+1} - u_n. La méthode générale, celle qui marche toujours. Positive → croissante.

2. Comparer le rapport un+1/unu_{n+1}/u_n à 1. Réservée aux suites à termes strictement positifs : c'est une condition, pas un détail. Rapport > 1 → croissante. Pratique quand la suite contient des puissances ou des factorielles, car tout se simplifie.

3. Étudier la fonction associée. Si un=f(n)u_n = f(n) avec f définie sur les réels positifs, alors le sens de variation de f donne celui de la suite. Attention : cela ne fonctionne que pour les suites explicites, jamais pour les suites par récurrence.

Exemple travaillé. un=n25nu_n = n^2 - 5n.

un+1un=(n2+2n+1)(n+1)2(5n+5)5(n+1)n2+5n=2n+15=2n4u_{n+1} - u_n = \underbrace{(n^2 + 2n + 1)}_{(n+1)^2} - \underbrace{(5n + 5)}_{5(n+1)} - n^2 + 5n = 2n + 1 - 5 = 2n - 4

Ce nombre est négatif pour n<2n < 2, nul pour n=2n = 2, positif ensuite. La suite décroît jusqu'au rang 2, puis croît. Elle n'est donc pas monotone, et c'est une réponse parfaitement valable.

Majorée, minorée, bornée

Trois mots de vocabulaire, et une seule image : un plafond et un plancher.

  • (un)(u_n) est majorée s'il existe un plafond M qu'elle ne dépasse jamais : unMu_n \leq M pour tout n.
  • Elle est minorée s'il existe un plancher m sous lequel elle ne descend jamais : unmu_n \geq m pour tout n.
  • Elle est bornée si elle est coincée entre les deux.

Ce sont des propriétés faciles à énoncer et faciles à rater : il faut que l'inégalité soit vraie pour tous les rangs, pas seulement pour les premiers.

Un majorant n'est pas unique : si M convient, tout nombre plus grand convient aussi. On demande souvent « montrer que la suite est majorée par 3 ». Il s'agit alors de démontrer un3u_n \leq 3 pour tout n, généralement par récurrence.

Limites

Définition

(un)(u_n) converge vers L si ses termes se rapprochent de L autant qu'on veut à partir d'un certain rang. On note limun=L\lim u_n = L. Une suite qui ne converge pas diverge : soit vers ±∞, soit sans limite du tout (comme (1)n(-1)^n, qui oscille entre −1 et 1).

Converger, cela se voit : les points viennent se coller à une droite horizontale sans jamais l'atteindre. Le mot « à partir d'un certain rang » est le cœur de la définition, et la figure le rend concret : peu importe à quelle distance on place la barre, les termes finissent par rester en dessous.

0246limite 6nuₙ02468101214
Une suite convergente. Les termes s'approchent de 6 sans jamais l'atteindre : c'est cela, une limite.

Diverger n'a rien à voir avec « ne pas se comporter » : une suite peut diverger en filant vers l'infini, ou simplement en refusant de se fixer. Les deux cas s'opposent à la convergence pour des raisons différentes.

-202nuₙ0246810121416
Une suite divergente sans limite. Les termes ne s'échappent pas vers l'infini d'un seul côté : ils alternent, et c'est justement pour cela qu'aucune valeur ne les attire.

Un écart qui s'annule ne fait pas une limite

La méthode de la section précédente invite à une conclusion qui semble aller de soi et qui est fausse : si l'écart un+1unu_{n+1} - u_n tend vers zéro, alors la suite finit par se fixer. L'idée est tentante, parce qu'elle décrit fidèlement ce qui se passe sur une suite convergente, où les termes cessent effectivement de bouger.

