Équations différentielles
Ce que ce chapitre apporte 11 points
- Dire ce qu'est une solution d'une équation différentielle, et vérifier qu'une fonction en est une.
- Reconnaître une équation linéaire du premier ordre et identifier ses éléments.
- Lire une équation comme un champ de directions, et une solution comme une courbe qui le suit.
- Résoudre y' = ay et y' = ay + b, savoir d'où vient la forme de leurs solutions, et dire si l'équilibre attire ou repousse.
- Résoudre l'équation homogène y' + a(x) y = 0 dans le cas général.
- Trouver une solution particulière selon la forme du second membre, ou par variation de la constante.
- Assembler solution générale = solution homogène + solution particulière, et savoir pourquoi c'est permis.
- Déterminer la constante à partir d'une condition initiale.
- Traduire un énoncé physique en équation, déduire son paramètre d'une mesure, et interpréter la solution.
- Séparer les variables sur une équation non linéaire, et reconnaître la croissance logistique.
- Appliquer la méthode d'Euler quand aucune formule ne sort, et savoir ce qu'elle coûte.
Ce qu'est une équation différentielle
Une équation différentielle est une équation dont l'inconnue est une fonction, et qui relie cette fonction à ses dérivées.
La différence avec une équation ordinaire est là : a pour solutions deux nombres ; a pour solutions des fonctions. Et il y en a une infinité, sauf si on ajoute une information supplémentaire.
Ce que veut dire « être solution »
Une fonction , dérivable sur un intervalle , est solution de l'équation si, remplacée dans l'équation avec sa dérivée, elle rend l'égalité vraie pour tout de .
Vérifier qu'une fonction est solution ne demande donc aucune méthode nouvelle : on la dérive, on remplace, et on compare les deux membres.
Un candidat qui convient. Pour , la dérivée vaut , et vaut aussi . Les deux membres de sont égaux quel que soit : c'est une solution. Et en est une autre, puisque .
Un candidat qui échoue partout. Pour , la dérivée vaut encore , mais vaut . Les deux membres diffèrent de 2 en tout point : ce n'est pas une solution.
Un candidat qui réussit en deux points. Pour , on a et . Les deux membres sont égaux en et en , et nulle part ailleurs : en , l'un vaut 4 et l'autre 8. Ce n'est pas une solution. Une égalité vérifiée en quelques points ne prouve rien, il la faut en chaque point.
Pour , ajouter une constante à une solution la détruit, comme le deuxième candidat vient de le montrer, et c'est la multiplier qui la conserve. Le réflexe « plus une constante », pris avec les primitives, est la première faute du chapitre.
Les notations. La fonction inconnue s'écrit , ou pour rappeler sa variable, et sa dérivée ou . Quand la variable est le temps, on la note , et la fonction prend le nom de la grandeur qu'elle décrit : pour une température, pour une tension. Le chapitre sur le condensateur écrit ainsi : c'est l'équation que ce chapitre résout plus bas, sous une autre écriture. Les lettres changent, la méthode non.
Ordre et linéarité
L'ordre d'une équation différentielle est celui de la plus haute dérivée qui y figure. est du premier ordre ; l'équation d'une masse au bout d'un ressort, qui fait intervenir , est du second ordre.
Une équation du premier ordre est linéaire si elle s'écrit . Le terme s'appelle le second membre. Quand , l'équation est dite homogène, ou sans second membre.
Linéaire ne regarde que . Dans une équation linéaire, et apparaissent au premier degré, sans produit entre eux et sans passer dans une autre fonction. La variable , elle, peut apparaître n'importe comment : est linéaire, alors que , ou ne le sont pas. Le mot a une conséquence, qui organise tout le chapitre : la somme de deux solutions d'une équation linéaire homogène est encore une solution, et c'est ce qui permettra d'assembler une solution en morceaux.
1.Laquelle de ces fonctions est solution de ?
2.La fonction vérifie en et en . Est-elle solution ?
3.Laquelle de ces équations est linéaire ?
Ce qu'une équation raconte avant d'être résolue
Une équation différentielle se lit sans rien calculer, et il vaut la peine de le faire une fois.
L'équation servira d'exemple à tout le chapitre. Elle se lit ainsi : une solution qui passe par un point d'ordonnée y a pour pente . En , la pente vaut 6, ça monte raide. En , elle vaut 4, ça monte encore. En , elle vaut 0 : c'est plat. En , elle vaut : ça descend.
L'équation impose donc une direction en chaque point du plan. En dessinant un petit trait de la bonne pente partout, on obtient un champ de directions. Une solution est alors une courbe qui, en chacun de ses points, a la pente du trait qui s'y trouve.
Deux choses se voient sur cette figure, et aucune n'a demandé le moindre calcul.
La hauteur est spéciale. Les traits y sont horizontaux, puisque la pente y vaut 0. Une courbe qui passe par cette hauteur n'a aucune raison de la quitter : la fonction constante est donc elle-même une solution. C'est ce qu'on appellera l'équilibre.
Tout le reste converge vers elle. Au-dessus de 3 les traits descendent, en dessous ils montent. Quelle que soit la hauteur de départ, la courbe est ramenée vers 3.
Une équation, une infinité de courbes. Le champ ne désigne aucune courbe en particulier : il en autorise une par point de départ, et pour toutes les équations de ce chapitre, deux de ces courbes ne se croisent jamais. C'est pour cela qu'une équation différentielle a une infinité de solutions, et qu'il faut une information de plus, la condition initiale, pour en désigner une seule.
Tout le chapitre consiste à obtenir ces courbes par une formule plutôt qu'en suivant les traits à la main. On reviendra à la fin sur le cas, fréquent, où aucune formule n'existe et où il faut bel et bien les suivre.
