Le second ordre : le circuit R-L-C
Ce que ce chapitre apporte 6 points
- Écrire l'équation différentielle d'un circuit R-L-C série à partir de la loi des mailles, et y reconnaître un second ordre.
- Calculer la pulsation propre et le coefficient d'amortissement d'un montage.
- Écrire l'équation caractéristique, dire pourquoi le signe de son discriminant ne dépend que de l'amortissement, nommer le régime qui en résulte et donner la forme de la réponse qui lui correspond.
- Calculer la résistance critique d'un circuit, et dire ce qu'elle sépare.
- Chiffrer un dépassement et une pseudo-période, et dire de quoi chacun dépend.
- Reconnaître la même équation dans un système mécanique, et transporter le vocabulaire d'un domaine à l'autre.
Une borne rapide du parc de recharge pour véhicules électriques de Belmarais lisse son bus continu de 400 V par un condensateur de 2 mF, que le chapitre précédent préchargeait à travers une résistance de 100 Ω, court-circuitée ensuite par un contacteur. Le constructeur propose de supprimer la résistance et son contacteur : à la mise sous tension, le condensateur, déchargé, recevrait les 400 V d'un coup à travers un filtre d'entrée, une bobine de 1 mH et une résistance de 1 Ω en série avec lui, qui arrête aussi les parasites du redresseur.
La bobine stocke de l'énergie, comme le condensateur. Avec deux composants qui stockent, l'énergie peut passer de l'un à l'autre, aller et revenir, et la tension du condensateur ne monte plus forcément en exponentielle. Or ce condensateur est donné pour 450 V. Inès Barral, responsable d'exploitation, veut savoir si sa tension dépasserait alors 400 V, et de combien. Hugo Sellier, technicien de maintenance, propose une bobine de 5 mH, qui filtrerait mieux ces parasites : le condensateur supporterait-il encore la mise sous tension ?
Deux réservoirs au lieu d'un
Un condensateur stocke l'énergie dans un champ électrique, une bobine dans un champ magnétique. Mis ensemble, ils peuvent se la passer : le condensateur se décharge dans la bobine, qui établit un courant, qui recharge le condensateur en sens inverse, et ainsi de suite.
D'où vient l'oscillation. Un seul composant de stockage ne peut que se remplir ou se vider : l'énergie n'a qu'un seul endroit où aller, et le régime est monotone.
Deux composants de stockage ouvrent un aller-retour. La résistance, elle, ne stocke rien : elle prélève une part de l'énergie à chaque passage, et c'est ce prélèvement qui décide si l'aller-retour a lieu plusieurs fois ou pas du tout, la frontière entre les deux étant le régime critique.
L'équation du montage
Une résistance , une bobine et un condensateur sont en série, et le montage reçoit à l'instant zéro un échelon de tension , le condensateur étant déchargé. L'équation s'écrit en trois gestes, avec les deux relations de composant du chapitre précédent.
La loi des mailles. La tension de la source se partage entre les trois composants :
Une seule inconnue. Le courant de la maille est celui du condensateur, . En dérivant une fois de plus, . En remplaçant les deux dans la loi des mailles :
La forme canonique. En divisant tout par pour que la dérivée seconde soit seule devant :
que l'on écrit sous la forme canonique :
La dérivée seconde est ce qui fait de ce montage un second ordre : il a fallu dériver deux fois pour que les trois tensions s'expriment avec la même grandeur, parce que deux composants stockent.
Les deux nombres qui décident de tout
La pulsation propre est celle à laquelle le circuit oscillerait sans aucune résistance. Elle s'exprime en radians par seconde.
Le coefficient d'amortissement est sans dimension, et c'est lui seul qui décide du régime.
Les deux s'obtiennent en comparant les deux écritures de l'équation, coefficient par coefficient. Devant : . Devant la dérivée première : , donc .
Que soit sans dimension n'est pas un détail d'écriture. Cela signifie qu'un circuit électrique, une suspension et un asservissement de position se comparent par le même nombre, et qu'un réglage trouvé dans un domaine se transporte tel quel dans l'autre.
Le chapitre de mathématiques sur les oscillations résout exactement cette équation, sous la forme . La correspondance tient en une ligne : .
Là-bas, s'appelle facteur d'amortissement, s'exprime en s⁻¹ et se compare à : le régime critique est . Ici, est le même critère rendu sans dimension, et il se compare à 1 : le régime critique est . Les deux écritures disent la même chose, et un résultat lu dans l'une se traduit dans l'autre en multipliant ou en divisant par .