Le contre-exemple tient en une ligne. Pour un=nu_n = \sqrt{n}, la quantité conjuguée donne :

n+1n=(n+1)nn+1+n=1n+1+n\sqrt{n+1} - \sqrt{n} = \frac{(n+1) - n}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}} = \frac{1}{\sqrt{n+1} + \sqrt{n}}

Le dénominateur tend vers l'infini, donc l'écart tend vers zéro. Et pourtant n\sqrt{n} tend vers ++\infty : la suite ne se fixe nulle part. Ce qui trompe, c'est qu'un écart petit ne dit rien sur le cumul des écarts. Ajouter une infinité de quantités qui tendent vers zéro peut très bien donner l'infini, et c'est exactement ce qui arrive ici.

024nuₙ02468101214161820
Les termes de √n. L'écart entre deux points voisins diminue sans cesse et la courbe s'aplatit, mais elle monte sans jamais s'arrêter. Un écart qui s'annule ne retient pas une suite.
Ce que la différence dit, et ce qu'elle ne dit pas
Le signe de un+1unu_{n+1} - u_n donne le sens de variation, et c'est tout ce qu'il donne. Sa limite ne donne pas la convergence.
Pour conclure à la convergence, il faut autre chose : un encadrement, ou la monotonie accompagnée d'une borne. Ce sont les deux théorèmes qui suivent, et ils n'existent que parce que l'argument de l'écart ne marche pas.

Les limites de référence

SuiteLimite
1/n1/n, 1/n21/n^2, 1/n1/\sqrt{n}0
nn, n2n^2, n\sqrt{n}++\infty
qnq^n avec q<1\lvert q \rvert < 10
qnq^n avec q>1q > 1++\infty

Les formes indéterminées

Quatre situations où on ne peut pas conclure directement, et où il faut transformer l'expression :

\infty - \infty    0×0 \times \infty    /\infty /\infty    0/00/0

Indéterminé ne veut pas dire « pas de limite »
Cela veut dire « la règle habituelle ne permet pas de conclure ». La limite existe peut-être très bien : il faut juste travailler l'expression pour la faire apparaître.

La technique de référence pour un quotient de polynômes : factoriser par le terme dominant.

Exemple : un=(3n2+2n1)/(n25)u_n = (3n^2 + 2n - 1) / (n^2 - 5). On factorise n2n^2 en haut et en bas :

un=n2(3+2/n1/n2)/n2(15/n2)=(3+2/n1/n2)/(15/n2)u_n = n^2(3 + 2/n - 1/n^2) / n^2(1 - 5/n^2) = (3 + 2/n - 1/n^2) / (1 - 5/n^2)

Les n2n^2 se simplifient, tous les termes en 1/n1/n tendent vers 0, et il reste 3/1 = 3.

Cette limite se voit aussi bien qu'elle se calcule. En traçant la même expression comme une fonction de x, on regarde ce que devient le quotient quand n grandit :

4681012141618202224262830323436384033,23,43,63,844,24,4xy
f(x) = (3x^2 + 2x - 1)/(x^2 - 5)
Le quotient s'écrase sur 3 sans jamais l'atteindre. C'est exactement ce que dit la limite : à partir d'un certain rang, les termes sont aussi proches de 3 qu'on veut.
Le raccourci
Pour un quotient de deux polynômes en n, la limite est celle du quotient des termes de plus haut degré. Ici 3n2/n2=33n^2/n^2 = 3, directement. Mais écrire quand même la factorisation : c'est elle qui justifie le résultat, le quotient des degrés n'en est que le raccourci.

Opérations sur les limites

Elles se comportent comme on l'espère : la limite d'une somme est la somme des limites, celle d'un produit le produit des limites, sauf dans les quatre cas indéterminés ci-dessus.

Les deux théorèmes qui servent tout le temps

Théorème de la limite monotone

Théorème

Une suite croissante et majorée converge. Une suite décroissante et minorée converge.

C'est le résultat le plus utilisé du chapitre, et il a une particularité qu'il faut comprendre : il prouve l'existence de la limite sans en donner la valeur. On l'utilise donc toujours en deux temps :

  1. montrer que la suite est monotone (souvent par récurrence) ;
  2. montrer qu'elle est bornée du bon côté (souvent par récurrence aussi) ;
  3. conclure qu'elle converge, puis chercher séparément la valeur de la limite.