Le cas fondamental :
C'est l'équation la plus importante du chapitre, celle dont tout le reste découle.
Les solutions de sur ℝ sont exactement les fonctions
, où C est une constante réelle quelconque.
Le théorème dit deux choses, et chacune se vérifie en une ligne.
Ces fonctions sont des solutions. Si , sa dérivée vaut , c'est-à-dire : l'égalité tient pour tout .
Il n'y en a pas d'autre. Soit une solution quelconque, et . En dérivant le produit, , et la parenthèse est nulle puisque est solution. Une fonction de dérivée nulle sur un intervalle est constante : , donc . Aucune solution n'échappe à la formule.
La phrase à retenir : une fonction dont la dérivée est proportionnelle à elle-même est une exponentielle. C'est ce qui rend l'exponentielle omniprésente en sciences. Dès qu'un phénomène varie proportionnellement à son état, elle apparaît. Et la constante a un sens simple : c'est la valeur de départ, puisque .
Le signe de décide de tout :
- : croissance explosive (population sans contrainte, réaction en chaîne) ;
- : décroissance vers 0 (décharge d'un condensateur, désintégration radioactive) ;
- : l'équation dit , et la solution est constante.
| x | f | g | h |
|---|---|---|---|
| -1 | 0,4493 | 2,2255 | 1 |
| -0,82 | 0,5189 | 1,9271 | 1 |
| -0,64 | 0,5993 | 1,6686 | 1 |
| -0,46 | 0,6921 | 1,4448 | 1 |
| -0,28 | 0,7993 | 1,2511 | 1 |
| -0,1 | 0,9231 | 1,0833 | 1 |
| 0,08 | 1,0661 | 0,938 | 1 |
| 0,26 | 1,2312 | 0,8122 | 1 |
| 0,44 | 1,4219 | 0,7033 | 1 |
| 0,62 | 1,6421 | 0,609 | 1 |
| 0,8 | 1,8965 | 0,5273 | 1 |
| 0,98 | 2,1902 | 0,4566 | 1 |
| 1,16 | 2,5294 | 0,3953 | 1 |
| 1,34 | 2,9212 | 0,3423 | 1 |
| 1,52 | 3,3737 | 0,2964 | 1 |
| 1,7 | 3,8962 | 0,2567 | 1 |
| 1,88 | 4,4997 | 0,2222 | 1 |
| 2,06 | 5,1966 | 0,1924 | 1 |
| 2,24 | 6,0014 | 0,1666 | 1 |
| 2,42 | 6,931 | 0,1443 | 1 |
| 2,6 | 8,0045 | 0,1249 | 1 |
Combien l'équation a-t-elle de solutions ?
Les unités confirment l'écriture : l'exposant d'une exponentielle n'a pas d'unité, donc se mesure dans l'unité du temps, et dans son inverse, par seconde ou par heure. Un exposant qui garde une unité signale une erreur de mise en équation.
| temps, en multiples de τ | f |
|---|---|
| 0 | 1 |
| 0,28 | 0,7558 |
| 0,56 | 0,5712 |
| 0,84 | 0,4317 |
| 1 | 0,3679 |
| 1,12 | 0,3263 |
| 1,4 | 0,2466 |
| 1,68 | 0,1864 |
| 1,96 | 0,1409 |
| 2,24 | 0,1065 |
| 2,52 | 0,0805 |
| 2,8 | 0,0608 |
| 3 | 0,0498 |
| 3,08 | 0,046 |
| 3,36 | 0,0347 |
| 3,64 | 0,0263 |
| 3,92 | 0,0198 |
| 4,2 | 0,015 |
| 4,48 | 0,0113 |
| 4,76 | 0,0086 |
| 5 | 0,0067 |
| 5,04 | 0,0065 |
| 5,32 | 0,0049 |
| 5,6 | 0,0037 |
Ces trois nombres sont les seuls à connaître par cœur, et ils suffisent à répondre sans calcul à la plupart des questions de dimensionnement : « au bout de combien de temps le régime transitoire est-il négligeable ? » se répond par , quel que soit le système.
Le carbone 14 se désintègre à une vitesse proportionnelle à la quantité présente, avec par an.
- Traduire : « vitesse de disparition proportionnelle à la quantité » donne , avec . Le signe moins traduit la disparition.
- Résoudre : c'est le cas fondamental, avec , donc , où est la quantité de départ.
- Répondre à la question posée : la demi-vie est le temps tel que , c'est-à-dire . En passant au logarithme, , soit ans.
- Contrôler l'ordre de grandeur : un échantillon qui a perdu les trois quarts de son carbone 14 a vécu deux demi-vies, environ 11 500 ans. C'est cohérent avec la portée usuelle de la méthode, une cinquantaine de milliers d'années au plus.
Le cas
C'est le modèle du système qui tend vers un équilibre non nul : un corps qui refroidit vers la température de la pièce, un condensateur qui se charge vers la tension d'alimentation.
Les solutions de (avec ) sont
D'où vient cette forme : l'écart à l'équilibre
On cherche d'abord la solution qui ne varie pas. Si est constante, , et l'équation devient , d'où . C'est la valeur d'équilibre, celle où le système ne bouge plus.
On regarde ensuite l'écart entre une solution quelconque et cet équilibre, . Il a la même dérivée que , puisque est constante, et comme :
L'écart obéit donc au cas fondamental : . Il suffit de revenir à :
Voilà d'où vient la somme : une solution est l'équilibre, plus un écart qui évolue comme une exponentielle. C'est aussi la lecture physique de tout ce qui suit, et elle tient en une phrase : l'écart à l'équilibre se comporte comme une exponentielle.
La méthode qu'on en tire, et qu'il faut savoir écrire :
- Solution particulière constante : poser donne l'équilibre .
