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Le système, ses variables d'état et les ordres de grandeur

Ce que ce chapitre apporte 6 points
  • Qualifier la frontière d'un système : ouverte ou fermée, adiabatique ou diatherme, rigide ou mobile.
  • Classer une grandeur : variable d'état ou grandeur d'échange, extensive ou intensive.
  • Appliquer le principe zéro à trois corps pour conclure sur leur équilibre thermique.
  • Convertir une pression relative en pression absolue.
  • Convertir une température, une pression et une énergie en unités du système international.
  • Contrôler l'ordre de grandeur d'un résultat contre les repères du chapitre.

Les Eaux d'Escarlens mettent en bouteilles une eau gazeuse, captée à 13 °C. Elles la refroidissent à 4 °C, car le dioxyde de carbone (CO₂) se dissout mieux dans l'eau froide, la gazéifient, soufflent leurs bouteilles à l'air comprimé et les remplissent. Le froid, l'air comprimé et la vapeur de nettoyage pèsent sur la facture d'énergie : Nadia Ferrand, responsable maintenance et énergie, doit la faire baisser, et le parcours suit ses questions.

Elle revient de la salle des compresseurs avec trois nombres : 40 bar au manomètre du réservoir d'air, resté fermé depuis la veille ; 20 °C au thermomètre de la salle ; 1 620 kilowattheures (kWh) au compteur d'un compresseur, qui a tourné 18 heures. Elle voudrait savoir à quelle pression et à quelle température se trouve l'air du réservoir, et quelle puissance le compresseur a appelée.

Deux questions se posent avant tout calcul. De quoi parle-t-on exactement : de l'air seul, du réservoir avec ses parois, de toute la salle ? Et ces trois nombres, tels qu'ils sont écrits, peuvent-ils entrer dans une formule, ou faut-il d'abord les ramener aux unités du système international ? Ce chapitre ouvre le parcours : il ne suppose aucun chapitre antérieur.

Tracer la frontière

Pendant que le compresseur remplit le réservoir de 3 m³, l'air s'échauffe et cède 50 kJ de chaleur à la paroi d'acier, qui en cède 40 à l'air de la salle. La chaleur est de l'énergie qui passe d'un corps chaud à un corps plus froid, et le kilojoule (kJ) une unité d'énergie. Combien de chaleur sort de « l'air » du réservoir ? Les deux nombres sont justes : 50 kJ si l'on parle de l'air seul, 40 kJ si l'on parle de l'air et de la paroi ensemble. La question n'a de réponse qu'une fois dit de quoi l'on parle.

Système, milieu extérieur et frontière

Un système est la portion de matière que l'on choisit d'étudier. Ce qui reste s'appelle le milieu extérieur, et la surface qui les sépare la frontière.

Le mot important est choisit. La frontière n'existe pas dans la nature : c'est une décision, et deux choix différents sur le même problème mènent à deux bilans différents, c'est-à-dire à deux comptes différents de ce qui entre et sort, tous deux justes.

Trois sortes de frontières. Une frontière est fermée si la matière ne la traverse pas, et ouverte si elle la traverse.
Une frontière est adiabatique si la chaleur ne la traverse pas, et diatherme sinon.
Une frontière est rigide si elle ne se déforme pas, et mobile sinon.

Ces trois qualificatifs sont indépendants : un autocuiseur sur le feu est fermé et rigide, mais diatherme. Chacun dit ce qui peut traverser la frontière, et se décide par sa propre question. Le système prend le nom de sa frontière, ouvert ou fermé ; celui que rien ne traverse, ni matière ni énergie, est dit isolé. C'est un idéal : un thermos bouché s'en approche, et finit pourtant par refroidir, assez lentement pour que l'hypothèse tienne le temps du problème.

Quelle installation du site forme, à elle seule, un système fermé ?

