Les filtres et le diagramme de Bode
Ce que ce chapitre apporte 6 points
- Reconnaître sur son montage un filtre passe-bas ou passe-haut, d'après le composant aux bornes duquel la sortie est prise.
- Calculer, par la fonction de transfert d'un filtre du premier ordre, son gain et sa phase à une fréquence donnée.
- Calculer la fréquence de coupure d'un filtre du premier ordre, où le gain perd 3 dB et la phase tourne de 45 degrés.
- Convertir un gain en décibels en rapport d'amplitudes, et l'inverse.
- Tracer le diagramme asymptotique d'un premier ordre, en gain et en phase, avec sa pente en décibels par décade.
- Chiffrer par le facteur de qualité la largeur de bande d'un passe-bande ou d'un coupe-bande.
Dans le local technique du parc de recharge de Belmarais, l'électronique de commande lit un capteur à travers un filtre résistance-condensateur (RC) : une résistance de 1,6 kΩ, puis un condensateur de 100 nF aux bornes duquel la mesure est prise. Sur la même carte, une sortie modulée en largeur d'impulsion (PWM), un signal carré dont on règle la durée des créneaux, les répète 20 000 fois par seconde, et ce va-et-vient se superpose en parasite, à 20 kHz, au signal du capteur. Hugo Sellier, technicien de maintenance, veut savoir à partir de quelle fréquence ce filtre coupe, et de combien il atténue le parasite. Inès Barral, responsable d'exploitation, se demande ce que perdrait le signal du capteur lui-même s'il fallait atténuer davantage.
Le chapitre des impédances, dont celui-ci dépend, a montré qu'une bobine devient un obstacle quand la fréquence monte, un condensateur quand elle descend. Associés à une résistance en pont diviseur, ils trient donc les fréquences : reste à dire lesquelles, et de combien.
Un même montage, deux filtres
Un filtre est un montage dont le rapport de la tension de sortie à la tension d'entrée dépend de la fréquence. Ce rapport, complexe, s'appelle la fonction de transfert :
Un filtre du premier ordre se construit avec deux composants en série et une sortie prise aux bornes de l'un des deux. C'est un pont diviseur de tension écrit en impédances, exactement celui du chapitre du pont diviseur, à ceci près que les impédances dépendent de la fréquence.
| composant | valeur | rôle |
|---|---|---|
| R | 1 kΩ | en série |
| C | 0,159 µF | sortie prise à ses bornes |
Filtre passe-bas, coupure à 1 kHz. À 1 kHz : gain -3,0 dB, phase -45,0°. Promener le pointeur sur la figure, ou employer le curseur, pour lire un autre point. Les asymptotes en pointillés sont calculées : horizontale dans la bande passante, puis vingt décibels par décade.
L'amener sur le trait orange : le gain vaut −3 dB et la phase −45 degrés. C'est la définition de la fréquence de coupure.
L'amener très à droite : le gain s'effondre et la phase tend vers −90 degrés. Les hautes fréquences sont arrêtées.
Suivre l'asymptote de droite sur une décade : elle descend de vingt décibels exactement, et c'est la pente d'un premier ordre.
| composant | valeur | rôle |
|---|---|---|
| R | 1 kΩ | sortie prise à ses bornes |
| C | 0,159 µF | en série |
Filtre passe-haut, coupure à 1 kHz. À 1 kHz : gain -3,0 dB, phase 45,0°. Promener le pointeur sur la figure, ou employer le curseur, pour lire un autre point. Les asymptotes en pointillés sont calculées : horizontale dans la bande passante, puis vingt décibels par décade.
Les deux figures ci-dessus portent les mêmes composants aux mêmes valeurs. La première est un passe-bas, la seconde un passe-haut, et la seule différence est l'endroit où la tension de sortie est prise.
La règle qui permet de trancher sans calcul : à basse fréquence, un condensateur est un circuit ouvert et une bobine un fil ; à haute fréquence, c'est l'inverse. La sortie prise sur le composant qui devient un fil ne reçoit rien ; prise sur celui qui devient un circuit ouvert, elle reçoit tout.