1.Une bobine de 4 mH et un condensateur de 10 µF sont en série avec une résistance. Que vaut la pulsation propre du montage ?
2.Sans la bobine, le même condensateur se chargerait à travers une résistance de 50 Ω, comme au chapitre précédent. Quelle serait sa constante de temps ?
Pourquoi trois régimes, et pas un de plus
L'équation sans second membre admet des solutions de la forme . En dérivant deux fois et en remplaçant, le facteur , jamais nul, se simplifie, et il reste l'équation caractéristique :
Son discriminant réduit vaut . Le facteur est toujours positif : le signe ne dépend que de , et c'est pour cela que est la frontière.
Les trois régimes, et la forme de la réponse de chacun. : régime apériodique. Deux racines réelles, toutes deux négatives, . La réponse est une somme de deux exponentielles, : elle monte vers sa valeur finale sans jamais la dépasser. C'est la racine la plus proche de zéro, , qui s'éteint le plus lentement et commande la fin de la réponse.
: régime critique. Une racine double, , et la réponse . Elle atteint sa valeur finale le plus vite possible sans la dépasser.
: régime pseudo-périodique. Deux racines complexes, . La réponse est une sinusoïde amortie, , avec : elle dépasse sa valeur finale, puis oscille autour d'elle en s'amortissant.
Les constantes et du régime apériodique, comme celles qui ont donné les deux autres formes, se fixent par les deux conditions initiales : , puisque le condensateur est déchargé, et , puisque la bobine impose la continuité du courant.
La lettre désigne l'unité imaginaire, , notée en mathématiques : en électricité, est déjà le courant. La partie réelle des racines, , donne la vitesse d'extinction, en ; leur partie imaginaire, , donne la pseudo-pulsation des oscillations. Le chapitre de mathématiques sur les complexes donne tout ce qu'il faut pour lire ces racines, et le chapitre sur Fresnel et les complexes y reviendra.
Régime pseudo-périodique · amortissement 0,250 · pulsation propre 10 krad/s · dépassement 44,4 % · pseudo-période 649 µs · résistance critique 200 Ω.
| Instant | Tension | Courant |
|---|---|---|
| 0 s | 0 V | 0 A |
| 100 µs | 1,96 V | 33,1 mA |
| 200 µs | 5,35 V | 29,3 mA |
| 300 µs | 7,15 V | 5,72 mA |
| 400 µs | 6,69 V | -12,7 mA |
| 500 µs | 5,18 V | -14,7 mA |
| 600 µs | 4,14 V | -5,26 mA |
| 700 µs | 4,13 V | 4,26 mA |
| 800 µs | 4,75 V | 6,95 mA |
| 900 µs | 5,31 V | 3,55 mA |
| 1 ms | 5,42 V | -1,08 mA |
| 1,1 ms | 5,19 V | -3,11 mA |
| 1,2 ms | 4,91 V | -2,09 mA |
| 1,3 ms | 4,8 V | 42,4 µA |
| 1,4 ms | 4,88 V | 1,3 mA |
| 1,5 ms | 5,02 V | 1,13 mA |
| 1,6 ms | 5,08 V | 203 µA |
| 1,7 ms | 5,06 V | -504 µA |
| 1,8 ms | 5,01 V | -568 µA |
| 1,9 ms | 4,97 V | -196 µA |
| 2 ms | 4,97 V | 172 µA |
Chercher la position où la ligne sous la figure annonce le régime critique : la résistance y vaut la résistance critique indiquée, 200 Ω, et c'est la plus petite résistance qui ne produise aucun dépassement.
Continuer vers la droite : la courbe devient de plus en plus lente, et le régime permanent n'est plus atteint dans la fenêtre. Une résistance très grande ralentit donc, alors qu'une résistance modérée accélérait.
Suivre le panneau du bas pendant tout le déplacement : le courant part toujours de zéro, parce que c'est la bobine qui impose sa continuité.
C'est la valeur qui rend . En dessous, le circuit oscille ; au-dessus, il n'oscille pas. L'amortissement n'est alors rien d'autre que le rapport .
mH et µF donnent rad/s, soit une fréquence propre de Hz.
La résistance critique vaut Ω.
L'amortissement se calcule alors sans effort : . Avec les 50 Ω de la figure, , et le régime est pseudo-périodique.