Captage etcuve de têteÉchangeur àplaquesGroupe d'eauglacéeCuve de CO₂et vaporiseurSaturateurSouffleuseetremplissageCompresseursRéservoird'airChaudière dunettoyageBâtiment

Réponse : le groupe d'eau glacée.

Système fermé : aucune matière ne traverse sa frontière, seulement de l'énergie, ici de la chaleur et de l'électricité.

  1. Chaleur prise à l'eau, énergie : entre depuis l'échangeur à plaques.
  2. Électricité du groupe, énergie : entre depuis le réseau électrique.
  3. Chaleur du condenseur, énergie : sort vers l'air extérieur.

MatièreEauCO₂AirCombustible

ÉnergieChaleurÉlectricité

Un trait qui s'arrête au bord de la carte vient du dehors du site, ou y va.

Les Eaux d'Escarlens en marche, vannes ouvertes, et les circuits qui relient ses installations. Chaque installation se choisit comme système, seule ou avec d'autres ; la figure trace alors sa frontière et numérote les circuits qui la traversent.
À manipuler
Choisir le réservoir d'air et vérifier : l'air comprimé entre et sort, le système est ouvert.
Lui ajouter les compresseurs : l'air qui passe de l'un à l'autre ne traverse plus la frontière, mais l'air aspiré dehors la traverse, et le système reste ouvert.
Chercher ensuite l'installation qui forme seule un système fermé, et noter ce qui traverse sa frontière. Ouvert ou fermé se dit du système choisi, pas de la machine : un fluide qui circule ne rend pas le système ouvert tant qu'il reste en deçà de la frontière.
Le choix de la frontière décide du signe

Une chaleur reçue par l'air est une chaleur cédée par la paroi : le même échange s'écrit avec deux signes opposés selon la frontière choisie.

Ce parcours compte du point de vue du système, avec la convention du receveur, que les manuels appellent aussi convention égoïste : ce qui entre dans le système est compté positivement, ce qui en sort négativement. Le chapitre sur la chaleur et la capacité thermique la met en œuvre, et celui sur le premier principe en tire les signes du travail.

Ce qui décrit l'intérieur

Une même eau passe de 13 à 25 °C dans une cuve. Une première fois, une résistance l'a chauffée ; une seconde fois, une hélice l'a brassée assez longtemps pour obtenir le même échauffement. Le thermomètre plongé dedans affiche 25 °C dans les deux cas : il ne dit rien du chemin suivi.

Variable d'état et grandeur d'échange

Une variable d'état décrit le système à un instant, indépendamment de la façon dont il y est arrivé. La pression, le volume, la température, la masse et la quantité de matière en sont.

Le travail et la chaleur ne sont pas des variables d'état : ce sont des échanges, des énergies qui traversent la frontière pendant une transformation, le passage d'un état à un autre. Le travail est l'énergie échangée par une force qui déplace une paroi, comme le piston d'un cylindre.

On peut dire qu'un gaz est à 300 K ; on ne peut pas dire qu'il contient du travail, ni de la chaleur. La distinction paraît formelle et elle commande tout le parcours : les chapitres suivants additionnent des échanges, et ne le font juste qu'en les gardant à part des états. La quantité de matière se compte en moles : une mole est un paquet de 6 × 10²³ molécules, comme une douzaine est un paquet de douze.

masse posée, piston librele gaz reçoit2530354045500,81,01,2300 K600 K12V (L)P (bar)

1,00 bar · 24,9 L · 300 K · masse posée sur un piston libre

Bilan de chaque transformation
ÉtapeQ
1 → 2 isobare8,73 kJ

Les grandeurs en gras sont reçues par le gaz : une valeur négative signifie qu'il en fournit.