- Solution générale de l'homogène : .
- Somme des deux.
Exemple travaillé. .
Équilibre : . Homogène : . Donc .
Comme , le terme exponentiel s'efface quand grandit : quelle que soit la valeur de départ, la solution tend vers 3. Quand la variable est le temps, la limite 3 s'appelle le régime permanent, et le terme qui s'éteint le régime transitoire.
| x | f | g | h |
|---|---|---|---|
| 0 | 5 | 1 | 3 |
| 0,15 | 4,4816 | 1,5184 | 3 |
| 0,3 | 4,0976 | 1,9024 | 3 |
| 0,45 | 3,8131 | 2,1869 | 3 |
| 0,6 | 3,6024 | 2,3976 | 3 |
| 0,75 | 3,4463 | 2,5537 | 3 |
| 0,9 | 3,3306 | 2,6694 | 3 |
| 1,05 | 3,2449 | 2,7551 | 3 |
| 1,2 | 3,1814 | 2,8186 | 3 |
| 1,35 | 3,1344 | 2,8656 | 3 |
| 1,5 | 3,0996 | 2,9004 | 3 |
| 1,65 | 3,0738 | 2,9262 | 3 |
| 1,8 | 3,0546 | 2,9454 | 3 |
| 1,95 | 3,0405 | 2,9595 | 3 |
| 2,1 | 3,03 | 2,97 | 3 |
| 2,25 | 3,0222 | 2,9778 | 3 |
| 2,4 | 3,0165 | 2,9835 | 3 |
| 2,55 | 3,0122 | 2,9878 | 3 |
| 2,7 | 3,009 | 2,991 | 3 |
| 2,85 | 3,0067 | 2,9933 | 3 |
| 3 | 3,005 | 2,995 | 3 |
La figure montre ce que « une infinité de solutions » veut dire : une famille de courbes, une par valeur de C, toutes attirées par la même horizontale. La condition initiale ne fait qu'en désigner une.
Quand l'équilibre repousse
Tout ce qui précède suppose . Si , la même formule dit l'inverse : l'écart grandit, et la solution s'éloigne de l'équilibre au lieu d'y revenir. L'équilibre existe toujours, mais il est instable : une solution posée exactement dessus y reste, et le moindre écart de départ l'en éloigne de plus en plus vite.
C'est le cas d'un emballement thermique, où un composant chauffe d'autant plus vite qu'il est déjà chaud. C'est aussi celui d'un placement qui rapporte 5 % par an et sur lequel on prélève chaque année une somme fixe : au-dessus du capital d'équilibre il croît sans fin, en dessous il s'épuise.
1.Dans , que représente ?
2.Les solutions de tendent-elles vers leur équilibre 4 ?
Le principe général de résolution
C'est la structure qui organise tout le chapitre, et elle vaut aussi pour le second ordre, celui des oscillations.
Le théorème de structure.
Solution générale = solution générale de l'équation homogène + une solution particulière de l'équation complète.
Autrement dit : une seule solution particulière suffit, et l'homogène fournit toute la famille.
Pourquoi c'est vrai. Soit une solution particulière de , et une solution quelconque. Leur différence vérifie
C'est donc une solution de l'homogène : toute solution s'écrit plus une solution de l'homogène, et inversement toute fonction de cette forme est solution. Le calcul n'a demandé qu'une chose, que l'équation soit linéaire. C'est exactement ce que faisait l'écart à l'équilibre, où était la constante .
Étape 1 : l'équation homogène
Pour , on sépare les variables, c'est-à-dire qu'on range d'un côté et de l'autre. Tant que ne s'annule pas, on peut diviser par :
Le membre de gauche est la dérivée de , par la règle . En prenant une primitive de chaque membre, , où est une primitive de et une constante. D'où .
Reste à retirer la valeur absolue. Une solution qui ne s'annule pas est continue, donc elle garde un signe constant : si elle est positive, si elle est négative. Les deux cas s'écrivent avec , et la fonction nulle, laissée de côté par la division, correspond à .
Les solutions de sont , où est une primitive de et une constante réelle quelconque.
La division par n'a rien fait perdre : le calcul du cas fondamental, qui multiplie au lieu de diviser, donne le même résultat pour toutes les solutions, puisque . Et la formule dit une chose qu'on n'aurait pas devinée : une exponentielle ne s'annule nulle part, donc une solution de l'équation homogène est ou bien nulle partout, ou bien ne l'est nulle part.
Avant d'appliquer une formule, récrire l'équation sous la forme qu'elle suppose, et lire le signe à ce moment-là. C'est la faute de signe la plus fréquente du chapitre, et elle change une extinction en explosion.
Exemple travaillé. .
Ici . Une primitive est , et les solutions sont donc .
Contrôle en dérivant : , donc ✓
| x | f | g | h |
|---|---|---|---|
| -2,4 | 0,0032 | 0,0063 | -0,0032 |
| -2,16 | 0,0094 | 0,0188 | -0,0094 |
| -1,92 | 0,0251 | 0,0501 | -0,0251 |
| -1,68 | 0,0595 | 0,1189 | -0,0595 |
| -1,44 | 0,1257 | 0,2515 | -0,1257 |
| -1,2 | 0,2369 | 0,4739 | -0,2369 |
| -0,96 | 0,3979 | 0,7958 | -0,3979 |
| -0,72 | 0,5955 | 1,1909 | -0,5955 |
| -0,48 | 0,7942 | 1,5884 | -0,7942 |
| -0,24 | 0,944 | 1,8881 | -0,944 |
| 0 | 1 | 2 | -1 |
| 0,24 | 0,944 | 1,8881 | -0,944 |
| 0,48 | 0,7942 | 1,5884 | -0,7942 |
| 0,72 | 0,5955 | 1,1909 | -0,5955 |
| 0,96 | 0,3979 | 0,7958 | -0,3979 |
| 1,2 | 0,2369 | 0,4739 | -0,2369 |
| 1,44 | 0,1257 | 0,2515 | -0,1257 |
| 1,68 | 0,0595 | 0,1189 | -0,0595 |
| 1,92 | 0,0251 | 0,0501 | -0,0251 |
| 2,16 | 0,0094 | 0,0188 | -0,0094 |
| 2,4 | 0,0032 | 0,0063 | -0,0032 |
La courbe obtenue est la gaussienne, ce qui n'a rien d'un hasard : c'est la même équation qui la fait apparaître en probabilités, avec la loi normale.