Les racines valent : la réponse s'éteint en et oscille à la pseudo-pulsation rad/s, soit une pseudo-période d'environ 649 µs.
Un circuit R-L-C série a une résistance critique de 400 Ω. Sa résistance réelle vaut 100 Ω. Quel est son régime ?
Le dépassement ne dépend que de l'amortissement
C'est le résultat le plus utile du chapitre, et le plus surprenant au premier abord.
exprimé en fraction de la valeur finale, et atteint à la demi-pseudo-période.
La formule sort directement de la réponse pseudo-périodique. À , soit , le cosinus vaut et le sinus s'annule : il reste , et l'exposant vaut exactement .
Ni , ni , ni n'apparaissent séparément : seul compte. Deux circuits qui n'ont aucune valeur de composant en commun, mais le même amortissement, dépassent exactement du même pourcentage. Ce qui les distingue est la vitesse à laquelle ils le font, et c'est qui la fixe.
| Amortissement | Dépassement |
|---|---|
| 0,1 | 73 % |
| 0,25 | 44 % |
| 0,5 | 16 % |
| 0,7 | 4,6 % |
| 1 | aucun |
Pourquoi 0,7 revient partout. Un amortissement de l'ordre de donne un dépassement de quelques pour cent seulement, tout en restant nettement plus rapide que le régime critique.
C'est le compromis retenu par défaut dans presque tous les réglages d'asservissement, et la raison pour laquelle cette valeur se rencontre bien au-delà de l'électricité.
Le régime critique est le plus rapide parmi ceux qui ne dépassent pas. Si un dépassement est tolérable, un régime pseudo-périodique atteint la valeur finale plus tôt.
Le choix ne se fait donc pas sur la vitesse seule, mais sur ce que le dépassement coûte : sur un ascenseur il se paierait en confort, sur un bras de robot en collision.
La pseudo-période
Ce n'est pas une période au sens strict, puisque le signal ne se répète pas à l'identique : il décroît d'un passage au suivant. C'est l'intervalle entre deux passages successifs dans le même sens, et il se mesure directement sur un relevé. Le facteur vient de la partie imaginaire des racines : l'amortissement ne fait pas que réduire l'amplitude, il ralentit aussi les oscillations.
Pour un amortissement faible, est proche de 1 et la pseudo-période se confond presque avec la période propre. À , l'écart n'est encore que de 15 %.
Deux circuits R-L-C ont le même amortissement, mais le second a des composants quatre fois plus petits en produit . Que peut-on dire de leurs réponses ?
La même équation ailleurs
L'équation canonique de ce chapitre ne contient aucune grandeur électrique. Elle décrit tout système qui possède deux réservoirs d'énergie et une perte.
| Circuit R-L-C | Masse, ressort et amortisseur | |
|---|---|---|
| Grandeur suivie | tension | position |
| Premier réservoir | condensateur, par l'inverse de sa capacité | ressort de raideur |
| Second réservoir | bobine | masse |
| Perte | résistance | amortisseur |
| Pulsation propre |
La masse est notée pour ne pas la confondre avec l'amortissement ; le chapitre de mathématiques, qui n'emploie pas cette lettre pour l'amortissement, la note . C'est l'inverse de la capacité qui joue le rôle de la raideur : un petit condensateur, comme un ressort raide, rappelle fort.
Ce qui se transporte, et ce qui ne se transporte pas. Ce qui se transporte est la machine mathématique : les trois régimes, la formule du dépassement, le rôle de l'amortissement, la valeur 0,7.
Ce qui ne se transporte pas est la mise en équation. Écrire la loi des mailles sur un circuit et écrire le principe fondamental de la dynamique sur une masse sont deux gestes différents, qui s'apprennent séparément.
Reconnaître l'équation une fois qu'elle est écrite fait gagner beaucoup de temps ; croire que la reconnaître dispense de savoir l'écrire en fait perdre encore plus.
Le chapitre des impédances retrouvera ce même amortissement sous un autre nom, le facteur de qualité , qui chiffre la surtension d'un circuit à la résonance.
Une masse de 2 kg repose sur un ressort de raideur 800 N/m, freiné par un amortisseur de constante 48 N·s/m. En transportant la formule de l'amortissement par le tableau, que vaut ?
La méthode
- Écrire la loi des mailles sur le circuit, puis remplacer la tension de chaque composant par sa relation, et , pour obtenir une équation en une seule grandeur.
- Identifier la forme canonique par comparaison des coefficients, et en tirer et .