Une résistance et une bobine en série, la sortie prise aux bornes de la bobine. Quel filtre obtient-on ?
La fonction de transfert et la fréquence de coupure
Le pont diviseur donne la fonction de transfert d'un coup. Pour le R-C dont la sortie est prise sur le condensateur, d'impédance :
Son module et son argument se lisent sur le dénominateur, un complexe de partie réelle 1 et de partie imaginaire :
Le déphasage est ici celui de la sortie sur l'entrée, compté comme au chapitre des impédances : négatif quand la sortie est en retard.
La fréquence de coupure est celle où le module de la fonction de transfert est divisé par par rapport à sa valeur dans la bande passante, ce qui correspond à une perte de 3 décibels.
Pour un filtre du premier ordre :
La lettre reste réservée à la fréquence de résonance d'un montage qui associe une bobine et un condensateur.
Tout le comportement du filtre sort de la seule expression de . À , le module vaut et le déphasage −45 degrés. Loin en dessous, : la sortie reproduit l'entrée. Loin au-delà, : multiplier la fréquence par dix divise le module par dix, et le déphasage tend vers −90 degrés.
Le passe-haut, sortie sur la résistance, donne de même : le module est nul en basse fréquence et tend vers 1 en haute fréquence, et le déphasage descend de +90 degrés à 0, en passant par +45 degrés à la coupure.
Le choix de 3 décibels n'est pas arbitraire : une division du module par correspond à une division de la puissance par deux, puisque la puissance varie comme le carré de la tension. La coupure est donc le point où le filtre ne laisse plus passer que la moitié de la puissance.
Trois nombres à placer de mémoire. À la coupure d'un premier ordre : −3 dB de gain et 45 degrés de déphasage, −45 pour un passe-bas, +45 pour un passe-haut.
Une décade plus loin, du côté où le filtre coupe (au-dessus pour un passe-bas, en dessous pour un passe-haut) : −20 dB, soit un rapport d'amplitude de dix.
Deux décades plus loin : −40 dB, soit un rapport de cent.
−3 dB est un point, à la coupure ; −20 dB par décade est une pente, loin de la coupure. Une décade au-delà, le gain vaut −20 dB et non −23 dB : la courbe a rejoint l'asymptote. Ces trois points suffisent à tracer un diagramme de Bode à main levée, et c'est le geste que le parcours demande de savoir faire.
Un filtre R-C passe-haut du premier ordre, sortie sur la résistance. Que vaut le déphasage de la sortie sur l'entrée à la fréquence de coupure ?
Le décibel
Le facteur 20 surprend toujours. Il vient de ce que le décibel est défini sur un rapport de puissances, avec un facteur 10, et que la puissance varie comme le carré de la tension : . Le logarithme décimal est celui du chapitre d'étude de fonction du parcours de mathématiques.
| Gain en dB | Rapport d'amplitude | Ce que cela représente |
|---|---|---|
| 0 | 1 | la sortie reproduit l'entrée |
| −3 | 0,71 | la puissance est divisée par deux |
| −6 | 0,50 | l'amplitude est divisée par deux |
| −20 | 0,10 | un dixième |
| −40 | 0,01 | un centième |
La confusion est permanente. −3 dB divise la puissance par deux, et l'amplitude par . −6 dB divise l'amplitude par deux.
Le contrôle : un facteur deux sur une amplitude vaut , et le calcul se refait en trois secondes.
Un filtre affiche un gain de −40 dB à une certaine fréquence. Quel est le rapport entre la sortie et l'entrée ?
Pourquoi deux échelles logarithmiques
Le diagramme de Bode porte la fréquence en logarithme sur l'axe horizontal, et le gain en décibels sur l'axe vertical, ce qui est aussi un logarithme. Ce double choix a trois conséquences, et chacune vaut la peine d'être vue.