Étape 2 : une solution particulière
On la cherche « de la même forme que le second membre ». C'est une recette, et le théorème de structure dit pourquoi elle suffit : une seule solution particulière, trouvée par n'importe quel moyen, donne toute la famille.
Le tableau suppose que le coefficient de est une constante , comme dans . Quand il dépend de , il ne s'applique plus, et c'est la variation de la constante, plus bas, qui prend le relais.
| Second membre | Forme à essayer |
|---|---|
| constante | une constante |
| polynôme de degré n | polynôme de degré n |
On injecte la forme dans l'équation, on identifie les coefficients, on obtient α et β.
Le nom vient du second ordre, où ce cas est celui de la résonance : un système excité à la fréquence même à laquelle il oscillerait seul.
Exemple travaillé. .
- Homogène : → .
- Particulière : le second membre est un polynôme de degré 1, on essaie . Alors , et l'équation devient , soit . Par identification : donc ; et donc .
- Solution générale : .
Contrôle en dérivant : , et ✓
Le théorème de structure se voit sur cette solution, en prenant .
| x | f | g | h |
|---|---|---|---|
| -1,5 | 0,7231 | 0,2231 | 0,5 |
| -1,325 | 0,5908 | 0,2658 | 0,325 |
| -1,15 | 0,4666 | 0,3166 | 0,15 |
| -0,975 | 0,3522 | 0,3772 | -0,025 |
| -0,8 | 0,2493 | 0,4493 | -0,2 |
| -0,625 | 0,1603 | 0,5353 | -0,375 |
| -0,45 | 0,0876 | 0,6376 | -0,55 |
| -0,275 | 0,0346 | 0,7596 | -0,725 |
| -0,1 | 0,0048 | 0,9048 | -0,9 |
| 0,075 | 0,0029 | 1,0779 | -1,075 |
| 0,25 | 0,034 | 1,284 | -1,25 |
| 0,425 | 0,1046 | 1,5296 | -1,425 |
| 0,6 | 0,2221 | 1,8221 | -1,6 |
| 0,775 | 0,3956 | 2,1706 | -1,775 |
| 0,95 | 0,6357 | 2,5857 | -1,95 |
| 1,125 | 0,9552 | 3,0802 | -2,125 |
| 1,3 | 1,3693 | 3,6693 | -2,3 |
| 1,475 | 1,896 | 4,371 | -2,475 |
| 1,65 | 2,557 | 5,207 | -2,65 |
| 1,825 | 3,3778 | 6,2028 | -2,825 |
| 2 | 4,3891 | 7,3891 | -3 |
C'est tout le contenu du théorème de structure, sur une seule figure. La droite porte le second membre, l'exponentielle porte la liberté du choix de C, et la solution est leur somme.
Exemple travaillé : un second membre sinusoïdal. . C'est le cas du circuit RC alimenté en alternatif, et la méthode ne change pas.
- Homogène : → .
- Particulière : le second membre est un cosinus, on essaie . Il faut les deux termes, même si le second membre n'a pas de sinus : dériver un cosinus donne un sinus, et l'équation le fait apparaître. Alors , et
- On identifie les coefficients de et de : et , donc .
- Solution générale : .
Contrôle en dérivant la solution particulière : a pour dérivée , et la somme des deux vaut , pour tout ✓
| x | f | g |
|---|---|---|
| 0 | 0 | 1 |
| 0,63 | 0,4323 | 0,808 |
| 1,26 | 0,4871 | 0,3058 |
| 1,89 | 0,2423 | -0,3138 |
| 2,52 | -0,1555 | -0,813 |
| 3,15 | -0,5256 | -1 |
| 3,78 | -0,7109 | -0,803 |
| 4,41 | -0,6323 | -0,2978 |
| 5,04 | -0,3158 | 0,3218 |
| 5,67 | 0,1194 | 0,8178 |
| 6,3 | 0,5074 | 0,9999 |
| 6,93 | 0,6998 | 0,798 |
| 7,56 | 0,6232 | 0,2898 |
| 8,19 | 0,307 | -0,3297 |
| 8,82 | -0,1271 | -0,8226 |
| 9,45 | -0,5125 | -0,9997 |
| 10,08 | -0,7011 | -0,7929 |
| 10,71 | -0,6206 | -0,2817 |
| 11,34 | -0,3018 | 0,3377 |
| 11,97 | 0,1329 | 0,8274 |
| 12,6 | 0,5165 | 0,9994 |
Le terme en s'éteint, et il ne reste qu'une sinusoïde de même pulsation que l'excitation, mais retardée d'un huitième de période et d'amplitude au lieu de 1. C'est exactement ce que fait un filtre RC : il ne change pas la fréquence, il atténue et il déphase.
Les deux valeurs trouvées ne doivent rien au hasard. L'équation est celle d'un filtre RC attaqué à sa fréquence de coupure, et une amplitude divisée par avec un retard de 45 degrés, ce sont les −3 dB et les 45 degrés que le chapitre sur les filtres donne pour définition de la coupure.