- Calculer la résistance critique , et comparer la résistance réelle à cette valeur. Le rapport des deux est l'amortissement.
- Nommer le régime avant tout calcul de réponse : il décide de la forme de la solution, et une forme choisie au hasard rend un résultat faux qui ressemble à un résultat juste.
- Chiffrer le dépassement par la formule, s'il y a lieu, en se rappelant qu'il ne dépend que de .
- Vérifier les unités avant le résultat : est en radians par seconde, est en ohms, et l'amortissement est sans dimension. Un coefficient qui porterait une unité signale une formule inversée, et c'est précisément celle qui décide du régime.
- Contrôler aux deux bouts : la réponse part de sa valeur initiale, le courant part de zéro puisque la bobine l'impose, et tout se termine sur la valeur du régime établi.
Mettre en pratique
Le calcul répond à la première question de l'ouverture, et le premier exercice type à la seconde.
Le filtre d'entrée sous 400 V
- 1.
Le filtre d'entrée de l'ouverture met en série une résistance de 1 Ω, une bobine de 1 mH et le condensateur de 2 mF. Quelle est sa pulsation propre, en radians par seconde (rad/s), à 1 rad/s près ?
- 2.
Quelle est sa résistance critique, en ohms, à 0,01 Ω près ?
- 3.
Que vaut son amortissement, à 0,01 près ?
- 4.
Le condensateur part déchargé et reçoit 400 V d'un coup. Quelle tension maximale atteint-il, en volts, à 1 V près ?
La première question de l'ouverture a sa réponse : le filtre d'entrée a une pulsation propre de 707,1 rad/s, soit une fréquence propre de 112,5 Hz, une résistance critique de 1,414 Ω et un amortissement de 0,7071, la valeur de compromis du chapitre. La tension du condensateur culmine à 417,3 V, 4,3 % au-dessus de 400 V et bien sous ses 450 V : la mise sous tension sans précharge ne le détruirait pas. Le dépassement vaut ici exactement , parce que vaut 1 quand .
Le condensateur tiendrait-il la mise sous tension avec la bobine de 5 mH que propose le technicien ?
À Belmarais, Hugo Sellier propose de remplacer la bobine de 1 mH du filtre d'entrée d'une borne rapide par une bobine de 5 mH, qui filtrerait mieux les parasites du redresseur. La résistance du filtre reste de 1 Ω, et le condensateur de bus, de 2 mF, est donné pour 450 V. Sans résistance de précharge, ce condensateur, déchargé, reçoit 400 V d'un coup à travers le filtre à chaque mise sous tension. Calculer la pulsation propre, en rad/s, à 0,1 rad/s près, l'amortissement, à 0,001 près, puis la tension maximale du condensateur, en volts, à 1 V près, et dire s'il tiendrait. S'il ne tient pas, chiffrer la plus petite résistance du filtre qui le ferait tenir, en ohms, à 0,01 Ω près.
Par où commencer ? Calculer d'abord ce qui ne dépend que de la bobine et du condensateur, puis situer la résistance du filtre par rapport à ce repère.
Le corrigé
- Calculer la pulsation propre. rad/s : une bobine cinq fois plus grande divise la pulsation propre par , sans rien dire encore du dépassement.
- Calculer la résistance critique. , parce qu'elle seule sert de repère à la résistance du filtre : elle a grandi avec la bobine, alors que la résistance est restée à 1 Ω.
- En déduire l'amortissement. . Il est inférieur à 1 : le régime est pseudo-périodique, et la tension dépassera 400 V.
- Chiffrer le dépassement. , donc , soit 35,1 % de la valeur finale. Seul l'amortissement y entre, ce qui dispense de résoudre l'équation.
- Calculer la tension maximale et conclure. V, bien au-delà des 450 V : avec la bobine de 5 mH, la mise sous tension détruirait le condensateur. C'est la réponse à l'ouverture : la bobine qui filtre mieux amortit moins, parce qu'elle fait grandir la résistance critique.
- Chercher l'amortissement qui suffirait. Le dépassement admis vaut . donne , soit ; en élevant au carré, , d'où . La résistance du filtre doit donc valoir au moins : garder la bobine de 5 mH demande 0,75 Ω de plus.
- Vérifier. Avec 1,75 Ω, , , et la tension maximale vaut V : la limite est tenue, de justesse. L'amortissement est bien sans unité, comme le rapport de deux résistances.
Faut-il porter la résistance du filtre à sa valeur critique pour supprimer tout dépassement ?
