Installer Python chez soi
Ce que ce chapitre apporte 4 points
- Installer Python et vérifier que la machine le trouve.
- Choisir un éditeur selon l'usage, et l'installer avec ce qui le rend utile.
- Écrire un fichier .py et l'exécuter.
- Comprendre ce qu'apporte un notebook, et quand il vaut mieux s'en passer.
On peut sauter ce chapitre. Ce parcours s'exécute entièrement dans le navigateur : tous les blocs de code des chapitres suivants tournent sans que rien ne soit installé sur la machine. Pour commencer à programmer tout de suite, le chapitre Premiers pas en Python suffit, et celui-ci attendra.
Il vient tôt dans le parcours parce qu'il est un préalable pour qui suit le module en présentiel, pas parce qu'il faut l'avoir fini pour apprendre.
Une vingtaine de minutes, une fois pour toutes.
Installer Python
Sur Windows
- Se rendre sur python.org/downloads et télécharger la dernière version 3.
- Ouvrir le fichier téléchargé.
- Cocher
Add python.exe to PATHavant de cliquer sur Install Now. Cette case est la seule chose importante de tout l'assistant. - Laisser l'installation se terminer.
python : commande introuvable alors que Python est bien installé. La variable PATH est la liste des dossiers où le système va chercher les programmes : sans cette case, Python n'y figure pas.Le plus simple est de relancer l'installateur, de choisir Modify, et de cocher l'option. Le chapitre Le terminal et le système de fichiers explique ce mécanisme en détail.
Vérification dans PowerShell :
Si la commande n'est pas reconnue, fermer et rouvrir le terminal, puis essayer py --version.
Sur macOS
macOS est livré avec une version ancienne de Python, réservée au système. On installe donc la sienne.
- Se rendre sur python.org/downloads et télécharger la version macOS.
- Ouvrir le fichier
.pkget suivre l'assistant avec les options par défaut.
python désigne parfois encore Python 2, abandonné depuis 2020, dont la syntaxe diffère. Écrire systématiquement python3 et pip3 évite une catégorie entière de messages incompréhensibles.
Sur Linux
Python est presque toujours déjà là. Vérifier avant d'installer quoi que ce soit :
S'il manque, la distribution le fournit : sudo apt install python3 sur Debian et Ubuntu, sudo dnf install python3 sur Fedora.
Python est installé, et python --version répond « commande introuvable ». La cause la plus fréquente ?
Choisir et installer un éditeur
Python installé, il manque de quoi écrire. Un éditeur de code colore la syntaxe, complète ce qu'on écrit, signale les erreurs avant l'exécution et lance les programmes, le tout dans une seule fenêtre.
Plusieurs conviennent, et ils ne visent pas le même usage. Aucun n'est obligatoire : tous exécutent le même Python, celui qui vient d'être installé.
| Éditeur | Pour qui, pour quoi | Ce qu'il coûte |
|---|---|---|
| Thonny | débuter : une fenêtre, un bouton, un visualiseur de variables intégré | rien à configurer |
| Visual Studio Code | l'usage général, du script au projet à plusieurs fichiers | deux extensions à installer |
| Spyder, via Anaconda | le calcul scientifique : variables, graphiques et console côte à côte | une distribution de plusieurs gigaoctets |
| JupyterLab | les carnets, pour explorer des données et garder ses essais commentés | s'installe par pip install jupyterlab |
Thonny mérite une mention particulière : conçu pour l'apprentissage, il montre l'état des variables pendant l'exécution, ce qui est exactement le geste que les chapitres suivants demandent. C'est aussi l'éditeur qu'emploie le chapitre MicroPython sur ESP32, parce qu'il sait parler à une carte branchée en USB.
Spyder vient avec Anaconda, une distribution qui installe Python, NumPy, Matplotlib, SciPy et des centaines d'autres paquets d'un coup. Sa fenêtre ressemble à celle de Matlab : l'éditeur à gauche, la console en bas, l'explorateur de variables et les figures à droite. Pour un usage exclusivement scientifique, c'est le chemin le plus court ; en contrepartie, Anaconda gère ses paquets à sa façon, et mélanger conda install et pip install dans le même environnement est une source connue d'installations cassées.
.py : ce sont des fichiers texte, que n'importe lequel ouvre.Ce qui suit décrit VS Code, parce qu'il sert aussi dans les autres parcours et qu'il ouvre les notebooks. Avec Thonny, il n'y a rien à installer de plus : un bouton Run, et c'est tout.
Installer Visual Studio Code
- Le télécharger sur code.visualstudio.com et l'installer.
- Ouvrir le panneau Extensions avec
Ctrl+Shift+X(Cmd+Shift+Xsur macOS). - Installer les deux extensions officielles de Microsoft : Python, qui apporte la coloration, la complétion et l'exécution ; Jupyter, qui ouvre les notebooks
.ipynb.
Sans la première, VS Code ouvre les fichiers Python comme du texte brut, sans rien en comprendre.