Corollaire utile : une suite croissante et non majorée tend vers ++\infty.

Les suites adjacentes

Deux suites uu et vv sont adjacentes lorsque uu est croissante, vv décroissante, et que vnunv_n - u_n tend vers zéro.

Théorème

Deux suites adjacentes convergent, et vers la même limite \ell. De plus, à tout rang, unvnu_n \leq \ell \leq v_n.

La démonstration n'est que le théorème précédent appliqué deux fois. La suite uu croît en restant sous v0v_0, donc elle converge ; la suite vv décroît en restant au-dessus de u0u_0, donc elle converge aussi ; et comme leur différence tend vers zéro, les deux limites sont égales.

L'intérêt est plus pratique que théorique. L'encadrement unvnu_n \leq \ell \leq v_n vaut à tout rang, ce qui fournit du même coup une valeur approchée de \ell et la précision de cette approximation, sans jamais connaître \ell. C'est le principe de la recherche par dichotomie : la borne gauche monte, la borne droite descend, leur écart est divisé par deux à chaque tour, et le nombre de tours nécessaires pour atteindre une précision donnée se lit directement sur cet écart.

Théorème des gendarmes

Théorème

Si vnunwnv_n \leq u_n \leq w_n à partir d'un certain rang, et si vnv_n et wnw_n convergent vers la même limite L, alors unu_n converge aussi vers L.

L'image : deux gendarmes qui encadrent un suspect et l'emmènent au même endroit. Le suspect ne peut aller nulle part ailleurs.

Il sert surtout à traiter les suites contenant un cosn\cos n ou un sinn\sin n, dont on ne connaît pas la limite mais dont on sait qu'elles restent entre 1-1 et 1.

Exemple travaillé. un=(cosn)/nu_n = (\cos n)/n.

On sait que 1cosn1-1 \leq \cos n \leq 1. En divisant par n (positif, donc le sens des inégalités est conservé) :

1/nun1/n-1/n \leq u_n \leq 1/n

Les deux gendarmes tendent vers 0, donc limun=0\lim u_n = 0.

L'énoncé demande trois lignes ; la figure le rend évident. Les deux courbes extérieures se referment sur zéro, et celle du milieu, qui oscille sans règle apparente, n'a nulle part d'autre où aller.

24681012141618202224262830-0,4-0,3-0,2-0,10,10,20,30,4xy
le gendarme du bas vaut -0,03la suite encadrée vaut 0,01le gendarme du haut vaut 0,03
Valeurs pour x = 30, le bord droit de la figure.
Le théorème des gendarmes, sur un cas où la suite du milieu n'a aucune limite évidente. Ce qui conclut n'est pas le comportement de cette suite, qu'on ne sait pas décrire, mais celui des deux autres.
À manipuler
Élargir le domaine avec le curseur : l'écart entre les deux gendarmes se referme, et la courbe du milieu est forcée avec eux. C'est tout le théorème. Noter au passage que la suite encadrée continue d'osciller jusqu'au bout : converger ne veut pas dire devenir monotone.

Suites arithmético-géométriques

C'est le type d'exercice le plus fréquent, parce qu'il combine tout le chapitre.

Définition

Une suite est arithmético-géométrique si un+1=aun+bu_{n+1} = a u_n + b, avec a1a \neq 1.

Elle n'est ni arithmétique (à cause du aa) ni géométrique (à cause du bb). La méthode standard consiste à fabriquer une suite auxiliaire qui, elle, est géométrique.