Le filtre d'entrée de 1 mH et 2 mF a une résistance critique de 1,414 Ω. Pour que la tension du condensateur ne dépasse jamais 400 V, le constructeur propose d'ajouter 0,414 Ω en série au 1 Ω du filtre. Écrire l'équation du montage ainsi modifié avec ses valeurs numériques, puis son équation caractéristique, sa racine et la réponse à un échelon de 400 V, le condensateur étant déchargé. Calculer la tension du condensateur 5 ms après l'échelon, en volts, à 1 V près, et la comparer aux 406,7 V qu'atteint au même instant le filtre de 1 Ω. Dire enfin s'il vaut mieux garder 1 Ω.
Par où commencer ? Chiffrer les deux coefficients de la forme canonique, puis regarder le discriminant de l'équation caractéristique avant de choisir la forme de la réponse.
Pourquoi la réponse du filtre modifié s'écrit-elle avec le facteur ?
Le corrigé
- Écrire l'équation du montage. La loi des mailles, avec , donne après division par : , avec s⁻¹, s⁻² et V/s². La dérivée seconde dit le second ordre : deux composants stockent.
- Écrire l'équation caractéristique. . Son discriminant vaut : la résistance égale la résistance critique, , et le régime est critique.
- En tirer la racine double. s⁻¹, soit : la réponse s'éteint en , sans osciller.
- Écrire la réponse. , dont les constantes viennent des deux conditions initiales : elle part de 0 avec une pente nulle, puisque le courant part de zéro, et tend vers 400 V sans le dépasser.
- Calculer la tension à 5 ms. , et : V.
- Comparer et conclure. Le filtre de 1 Ω, de racines , atteint 400 V dès que , soit et ms, puis 406,7 V à 5 ms, quand le filtre critique n'en est qu'à 347 V. Il ne dépasse 400 V que de 4,3 %, sous les 450 V du condensateur. Le régime critique est le plus rapide parmi ceux qui ne dépassent pas, pas le plus rapide en tout : mieux vaut garder 1 Ω, dont le petit dépassement ne menace pas le condensateur et qui amène la tension plus tôt.
- Vérifier. À 10 ms, et la réponse critique vaut V : elle approche 400 V par en dessous, sans l'atteindre, comme le veut un régime critique. Les unités se tiennent : , en s⁻¹, multiplie une dérivée en V/s, et , en s⁻², multiplie une tension.
Le contrôleur d'un moteur de drone supporte-t-il le branchement de sa batterie ?
Un fabricant de drones de cartographie branche la batterie de 22,2 V d'un appareil sur le contrôleur d'un moteur. Le condensateur d'entrée du contrôleur, de 470 µF, part déchargé et reçoit la tension d'un coup à travers les câbles, qui présentent en série une inductance de 4,7 µH et une résistance de 0,08 Ω. Les composants du contrôleur sont donnés pour 25 V. Calculer la pulsation propre, en rad/s, à 1 rad/s près, l'amortissement, à 0,01 près, puis la tension maximale du condensateur, en volts, à 0,1 V près, et dire si le contrôleur la supporte. S'il ne la supporte pas, chiffrer la plus petite résistance série qui le protégerait, en ohms, à 0,001 Ω près.
Par où commencer ? Chercher d'abord ce que fixent l'inductance des câbles et le condensateur seuls, puis y comparer la résistance des câbles.
Le corrigé
- Calculer la pulsation propre. rad/s, soit une fréquence propre d'environ 3,4 kHz : tout se joue en une fraction de milliseconde.
- Calculer la résistance critique. , le repère auquel comparer la résistance des câbles.
- En déduire l'amortissement. : le régime est pseudo-périodique, et la tension dépassera 22,2 V.
- Chiffrer le dépassement. , donc , soit 25,4 % : seul l'amortissement y entre.
- Calculer la tension maximale et conclure. V, au-delà des 25 V : le simple branchement de la batterie peut détruire le contrôleur.
- Chercher l'amortissement qui suffirait. Le dépassement admis vaut , d'où , et, en élevant au carré, . La résistance série doit valoir au moins .
- Vérifier. Avec , et la tension maximale vaut V : la limite est atteinte, sans plus. Une résistance un peu plus forte garde une marge : avec 0,12 Ω, , le dépassement tombe à 9,5 % et la tension à 24,3 V. La démarche est celle du premier exercice : la résistance critique d'abord, puis l'amortissement, qui seul décide du dépassement.
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