Les décades ont la même largeur. De 10 à 100 Hz et de 10 à 100 kHz occupent la même place, alors qu'un axe ordinaire écraserait tout le bas de la figure contre l'origine.
Les courbes deviennent des droites. Une décroissance en devient une droite de pente −20 dB par décade, et une décroissance en , celle d'un ordre deux, une droite de pente −40. Un diagramme de Bode se trace donc à la règle.
Les filtres en cascade s'additionnent, à une condition. Si le second filtre ne tire pas de courant sur le premier, ce qu'assure un étage d'isolement placé entre les deux, les fonctions de transfert se multiplient, et les logarithmes transforment ce produit en somme : les deux diagrammes s'ajoutent. Deux cellules R-C branchées directement l'une sur l'autre ne donnent pas ce résultat : la seconde charge la première, exactement comme une charge chargeait le pont diviseur. Avec deux cellules de 1 kΩ et 159 nF, le produit prédit une coupure à 644 Hz, et le montage réel coupe à 375 Hz.
Le tracé asymptotique d'un passe-bas du premier ordre.
En gain : un trait horizontal à 0 dB jusqu'à la fréquence de coupure, puis un trait oblique de pente −20 dB par décade à partir d'elle ; et un point, à la coupure, trois décibels sous l'intersection des deux traits.
En phase : 0 degré loin en dessous de la coupure, −90 degrés loin au-dessus, et −45 degrés à la coupure, où la courbe passe d'une asymptote à l'autre.
Le tracé réel passe par ces points et rejoint les asymptotes de part et d'autre. Pour un passe-haut, la figure se retourne de gauche à droite : l'oblique monte de 20 dB par décade jusqu'à la coupure, et la phase descend de +90 à 0 degré. C'est tout ce qu'il faut pour tracer le diagramme à main levée.
Passe-bande et coupe-bande
Avec trois composants, le filtre peut laisser passer une bande de fréquences et couper de chaque côté.
| composant | valeur | rôle |
|---|---|---|
| R | 50 Ω | sortie prise à ses bornes |
| L | 10 mH | en série |
| C | 1 µF | en série |
Filtre passe-bande, coupure supérieure à 2,04 kHz. À 2,04 kHz : gain -3,0 dB, phase -45,0°. Promener le pointeur sur la figure, ou employer le curseur, pour lire un autre point.
Lire la phase au sommet : elle y est quasi nulle, moins d'un degré au point de lecture le plus proche, puisque le montage s'y comporte en résistance pure.
S'éloigner de part et d'autre : le gain tombe des deux côtés, et la phase passe de +90 à −90 degrés en traversant la bande.
Le trait orange ne marque pas la résonance mais la coupure haute, à 2,04 kHz, où le gain retombe à −3 dB. La coupure basse se trouve vers 1,24 kHz, symétrique en échelle logarithmique : l'écart des deux, environ 800 Hz, est la largeur de la bande passante.
La finesse de la bande se chiffre par le facteur de qualité du chapitre des impédances, le rapport de la réactance de la bobine à la résonance à la résistance :
La largeur de bande, écart entre les deux coupures à −3 dB, vaut :
Sur la figure : Ω, donc et Hz, l'écart exact entre 2,04 et 1,24 kHz. Diviser la résistance par dix rendrait la bande dix fois plus étroite sans déplacer la résonance. Ce n'a rien à voir avec la puissance réactive, qui porte la même lettre.
Où prendre la sortie décide de tout. Sur le même montage R-L-C série : sortie sur la résistance, c'est un passe-bande. Sortie sur le condensateur, c'est un passe-bas d'ordre deux. Sortie sur la bobine, un passe-haut d'ordre deux. Sortie sur l'ensemble bobine et condensateur, un coupe-bande.
Quatre filtres différents, trois composants identiques, et le seul choix qui les sépare est celui de deux points de mesure.
| composant | valeur | rôle |
|---|---|---|
| R | 50 Ω | en série |
| L | 10 mH | en série |
| C | 1 µF | sortie prise à ses bornes |
Filtre passe-bas, coupure à 2,36 kHz. À 2,36 kHz : gain -3,0 dB, phase -148,3°. Promener le pointeur sur la figure, ou employer le curseur, pour lire un autre point. Les asymptotes en pointillés sont calculées : horizontale dans la bande passante, puis quarante décibels par décade.