Variation de la constante
Quand aucune forme ne se devine, il existe une méthode qui marche toujours. On part de la solution homogène et on remplace la constante C par une fonction . C'est le calcul qui a démontré le cas fondamental, poussé d'un cran : il y montrait que la « constante » a une dérivée nulle, on lui permet ici de varier. En injectant dans l'équation complète, tous les termes se simplifient sauf un, et il reste :
, donc
Il ne reste plus qu'à intégrer pour obtenir . La méthode est plus longue, mais elle ne dépend d'aucune devinette.
Exemple travaillé : sur .
Le second membre est un polynôme, mais le coefficient devant est une fonction de : le tableau des formes à essayer ne dit rien de ce cas. C'est exactement la situation où la variation de la constante sert.
- L'homogène s'écrit , donc , dont une primitive est . Les solutions homogènes sont donc .
- On fait varier la constante : on cherche . En dérivant, .
- On injecte dans l'équation complète : Les deux termes en se simplifient, comme annoncé, et il reste , donc .
- On intègre : .
- On remonte : .
Contrôle en dérivant : , et ✓
Le signe que la méthode se déroule bien. À l'étape 3, les termes en doivent disparaître, et il ne doit rester que ceux en . Ce n'est pas une chance : c'est mathématiquement garanti, puisque est solution de l'homogène dès que est constante.
Donc s'ils ne disparaissent pas, c'est qu'il y a une erreur de calcul plus haut, et il est inutile de continuer. C'est le meilleur contrôle intermédiaire du chapitre.
Étape 3 : la condition initiale
Tant qu'on n'a que la solution générale, il reste une constante libre : il y a une infinité de solutions, une par valeur de C. Une condition initiale du type en sélectionne exactement une.
L'ordre à respecter. On applique la condition initiale tout à la fin, sur la solution générale complète, jamais sur la seule partie homogène. C'est une erreur classique, et elle donne une réponse fausse qui a l'air correcte.
Exemple travaillé. Résoudre avec .
Solution générale : .
En : , donc .
Solution unique : .
Elle part de 1 et monte vers 3 : le comportement attendu d'une charge.
| x | f | g | h |
|---|---|---|---|
| 0 | 1 | 5 | -2 |
| 0,125 | 1,4424 | 4,5576 | -0,894 |
| 0,25 | 1,7869 | 4,2131 | -0,0327 |
| 0,375 | 2,0553 | 3,9447 | 0,6382 |
| 0,5 | 2,2642 | 3,7358 | 1,1606 |
| 0,625 | 2,427 | 3,573 | 1,5675 |
| 0,75 | 2,5537 | 3,4463 | 1,8843 |
| 0,875 | 2,6525 | 3,3475 | 2,1311 |
| 1 | 2,7293 | 3,2707 | 2,3233 |
| 1,125 | 2,7892 | 3,2108 | 2,473 |
| 1,25 | 2,8358 | 3,1642 | 2,5896 |
| 1,375 | 2,8721 | 3,1279 | 2,6804 |
| 1,5 | 2,9004 | 3,0996 | 2,7511 |
| 1,625 | 2,9225 | 3,0775 | 2,8061 |
| 1,75 | 2,9396 | 3,0604 | 2,849 |
| 1,875 | 2,953 | 3,047 | 2,8824 |
| 2 | 2,9634 | 3,0366 | 2,9084 |
| 2,125 | 2,9715 | 3,0285 | 2,9287 |
| 2,25 | 2,9778 | 3,0222 | 2,9445 |
| 2,375 | 2,9827 | 3,0173 | 2,9567 |
| 2,5 | 2,9865 | 3,0135 | 2,9663 |
C'est ce contrôle qui attrape l'erreur d'ordre décrite juste au-dessus : la réponse fautive donne 4 en zéro au lieu de 1, et le défaut saute aux yeux.
Une condition initiale ailleurs qu'en 0. Si l'énoncé donne , l'exponentielle ne vaut plus 1 au point donné, et il faut la garder : , donc , et . Le raccourci « est l'écart entre le départ et l'équilibre » ne vaut qu'en .
Pour résoudre avec , un étudiant écrit : « l'homogène est , donc , et la solution est ». Où est l'erreur ?
Traduire un énoncé en équation
C'est souvent l'étape la plus difficile d'un problème réel : les méthodes qui précèdent résolvent une équation, aucune ne l'écrit. Le vocabulaire, lui, est stable :
| L'énoncé dit | On écrit |
|---|---|
| « la vitesse de… », « le taux de variation de… » | |
| « proportionnel à y » | |
| « proportionnel à l'écart entre y et M » | |
| « croît », « augmente » | coefficient positif |
| « décroît », « se refroidit », « se décharge » | coefficient négatif |
Exemple : la loi de refroidissement de Newton. « La vitesse de refroidissement d'un corps est proportionnelle à l'écart entre sa température et celle du milieu. » En notant la température ambiante :
, avec .
C'est une équation de la forme avec et . L'équilibre vaut : le corps tend vers la température de la pièce, ce qui est rassurant. Et la solution est , où est la température de départ : l'équilibre, plus un écart initial qui s'éteint.
| t (heures) | f |
|---|---|
| 0 | 80 |
| 0,5 | 66,728 |
| 1 | 56,3918 |
| 1,5 | 48,342 |
| 2 | 42,0728 |
| 2,5 | 37,1903 |
| 3 | 33,3878 |
| 3,5 | 30,4264 |
| 4 | 28,1201 |
| 4,5 | 26,324 |
| 5 | 24,9251 |
| 5,5 | 23,8357 |
| 6 | 22,9872 |
| 6,5 | 22,3265 |
| 7 | 21,8118 |
| 7,5 | 21,4111 |
| 8 | 21,0989 |
| 8,5 | 20,8559 |
| 9 | 20,6665 |
| 9,5 | 20,5191 |
| 10 | 20,4043 |
C'est la raison pour laquelle un plat sorti du four tiédit très vite puis semble ne plus bouger : rien ne change dans la loi, c'est l'écart qui a fondu.