isobare, masse posée sur un piston libre. 1,00 bar · 24,9 L · 300 K.
Une mole de gaz dans un cylindre fermé par un piston mobile, chauffée sous pression constante. Le gaz est diatomique, c'est-à-dire fait de molécules à deux atomes comme l'air ; le cylindre et le diagramme montrent le même état au même instant.
À manipuler
Dérouler la transformation et suivre le piston : il monte, et le point court sur une horizontale du diagramme, ce qui veut dire « à pression constante ».
Relever la pression, le volume et la température au départ et à l'arrivée : la pression n'a pas bougé, alors que le volume et la température ont doublé.
Lire la flèche sous le cylindre et la colonne Q du tableau, la chaleur reçue : elle est positive, le gaz en reçoit. Cette chaleur décrit le chemin parcouru, non un état du gaz.

Une réunion de deux cuves pose un autre problème. Deux cuves identiques de 3 000 L d'eau à 13 °C sont réunies : le volume fait 6 000 L, mais la température ne fait pas 26 °C.

Grandeur extensive et grandeur intensive

Une grandeur est extensive si elle double quand on double le système : le volume, la masse, la quantité de matière, l'énergie.

Elle est intensive si elle ne bouge pas : la pression, la température, la masse volumique.

Le contrôle est immédiat et ne se trompe jamais : couper le système en deux par la pensée, et regarder ce que devient la grandeur. Le rapport de deux grandeurs extensives est intensif : la masse volumique, la masse divisée par le volume, ne dépend plus de la taille du système. En revanche, additionner deux grandeurs intensives n'a pas de sens : deux cuves à 13 °C réunies sont à 13 °C.

Vérification rapideon peut se reprendre

1.Deux récipients identiques contiennent le même gaz dans le même état. On les réunit. Que devient la pression ?

2.Une même eau passe de 13 à 25 °C, une fois chauffée par une résistance, une fois brassée par une hélice. Que dit un thermomètre plongé dedans à la fin ?

L'équilibre thermique, et le principe qui le fonde

Un thermomètre plongé dans un liquide n'affiche pas la température du liquide : il affiche la sienne, une fois qu'il a cessé d'évoluer. Un thermomètre plongé dans la cuve de tête du captage se stabilise à 13,0 °C. Plongé ensuite dans la conduite de captage, il se stabilise aussi à 13,0 °C. Les deux, qui n'ont jamais été en contact, sont-ils à la même température ?

Principe zéro de la thermodynamique

Si deux corps sont chacun en équilibre thermique avec un troisième, alors ils sont en équilibre thermique entre eux.

Pourquoi cet énoncé mérite un numéro. Il paraît trivial et il ne l'est pas : c'est lui qui rend la température mesurable.

Sans lui, rien ne garantirait qu'un thermomètre accordé sur un corps dise quoi que ce soit d'un autre. Être à la même température se transmet de corps en corps : si A égale B et B égale C, alors A égale C. C'est pourquoi une grandeur unique, la température, peut classer tous les corps sur une même échelle, et pourquoi un instrument étalonné une fois sert partout. Les deux autres principes, étudiés aux chapitres 5 et 10, étaient déjà numérotés quand on a compris qu'il fallait celui-ci : on l'a appelé zéro parce qu'il les précède logiquement.

En revanche, le thermomètre ne compte comme troisième corps qu'une fois stabilisé : une lecture prise pendant qu'il évolue encore ne dit rien du corps mesuré.

Un autre problème se pose dès que l'on cherche « la » température d'un système. Un ballon d'eau chaude vient d'être rempli par le haut : un thermomètre lit 60 °C en haut et 25 °C en bas. Aucun des deux nombres n'est la température de l'eau du ballon.

État d'équilibre

Un système est dans un état d'équilibre thermodynamique lorsque ses variables d'état ne varient plus et sont uniformes dans tout le système.

Cette condition est plus exigeante qu'il n'y paraît, et elle limite tout le parcours. Les variables d'état ne décrivent un système que dans un état d'équilibre : pendant une transformation rapide, la pression n'est pas la même partout, et parler de « la » pression du gaz n'a alors plus de sens. Les diagrammes des chapitres suivants ne tracent donc que des suites d'états d'équilibre, ce qu'on appelle une transformation quasi statique.