La méthode, en trois temps :

  1. Chercher le point fixe ℓ : le nombre qui vérifie =a+b\ell = a\ell + b. On regroupe les termes en ℓ d'un même côté, a=b\ell - a\ell = b, on factorise, (1a)=b\ell (1 - a) = b, d'où =b/(1a)\ell = b/(1-a). C'est la valeur qui, une fois atteinte, ne bouge plus, et c'est aussi la limite éventuelle.
  2. Poser vn=unv_n = u_n - \ell et montrer que (vn)(v_n) est géométrique de raison aa. Le calcul : vn+1=un+1=aun+b(a+b)=a(un)=avnv_{n+1} = u_{n+1} - \ell = a u_n + b - (a\ell + b) = a(u_n - \ell ) = a v_n
  3. Conclure : vn=v0anv_n = v_0 a^n, donc un=+(u0)anu_n = \ell + (u_0 - \ell ) a^n.

Exemple travaillé. u0=1u_0 = 1, un+1=0,5un+3u_{n+1} = 0{,}5 u_n + 3.

  1. Point fixe : =0,5+3\ell = 0{,}5\ell + 30,5=30{,}5\ell = 3=6\ell = 6.
  2. vn=un6v_n = u_n - 6 est géométrique de raison 0,5, avec v0=16=5v_0 = 1 - 6 = -5.
  3. vn=5×0,5nv_n = -5 \times 0{,}5^n, donc un=65×0,5nu_n = 6 - 5 \times 0{,}5^n.
  4. Comme 0,5<1|0{,}5| < 1, le terme en 0,5n0{,}5^n tend vers 0 : limun=6\lim u_n = 6.

Et le résultat se lit : la suite part de 1 et monte vers 6 sans jamais l'atteindre. Le point fixe est bien la limite.

La construction ci-dessous montre la même chose sans calculer un seul terme. On part de u0u_0 sur l'axe, on monte jusqu'à la courbe pour lire u1u_1, on revient sur la droite y=xy = x pour reporter cette valeur en abscisse, et on recommence. L'escalier se resserre autour du point où la courbe croise la droite : c'est le point fixe, et c'est la limite.

uₙuₙ₊₁048y = xℓ = 6u₀
Construction en escalier pour f(x) = 0.5x + 3, à partir de u₀ = 1. Chaque trait vertical va chercher le terme suivant sur la courbe, chaque trait horizontal le ramène sur la droite y = x pour recommencer.

Le raisonnement par récurrence

C'est l'outil de démonstration attitré des suites définies par récurrence. Il se rédige toujours dans le même ordre, en trois parties dont aucune ne peut sauter.

Principe

Pour démontrer qu'une propriété P(n) est vraie pour tout n ⩾ n₀ :

  1. Initialisation : vérifier que P(n₀) est vraie.
  2. Hérédité : supposer P(n) vraie pour un n quelconque, et en déduire P(n+1).
  3. Conclusion : par récurrence, P(n) est vraie pour tout n ⩾ n₀.
Les deux fautes qui coûtent le plus
Oublier l'initialisation : sans elle, la démonstration ne vaut rien, on peut « démontrer » n'importe quoi. Et ne pas dire où on utilise l'hypothèse de récurrence dans l'hérédité : sans cette ligne, l'hérédité n'est pas démontrée, elle est affirmée.

Les seuils, autant de fois qu'il faut

La faute a ici un lieu unique, et c'est toujours le même : lnq\ln q est négatif quand q<1q < 1, donc diviser par lui retourne l'inégalité. Celui qui l'oublie trouve un rang négatif et ne s'en aperçoit pas toujours.

Trouver le rang qui franchit le seuil

Deux suites géométriques, l'une décroissante, l'autre croissante.

  1. Le plus petit rang nn tel que 0,75n<0,010,75^n < 0,01
  2. Le plus petit rang nn tel que 1,05n>51,05^n > 5

Les deux questions sont volontairement jumelles, l'une avec une raison plus petite que un, l'autre plus grande. C'est le seul écart entre elles, et c'est exactement celui qui décide du sens de l'inégalité.

Où la démarche dérape

Une récurrence dont l'hérédité est parfaitement juste, et qui démontre pourtant quelque chose de faux. C'est le cas le plus instructif du chapitre, parce que l'erreur est à l'endroit où personne ne regarde.