Dans un problème réel, n'est jamais donné : on le tire d'une mesure. Un café servi à 90 °C, dans une pièce à 20 °C, est à 60 °C au bout de 10 minutes. Quand sera-t-il à 40 °C ?
- La forme de la solution, avec en minutes : , puisque l'écart de départ vaut .
- La mesure donne : s'écrit , soit , donc par minute.
- La prédiction : demande , soit , donc minutes.
- Le contrôle : l'écart passe de 70 à 40 en 10 minutes, puis doit passer de 40 à 20, c'est-à-dire être divisé par 2 au lieu de l'être par 1,75. Cette seconde étape demande donc un peu plus que la première : environ 12,4 minutes, ce qui redonne bien 22,4 au total.
Exemple : la charge d'un condensateur. Le circuit RC donne , soit .
L'équilibre vaut E : le condensateur se charge jusqu'à la tension d'alimentation. La solution avec est . La quantité s'appelle la constante de temps : au bout de τ, la charge a atteint 63 % de sa valeur finale ; au bout de 5τ, on la considère terminée.
| temps, en multiples de τ | f |
|---|---|
| 0 | 0 |
| 0,28 | 1,2211 |
| 0,56 | 2,144 |
| 0,84 | 2,8414 |
| 1 | 3,1606 |
| 1,12 | 3,3686 |
| 1,4 | 3,767 |
| 1,68 | 4,0681 |
| 1,96 | 4,2957 |
| 2,24 | 4,4677 |
| 2,52 | 4,5977 |
| 2,8 | 4,6959 |
| 3,08 | 4,7702 |
| 3,36 | 4,8263 |
| 3,64 | 4,8687 |
| 3,92 | 4,9008 |
| 4,2 | 4,925 |
| 4,48 | 4,9433 |
| 4,76 | 4,9572 |
| 5 | 4,9663 |
| 5,04 | 4,9676 |
| 5,32 | 4,9755 |
| 5,6 | 4,9815 |
Les deux exemples de cette section ont exactement la même forme, avec . L'un descend vers son équilibre, l'autre y monte, et c'est la seule différence entre eux. C'est ce que le chapitre entier cherche à faire voir : une même équation décrit un four qui refroidit et un condensateur qui se charge.
« La vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart avec la température ambiante (20 °C). » Quelle équation ?
Séparer les variables
Toutes les équations précédentes sont linéaires. Certaines équations qui ne le sont pas se résolvent tout de même, pourvu qu'on puisse ranger d'un côté et de l'autre. C'est la méthode déjà employée pour l'équation homogène, et elle se généralise.
Une équation de la forme se résout en trois temps.
- Séparer : , là où ne s'annule pas.
- Intégrer chaque membre : si est une primitive de , le membre de gauche est la dérivée de , d'où , où est une primitive de .
- Isoler quand c'est possible, puis fixer par la condition initiale.
Les valeurs de qui annulent sont à part : ce sont des solutions constantes, les équilibres de l'équation.
Exemple travaillé : une solution qui explose. avec .
- On sépare : .
- Le membre de gauche est la dérivée de , donc . En , cela donne .
- On isole : .
Contrôle en dérivant : ✓
La solution est parfaitement régulière au départ, et pourtant elle n'existe que pour : en , elle part à l'infini. Aucune équation linéaire ne fait cela, leurs solutions sont définies partout où les coefficients le sont. C'est un avant-goût de ce qui rend les équations non linéaires difficiles.
La croissance logistique
Une population qui croît comme grossit sans limite, ce qu'aucune population réelle ne fait. Le modèle corrigé freine la croissance à mesure que l'effectif approche une capacité maximale :
Tant que est petit devant , la parenthèse vaut presque 1 et la croissance est exponentielle. Quand approche , la parenthèse tend vers 0 et la croissance s'arrête. C'est le modèle d'une épidémie, de l'adoption d'une technologie, du remplissage d'un marché.
Avant de résoudre, lire. Comme pour l'exemple du début du chapitre, les équilibres se trouvent en annulant la pente : pour et pour . Entre les deux, la pente est positive et la population croît ; au-dessus de , elle est négative, et une population trop nombreuse décroît vers . L'équilibre attire, l'équilibre 0 repousse.
La résolution. On sépare : . La fraction se décompose en éléments simples : , ce qui se vérifie en réduisant au même dénominateur. Pour , le membre de gauche est donc la dérivée de , d'où
Reste à isoler , en trois lignes. On passe à l'exponentielle, en notant :
puis on divise, et on simplifie la fraction par :
La condition initiale fixe : en , la première égalité donne , donc .
Exemple travaillé. Une application est adoptée par 1 000 utilisateurs au lancement, dans un marché de 10 000, avec par mois. Alors , et . La moitié du marché est atteinte quand , soit mois.
| temps (mois) | f | g |
|---|---|---|
| 0 | 1 | 1 |
| 0,4 | 1,4219 | 1,4918 |
| 0,8 | 1,9826 | 2,2255 |
| 1,2 | 2,6949 | 3,3201 |
| 1,6 | 3,5498 | 4,953 |
| 2 | 4,5085 | 7,3891 |
| 2,197 | 4,9994 | 8,998 |
| 2,4 | 5,5052 | 11,0232 |
| 2,8 | 6,4629 | 16,4446 |
| 3,2 | 7,316 | 24,5325 |
| 3,6 | 8,0262 | 36,5982 |
| 4 | 8,5849 | 54,5982 |
| 4,4 | 9,005 | 81,4509 |
| 4,8 | 9,3104 | 121,5104 |
| 5,2 | 9,527 | 181,2722 |
| 5,6 | 9,6779 | 270,4264 |
| 6 | 9,7818 | 403,4288 |
| 6,4 | 9,8527 | 601,845 |
| 6,8 | 9,9008 | 897,8473 |
| 7,2 | 9,9333 | 1 339,4308 |
| 7,6 | 9,9552 | 1 998,1959 |
| 8 | 9,9699 | 2 980,958 |
Ce que la forme en S enseigne. La croissance la plus rapide a lieu à mi-hauteur, en , là où le produit est maximal. Avant, il y a peu d'individus pour croître ; après, il reste peu de place. Une courbe d'adoption qui ralentit n'annonce donc pas un échec : elle annonce qu'on a passé la moitié du chemin.