Vérification rapideon peut se reprendre

1.Une même sonde plongée dans la cuve A se stabilise à 14 °C, puis dans la cuve B à 14 °C. Les deux cuves n'ont jamais été en contact. Que conclure ?

2.La même sonde, plongée dans la cuve C, affiche 14 °C au bout de dix secondes, alors qu'elle met trois minutes à se stabiliser. Que conclure sur C ?

Ce qu'est une pression

Le poids d'un adulte, environ 600 newtons (N, l'unité de force), appuie sur le talon aiguille d'une chaussure de 1 cm², puis sur une semelle plate de 150 cm². Le talon marque le parquet ; la semelle plate, jamais. La force est la même : ce qui change est la surface sur laquelle elle s'appuie.

Pression, force par surface

La pression est la force qui s'appuie sur chaque unité de surface :

P=FSP = \frac{F}{S}

où FF est la force en newtons, SS la surface en mètres carrés, et PP la pression en pascals (Pa), c'est-à-dire en newtons par mètre carré.

Sous le talon, 1 cm² valant 10−410^{-4} m², la pression est 600/10−4=6×106600 / 10^{-4} = 6 \times 10^6 Pa. Sous la semelle plate, 150 cm² valant 0,0150{,}015 m², elle n'est que de 40 000 Pa, cent cinquante fois moins. Le bar, qui vaut 100 000 Pa, est à peu près la pression de l'air ambiant : le talon exerce donc 60 bar, la semelle 0,4 bar. En revanche, la formule suppose une force répartie uniformément et perpendiculaire à la surface.

À l'échelle des molécules, la pression n'est pas une force appliquée par quelqu'un : c'est la moyenne des chocs des molécules sur la paroi. Chaque impact est minuscule et le nombre est immense, si bien que la somme est parfaitement régulière.

Deux façons d'augmenter une pression.

Rapprocher les molécules, en réduisant le volume : chacune frappe comme avant, mais elles sont plus nombreuses à atteindre chaque mètre carré de paroi.
Les accélérer, en élevant la température : chaque molécule frappe plus fort, et elle revient aussi plus souvent sur la paroi, puisqu'elle traverse le récipient plus vite.

Ces deux causes sont distinctes et se combinent, et c'est exactement ce que l'équation d'état du chapitre suivant, la relation qui lie la pression, le volume, la température et la quantité de matière, mettra en formule. Ses figures les montrent séparément : une compression à température constante rapproche les particules sans les accélérer, un échauffement à volume bloqué les accélère sans les rapprocher.

Un pneu crevé, posé à plat, affiche zéro au manomètre, l'appareil qui mesure une pression. Il n'est pourtant pas vide : il contient de l'air à la pression de l'air ambiant, environ un bar.

Pression absolue et pression relative

La pression absolue se compte à partir du vide.

La pression relative, dite aussi effective, se compte à partir de la pression atmosphérique, celle de l'air ambiant :

Pabs=Prel+PatmP_{\text{abs}} = P_{\text{rel}} + P_{\text{atm}}

La pression atmosphérique n'est pas toujours un bar : elle varie de quelques pour cent avec la météo, et tombe à environ 0,8 bar à 1 700 mètres d'altitude. Chaque calcul doit donc dire laquelle il emploie.

Un manomètre affiche une pression relative

Un pneu gonflé à « 2,2 bar » est en réalité à 3,2 bar absolus : le manomètre compare la pression intérieure à celle de l'air ambiant. Oublier la pression atmosphérique sous-estime ici la pression de 31 %, alors que sur un réservoir à 40 bar l'oubli ne coûte que 2,4 %.

Toutes les relations de ce parcours, à commencer par l'équation d'état, emploient la pression absolue. Une pression lue sur un appareil doit donc être convertie avant tout calcul, exactement comme une température en degrés Celsius.