Une récurrence qui se trompe d'un rang zéro

Une seule étape est fausse. Désigner laquelle.

On veut établir que pour tout entier n1n \geq 1, 1+2++n=n(n+1)2+11 + 2 + \dots + n = \dfrac{n(n+1)}{2} + 1.

À calculer soi-même

Cinq calculs qui n'emploient que ce qui précède. La valeur attendue n'est écrite nulle part : elle est obtenue en évaluant la somme ou la formule, et la correction se fait à un pour cent près.

Sommes, seuils et termes

  • 1.

    La suite arithmétique de premier terme u0=3u_0 = 3 et de raison 5. Combien vaut u0+u1++u19u_0 + u_1 + \dots + u_{19} ?

  • 2.

    La suite géométrique de premier terme u0=2u_0 = 2 et de raison q=1,5q = 1{,}5. Combien vaut la somme de ses dix premiers termes ?

  • 3.

    Pour un=0,8nu_n = 0{,}8^n, à partir de quel rang a-t-on un<0,01u_n < 0{,}01 ? Donner le plus petit rang qui convient.

  • 4.

    La suite définie par u0=10u_0 = 10 et un+1=0,5un+3u_{n+1} = 0{,}5\,u_n + 3. Combien vaut u5u_5 ?

  • 5.

    Combien vaut 12+22++1521^2 + 2^2 + \dots + 15^2 ?

  • 6.

    Un capital placé à 4 % par an. Au bout de combien d'années a-t-il doublé ? Donner la valeur non arrondie.

  • 7.

    La somme de TOUS les termes de la suite géométrique de premier terme 5 et de raison 0,80{,}8, poursuivie indéfiniment.

Exercices type

Nature et terme général de un=53nu_n = 5 - 3n

un+1un=53(n+1)5+3n=3u_{n+1} - u_n = 5 - 3(n+1) - 5 + 3n = -3, constant.

La suite est arithmétique de raison −3, de premier terme u0=5u_0 = 5. Elle est strictement décroissante et tend vers -\infty.

Somme 1+2+4+8++2101 + 2 + 4 + 8 + \dots + 2^{10}

Suite géométrique de premier terme 1 et de raison 2, avec 11 termes (de 202^0 à 2102^{10}).

S=1×121112=120481=S = 1 \times \dfrac{1 - 2^{11}}{1 - 2} = \dfrac{1 - 2048}{-1} = 2047

Limite de un=2n2n+35n2+1u_n = \dfrac{2n^2 - n + 3}{5n^2 + 1}

On factorise n2n^2 en haut et en bas :

un=(21/n+3/n2)/(5+1/n2)u_n = (2 - 1/n + 3/n^2)/(5 + 1/n^2)

Les termes en 1/n1/n et 1/n21/n^2 tendent vers 0, donc la limite vaut 2/5.

Limite de un=n+1nu_n = \sqrt{n+1} - \sqrt{n}

Forme indéterminée \infty - \infty. On multiplie par la quantité conjuguée :

un=((n+1n)(n+1+n))/(n+1+n)=(n+1n)/(n+1+n)=1/(n+1+n)u_n = ((\sqrt{n+1} - \sqrt{n})(\sqrt{n+1} + \sqrt{n})) / (\sqrt{n+1} + \sqrt{n}) = (n+1-n)/(\sqrt{n+1}+\sqrt{n}) = 1/(\sqrt{n+1}+\sqrt{n})

Le dénominateur tend vers ++\infty, donc limun=0\lim u_n = 0.

u0=2u_0 = 2 et un+1=3un4u_{n+1} = 3u_n - 4 : donner unu_n puis la limite

Point fixe : =34\ell = 3\ell - 4=2\ell = 2.

Or u0=2=u_0 = 2 = \ell : la suite est constante égale à 2. (Avec vn=un2v_n = u_n - 2, on a v0=0v_0 = 0, donc vn=0v_n = 0 pour tout n.)