Suivre les flèches quand la formule ne vient pas
Les équations de ce chapitre se résolvent par une formule. C'est une chance, et elle ne dure pas : la logistique et sont des exceptions, et dès qu'on quitte le linéaire, la plupart des équations rencontrées en pratique n'ont aucune solution exprimable avec les fonctions usuelles. L'équation , d'apparence anodine, est dans ce cas. Il ne s'agit pas d'une lacune des méthodes connues : c'est démontré.
On les résout alors numériquement, et la méthode la plus simple est exactement le champ de directions du début de chapitre, suivi à petits pas.
Pour partant de , on avance d'un pas en suivant la pente que donne l'équation :
C'est la traduction littérale de « la dérivée est une pente » : on remplace la courbe par sa tangente sur une petite distance, on regarde où l'on est arrivé, et on recommence depuis là.
L'exemple avec s'y prête, puisqu'on connaît sa solution exacte . L'erreur de la méthode peut donc se mesurer, ce qui est le seul moyen honnête de la juger.
Les premiers pas, à la main. Avec un pas , on part de . La pente y vaut , donc on avance de en montant de : en . On recommence depuis là : la pente vaut , et en . La solution exacte vaut au premier point : Euler est déjà un peu au-dessus.
En avançant ainsi jusqu'à , voici ce que la méthode donne selon le nombre de pas, comparé à la valeur exacte .
| Nombre de pas | Valeur obtenue | Erreur | Erreur divisée par |
|---|---|---|---|
| 5 | 2,844480 | 0,115151 | |
| 10 | 2,785252 | 0,055922 | 2,06 |
| 20 | 2,756847 | 0,027517 | 2,03 |
| 40 | 2,742976 | 0,013646 | 2,02 |
| 80 | 2,736124 | 0,006795 | 2,01 |
Le rapport de la dernière colonne se retrouve sur n'importe quelle équation dont la solution est régulière : ce n'est pas une propriété de celle-ci, c'est une propriété de la méthode.
Le dessin explique le tableau. L'erreur ne vient pas d'une pente mal calculée, elle vient de ce qu'on garde cette pente pendant toute la longueur du pas alors que la vraie pente diminue en chemin. Plus le pas est court, moins la pente a le temps de changer, et moins on se trompe.
C'est pourquoi les vrais solveurs n'utilisent pas Euler mais des méthodes d'ordre 4, où diviser le pas par deux divise l'erreur par seize. Le principe reste le même : suivre les flèches, mais en regardant mieux où l'on met le pied.
Pourquoi la formule exacte garde toute sa valeur. Une solution numérique donne des nombres, pour un jeu de paramètres et un seul. La formule exacte, elle, donne le comportement : on y lit d'un coup d'œil qu'il y a un équilibre en , que le transitoire s'éteint en , et comment ces deux réponses dépendent de chaque paramètre.
C'est ce qui permet de dimensionner un système au lieu de le tester au hasard. Résoudre à la main quand c'est possible n'est donc pas une coquetterie.
Le premier ordre, autant de fois qu'il faut
Trois quantités se lisent sur une équation du premier ordre sans la résoudre entièrement : l'équilibre, l'exposant de l'exponentielle et la constante fixée par le départ. Les trois se calculent en quelques secondes, et le signe du coefficient se retourne entre l'équation et sa solution.
Lire une équation du premier ordre sans la résoudre
Soit l'équation , où est une fonction de , avec .
- La valeur d'équilibre, celle qui annule
- Le coefficient de dans l'exponentielle de la solution
- La constante telle que vaille la valeur donnée
La deuxième question est celle qui compte. Le coefficient écrit dans l'énoncé et celui qui apparaît dans la solution sont opposés, et se tromper de signe transforme une extinction en explosion sans qu'aucune autre ligne de la copie ne soit fausse.
La méthode sur feuille
- Normaliser l'équation : la ramener à un coefficient 1 devant .
- Identifier le type : linéaire ou non ? homogène ou avec second membre ? coefficients constants ou fonction de x ? Puis récrire l'équation sous la forme exacte de la formule qu'on va appliquer, terme en à gauche ou à droite, et lire le signe à ce moment-là.
- Résoudre l'homogène d'abord. Toujours. C'est là qu'est la constante.
- Chercher une solution particulière de la même forme que le second membre. Vérifier d'abord qu'elle n'est pas déjà solution de l'homogène. Sinon, multiplier par x. Si aucune forme ne convient, passer à la variation de la constante, qui ne demande aucune devinette.
- Additionner les deux.
- Appliquer la condition initiale en dernier, sur la solution complète.
- Contrôler en dérivant la solution et en la réinjectant dans l'équation, pour tout et non en un seul point. C'est gratuit et ça attrape tout.
- Pour un problème concret, contrôler le comportement à l'infini : si le modèle décrit un refroidissement, la solution doit tendre vers la température ambiante, et le coefficient de doit être négatif pour qu'elle le fasse. Le champ de directions donne la réponse d'avance, et sans calcul.