Les unités, et les pièges de conversion

Un corps à 20 °C n'est pas « deux fois plus chaud » qu'un corps à 10 °C : l'échelle Celsius place son zéro à la glace fondante, qui n'est pas l'absence d'agitation. Comptée à partir du zéro absolu, la température passe de 283 à 293 kelvins, soit 3,5 % de plus. Les formules des chapitres suivants raisonnent sur cette échelle-là.

Kelvin, pascal et joule

Les trois unités qui suivent appartiennent au système international (SI), l'ensemble d'unités que partagent les sciences et l'industrie.

Température : le kelvin (K). Une température en kelvins s'obtient en ajoutant 273,15 à sa valeur en degrés Celsius : 20 °C font 293,15 K.

Pression : le pascal. 1 bar=1051\ \text{bar} = 10^5 Pa. L'atmosphère (atm), la pression moyenne de l'air au niveau de la mer, vaut 101 325101\,325 Pa, et le mètre de colonne d'eau, la pression au fond d'un mètre d'eau, environ 9807 Pa.

Énergie : le joule (J). Une puissance est une énergie par seconde : le watt (W) vaut un joule par seconde. Le wattheure est l'énergie d'un watt pendant une heure, soit 3600 J, et le kilowattheure (kWh) vaut 3,6 millions de joules, c'est-à-dire 3,6 mégajoules (MJ).

Une température absolue, et une seule

Un écart de température s'écrit indifféremment en kelvins ou en degrés Celsius, puisque les deux échelles ont le même pas : une élévation de 20 degrés est une élévation de 20 kelvins.

Une température qui apparaît seule, et non dans un écart, doit être en kelvins. À 20 °C, prendre 20 au lieu de 293 divise la température par près de quinze, et autour de 0 °C le résultat d'une formule de gaz devient nul ou infini : l'erreur n'est jamais petite aux températures courantes.

Le mètre de colonne d'eau mérite un mot, parce qu'il paraît exotique et qu'il ne l'est pas : c'est l'unité dans laquelle se compte la chute de pression le long d'une conduite d'eau. Dix mètres d'eau font à peu près une atmosphère, ce qui est le repère à retenir.

Le kilowattheure n'est pas une puissance

Un watt est un débit d'énergie, un wattheure est une énergie. La confusion est constante dans le vocabulaire courant, et elle est ruineuse dans un bilan de bâtiment, où les déperditions se calculent en watts et les factures en kilowattheures.

Passer de l'un à l'autre demande une durée, et cette durée doit apparaître dans le calcul : une résistance de 2 kW restée allumée 3 heures a consommé 6 kWh, et diviser ces 6 kWh par les 3 heures redonne les 2 kW.

Les ordres de grandeur

Cette section n'apporte aucune formule, et c'est pourtant celle qui rattrapera le plus d'erreurs.

GrandeurRepèreValeur
Pressionatmosphérique10510^5 Pa, soit 1 bar
Pressionpneu de voiture2 à 2,5 bar au manomètre, soit 3 à 3,5 bar absolus
Pressionair comprimé industriel7 à 40 bar au manomètre
Pressioncircuit frigorifique2 à 30 bar selon le fluide
Températureambianteenviron 300 K
Températureébullition de l'eau373 K
Volumeune mole de gaz sous 1 bar à 300 Kenviron 25 litres
Énergiechauffer un litre d'eau de 1 Kenviron 4200 J
Énergiechauffer un logement pendant un anenviron 10 000 kWh, de 3000 pour un logement neuf à plus de 20 000 pour une maison ancienne
Puissanceun radiateur domestique1000 à 2000 W

La ligne à retenir en premier est celle du volume d'une mole de gaz : le chapitre suivant la calcule, et elle contrôle presque tous les calculs de gaz du parcours.