Si on avait pris u0=3u_0 = 3 : v0=1v_0 = 1, vn=3nv_n = 3^n, donc un=2+3nu_n = 2 + 3^n, qui tend vers ++\infty, car ici a=3>1a = 3 > 1.

Montrer par récurrence que un4u_n \leq 4, avec u0=0u_0 = 0 et un+1=un+12u_{n+1} = \sqrt{u_n + 12}

Initialisation : u0=04u_0 = 0 \leq 4

Hérédité : supposons un4u_n \leq 4. Alors un+1216u_n + 12 \leq 16, et comme la racine carrée est croissante, un+1216=4\sqrt{u_n + 12} \leq \sqrt{16} = 4, c'est-à-dire un+14u_{n+1} \leq 4

Conclusion : par récurrence, un4u_n \leq 4 pour tout n.

Pour aller au bout : on montre de même que la suite est croissante ; croissante et majorée, elle converge. Sa limite ℓ vérifie =+12\ell = \sqrt{\ell + 12}, donc 212=0\ell ^2 - \ell - 12 = 0, dont les racines sont 4 et −3. Comme la suite est positive, ℓ = 4.

La méthode sur feuille

  1. Calculer les trois ou quatre premiers termes. Toujours. Ils révèlent la nature de la suite et donnent un contrôle sur le résultat final.
  2. Tester la nature : différence constante → arithmétique ; rapport constant → géométrique ; forme aun+ba u_n + b → arithmético-géométrique.
  3. Pour un quotient de polynômes, factoriser par le terme dominant.
  4. Pour un cosn\cos n ou un sinn\sin n, penser aux gendarmes.
  5. Pour une suite par récurrence, penser au raisonnement par récurrence : monotone + bornée → converge.
  6. Contrôle final : injecter le unu_n explicite pour n = 0, 1, 2 et comparer aux termes calculés à l'étape 1. C'est le meilleur détecteur d'erreur du chapitre.
  7. Si la suite converge vers ℓ et vérifie un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n), alors ℓ vérifie =f()\ell = f(\ell ). C'est ainsi qu'on trouve la valeur de la limite.
Vérification rapideon peut se reprendre

1.Une suite est croissante et majorée par 10. Que peut-on affirmer ?

2.La suite un=(1)nu_n = (-1)^n est bornée entre 1-1 et 1. Converge-t-elle ?

3.Dans une démonstration par récurrence, on oublie l'initialisation. Quelle est la conséquence ?

4.Quelle est la différence entre unu_n et (un)(u_n) ?

Synthèse

  • Explicite un=f(n)u_n = f(n) : calcul direct. Récurrence un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) : il faut dérouler.
  • Arithmétique : un+1=un+ru_{n+1} = u_n + r, un=u0+nru_n = u_0 + nr. Somme = (nb de termes) × (premier + dernier)/2.
  • Géométrique : un+1=qunu_{n+1} = q u_n, un=u0qnu_n = u_0 q^n. Somme = u0(1qn+1)/(1q)u_0(1 - q^{n+1})/(1 - q).
  • Limite de qnq^n : 0 si q<1|q| < 1, ++\infty si q>1q > 1, pas de limite si q1q \leq -1.
  • Variation : signe de un+1unu_{n+1} - u_n, ou rapport comparé à 1 (termes positifs uniquement).
  • Formes indéterminées : \infty -\infty, 0×0\times \infty, /\infty /\infty, 0/00/0. Pour un quotient de polynômes : factoriser le terme dominant. Pour une différence de racines : quantité conjuguée.
  • Limite monotone : croissante + majorée → converge (sans donner la limite).
  • Gendarmes : encadrer, les deux bornes vers la même limite.
  • Arithmético-géométrique un+1=aun+bu_{n+1} = a u_n + b : point fixe =b/(1a)\ell = b/(1-a), puis vn=unv_n = u_n - \ell est géométrique de raison a.
  • Récurrence : initialisation, hérédité, conclusion. Les trois, toujours.

Mettre en pratique