Mettre en pratique
Cinq questions sur les deux équations du chapitre. Les trois dernières portent sur le régime qui s'installe, qui est ce qu'on cherche presque toujours en pratique.
Résoudre, puis lire la solution
- 1.
La solution de qui vérifie . Combien vaut ?
- 2.
Pour , vers quelle valeur la solution tend-elle quand le temps grandit ?
- 3.
La solution de qui part de . Combien vaut ?
- 4.
Une grandeur suit . Au bout de combien de temps a-t-elle perdu la moitié de sa valeur ?
- 5.
Un système de constante de temps part de zéro vers son équilibre. Au bout de combien de temps en atteint-il 95 % ?
Résoudre avec
On récrit d'abord l'équation sous la forme du cas fondamental : . Le coefficient vaut donc , et non 3.
Solution générale : . Puis , donc .
Contrôle en dérivant : , donc ✓
Résoudre
On met sous forme normalisée : .
Équilibre : . Homogène : .
, et toutes les solutions tendent vers 4, puisque le coefficient est négatif.
Résoudre
Homogène : → .
Particulière : on essaie (ce n'est pas solution de l'homogène, pas de problème de résonance). Alors , donc et .
Résoudre
Homogène : .
Particulière : est déjà solution de l'homogène → cas résonnant. On essaie , dont la dérivée est . En injectant : , donc .
Résoudre sur
Ici , dont une primitive est .
Contrôle : , et ✓
| x | f | g |
|---|---|---|
| 0,35 | 8,1633 | 24,4898 |
| 0,4825 | 4,2954 | 12,8863 |
| 0,615 | 2,6439 | 7,9318 |
| 0,7475 | 1,7897 | 5,3691 |
| 0,88 | 1,2913 | 3,874 |
| 1,0125 | 0,9755 | 2,9264 |
| 1,145 | 0,7628 | 2,2883 |
| 1,2775 | 0,6127 | 1,8382 |
| 1,41 | 0,503 | 1,509 |
| 1,5425 | 0,4203 | 1,2609 |
| 1,675 | 0,3564 | 1,0693 |
| 1,8075 | 0,3061 | 0,9183 |
| 1,94 | 0,2657 | 0,7971 |
| 2,0725 | 0,2328 | 0,6984 |
| 2,205 | 0,2057 | 0,617 |
| 2,3375 | 0,183 | 0,5491 |
| 2,47 | 0,1639 | 0,4917 |
| 2,6025 | 0,1476 | 0,4429 |
| 2,735 | 0,1337 | 0,4011 |
| 2,8675 | 0,1216 | 0,3649 |
| 3 | 0,1111 | 0,3333 |
Une population de 1 000 bactéries double toutes les 3 heures. Combien en compte-t-elle après 12 h ?
Modèle : , donc .
Le doublement en 3 h donne , donc .
bactéries.
On pouvait répondre sans calcul : 12 h = 4 doublements = ×16.
| t (heures) | f |
|---|---|
| 0 | 1 000 |
| 0,6 | 1 148,699 |
| 1,2 | 1 319,5094 |
| 1,8 | 1 515,7191 |
| 2,4 | 1 741,1051 |
| 3 | 2 000,0056 |
| 3,6 | 2 297,4045 |
| 4,2 | 2 639,0262 |
| 4,8 | 3 031,4468 |
| 5,4 | 3 482,2199 |
| 6 | 4 000,0226 |
| 6,6 | 4 594,8219 |
| 7,2 | 5 278,0674 |
| 7,8 | 6 062,9107 |
| 8,4 | 6 964,4595 |
| 9 | 8 000,0677 |
| 9,6 | 9 189,6698 |
| 10,2 | 10 556,1645 |
| 10,8 | 12 125,8556 |
| 11,4 | 13 928,9582 |
| 12 | 16 000,1804 |
Un médicament est éliminé à une vitesse proportionnelle à la quantité présente. Six heures après une injection de 200 mg, il en reste 50 mg. Quand en restera-t-il moins de 10 mg ?
Traduire : la quantité , en milligrammes et en heures, vérifie avec , donc .
Tirer de la mesure : , soit , donc par heure.
Prédire : demande , soit heures.
Contrôler : passer de 200 à 50 mg, c'est diviser par 4, donc deux demi-vies en 6 heures, soit une demi-vie de 3 heures. Diviser par 20, c'est un peu plus de quatre demi-vies, puisque : un peu plus de 12 heures. Le résultat de 13 heures est cohérent.
Résoudre avec
L'équation n'est pas linéaire, puisque y passe dans une exponentielle. On sépare les variables : .
Le membre de gauche est la dérivée de , donc . En , .
On isole : , qui n'a de sens que pour .
Contrôle en dérivant : , et ✓
Appliquer deux pas de la méthode d'Euler, de pas 0,5, à avec , et comparer à la valeur exacte en 1
La relation d'Euler s'écrit .
Premier pas : en . Second pas : en .
La solution exacte est , qui vaut en 1. L'erreur vaut environ 0,47, soit 17 % : deux pas, c'est beaucoup trop peu.
Avec un pas de 0,25, il faut quatre pas, et on trouve , soit une erreur de 0,28. Le pas divisé par deux n'a divisé l'erreur que par 1,7 : le rapport 2 de l'ordre 1 n'apparaît que pour des pas plus petits.
Chapitre révisé en octobre 2026 · Une erreur dans ce chapitre ?
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L'équilibre et le transitoire, la constante de temps, ce que la condition initiale fixe.
- L'équilibre et le transitoireNiveau 3
- La constante de tempsNiveau 4
- Ce que la condition initiale fixeNiveau 3
- Tirer le paramètre d'une mesureNiveau 4