Le parcours Outils de développement consacre un chapitre entier à l'éditeur, à ses raccourcis et au débogage. Y revenir quand on voudra aller plus loin que « ça s'ouvre et ça s'exécute ».
À quoi sert un environnement virtuel ?
Écrire et exécuter un fichier
Un programme Python est un simple fichier texte dont le nom finit par .py, exécuté de haut en bas, ligne par ligne.
- Créer un dossier pour le projet, et ouvrir ce dossier dans VS Code (
FichierpuisOuvrir le dossier). Ouvrir le dossier plutôt que le fichier seul change tout : l'éditeur voit alors l'ensemble. - Créer un fichier
mon_script.pyet écrire dedans :
- Choisir l'interpréteur :
Ctrl+Shift+P, puis Python: Select Interpreter, puis la version 3 qu'on vient d'installer. - Exécuter avec le bouton ▷ en haut à droite, ou depuis le terminal intégré :
input() attend vraiment une frappe au clavier, et le programme peut lire et écrire des fichiers sur le disque. C'est précisément ce que le navigateur interdit, pour de bonnes raisons de sécurité.Tout le reste est identique : le langage est le même, les programmes des chapitres précédents fonctionneront tels quels.
1.Un fichier .py et un notebook, quelle différence ?
2.Le terminal affiche SyntaxError avant toute exécution. Que s'est-il passé ?
Vérifier ce qui est réellement installé
Une installation qui « a marché » et un Python utilisable sont deux choses différentes. Trois commandes répondent aux trois questions qui se posent ensuite.
La première donne la version : tout ce qui commence par 3 convient pour ce cours. La deuxième dit quel fichier le terminal lance quand on écrit python3 ; sous Windows, la commande équivalente est where python. La troisième donne le même renseignement vu de l'intérieur du programme, et c'est celle qui tranche les cas embrouillés, quand plusieurs Python cohabitent sur la machine.
Ces trois lignes paraissent superflues tant que tout fonctionne. Elles deviennent la seule façon de s'en sortir dès qu'une bibliothèque installée reste introuvable, parce que la réponse est presque toujours : le pip utilisé et le python utilisé ne sont pas du même couple.
L'interpréteur interactif
Lancer python3 sans nom de fichier ouvre un interpréteur interactif, qui exécute chaque ligne dès qu'elle est validée. C'est le brouillon le plus rapide qui existe : vérifier une syntaxe, tester une conversion, lire la valeur d'une expression.
Deux détails le distinguent d'un fichier. L'invite >>> signale qu'il attend une ligne, et non que la commande a échoué. Et la valeur d'une expression s'affiche toute seule, sans print : 17 // 4 suffit. Dans un fichier, la même ligne calculerait le résultat et le jetterait aussitôt.
Installer une bibliothèque
La bibliothèque standard couvre beaucoup, pas tout. Le reste s'installe avec pip, depuis le terminal :
L'écriture python3 -m pip est plus sûre que pip tout seul, et pour la raison exacte vue plus haut : elle garantit que l'installation vise l'interpréteur qu'on vient de nommer, et non un autre pip trouvé ailleurs dans le PATH. C'est le remède à la panne la plus répandue de tout le chapitre.
Un dossier par projet, un Python par dossier
Installer toutes les bibliothèques au même endroit fonctionne jusqu'au jour où deux projets réclament deux versions différentes de la même. Un environnement virtuel est un dossier qui contient un Python et ses bibliothèques, rien que pour un projet.
Sous Windows, l'activation s'écrit .venv\Scripts\activate. Le préfixe (.venv) dans l'invite indique que l'environnement est actif : tout pip install lancé ensuite s'y range, et le dossier .venv ne se versionne jamais.
VS Code le détecte seul et propose de le sélectionner comme interpréteur. Le parcours Outils de développement traite la suite, c'est-à-dire la déclaration des dépendances et la reprise d'un projet sur une autre machine.
Pourquoi écrire python3 -m pip install plutôt que pip install ?
Les notebooks
Un notebook (.ipynb) découpe le code en cellules exécutables une par une, avec le résultat juste en dessous. C'est le format des chapitres scientifiques de ce parcours, et le principe de cette plateforme.
Il excelle pour explorer des données, tracer une courbe, garder ses essais commentés. Il se prête mal à un programme qu'on veut relancer tel quel : l'ordre d'exécution des cellules n'est pas celui de la lecture, et un notebook réexécuté dans le désordre donne des résultats qu'on ne sait plus reproduire.
La règle est simple : notebook pour chercher, fichier .py pour livrer.
Ça ne marche pas
PATH. Sous Windows, relancer l'installateur en cochant la case. Puis fermer et rouvrir le terminal, toujours : il lit le PATH à son démarrage.VS Code n'exécute rien ou souligne du code correct : l'interpréteur sélectionné n'est pas le bon.
Ctrl+Shift+P, Python: Select Interpreter.Un module est introuvable après un
pip install : on a installé pour un interpréteur et on exécute avec un autre. Le chapitre Un projet qu'on peut reprendre explique les environnements isolés, qui suppriment cette classe de problèmes.
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