Vérification rapideon peut se reprendre

1.Le manomètre d'un réservoir de la salle des compresseurs indique 6,2 bar et le thermomètre de la salle 17 °C. La pression atmosphérique du jour est de 1,0 bar. Quelles valeurs retenir pour décrire l'air du réservoir ?

2.Un calcul donne 2,5 m³ pour une mole de gaz sous 1 bar à 300 K. Que conclure ?

La méthode

  1. Tracer la frontière et la nommer : fermée ou ouverte, adiabatique ou diatherme, rigide ou mobile. Chacun de ces trois mots dit ce qui peut la traverser.
  2. Vérifier que le système est à l'équilibre : les variables d'état ne décrivent rien pendant une transformation rapide, où la pression n'est pas la même partout.
  3. Classer chaque donnée : variable d'état, qui décrit le système à un instant, ou échange, qui décrit une transformation. Lister les variables connues et repérer celles qui manquent.
  4. Ramener toute pression lue sur un appareil en pression absolue, en y ajoutant la pression atmosphérique du jour.
  5. Convertir tout en unités du système international avant le moindre calcul : kelvins, pascals, mètres cubes, joules.
  6. Contrôler l'ordre de grandeur contre les repères du tableau ci-dessus, et se méfier d'un résultat que rien ne permet de situer.
  7. Refaire chaque conversion à l'envers : retrancher la pression atmosphérique d'une pression absolue doit redonner la lecture du manomètre, et retrancher 273,15 d'une température en kelvins les degrés Celsius lus.

Mettre en pratique

Les calculs ci-dessous se posent à la main, avec les conversions du cours. Le calcul répond à la seconde question de l'ouverture, et le premier exercice type à la première.

Ramener le relevé de la salle des compresseurs en unités SI

  • 1.

    Le manomètre du réservoir indique 40 bar et la pression atmosphérique du jour vaut 1,0 bar. Quelle est la pression absolue de l'air du réservoir, en pascals, à 10 000 Pa près ?

  • 2.

    Le thermomètre de la salle indique 20 °C. Quelle est cette température en kelvins, à 0,1 K près ?

  • 3.

    Le compteur du compresseur indique 1 620 kWh. Quelle énergie cela représente-t-il, en mégajoules (MJ), à 1 MJ près ?

  • 4.

    Ce compresseur a tourné 18 heures. Quelle puissance moyenne a-t-il appelée, en kilowatts, à 1 kW près ?

La seconde question de l'ouverture a sa réponse : l'air du réservoir est à 4 100 000 Pa absolus (41 bar) et à 293,15 K, et le compresseur a appelé en moyenne 90 kW, soit 5832 MJ en 18 heures.

Le relevé de la salle des compresseurs parle-t-il de l'air seul, du réservoir ou de toute la salle ?

Aux Eaux d'Escarlens, le réservoir d'air de 3 m³ est resté fermé depuis la veille : ses deux vannes sont closes, sa paroi d'acier n'est pas calorifugée et la salle est à 20 °C. Le système étudié est l'air qu'il contient. Qualifier sa frontière par trois mots, un par paire (ouverte ou fermée, adiabatique ou diatherme, rigide ou mobile). Dire ensuite combien de ces trois mots changent quand le compresseur remplit le réservoir, vannes ouvertes, puis pourquoi le thermomètre de la salle donne la température de cet air.

Par où commencer ? Dire d'abord ce que la frontière enferme, puis chercher, pour chaque paire de mots, ce qui pourrait la traverser ou la déformer.