Chercher le sommet : il dépasse 0 dB, et culmine vers +6,3 dB un peu avant la résonance, vers 1,48 kHz. À la résonance elle-même, 1,59 kHz, le gain vaut +6 dB, soit un rapport de 2 : c'est exactement le facteur de qualité Q du montage.
Lire le gain à 10 kHz, puis à 100 kHz : environ −31,7 dB, puis −71,9 dB. Quarante décibels par décade, deux fois la pente d'un premier ordre, parce que deux composants réactifs se partagent le travail.
Suivre la phase : 0 en basse fréquence, −90 degrés à la résonance, et vers −180 degrés au-delà, le double du premier ordre là aussi.
Situer le trait orange : il marque la coupure, à 2,36 kHz, là où le gain retombe à −3 dB sous celui des basses fréquences, et non 3 dB sous le pic. Les asymptotes, elles, se croisent à la résonance, 1,59 kHz : au second ordre, le coude et la coupure ne coïncident plus.
Un pont diviseur R-C ou R-L du premier ordre ne peut pas amplifier : son gain reste négatif ou nul à toute fréquence. Un montage qui associe une bobine et un condensateur, en revanche, peut dépasser 0 dB près de sa résonance, et la figure ci-dessus le montre.
Il ne fabrique pour autant aucune énergie. À la résonance, la bobine et le condensateur échangent de l'énergie entre eux, et la tension aux bornes de chacun atteint fois celle de la source : c'est la surtension du chapitre des impédances. La puissance, elle, n'est dissipée que dans la résistance, et la source fournit toujours au moins ce qui y est consommé.
Le R-L-C série de la figure, sortie sur le condensateur, affiche +6 dB à sa résonance. Que faut-il en conclure ?
Prise aux bornes de l'ensemble bobine et condensateur, la sortie du même R-L-C série donne un coupe-bande. À la résonance, les deux réactances s'annulent : l'ensemble se comporte comme un fil et la sortie tombe à zéro. Loin de la résonance, il prend presque toute la tension. C'est le filtre qui élimine une fréquence parasite précise, comme le 50 Hz du secteur dans une chaîne de mesure. Sur un diagramme, le passe-bande a un sommet et deux flancs qui tombent ; le coupe-bande a un creux étroit entre deux plateaux à 0 dB, d'autant plus étroit que le facteur de qualité est grand.
Le lissage d'une PWM sur une carte Arduino est un filtre passe-bas. Le signal carré contient une composante continue, sa moyenne, et des composantes à 490 Hz et à ses multiples. Un filtre RC dont la fréquence de coupure est placée bien en dessous de 490 Hz laisse passer la moyenne et atténue le reste. Plus la coupure est basse, plus la tension obtenue est lisse, et plus elle met de temps à suivre un changement de consigne : le compromis entre ondulation et rapidité est celui que le diagramme de Bode rend visible.
Le même montage sert à l'entrée : placé devant l'entrée analogique qui lit un capteur, il retire le bruit rapide avant la conversion en nombre.
La méthode
- Écrire la fonction de transfert comme un pont diviseur en impédances : l'impédance de sortie sur la somme des impédances.
- Chercher les comportements limites, à fréquence nulle et à fréquence infinie, en remplaçant chaque composant par un fil ou un circuit ouvert. La nature du filtre se lit alors sans calcul.
- Calculer la fréquence de coupure par la formule du premier ordre, ou en cherchant où le module vaut le maximum divisé par . Pour un R-L-C, calculer la résonance et le facteur de qualité.
- Tracer les asymptotes à la règle, puis marquer le point à −3 dB sous leur intersection.
- Vérifier la phase : à la coupure d'un premier ordre, elle vaut −45 degrés pour un passe-bas et +45 degrés pour un passe-haut. Du côté où le filtre coupe, elle tend vers −90 ou +90 degrés ; du côté où il laisse passer, vers 0.
- Vérifier les unités avant le résultat : un gain en décibels est sans dimension, est un temps, et est donc bien une fréquence. Une coupure qui sortirait en secondes signale une inversion oubliée.
- Contrôler l'ordre de grandeur : un pont diviseur R-C ou R-L du premier ordre ne peut pas amplifier, et son gain reste négatif ou nul. Un montage qui associe une bobine et un condensateur, en revanche, peut dépasser 0 dB près de sa résonance : c'est la surtension du chapitre des impédances. Un gain positif sur un R-C signale une erreur ; sur un R-L-C, il se vérifie par le facteur de qualité.
Mettre en pratique
Le calcul répond à la première question de l'ouverture, et le premier exercice type à la seconde.
Le filtre du capteur face à la PWM
- 1.
Le filtre du capteur associe une résistance de 1,6 kΩ et un condensateur de 100 nF, la sortie prise aux bornes du condensateur. Quelle est sa fréquence de coupure, en hertz (Hz), à 1 Hz près ?
- 2.
Quel rapport d'amplitude le filtre laisse-t-il au parasite de 20 kHz, à 0,001 près ?
- 3.
Quel est le gain du filtre à 20 kHz, en décibels (dB), à 0,1 dB près ?
- 4.
Le parasite arrive sur la ligne du capteur avec une amplitude de 0,5 V. Quelle amplitude en reste-t-il après le filtre, en millivolts (mV), à 0,1 mV près ?
La première question de l'ouverture a sa réponse : le filtre coupe à 994,7 Hz, où il perd 3 dB (−3,03 dB à 1 kHz, à peine au-dessus), et ne laisse au parasite de 20 kHz que 0,0497 de son amplitude : −26,1 dB, soit 24,8 mV sur 0,5 V. Le premier exercice type dit ce que coûterait au signal du capteur une atténuation plus forte.
Que perdrait le signal du capteur si le filtre atténuait davantage la PWM ?
Dans le local technique de Belmarais, Hugo Sellier veut que le filtre du capteur atténue le parasite de la PWM, à 20 kHz, d'au moins 30 dB, en gardant la résistance de 1,6 kΩ et en changeant seulement le condensateur. Le signal utile du capteur varie jusqu'à 200 Hz, et Inès Barral exige qu'il n'y perde pas plus de 1 dB. Calculer la capacité minimale, en nanofarads (nF), à 0,1 nF près, puis le gain du filtre à 200 Hz avec cette capacité, en décibels, à 0,01 dB près, et dire si l'exigence d'Inès Barral est tenue.
Par où commencer ? Traduire d'abord les 30 dB en rapport d'amplitudes, avant de penser au condensateur.
Pourquoi le corrigé cherche-t-il la fréquence de coupure avant la capacité ?
Le corrigé
- Traduire l'exigence en rapport d'amplitudes. −30 dB correspondent à : le filtre ne doit laisser passer que 3,2 % de l'amplitude du parasite.
- En déduire où placer la coupure. revient à , soit . À 20 kHz, la coupure doit donc rester sous Hz.
- Calculer la capacité. 157,2 nF au moins : une capacité plus grande abaisse encore la coupure, et atténue davantage.
- Mesurer ce que perd le signal utile. À 200 Hz, et , soit −0,41 dB : moins de 1 dB, l'exigence est tenue. C'est la réponse à l'ouverture : passer de 26 à 30 dB contre la PWM coûte au signal du capteur 0,41 dB à 200 Hz, contre 0,17 dB avec le condensateur de 100 nF, un prix faible parce que 200 Hz reste loin sous la coupure.
- Vérifier. Avec 157,2 nF, la coupure vaut bien 632,8 Hz, et à 20 kHz, donne dB. L'asymptote, qui descend de 20 dB par décade, plaçait la coupure presque au même endroit, à Hz : à plus d'une décade au-dessus de la coupure, la courbe a rejoint son asymptote.