Le corrigé
  1. Choisir le système : l'air contenu dans le réservoir, et lui seul. La paroi d'acier, les vannes et la salle forment le milieu extérieur. Le relevé de 40 bar décrit cet air, et c'est autour de lui que la frontière se trace.
  2. Qualifier la frontière, vannes closes : aucune matière ne la traverse, elle est fermée ; l'acier nu, dans une salle à 20 °C, laisse passer la chaleur, elle est diatherme ; la paroi ne se déforme pas, elle est rigide.
  3. Refaire pendant le remplissage : vannes ouvertes, de l'air entre, la frontière devient ouverte. La chaleur passe toujours et la paroi reste indéformable : un seul des trois mots change, puisque les trois sont indépendants.
  4. Relier la température : après une nuit fermé, l'air du réservoir est en équilibre thermique avec la paroi, qui l'est avec l'air de la salle. Par le principe zéro, l'air du réservoir est donc à la température de la salle, 20 °C. Juste après un remplissage, ce ne serait pas vrai : l'air comprimé est plus chaud.
  5. Vérifier : une frontière fermée, adiabatique et rigide ne serait traversée par rien, ce que le relevé contredit, puisque la salle impose sa température à l'air par la paroi. Les trois mots obtenus, fermée, diatherme et rigide, s'accordent avec cet équilibre.

La première question de l'ouverture a sa réponse : le relevé parle de l'air seul, dont la frontière est fermée, diatherme et rigide, et le thermomètre de la salle donne sa température parce que le réservoir est resté fermé assez longtemps pour être en équilibre avec elle.

La pression d'air d'un canon à neige dépasse-t-elle la référence de sa notice ?

Une station de montagne, à 1 700 m, relève sur un canon à neige, qui projette de l'eau et de l'air comprimé : 4,5 bar au manomètre de l'air, −4 °C au thermomètre et 960 kWh au compteur du compresseur, qui a tourné 12 heures. La pression atmosphérique du jour vaut 0,83 bar. La notice du canon donne ses performances pour une pression d'air de 5,0 bar absolus. Calculer la pression absolue de l'air en pascals, à 1 000 Pa près, sa température en kelvins, à 0,1 K près, et la puissance moyenne du compresseur en kilowatts, à 1 kW près, puis dire si la pression dépasse la référence de la notice.

Par où commencer ? Pour chaque nombre du relevé, se demander s'il est déjà dans une unité du système international et, pour la pression, à partir de quoi il est compté.

Vérification rapideon peut se reprendre

Pourquoi comparer à la référence la pression absolue plutôt que la lecture du manomètre ?

Le corrigé
  1. Repérer la nature de chaque relevé : 4,5 bar est une pression relative, comptée depuis l'air ambiant ; −4 °C est une température seule, en degrés Celsius ; 960 kWh est une énergie, en kilowattheures.
  2. Passer la pression en absolue : le manomètre compare à l'air ambiant et le seuil se compte depuis le vide, on ajoute donc la pression atmosphérique du jour. 4,5+0,83=5,334{,}5 + 0{,}83 = 5{,}33 bar, soit 5,33×105=533 0005{,}33 \times 10^5 = 533\,000 Pa.
  3. Convertir la température : une température seule se compte en kelvins, −4+273,15=269,15-4 + 273{,}15 = 269{,}15 K.
  4. Diviser l'énergie par la durée : une puissance est une énergie rapportée à la durée sur laquelle elle a été dépensée, 960 kWh/12 h=80960\ \text{kWh} / 12\ \text{h} = 80 kW.
  5. Conclure sur la référence : 5,33 bar absolus dépassent les 5,0 bar de la notice, de 0,33 bar. La lecture seule, 4,5 bar, aurait fait conclure le contraire.
  6. Vérifier à l'envers : 533 000−83 000=450 000533\,000 - 83\,000 = 450\,000 Pa, la lecture du manomètre ; 269,15−273,15=−4269{,}15 - 273{,}15 = -4 °C ; 80 kW×12 h=96080\ \text{kW} \times 12\ \text{h} = 960 kWh, le compteur. Avec la pression atmosphérique de la plaine, 1,0 bar, on aurait trouvé 5,5 bar : l'altitude fait varier le résultat de 0,17 bar.

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