De combien se trompe-t-on en lisant le filtre du capteur sur ses asymptotes ?
Hugo Sellier n'a qu'un crayon et une règle : il trace le diagramme asymptotique du filtre du capteur du local technique, dont la coupure vaut 994,7 Hz, et y lit le gain à 400 Hz, 2,5 kHz et 10 kHz. Calculer, à chacune de ces fréquences, le gain lu sur les asymptotes et le gain exact, en décibels, à 0,01 dB près, puis dire où la lecture asymptotique se trompe le plus.
Par où commencer ? Placer d'abord le coude des deux asymptotes, et situer chaque fréquence par rapport à lui.
Le corrigé
- Placer le coude. Les deux asymptotes se croisent à la coupure, 994,7 Hz, à 0 dB : avant, un trait horizontal à 0 dB ; après, une droite qui descend de 20 dB par décade, soit .
- Lire les asymptotes. À 400 Hz, sous la coupure : 0 dB. À 2,5 kHz : dB. À 10 kHz : dB.
- Calculer les gains exacts. Le module vaut . À 400 Hz, et , soit −0,65 dB. À 2,5 kHz, et , soit −8,64 dB. À 10 kHz, et , soit −20,09 dB.
- Comparer. Les écarts valent 0,65 dB à 400 Hz, 0,64 dB à 2,5 kHz et 0,04 dB à 10 kHz. La lecture asymptotique se trompe le plus près de la coupure, où l'écart atteint 3 dB ; une décade plus loin, il ne se voit plus.
- Vérifier. 400 Hz et 2,5 kHz sont presque à la même distance de la coupure en échelle logarithmique, l'une 2,49 fois en dessous, l'autre 2,51 fois au-dessus : leurs écarts sont presque égaux, parce que la courbe exacte est symétrique autour du coude. À la coupure même, dB : c'est la règle des trois points du chapitre.
Quel condensateur protège le haut-parleur des aigus d'une enceinte ?
Dans une enceinte acoustique, le haut-parleur des aigus, ou tweeter, se comporte sur sa bande comme une résistance de 8 Ω. Un condensateur placé en série le protège des fréquences basses, et la tension utile est celle aux bornes du haut-parleur. Le fabricant veut que les sons de 800 Hz, destinés au haut-parleur des médiums, lui arrivent atténués d'au moins 14 dB, et que les aigus de 10 kHz ne perdent pas plus de 1 dB. Calculer la capacité maximale, en microfarads (µF), à 0,01 µF près, puis le gain à 10 kHz avec cette capacité, en décibels, à 0,01 dB près, et dire si l'exigence sur les aigus est tenue.
Par où commencer ? Reconnaître d'abord quelles fréquences ce montage laisse passer, d'après le composant aux bornes duquel la tension utile est prise.
Le corrigé
- Reconnaître le filtre. Le condensateur est en série, la sortie prise aux bornes de la résistance : c'est un passe-haut, de module , nul en basse fréquence et proche de 1 en haute fréquence.
- Traduire l'exigence en rapport d'amplitudes. −14 dB correspondent à .
- En déduire où placer la coupure. Pour un passe-haut, : l'exigence revient à , soit . À 800 Hz, la coupure doit donc rester au-dessus de Hz : le calcul est celui du passe-bas, la fréquence et la coupure échangées.
- Calculer la capacité. 5,06 µF au plus : une capacité plus grande abaisserait la coupure et laisserait passer davantage de 800 Hz. Le passe-haut fixe ainsi une capacité maximale, là où le passe-bas du premier exercice en fixait une minimale.
- Mesurer ce que perdent les aigus. À 10 kHz, et , soit −0,62 dB : moins de 1 dB, l'exigence est tenue.
- Vérifier. Avec cette coupure, à 800 Hz, et , soit −14,0 dB. L'asymptote, qui monte de 20 dB par décade jusqu'à la coupure, donnait dB : à un facteur cinq de la coupure, l'écart reste faible.
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